/ Language: Français / Genre:humor_prose / Series: San-Antonio. Morceaux choisis

Réflexions

Frédéric Dard

Ce livrel regroupe six recueils de «Réflexions» parus en 1999 aux éditions Fleuve Noir: — Réflexions appuyées sur la connerie — Réflexions branlantes sur la philosophie — Réflexions croustillantes sur nos semblables — Réflexions énamourées sur les femmes — Réflexions pointées sur le sexe — Réflexions définitives sur l'au-delà

Frédéric Dard dit San-Antonio

Réflexions

San-Antonio

Réflexions appuyées sur la connerie

MORCEAUX CHOISIS recueillis par Raymond MILÉSI

Personne ne peut se prévaloir de n’être pas con.

Le plus incontestable des génies l’est, l’a été ou le deviendra.

Quand j’arpente les allées d’un cimetière, je savoure ce rassemblement de cons enfin silencieux.

Car le con qui ne déconne plus, participe à la gloire de l’Humanité.

San-Antonio

Après avoir bien réfléchi au problème, je pense qu’on devrait s’en tenir à trois divisions essentielles:

Le sale con; le pauvre con; le vieux con.

La sale con est à la connerie ce que la reine des abeilles est à la ruche: son mac! Il règne sur le pauvre con, l’exploite, le brime, le fait suer. Il n’a pas de moralité, peu de scrupules. Il est sale con de toutes ses forces, de toute son âme noire, avec application et persévérance. C’est une espèce d’odieux et sombre monarque. Le roi des cons.

Pitoyable vassal est le pauvre con, lequel se prend les pieds dans sa connerie au lieu de s’en faire un étendard comme le premier. Le pauvre con subit et admire le sale con. C’est lui le peuple. Il met le pied dans l’unique merde du trottoir, ne comprend pas les bonnes histoires, rit aux mauvaises, part à la guerre, n’en revient pas. C’est un tuyau, un pet, un paillasson crotté. Un sous-con-adjoint.

La connerie du vieux con, elle, est farouchement conservatrice. Elle constitue une espèce de «Chambre des Lords». Il a les idées en dentelle, le vieux con. Il marche au pas et au subjonctif. Il annonce théâtralement ce que tout le monde sait déjà. Il religionne. Il amoursacrédelapatriiie. C’est un suce-médailles, un taste-rubans, un brouilleur de culs, un postulant à présidences.

Il contifie!

* * *

Le monde est ruisselant de connerie et de cruauté

* * *

«Mais pourquoi n’es-tu pas vraiment con, dis, petit con? J’aurais pu alors t’oublier!»

* * *

De nos jours, l’homme intelligent n’a le choix qu’entre deux éventualités: il s’arrange ou il se tue!

* * *

Le grand homme n’est grand que par la connerie des autres.

* * *

Le signe de notre époque, c’est que les vieux cons sont de plus en plus jeunes.

* * *

Quand je te regarde et que je croise tes yeux, j’ai chaque fois l’impression de visionner un morceau de gruyère en train de couler.

* * *

Plus le maître est con, plus le chien est fidèle.

* * *

Les cons se décantent tout seuls, c’est leur unique vertu. Ils se cataloconnent spontanément, dans un élan blottisseur.

* * *

Que les cons «connent» en chœur. Qu’ils aillent s’enfrileuser le cervelet plus loin.

* * *

Je hais les mièvres qui nous font tant de mal!

* * *

Tous les grands esprits finissent par se péter la gueule en sortant de leur baignoire.

* * *

Les non-cons communiquent. Les cons parlent.

* * *

Si vous criez «bougre de con!» dans la rue, tout le monde se retourne.

* * *

Elle était bête, donc dangereuse…

* * *

Prends bien garde en traversant la vie: un con peut en cacher un autre.

* * *

Avec le temps, le con se bonifie dans les mémoires.

* * *

Un con vivant est hélas plus intelligent qu’un intellectuel mort.

* * *

Il n’est pas absolument nécessaire d’être con pour vivre parmi les cons. J’ai essayé: on peut!

* * *

Quand j’entends discourir des cons au restaurant, je suis affligé, mais je me console en songeant qu’ils pourraient être à ma table.

* * *

Rien n’est plus désobligeant que d’être apprécié par des gens qui vous font chier.

* * *

Quand vous tenez quelqu’un pour un con, lâchez-le!

* * *

La mort, c’est la noblesse du con.

* * *

L’humus de la déraison peut être aussi fertilisant que celui de la raison.

* * *

La télé est dite lucarne magique bien qu’elle soit bourrée de connards.

* * *

Il y a plusieurs façons d’être con. Le con choisit toujours la pire.

* * *

Les puritains et les putains vont bien ensemble.

* * *

Les cons ignorent qu’ils sont cons et s’imaginent que toute personne qui ne leur ressemble pas est conne.

* * *

La plus stupide des femmes n’est pas aussi con qu’un homme.

* * *

La vraie connerie, la connerie rutilante, c’est l’homme.

* * *

Pour un psychiatre, le signe le plus probant de la folie chez un patient réside dans sa prétention à être sain d’esprit.

* * *

Le con mesquin, c’est le bout de la nuit.

* * *

Embusque-toi au bord d’un génie, comme à la corne d’un bois, reste à l’affût et garde confiance: à un moment ou à un autre, la connerie qui est en lui montrera le bout du nez ou de l’oreille.

* * *

Déconner, c’est se vider de la connerie osmosement acquise.

* * *

Traiter son prochain de con n’est pas un outrage mais un diagnostic.

* * *

Il y a un matériel à cons: c’est le matériel photographique.

* * *

Les hommes, faut toujours qu’ils construisent un roman avec leur existence. Ils ne comprennent pas qu’ils font tartir tout le monde et que ceux qui les écoutent se préparent tout simplement à raconter la leur.

* * *

Ah! être vraiment stupide pendant une heure pour laisser refroidir sa boîte à pensées!

* * *

Si tous les cons volaient, il ferait nuit.

* * *

La connerie de l’homme intelligent a pour unique cause la femme.

* * *

Il pointille du bulbe, le con. Des images sans relations précises se constituent dans sa tronche comme des bulles montent du cloaque.

* * *

Le con, c’est le micro-organisme. Sans lui, l’univers serait en décomposition.

* * *

N’entreprenez jamais rien de grave dans la vie sans avoir pris l’avis d’un con!

* * *

Si les cons font la guerre, c’est parce que d’autres cons ont fait l’amour.

* * *

Ce qui est beaucoup plus duraille qu’enfant prodige, c’est devenir vieillard prodige.

* * *

Ah! si tous les cons du monde voulaient bien cracher leur chewing-gum!

* * *

L’une des grosses surprises de mon adolescence a été de réaliser que mes supérieurs pouvaient être plus cons que moi. Avec naïveté, je m’imaginais que mes supérieurs m’étaient supérieurs!

* * *

Il arrive au con d’avancer, mais seulement à reculons.

* * *

Nous faisons l’autruche devant le malheur, la tête dans la cuvette de nos chiottes!

* * *

Partout où il va, l’homme «cononise».

* * *

On a souvent besoin d’un plus con que soi.

* * *

Moins on est de cons, plus on rit.

* * *

C’est dur à assumer l’intelligence parmi les cons. Ça crée des servitudes.

* * *

Les grands hommes d’affaires ont toujours des tas de cons autour d’eux. Des cons nobles pour le standing de la maison; des vieux cons pour leur honorabilité; et une infinité de pauvres cons pour porter le coton, le chapeau et la chance.

* * *

L’humanité est ignare; elle est bourrée d’analphacons m’as-tu-vu qui font mine de tout savoir et qui s’imaginent que Diane de Poitiers était une actrice du Français, Gershwin une marque de bougies de bagnole et Savonarole un coureur cycliste.

* * *

Chez les cons, la vanité a toujours raison des réticences.

* * *

Le con est con de bas en haut, de gauche à droite, de face, de dos, de profil.

* * *

À quoi sert d’être intellectuel si les abrutis se mettent à réfléchir!

* * *

L’obstination, c’est la volonté du con.

* * *

Je ne souhaite pas la mort des cons: j’aime trop mes semblables.

* * *

Celui-là n’arrivera jamais, qui démontrera à un supérieur qu’il est un con.

* * *

Ils causent sans comprendre, ils vivent leur vie au premier degré. Papa, maman, pipi, cocu!

* * *

Les partis, quels qu’ils soient, sont faits pour et par les cons.

* * *

La différence entre les niaiseries télévisées ricaines et françaises, c’est que les françaises sont aussi connes mais moins bien réalisées.

* * *

Il lui sort des ondes et des résidus de partout, à l’homme. Mais son fumier n’est pas fertile.

* * *

Les grincheux, leur grincherie leur tient lieu d’énergie.

* * *

Quand le public a décidé d’aimer un homme, ses pires conneries se transforment en faits d’armes.

* * *

Vu la rapidité avec laquelle la population du globe augmente, la race des connards est en perpétuel accroissement.

* * *

Bien con, bien sombrement con, bien indélébilement con, et d’essence connesque, celui qui croit à la sincérité d’une femme.

* * *

Ah! j’ai honte de les voir si cons, mes contemporains; si dissemblables, mes semblables! si dévastateurs! si anéantisseurs! si pollueurs! Ils contaminent l’espèce. Ils déciment les futurs!

* * *

Le scepticisme délibéré est une forme aboutie de la sottise.

* * *

Te fous pas de la gueule des riches: tu ne sais pas ce qui t’attend!

* * *

Le jour où les tailleurs décideront de ne plus faire de revers, beaucoup de vieux cons perdront leur raison de vivre.

* * *

Le rêve, c’est d’être anticon!

* * *

Ça ferait une bonne couche de minium contre la rouillerie pernicieuse de l’existence.

* * *

Y a que deux manières de se comporter dans la vie: comme un con ou comme moi.

* * *

Les cons ne sont pas des présences, mais seulement des encombrements.

* * *

Ah, mon Dieu, c’était donc pas assez qu’ils soient mortels? Pourquoi les avoir faits si cons!

* * *

La force des cons, c’est l’optimisme.

* * *

Plus ils sont vieux, plus ils sont cons. Leur cervelet fait la colle, à force d’âge! Ils pigent plus. Les voilà déserts, déshumourés et chipoteurs. Ils osent plus oser. Ils se terrent dans toutes les idées reçues qui ne sont pas reparties!

* * *

À force de n’être pas cons dans cet univers à la con, on finit par perdre pied.

* * *

Je suis pour ce qui est bon et contre ce qui est con.

* * *

Les cons ne savent jamais lire vraiment couramment. Les mots sont des sillons dans lesquels trébuche leur sottise.

* * *

Les esclaves sont toujours fiers de leur esclavage. C’est la volupté du chien de garde!

* * *

Il existe une poésie de l’outrance, un génie du paroxysme. L’inconscience devient un art lorsqu’elle est absolue.

* * *

Réglage, temps de pose, focal, matière focale! Ah, les éborgnés du Kodak!

* * *

Le mariage est con au début. Ensuite, il est soit raté, soit réussi. S’il est réussi, tu l’as vraiment, franchement, profondément, totalement dans le pétrus!

* * *

Ce qui particularise surtout un con, c’est l’irrationnalité. Le con est toujours prêt à larguer la raison pour foncer bille en tête dans l’impensable.

* * *

Le con ne perd jamais son temps, il perd celui des autres.

* * *

Le base-ball, c’est con à regarder quand on n’est pas débiles.

* * *

Ne vous demandez pas pourquoi certains cons sont sympathiques, vous finiriez par découvrir ce que ça cache.

* * *

Autrefois, l’éducation des masses se faisait à travers le catalogue de la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne, on pouvait rêver. Aujourd’hui, avec la téloche en chaînes, la publicité, on gave le caberlot du bon monde. On tasse pour que ça rentre. On est devenus des clébards savants auxquels on fait porter leur laisse.

* * *

Les hivers sont longs comme la connerie humaine.

* * *

Ils éventrent les esturgeons pour en prélever les œufs. J’ai honte du caviar!

* * *

Le bonheur d’un con fait toujours peine à voir.

* * *

Comme c’est con, un con!

* * *

Un homme intelligent n’est pas autre chose qu’un con raté.

* * *

Le bonheur? Tu veux parier qu’ils y croient, ces cons!

* * *

On n’a pas de rancune envers un malade, sauf s’il te fait chier trop longtemps avec sa maladie.

* * *

La plupart des gens s’imaginent que pour prendre son pied il faut se baisser, alors qu’au contraire c’est le pied qu’il convient d’amener à portée de main.

* * *

Le vieux con se porte toujours en avant-garde, alors qu’il est la deuxième roue de la brouette.

* * *

Faut pas longtemps pour devenir un vieux con.

* * *

L’impuissance est une faillite.

* * *

Tu deviens réellement con devant un mec en train de clamser.

* * *

Ce que j’en aurais bavé, de toujours leur buter contre, à ces faisandés de l’esprit, à ces tortueux, à ces naufrageurs d’idées, à ces épouvantés d’eux-mêmes! Ah, Dieu! Merci de les avoir faits cocus, cardiaques et vérolés. N’aurait plus manqué qu’ils échappassent à la misère et au chagrin!

* * *

Comme si on mourait «des suites» d’une maladie et non pas «de la fin» de cette maladie: les hommes sont cons quand ils veulent être pudiques.

* * *

Un homme intelligent peut faire le con, un homme con ne peut pas faire l’intelligent.

* * *

L’adultère, pour les cons, est un embellissement conjugal. Ils concrétisent avec la main-d’œuvre étrangère la radieuse union qu’ils souhaitaient confusément.

* * *

Le cerveau d’un con est un anus, il ne pense pas, il pète.

* * *

Le mutisme d’un homme intelligent ressemble à de la musique, celui d’un con à une vesse.

* * *

Les locataires de la planète Terre ne sont pas Terriens, mais Américains, Chinois, Ivoiriens, Hollandais et conconsorts.

* * *

Qu’est-ce qui pullule sur ton globe, l’homme ou le loup? Qu’est-ce qui est en voie de disparition, le loup ou l’homme? Quelle espèce a détruit l’autre? Et toi, grand lâche qui continues à inculquer l’effroi à tes enfants en leur enseignant la cruauté de ta victime!

* * *

Les hommes sont cons à ne plus pouvoir se tenir debout. Un jour, ils remarcheront à quatre pattes, puis redeviendront poissons!

* * *

Il y a plus de femmes que d’hommes sur terre. En revanche, il y a beaucoup plus de cons que de connes.

* * *

Le monde est plein de cons qui pensent faire leur devoir parce qu’ils font ceux de leurs enfants.

* * *

Seuls les cons peuvent exister!

* * *

Mais on ne peut passer sa vie à se buter!

Se rebuter suffit.

* * *

Tout a un prix. La gratuité est un piège à cons.

* * *

Bien-pensant! Comment peut-on bien-penser? Ceux qui bien-pensent pensent la pensée des autres, des maîtres à bien-penser… Ils se branchent sur le cerveau d’un autrui qui a déjà balisé le parcours.

* * *

Découplé, je trouve ce terme très infiniment con. Pour moi, un mec bien découplé, c’est un gazier qui s’est séparé de sa compagne.

* * *

Bon et con, ça commence par la même lettre.

* * *

La perfection coupe les effets du cérébral, alors qu’elle stimule ceux du connard.

* * *

C’est curieux comme certains êtres sont délibérément hargneux. À peine au monde, ils sont prêts à mordre, à meurtrir, n’importe qui, n’importe quand, comme ça, d’instinct. Ils se sentent constamment agressés, alors leurs ongles deviennent des griffes, leur salive de la bile, leur voix de l’acide et leurs yeux des fers à marquer le bétail.

* * *

Les idées politiques sont celles qu’adoptent les gens qui n’ont pas d’idées à eux.

* * *

Un con ne sait pas se montrer familier.

* * *

Savoir et intelligence ne sont pas cousins germains! Pas même parents pauvres!

* * *

J’aime pas que les jeunes croient en Dieu, c’est pas de leur âge. Ça les enconne d’avoir la foi.

* * *

Il faut de tout pour faire un con.

* * *

Vous ne savez pas à quel point c’est payant, un enterrement. De Gaulle se serait présenté le lendemain de ses funérailles, il était réélu à quatre-vingts pour cent des suffrages.

* * *

L’amour est tissé d’instants additionnés, la connerie est une éternité souveraine.

* * *

Les bonshommes, plus ils sont riches et honorés, plus ils en veulent. Ils ne sont bien que dans la salive des suceurs, comme les escargots dans leur bave.

* * *

Ne pas être ou être con, that is the question.

* * *

— Un politicien?

— Il en est de plus cons que d’autres.

— Mais pas de moins cons.

* * *

Pas la peine de faire des frais quand vous voulez vous déguiser en crétin: une tablette de gum et le tour (de con) est joué!

* * *

Le con sert d’humus à sa connerie comme les feuilles mortes à l’arbre d’où elles sont tombées.

* * *

Ah! Si tous les cons du monde voulaient se lâcher la main!

* * *

Trimbaler des appareils photo, merde, cette marotte de sous-nœuds: vouloir foutre la vie en conserve!

* * *

La politique me débecte. Aux prochaines élections, je filerai du papier-cul dans l’urne, qu’ils se torchent un coup, tous ces malpropres, tous ces glaireux, baveurs de formules, fomenteurs d’alliances, baiseurs de foule.

* * *

L’homme sécrète des habitudes, comme le ver à soie de la soie. Et, pareil au ver à soie, il s’encoconne dedans.

* * *

N’admets plus qu’un vieux con te fasse des réflexions dans le genre de «Ah, s’il fallait compter sur les jeunes pour remonter la France!» Réponds-lui hardiment que ce ne sont pas les jeunes qui l’ont descendue!

* * *

Tous les hommes se ressemblent. ils sont groupés par catégorie. Il y a les cons; les moins cons; les pas trop cons et les autres, c’est-à-dire les très cons.

Il n’y aurait donc rien de surprenant si certains lecteurs se reconnaissaient dans ces pages.

* * *

Le nom des maisons et des bateaux est très révélateur de la personnalité du propriétaire.

* * *

Le con et le bœuf ont en commun l’instinct de certitude: étant sûrs de tout, ils le sont également d’eux-mêmes, ce qui leur donne un énorme avantage sur les créatures encombrées d’intelligence.

* * *

L’univers est plein de tordus qui se prennent pour Beethoven sans être capables de différencier une note de musique d’une note de restaurant.

* * *

Un con poilu fait plus con qu’un con imberbe.

* * *

Une fois que t’as traité un con de con, tu l’acceptes plus aisément. Te mettre en situation de remords est l’unique solution pour arriver à le supporter.

* * *

Si on publiait l’annuaire des cons, nous serions tous surpris.

* * *

Le style téloche: des cons qui en questionnent d’autres. Les questionneurs et les répondeurs ont le même langage, le même vocabulaire prétentieux. Ils s’écoutent poser leurs propres questions et ils s’écoutent donner leurs propres réponses.

* * *

La plupart des cons ont eu une enfance de vieillard.

* * *

Les cons dangereux sont ceux qui exploitent ta connerie pour t’imposer la leur.

* * *

La connerie des autres fatigue.

* * *

Y a de plus en plus d’hommes sur le globe, mais ils sont de plus en plus vides.

* * *

Ils ont trois cents mots pour s’exprimer au cours de leur putain de vie merdique, quatre recettes pour se coller du vague à l’âme et une seule pour cesser d’exister.

* * *

Il vaut mieux qu’un con dise ouvertement du mal de toi que du bien en cachette.

* * *

Pour jouer au con, il est indispensable de posséder du talent. Non pas un talent de comédien, mais un talent de con.

* * *

On vit une époque où des cons emmerdants sont ovationnés par les cons qu’ils ont emmerdés.

* * *

Dans le sein même de sa mère, le bébé subit l’agression de la bêtise. Tout ce qu’il perçoit comme sensations commence à le conditionner pour devenir con.

* * *

C’est avec les gens intelligents qu’on déconne le mieux.

* * *

Le con est si intensément con qu’il n’a plus besoin d’être là pour être con.

* * *

Le roi des cons? Armstrong! Revenir de la lune quand on a la chance de pouvoir y aller, faut en avoir une couche!

* * *

IL nous a faits mortels! Mais ça ne LUI a pas suffi: il a fallu qu’IL nous décide cons.

* * *

Le con absent est de tous les cons le plus angoissant. Car on lit sa connerie dans son absence.

* * *

Un conjoint, quand il est mal joint, devient vite un con joint.

* * *

Les grands penseurs, qui sont souvent très cons, négligent les analphabètes. Conclusion: ils doivent se contenter d’un lectorat réduit.

* * *

Ma xénophobie ne s’exerce que contre les cons car ce sont eux les véritables étrangers de l’existence.

* * *

Le système supprime les initiatives. C’est pourquoi tant de seconds sont des connards-traîne-dossiers, soumis de nature, approbationnistes inconditionnels. L’autorité pour eux c’est de transmettre: ce ne sont pas des hommes, mais des courroies.

* * *

Il faut être intelligent pour pleurer: la peine est une émanation de l’esprit.

* * *

Dans la vie, il y a les salauds et les honnêtes gens. Parfois, il arrive à des honnêtes gens de ne pas être tout à fait cons.

* * *

On ne prête qu’aux riches et les riches prennent tout.

* * *

Le seul moyen d’enrayer la marée des cons: ne faire l’amour qu’avec des préservatifs.

* * *

Je suis le plus intelligent de tous les cons qu’il m’aura été donné d’approcher.

* * *

Si vous trouvez mes textes cons, un bon conseil: lisez autre chose!

* * *

Par moments, ça m’accable, l’horreur d’avoir toujours et sans cesse affaire à des hommes. Des hommes cons ou malins, de gauche, de droite, de peur, de courage. Des hommes repus ou affamés, malades ou insolemment bien portants. Si harassants à fréquenter. Si minables!

* * *

Ne réveillez pas le con qui dort.

* * *

À 59 ans, lorsqu’on est connu, on est «encore jeune», lorsqu’on est inconnu, on est classé parmi les «vieux cons».

* * *

On est tellement de cons, de salauds et de mal foutus sur cette planète que, par instants, elle paraît tentée d’arrêter sa rotation et de se laisser choir dans le cosmos.

* * *

Tu les verrais bandouiller fièrement, les cosaques du Kodak. C’est plus des hommes, c’est des zooms. N’ont plus de sexe. Seulement ces gros machins noirs, funèbres, pour emmagasiner des riens, des broutilles d’horizon, des instants d’à-quoi-bon.

* * *

Beaucoup de cons sont admirés, mais il en est peu d’admirables.

* * *

On a toujours quelque plaisir à parler sa langue maternelle lorsqu’on séjourne dans un pays de cons.

* * *

Tout se décide au cours élémentaire deuxième année. Les cons sont cons beaucoup plus tôt, mais les intelligents ne comprennent pas qu’ils ne sont pas cons avant cette période.

* * *

Les cons se reniflent entre eux. Si tu ne pues pas le con, inutile d’insister!

* * *

Un homme plus con qu’un autre peut être moins bête que n’importe qui.

* * *

J’aime le sort du con, le soir au fond des draps.

* * *

Le con est en position fœtale.

* * *

Dieu a fait le monde en cinq jours. Le sixième, il a fait le con.

* * *

Les cons me fatiguent davantage qu’un effort physique.

* * *

Comment un enfant éprouverait-il quelque appétit à grandir s’il sait que l’homme est con et méchant?

* * *

Rien ne meurt mieux à la guerre qu’un con.

* * *

«De la discussion jaillit la lumière» a écrit un sombre con, alors que la discussion obscurcit tout.

* * *

L’intelligence n’est que l’humilité d’un con qui ne sait pas encore qu’il est con.

* * *

Les rives de la connerie ne sont jamais stabilisées.

* * *

Si un homme reste célibataire et fuit la fille, il devient con par manque au lieu de l’être par usage.

* * *

Ce qu’ils me courent, ces poseurs de questions idiotes. Tu leur donnes un manteau de fourrure, ils t’en font un poil de cul.

* * *

Après la sottise, c’est la souffrance qui diminue le plus les facultés intellectuelles.

* * *

C’est con d’être veuve avec un cul pareil!

* * *

Ta descendance est une dégringolade, souvent. Mais il y a une conne loi de compensation qui fait que tu en es fiérot. C’est trop con de mettre son orgueil dans un crachat de glande!

* * *

C’est dur de faire le con avec des cons. Si tu joues trop au con, ils te prennent pour un con.

* * *

Les cons raffolent de leur propre histoire.

* * *

Mort aux cons qui confondent le courage avec la publicité, la littérature avec l’Académie française, le génie avec la folie!

* * *

Se taire est la meilleure chose que peuvent décider deux hommes pour éviter de déconner.

* * *

La spécialité du con est de se photographier pour ne rien dire.

* * *

Mérite d’être cocufié tout individu qui dédaigne sa moitié pour l’autre, c’est-à-dire la sienne.

* * *

Un con, son unique refuge — ô miracle! — c’est précisément sa connerie.

* * *

Qu’est-ce qu’ils ont, les gens, à se montrer si dégueulasses? À ne s’intéresser qu’à leur cul et jamais au cœur des autres?

* * *

Les inquiétudes métaphysiques d’un con à la radio? Merci bien! J’ai les miennes!

* * *

Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un con.

* * *

Seuls les incons peuvent pleurer avec moi pour que trinquent nos vagues à l’âme.

* * *

Tu sais ce que c’est qu’un congre? Mais sais-tu ce que c’est qu’un abrutigre, qu’une tête de nœudgre, qu’une figure de fessegre?

* * *

Se forcer à l’exploit relève de la connerie.

* * *

Le maréchal Lyautey disait: «L’essentiel, quand quelqu’un te prend pour un con, c’est de ne pas être en reste!»

* * *

J’ai une sainte horreur des grandes gueules de restaurant qui sont seules à jacter à leur table, ne tolérant que des rires ou des approbations.

* * *

J’avais des dons de con, j’aurais pu être heureux avec la majorité silencieuse.

* * *

Plus besoin de penser: on te mâche tout; on te mâche toi-même. On te digère et te défèque, mon vieux colombin!

* * *

Dieu leur accorde cette grâce infinie de l’autosatisfaction: que seraient-ils sans eux-mêmes, les cons? Des cons!

* * *

La roue rotaryenne, le bonnet phrygien, le cèdre, la feuille d’érable, le compas, la faucille, l’étoile, le croissant, le sigle de Zorro, l’épi de blé. Symboles sacrés! Conneries éperdues, mon cul, mon cul, MON CUL!

* * *

La drôlerie, pour eux, commence par un petit chapeau de papier, et quand on leur distribue un mirliton, ça touche au délire!

* * *

Nous sommes les rois des cons, nous les hommes. Toujours prêts à trouver des circonstances atténuantes à celles qui nous grugent et à voir de saintes innocentes en celles qui nous font cocus.

* * *

Saccageurs d’innocence! Vous n’avez qu’une jeunesse et ils la laminent! LE savoir! Maths, français, physique, anglais, deuxième langue, histoire-géo, tout le grand boxif qu’on met quinze ans à apprendre et quinze jours à oublier!

* * *

Moi, je, c’est le fer de lance de toutes les converses à la con.

* * *

Poupée de sire, poupée de con!

* * *

Contrairement à la fameuse sentence «Je pense donc je suis», c’est celui qui ne pense pas qui est.

* * *

Le drame de l’existence, c’est cet environnement de cons. T’as beau te préserver, il en est que tu aimes. Et te voilà enconné.

* * *

Le touriste habite son auto. En voyage, il suit son Kodak.

* * *

Beaucoup de connards se laissent pousser un collier de barbe pour que leur sottise soit plus évidente.

* * *

Il n’y a pas plus con qu’un homme ayant les couilles pleines.

* * *

Même les cons ont des yeux et des oreilles, tu en sais quelque chose.

* * *

J’étais philanthrope. Je voulus traverser à gué un marigot infesté de cons. Quand j’atteignis l’autre rive, j’étais devenu misanthrope.

* * *

Un critique gastronomique mange pour gagner son pain.

* * *

Lorsque je me trouve face à un rumineur de caoutchouc, je reste ébloui par tant de connerie concentrée dans un acte aussi menu.

* * *

Tous les gens ne sont pas méchants. Il en est de gentils, seulement ils sont cons.

* * *

Le karaoké est un jeu particulièrement stupide qui, de ce fait, connaît un gros succès.

* * *

Si les taureaux n’étaient pas foncièrement cons, il n’y aurait pas de corridas, car au lieu de charger des morceaux d’étoffe, ils chargeraient ceux qui les agitent.

* * *

Ce qu’on peut poser comme questions connes au cours d’une vie!

* * *

Les uns et les autres sont, n’importe leur culture, des cons profonds et pas heureux.

* * *

Rien de plus con qu’une réception, si ce n’est une autre réception.

* * *

Les touristes en conquête m’ont toujours couru sur la prostate, leur manière de tout vérifier par rapport à la documentation qu’ils trimbalent. Ils n’admirent pas: ils confrontent.

* * *

Les connards raffolent des formules élimées.

* * *

Il y a une justice, puisque le con a l’air con.

* * *

La vie est faite de petites conneries, imprévisibles mais pénalisantes.

* * *

Con ou génie, gros ou maigre, Pensées de Pascal ou Almanach Vermot, c’est tout pour le néant!

* * *

Quand j’essaie de persuader les gens que nous sommes une immense bande de cons, ils ne me croient pas, ce qui est la meilleure façon d’authentifier cette connerie.

* * *

Ce qui est abominable, c’est d’être parmi les cons, sans possibilité de fuir.

* * *

Ô maman! reprends-moi et va me refaire plus loin, sur Mars ou Vénus, et encore ce serait trop près; habiter la même galaxie qu’eux, merci bien!

* * *

Le con bavard te fait l’effet d’une ruche en activité.

* * *

Quand on fait la roue, c’est payant vu de face. Vu par-derrière, c’est grotesque car on découvre le trou de balle du paon.

* * *

Demain est un même jour; surtout pas un autre.

* * *

Le bon sens c’est ce qui vous permet d’être écouté quand vous êtes trop con pour être intelligent.

* * *

Si tu ne crois qu’en toi, tu ne crois en rien.

* * *

Y a un répertoire officiel des chagrins chez les cons: les deuils, les séparations, la maladie… Le vague à l’âme est inconnu au bataillon.

* * *

Avec du cœur et du chou, tu te fais davantage tarter que les cons, mais t’as la différence entre les oreilles.

* * *

Les cons gentils font mal par inadvertance.

* * *

Croire que tes aînés ont toujours raison est un tort car ils sont, au moins, aussi cons que toi.

* * *

Ne soyez pas seulement un confrère, mais un frère!

* * *

Le jean-foutre photographe, concentré sur son trou de voyeur, est plus fasciné par une table de restaurant que par Armstrong posant le pied sur la Lune.

* * *

Un con est toujours flatté par les distinctions que d’autres cons lui confèrent.

* * *

L’avenir appartient à la jeunesse. Heureusement, car elle est tellement moins conne que nous!

* * *

Le con, il a l’air de regarder au fond de lui-même pour voir s’il y est. Mais il n’y est pas!

* * *

Le miroir du lavabo réfléchit sans parler, alors que tant de cons font le contraire!

* * *

L’humanité se fait de plus en plus la gueule qu’elle mérite: le pur con veut que sa connerie se voie!

* * *

Avec un Nikon au cou, le con se croit investi, inexpugnable d’avoir cette cloche à vache sur la poitrine!

* * *

Les cons, ces feuilles mortes de la vie!

* * *

La minéralisation de la connerie est définitive.

* * *

Ariel ou Omo anticalcaire n’y peuvent rien!

* * *

Les vainqueurs? Ils se sentent tout cons de découvrir que ça n’a rien changé à leur vie.

* * *

Si les gens se taisaient, ils deviendraient plus intelligents. À force de parler, ils «déparlent».

* * *

Dans une conversation, les gens ne prêtent attention qu’à l’intonation. Les mots, ils s’en branlent.

* * *

Le moment vient que tu flanches, tu rentres dans ta connerie pour retrouver tes aises. La fatigue a raison de tout.

* * *

Les grands intelligents d’hier sont tout de même devenus les vieux cons d’aujourd’hui.

* * *

Toutes les religions sont à base de prosternations et de psalmodiances, d’encens, d’offrandes et autres conneries.

* * *

Nos gueules de bois se dissipent en vingt-quatre heures.

* * *

Pas nos conneries.

* * *

V’là le régiment des cons qui passent et qui repassent, sans jamais dépasser, mais qui trépassent en douce.

* * *

Les vacances: la bouffe, les siestes, les bains de soleil, les parties de carte, au bar. Une vie de cons, en somme!

* * *

Le vieux con considère son nom comme un capital inaliénable.

* * *

Il n’existe pas de Lourdes pour guérir de la connerie.

* * *

À force de frayer avec des supérieurs trop cons, des subalternes trop veules; à force de limer sans appétit ou de voter sans conviction, on ne croit plus en Dieu ni en soi.

* * *

Tout ce que pense, dit et fait un con est con.

* * *

Le cartésianisme, c’est la tare principale des cons.

* * *

La connerie jaillit du con comme le sang d’une blessure.

* * *

Les bonshommes, à peine franchi le cap de bonne espérance de la trentaine, leur marotte c’est les réunions d’anciens quelque chose: les anciens de l’école, du régiment, des conscrits, des charcutiers, des pétomanes! Toujours nouveaux cons, quoi qu’il advalsedevienne.

* * *

C’est con de devenir un chef.

* * *

Peut-être est-ce parce que les hommes se respirent qu’ils se détestent!

* * *

«Affirmatif!» déclarent les cons et les soldats.

* * *

Préserver l’espèce?

L’espèce de quoi?

L’espèce de cons!

* * *

Je les vois tous, passé la quarantaine: gras du bide, asphyxiés par la bouffe, abonnés à des revues plus chiantes que littéraires!

* * *

Si tu veux impressionner tes cons tant porains, parle de toi à la troisième personne, comme de Gaulle ou Alain Delon.

* * *

C’est si vite fait d’avoir l’air con!

* * *

Tant de cons perdent leurs quelques années de vie à la prendre au sérieux!

* * *

Je ne comprends pas: jamais un régime totalitaire, usant de son pouvoir discrétionnaire, n’a prohibé la connerie.

* * *

Souvent, chez les paumés, tu constates cet acharnement à en rajouter, comme si ça ne se repérait pas au premier regard qu’ils sont minus.

* * *

J’ai honte quand je vois pleurer ceux qui devraient rire et bouffer ceux qui devraient maigrir.

* * *

Ce qu’ils sont tartants avec leurs gosses! Tout ça pour fabriquer d’autres cons!

* * *

C’est héroïquement con de se massacrer la santé pour gagner quelques centièmes de seconde!

* * *

À toujours sucer les mamelles de l’existence, on devient aussi con qu’elle. On finit par se perdre de vue.

* * *

Quand je nez-à-nèze avec un superbe con à la télé, je regarde de tous mes yeux agrandis par l’effroi et la délectation.

* * *

Personne ne peut se prévaloir de n’être pas con. Le plus incontestable des génies l’est, l’a été ou le deviendra.

* * *

Plus les gens sont «haut placés», plus leur connerie est évidente.

* * *

Notre drame, c’est que le dernier des cons n’est pas toujours le premier venu.

* * *

Les cons ont décidé de bafouer ce présent du ciel qu’est la baise en le mettant hors-la-loi.

* * *

Seuls les cons sont butés.

* * *

Les gens se divisent en deux catégories: les ineptes et les inaptes.

* * *

L’échec, c’est la réussite du con.

Être con en silence, c’est la moindre des politesses.

* * *

Le raisonnement, c’est la raison du con.

* * *

Un con est exquis pour peu qu’il se taise.

* * *

L’archétype du con?

Il se tient comme Pasteur sur sa photo du Larousse: debout derrière son burlingue, appuyé des deux poings sur le sous-main de cuir, le regard condamneur et la glotte bloquée entre deux étages. Il y aurait écrit «Vieux con» en travers de sa personne, en caractères d’imprimerie, qu’il ne ferait pas davantage vieux con. C’est un vrai, un pur, un authentique vieux con; un vieux con de naissance, dont la plus humble des cellules est vieille conne. Il a la rutilance intérieure du vieux con irréfutable. Tu contemples, tu es pris d’un confus vertige. Tu éprouves le besoin de prier. L’émotion te sodomise. Ô que c’est merveilleux, un tel vieux con! Joyau! Royal! Et je marche à sa grande connance, frileux d’impuissance devant cette connerie intense, si brûlante et admirable que même le con moyen se sent faiblir en sa présence.

* * *

Oh! vie, qu’il est profond ton silence et qu’elle est conne ta bruyance.

* * *

Pour vivre bien, il faut peu penser. D’où la grande sérénité des cons.

* * *

Faut jamais craindre de mouiller la compresse. La lèche est le lubrifiant des rapports humains.

* * *

Les walkman permettent à de petits cons de pouvoir mâcher leur chewing-gum sans être dérangés par le chant des oiseaux.

* * *

Les hommes, qui n’ont pas toujours l’âge de leurs artères, possèdent immanquablement la gueule de leur saloperie.

* * *

Il ne suffit pas d’être con; faut-il encore que les autres le soient aussi!

* * *

Dans la vie, il faut choisir: être riche ou bachelier.

* * *

Il y a des gens que j’aime et que je traite de cons. Par contre, il n’y a pas de cons auxquels je dis que je les aime.

* * *

Ministre? Trois petits tours de con et puis s’en va.

* * *

Au départ, nous sommes tous cons. Et puis quelques rares individus acquièrent l’intelligence. Ils sont alors foutus: ils viennent de s’engager dans le maquis inextricable de l’esprit.

* * *

Les bêcheuses se croiraient déshonorées de rire un bon coup.

* * *

Plein de cons, collectionneurs d’étrons, courent vous attendre sous les dais de la réussite pour vous flanquer vos vieux excréments à travers l’auréole.

* * *

Le crétin de vacancier ne pique-nique jamais ailleurs que sur le bas-côté d’une nationale. À vingt mètres d’elle, il est perdu, orphelin, excommunié.

* * *

L’incrédulité n’a jamais été une preuve d’intelligence.

* * *

Les cons ne savent pas doser le plaisir. Ils le bouffent comme de la soupe.

* * *

Ça fait si longtemps que je les emmerde qu’ils me sont devenus indispensables, comme une démangeaison frénétiquement grattée.

* * *

On peut être con et bien élevé: il y en a qui marchent sur la pointe des pieds en passant près de ma porte.

* * *

Les cons s’imaginent que l’amour est un moment de polissonnerie, alors que c’est un moment d’extrême gravité.

* * *

On croit certaines gens intelligents, alors qu’ils n’ont que de la mémoire.

* * *

La connerie des Oscars! Un de ces jours, je fonderai le prix Jules ou le prix Eugène, et je le cloquerai à un documentaire sur les ratons laveurs ou la vie secrète d’un bandage herniaire!

* * *

Quand je rencontre de nouveaux cons, je m’aperçois que ceux que je fréquente ne sont, après tout, pas si cons que ça.

* * *

Les cons couvent leur mort tendrement.

* * *

La loi, c’est l’autorité du con.

* * *

La connerie des adultes blesse l’enfant comme de la ronce bien sèche.

* * *

Entre toi et le roi des cons, il n’y a qu’une couronne de différence.

* * *

Le bavardage est le brio du con.

* * *

Ce sont toujours les cons qui l’emportent, étant donné leur surnombre.

* * *

La connerie de l’existence, c’est qu’elle se fabrique au présent.

* * *

On s’en débarrassera jamais de la connerie! Plus gluante, plus indélébile que le péché universel, elle est! L’essayer, c’est la doper!

* * *

Quand j’arpente les allées d’un cimetière, je savoure ce rassemblement de cons enfin silencieux.

* * *

Car le con qui ne déconne plus participe à la gloire de l’humanité.

* * *

Deux hommes intelligents, d’idées opposées, trouvent beaucoup plus de choses à se dire que deux cons appartenant à un même parti.

* * *

Ce que j’aimerais être abruti moi aussi! Juste avoir le souci de mes impôts et de mon cholestérol. Quel pied!

* * *

Je me rappelle, à Santa Cruz de Tenerife dans la vieille ville, un couple de touristes teutons… Ils s’entreflashaient à tout-va. Et savez-vous ce qu’ils avaient choisi comme toile de fond? Un mur blanc! Ah, les bœufs! Eux, dans leur connerie! Eux, aux chiottes! Eux, morts! Eux mollets! Dégoûtation, va! Je m’y habituerai jamais.

* * *

L’existence est faite à quatre-vingts pour cent de déconnages inutiles.

* * *

L’homme aux idées hardies est toujours taxé de fou par les cons.

* * *

Un con est toujours nu, même quand il est habillé.

* * *

Plus les gens sont cons, plus on leur fait faire les pieds au mur en leur donnant l’assurance qu’ils sont intelligents.

* * *

Il faut «raison garder», disent les politiciens pour se faire croire qu’ils font croire qu’ils ont des lettres.

* * *

Combien de cons font passer des tests à d’autres cons pour leur prouver qu’ils sont cons!

* * *

C’est con, un biscuit, c’est le parent pauvre du gâteau.

* * *

Le con ne peut envisager que les propos échangés sur son compte ne lui soient pas résolument favorables.

* * *

Rien n’est plus voluptueux pour un pas-con que d’être pris pour un con par un con.

* * *

Le cynisme outrancier fait glapir les cons.

* * *

Un con justifie toujours ses refus, jamais ses acceptations.

* * *

Ne fais pas le malin, ça te donnerait l’air con.

* * *

N’avoir qu’une existence et la paumer, c’est con.

* * *

On ne peut à la fois mâcher du chewing-gum et penser.

* * *

Les petits prodiges se transforment vite en grands cons.

* * *

Un con n’attend pas de réponses: il pose des questions.

* * *

Comment font les cons pour vivre en bonne intelligence?

* * *

L’instruction est un paravent à connerie.

* * *

N’éveillez pas le con qui dort. C’est toujours ça de pris!

* * *

Le con marche à côté de lui sans s’en rendre compte.

* * *

Les mots glissent sur les cons comme sur les plumes d’un canard.

* * *

Seigneur, qu’ils sont admirablement cons, les cons!

* * *

Le con flasque a beaucoup fait pour l’hitlérisme.

* * *

Nous sommes conscients de notre intelligence, mais ignorons qu’elle est une intelligence de cons.

* * *

Le con bravé n’est pas brave: il se dégonfle, perd son peu de volume, se recroqueville.

* * *

Suffit-il de ne pas être vraiment con pour être intelligent?

* * *

Le règne du con est arrivé depuis si longtemps qu’il ne cessera qu’avec l’espèce.

* * *

Un con ne croit pas nécessairement en Dieu, mais croit toujours en sa femme.

* * *

Il n’existe pas, il ne peut exister de bons cons!

* * *

Peut-être qu’à l’extrémité du crétinisme règne la félicité?

* * *

Il n’est pas grave de ne pas comprendre les mystères de la vie. Ce qui est grave, c’est de les nier parce qu’on est trop con pour les comprendre.

* * *

Honte pour l’espèce à laquelle j’appartiens, et qui périclite délibérément, par jeu, par non-croyance en elle-même, par infinie sottise!

F. DARD

San-Antonio

Réflexions branlantes sur la philosophie

MORCEAUX CHOISIS recueillis par Philippe TAURISSON

Philosopher, c’est l’art de parler pour ne rien dire en donnant l’impression qu’on est un véritable penseur.

On rencontre beaucoup de philosophes, principalement au bistrot et dans les repas mondains.

On peut philosopher n’importe ou, cependant les chiottes constituent l’endroit le plus propice au déclenchement de l’intelligence souveraine.

Conclusion: les grands esprits sont tous des constipes.

San-Antonio

L’intelligence, c’est ce qui permet a un individu de communiquer avec les autres. Elle implique non seulement la compréhension, mais également la bonté. Partant de la j’affirme, je clame, qu’il n’existe pas de salaud intelligent.

L’intelligence, c’est la tolérance. Elle ne doit s’insurger que contre la connerie, lorsque la connerie atteint ses points de violence culminants, qu’elle devient tyrannique, répressive, contraignante.

L’intelligence, c’est la main tendue, le sourire tendu, le cœur tendu. L’intelligence, c’est la fantaisie. C’est le grain de folie qui ne doit jamais germer, mais qui pimente si bien la grisaille quotidienne.

L’intelligence, c’est la notion de fin dans l’esprit d’un homme.

L’intelligence, c’est la charité, c’est faire sienne la douleur des autres.

L’intelligence, c’est le respect de la paix sous toutes ses formes, c’est l’amour de ce qui est juste.

L’intelligence, c’est dominer ses bassesses pour rester disponible.

L’intelligence, c’est la mémoire d’un bonheur qu’on n’a jamais connu, et qui sert d’espoir.

* * *

S’il y a de l’honneur a savoir, il n’y a pas de déshonneur a ne pas savoir. L’ignorance est une page blanche sur laquelle il faut écrire la vérité.

* * *

La philosophie, ca n’est qu’un exercice qui te laisse sur place. Ce n’est valable qu’au plan de l’assouplissement des méninges.

* * *

Demander étant vain, je me suis mis a donner. Et depuis, tout baigne.

* * *

La morale, c’est de faire chier les autres le moins possible.

* * *

Faut pas essayer de penser plus haut que son cul, ca flanque le vertigo.

* * *

Il vaut mieux souffrir d’une absence que d’une présence.

* * *

Le silence est le meilleur mode d’expression.

* * *

L’idéal, vrai ou faux, ressenti ou feint, est un bon support pour justifier ses saloperies.

* * *

Il est plus facile de mourir que de vivre. Car on meurt pour soi alors qu’on vit pour les autres.

* * *

Je pense, donc je m’abstrais. Contrairement a la fameuse sentence «Je pense donc je suis». C’est celui qui ne pense pas qui est. Le non-pensant est la, entier, compact, étincelant de stupidité.

* * *

Créer le grade n’assure pas l’autorité des grades, mais l’humilité des non-grades!

* * *

La récompense implique l’injustice.

* * *

Quand je pense qu’une fois a l’horizontale, il faudra côtoyer les mêmes connards qu’au temps de la verticale, j’ai des picotis dans les aumônières.

* * *

L’émulation balise les chemins du renoncement.

* * *

La forme suprême de la liberté, c’est l’abolition de la liberté.

* * *

Je ne vais pas quitter ceux que j’aime, je vais me quitter d’eux.

* * *

Le bonheur n’étant que l’idée qu’on s’en fait, fais-toi toujours des idées heureuses.

* * *

L’incrédulité n’a jamais été une preuve d’intelligence.

* * *

Refuser le merveilleux, c’est se mettre à la merci du réel.

* * *

Les hommes sont capables de tout et, qui pis est, de n’importe quoi!

* * *

Ton destin, c’est toi; n’attends jamais que les autres s’en chargent.

* * *

Être riche, c’est posséder trop.

* * *

On doit choisir entre s’écouter parler et se faire entendre.

* * *

La vérité se trouve dans l’abstraction.

* * *

Je ne recule que pour prendre mon élan.

* * *

L’amour et le mépris sont les deux sentiments qui me permettent de supporter mes semblables.

* * *

Il est des moments où la joie est bien triste.

* * *

Il ne faut pas toucher aux idoles. Une fois descendues de leur piédestal, on s’aperçoit qu’elles ont également un trou au cul.

* * *

Je sens que je vais bientôt me désolidariser d’avec moi-même.

* * *

Tout individu qui rit est bon… durant le temps de son rire!

* * *

À force d’être déçu par les autres, je finirai par croire en moi.

* * *

Il faut toujours donner aux autres l’impression qu’ils vous sont indispensables, quitte à leur prouver, s’ils la ramènent, qu’ils vous sont en réalité superflus.

* * *

L’illusion est trompeuse mais la réalité l’est bien davantage.

* * *

Dès que tu ne t’occupes plus d’une chose ou d’un être, il périclite. Il n’y a que la nature qui s’épanouisse sitôt qu’on lui fout la paix. Elle nous guigne pour dissoudre nos cadavres et remplacer nos chefs-d’œuvre par les siens.

* * *

Il y a toujours pire que le pire.

* * *

On n’a rien à gagner à emmerder les gens qui n’ont rien à perdre.

* * *

Si vous n’attendez pas tout de la vie, vous n’aurez rien!

* * *

Autrefois c’était les conflits armés qui assuraient le croisement des races, désormais ce sont les transports. Les voyages ont tué la guerre.

* * *

Beaucoup de gens se dissimulent derrière leur regard au lieu d’en faire leur lumière extérieure.

* * *

Être est plus indispensable qu’avoir. Le rêve, c’est d’avoir de quoi être.

* * *

Il vaut mieux se tromper en allant de l’avant que d’avoir raison en reculant.

* * *

Le futur n’est autre que du présent qui se précipite à notre rencontre.

Vis ton présent et laisse ton passé pour l’avenir.

* * *

Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants.

* * *

Les singes évolués que nous sommes redeviendront singes et cet aller-retour lui-même n’aura duré qu’un instant.

* * *

Regarde les étoiles; elles te diront que nous sommes une courte illusion.

* * *

Après des millénaires de cocufiage spirituel, l’homme arrachera le voile. Il obtiendra la vérité! Fatalement: PUISQU’ELLE EXISTE! Et ce nouveau démiurge de la connaissance nous adressera une grande pensée, à nous, les martyrs du doute, les œufs de l’opaque!

* * *

Par moments, je me dis que la seule arme pour lutter contre la misère humaine, c’est la patience, et le seul butin, en cas de victoire, la résignation.

* * *

— Qu’est-ce t’as, tonton?

— Pardon?

— On direrait qu’t’as enville d’chialer.

— T’es pas louf, p’tit mec; est-ce que ça pleure, un homme?

— Ça chie bien! objecte le jeune philosophe.

* * *

On devrait passer sa vie à dire adieu à ceux qu’on aime.

* * *

L’étonnant, c’est que pas une seconde n’a jamais resservi. Elles continueront de pleuvoir sur l’éternité et de se renouveler inexorablement.

* * *

L’homme n’est pas fait pour vivre très longtemps, car il ne parvient pas à s’éloigner de sa jeunesse. Son enfance est un piquet autour duquel il broute.

* * *

Puisque le pire est la conclusion de notre vie, nous ne pouvons qu’envisager le meilleur.

* * *

Le chiendent, quand on est un peu fou, c’est de ne pas l’être suffisamment.

* * *

Si l’Acropole était neuve, personne n’y ferait attention. Moi, je construis des ruines pour aller directement au devenir de la chose.

* * *

La solitude intérieure, c’est la condition même de l’homme.

* * *

Il y a dans notre putain d’existence une espèce d’harmonie qui fait que rien n’est inutile ou fortuit. Tout a une signification.

* * *

Les hommes donnent aux paysages qu’ils traversent la couleur de leurs pensées.

* * *

Il faut se cramponner au parapet de la raison lorsque souffle le vent de l’invraisemblance.

* * *

La résignation, c’est la force des humbles.

* * *

Lorsque je serai retiré sur mon rocher, j’écrirai un bouquin de philosophie tellement gros qu’on le mettra sous toutes les fesses des enfants apprenant le piano.

* * *

Le seul intérêt réel de l’existence réside dans ses bouleversements.

* * *

Un souvenir vous sert mieux qu’une présence.

* * *

Les hommes sont les mêmes partout. Les frontières ne figurent en réalité que dans nos âmes.

* * *

Le crime est la force des faibles. Ceux qui veulent se manifester sans en avoir l’énergie n’ont que la ressource de tomber, monter étant trop épuisant!

* * *

Nous sommes conçus pour nous faire payer aux uns et aux autres le mal que nous faisons.

* * *

Ne jamais penser à plus tard! Seul compte le présent qui est l’unique bien des vivants.

* * *

Le raisonnement est un escalier secret qui donne accès à des vérités apparemment inaccessibles.

* * *

Notre imagination est toujours moins romanesque que la vie.

* * *

Il faut prendre des chemins détournés, ce sont souvent des raccourcis.

* * *

Tout le monde est fait pour mener une autre existence.

* * *

Le bonheur en Technicolor, ça ne se fabrique qu’à Hollywood.

* * *

N’es-tu pas épouvanté à l’idée que chaque seconde s’engloutit avant même que tu en aies eu conscience?

* * *

À partir du moment où on vous coupe le cordon ombilical, c’est râpé. On est seulâtre pour l’éternité.

* * *

Nous sommes tous dans une salle d’attente.

* * *

Le temps d’un sourire, elle aura duré, votre petite trajectoire minable de brandon qui s’éteint à peine allumé. Et, si vous n’avez pas ri pendant cet éclair, vous mourrez cocus, les gars!

* * *

La dignité humaine ne fait pas bon ménage avec l’intérêt.

* * *

La nature n’est jamais aussi hostile que les hommes.

* * *

Nous jaillissons du limon, comme une grosse bulle. Nous nous gonflons à la surface et, parce que le soleil nous fait briller un instant, nous nous prenons pour quelque chose, et même parfois pour quelqu’un!

* * *

Sans un minimum d’égoïsme, la vie ne serait pas vivable.

* * *

Dans la monstrueuse indifférence de l’univers, la seule île, c’est l’amour maternel.

* * *

Nous vivons tous à califourchon sur une fusée interplanétaire en rouscaillant parce qu’elle ne va pas assez vite. Nous devrions davantage nous asseoir dans notre jardin et regarder les abeilles faire leur petit turbin.

* * *

Le seul intérêt réel de l’existence réside dans ses bouleversements.

* * *

Tout est possible en ce monde et il n’y a qu’une chose qui soit réellement invraisemblable: c’est l’invraisemblance.

* * *

L’homme aux idées hardies est taxé de fou par ceux dont le cerveau est flasque.

* * *

S’en sortir, pour quoi faire? Pour aller où? Pascal a aussi bien pourri que ceux qui ne l’ont jamais lu.

* * *

L’homme est précédé de sa pensée, mais la rejoint immanquablement.

* * *

Il n’y a pas de dedans, à part nos âmes. Et encore sont-elles, elles aussi, une tolérance du dehors.

* * *

La probité morale est une espèce d’œuvre d’art.

* * *

Vivre, c’est passer outre.

* * *

À partir de trois personnes, les hommes cessent de s’entendre. Et, bien souvent, à partir de deux…

* * *

Quand on attend pour attendre, on finit vite par se demander ce qu’on attend.

* * *

Elle donne tant et tant, la nature, qu’après tout, elle peut bien reprendre.

* * *

Le règne humain est une communion chimique en devenir. Laissez-vous mourir tranquillement, je devine que ça n’est pas inutile.

* * *

L’imagination, c’est la mémoire du possible.

* * *

La seule véritable découverte philosophique de l’homme est que tout se transforme.

* * *

Pourquoi attendre d’autrui des satisfactions cérébrales que l’on peut s’accorder tout seul.

* * *

La fosse septique prépare à la fosse commune.

* * *

Chaque génie à sa prostate.

* * *

Personne ne fuit; tout le monde piétine.

On s’aperçoit que l’existence est faite à quatre-vingts pour cent de déconnages inutiles.

* * *

Les hommes, sans cesse aux prises avec le présent, doivent également compter avec le passé.

* * *

«Tromper le temps». Tu la connais cette expression stupide? Impossible de le tromper, le temps, de l’éluder, de lui passer outre. Il est là, comme une échelle infinie que tu dois escalader.

* * *

L’excitation est belle lorsqu’elle est intense, mais navrante lorsqu’elle ne peut s’exprimer.

* * *

Tout ce que je sais, je l’ai appris tout seul en lisant des livres, en lisant la vie, en baisant, en aimant mon prochain comme moi-même pour l’amour de Dieu! Ils sentaient bien les profs, que j’en avais rien à cirer, que mon siège était fait et que ma vie s’organiserait autour de la vraie vie, sans les turpitudes du savoir sous cellophane. Diplômé des nuages, l’Antonio! Docteur es-tendresse. Licencié en coït! Le pied, le foot! Authentique grande école! Faculté de s’en foutre.

* * *

— Vous me haïssez?

— Non, la haine est au-dessus de mes moyens; je vous méprise seulement.

* * *

Chaque individu est le point de départ de l’univers.

* * *

Le monde, il faut l’inventer soi-même, sinon, il est partout pareil.

* * *

La France? Soixante millions de gus sur les côtelettes, ça forme une sacrée pyramide humaine. Sans compter qu’il y en a qui remuent, dans le tas!

* * *

Mes yeux aperçoivent des choses enfuies qui jamais plus ne reviendront.

* * *

Les lambeaux du passé flottent au vent de la mémoire comme une chemise fixée à une rame transformée en mât sert de pavillon à des naufragés (du moins sur les dessins humoristiques).

* * *

Tout individu est fier de bander dur. Il en tire gloire, alors que ça lui est naturel, accordé par nature comme à des millions d’autres.

* * *

Les gros repas engendrent des digestions laborieuses, sources de méditations.

* * *

Nous autres, qui ne sommes pas des philosophes, ce qui nous sauve, c’est notre bon sens.

* * *

Ça pisse pas haut, ça ne mène pas loin, mes rébellions de noces et banquets; seulement ça me soulage un peu.

* * *

Con ou génie, gros ou maigre, Pensées de Pascal ou Almanach Vermot, c’est tout pour le néant. Tu balaies jusqu’à la bouche d’ombre, tu balances tout dedans: les détritus, le balai et toi pour finir. Terminé! Au suivant!

* * *

Il vaut mieux être un grand chez soi qu’un petit chez les autres.

* * *

Toujours mettre à profit les circonstances. Une occasion négligée, c’est un morceau de ton destin qui s’effrite.

* * *

Faut pas avoir peur des mots, seulement des gens.

* * *

L’existence est une étoffe tissée de menus hasards, de rencontres fortuites, d’incidents à peine discernables qui s’emboîtent. Quand tu as étalé le tout, tu constates que ça forme un destin. Rien n’a été inutile. Tout avait sa place. Tout devait être conservé pour l’exécution du motif global.

* * *

Une civilisation s’éteint, d’autres se développent; ça ne changera jamais le volume du globe terrestre, ni sa vitesse de rotation.

* * *

Mes pairs et mère m’ont enseigné qu’une seule bonne raison est préférable à plusieurs cacateuses.

* * *

Les grands penseurs sont des gens repus, sinon ce ne sont que des agitateurs.

* * *

— Qu’est-ce qui ne va pas?

— La vie.

— Je connais: je l’ai eue.

* * *

L’existence est bourrée de chausse-trapes sournoises, quand tu ne te méfies pas.

* * *

On se met à devenir vieux sitôt qu’on cesse de grandir.

* * *

Quand on ne peut refaire le monde, on n’a que la ressource de prier et de baiser.

* * *

Parler est, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, une démarche inutile et donc une perte de temps.

* * *

L’existence, c’est pas un ensemble d’instants, mais juste un instant après l’autre. Et chaque instant anéantit celui qui l’a précédé.

* * *

Les gens, c’est déjà beau qu’ils t’écoutent; si en plus tu exigeais qu’ils te comprennent, la vie se mettrait à patiner.

* * *

Le mâle a besoin de ses prouesses passées pour accepter son déclin.

* * *

On a pas besoin de beaucoup de terrain pour exister, ni de beaucoup d’amis. J’ai calculé qu’avec six cents mètres carrés et trois ou quatre potes, t’envoyais la farce! (ou tu en voyais la farce).

* * *

Les doubles foyers, y a que chez Afflelou que ça fonctionne bien.

* * *

Il y a, dans la contrition, la soumission ardemment consentie, un somptueux aveu d’impuissance de la part de l’homme.

* * *

Selon mon estimation personnelle, le Très-Haut, n’est pas Très Haut mais Très Près.

* * *

La vie, c’est au présent, rien qu’au présent. Il ne faut pas être désespéré, et encore moins optimiste.

* * *

Dans l’existence, tu ne regrettes pas que tes mauvaises actions; il arrive aussi que tu regrettes les bonnes. Et alors là, c’est beaucoup plus grave.

* * *

Un pauvre, allergique au caviar, ou un baron de Rothschild, allergique au topinambour, peuvent s’en sortir. Mais imagine le contraire, tu mords d’ici les dégâts?

* * *

Ma grand-mère me disait que l’on n’était propriétaire que de sa soupe, et encore, une fois qu’on l’avait dans le ventre.

* * *

Si tu n’as plus rien à attendre de la vie: n’attends plus.

* * *

Y a des jours où il ne faut pas regarder par le conduit de la cheminée, sinon le Père Noël te dégringole sur la gueule!

* * *

C’est pas ailleurs qu’on fait fortune. Ailleurs on se fait seulement chier.

* * *

Nous sommes promis à l’éclopage par le temps. Ce salopard qui sournoisement transforme Tristan en notaire de sous-préfecture et Yseult en dame patronnesse.

* * *

Les hommes, ils grimpent sans se retourner. Arrivés au sommet, le vertige les fait tomber.

* * *

Un jour, il m’est arrivé quelque chose de tout à fait exceptionnel: moi.

* * *

Tu ne peux prêter le flanc à l’ironie de tes pairs si tu ignores les vilenies qu’ils ont lâchées contre toi.

* * *

Ces choses affreuses qu’un con, un jour, a appelées «nos semblables».

* * *

Moi, le fouet, je n’ai jamais été partant, ça fait mal quand on le reçoit et ça fatigue quand on le donne.

* * *

Un homme, quel qu’il soit, tu lui fais passer un rouleau compresseur sur le burlingue, il se transforme en flaque. Tu vas pas te laisser impressionner par une flaque en puissance, tout de même!

* * *

Les statues de sable? Faut les mouiller pour les modeler. Ensuite, elles sèchent et s’écroulent.

* * *

Regardez bien les hommes. Et maintenant, regardez-moi!

«Vous ne trouvez pas que je leur ressemble?»

* * *

Pleurer, c’est l’hygiène de l’œil. Le chagrin aboutit parfois chez le psychiatre, jamais chez l’ophtalmo.

* * *

Tant qu’on possède le présent, on peut espérer avoir un avenir.

* * *

Pour un émigrant qui devient Kennedy, t’as tout le reste qui devient clodo.

* * *

L’homme est un loup pour l’homme? Mes fesses! Les loups ne nous suppriment pas. L’homme est un homme pour le loup, voilà la vérité; et plus encore: un homme pour l’homme!

* * *

On apprend tout aux hommes lorsqu’ils sont jeunes, sauf qu’ils deviendront âgés et podagres. Cette éducation-là, il faut se l’inventer tout seul.

* * *

Société de consommation! Société de consumation, oui! Faut qu’on soit tous cons et fumiers pour être tombés si bas.

* * *

Les fruits, quand tu les cueilles encore verts, ils achèvent de mûrir loin de leur arbre; pas les idées!

* * *

Il n’existe pas de chercheurs, il n’y a que des «trouveurs».

* * *

Je préfère je suis à j’ai. Avoir, ça réconforte, tandis qu’être, ça perturbe. Le mec qui a beaucoup a moins besoin d’être. Il peut mieux s’économiser. Être est plus indispensable qu’avoir. Qu’importe ce que j’ai, si je ne suis pas! Avoir été, c’est mieux que d’être eu. Le rêve, c’est d’avoir de quoi être!

* * *

Il vaut mieux charrier des remords que des regrets.

* * *

Le julot qui te présente une patte-mouille pour te saluer et qui regarde le prunier d’en face en te parlant, tu peux en faire cadeau au syndicat des gélatineux.

* * *

Les crève-la-faim, c’est pas des dons qu’il leur faut, mais leur dû.

* * *

Il faut fixer sa pensée pour ne pas la laisser dériver dans l’océan du désespoir.

* * *

Le renoncement est un flirt avec la mort.

* * *

Y aura toujours les uns et les autres, les cons et les autres, moi et les autres.

* * *

Le chagrin est une ivresse qui incite aux niaiseries les plus lamentables.

* * *

Dans le fond, eunuque, c’est une position enviable. La paix du pantalon te rend totalement disponible.

* * *

L’être en quête de vérité est aussi mal dans sa peau que celui qui fait de la rétention d’urine ou qui souffre d’un calcul rénal.

* * *

La virilité maintient l’individu dans une estime de soi indispensable à l’harmonie de son existence.

* * *

Peut-être que le mal n’est pas un mal? Si nous étions parfaits, nous ne supporterions pas la précarité de notre condition.

* * *

Celui qui renonce à la baise abdique sa qualité d’homme.

* * *

Les seuls gus qui font de leur existence une œuvre, ce sont les clodos. Vivre de rien dans du rien.

* * *

L’homme n’a su créer qu’une chose qui soit éternelle: ses ordures.

* * *

Tout homme souhaite être le propriétaire exclusif de la femme qui le comble.

* * *

La pompe aux souvenirs n’est jamais grippée; il suffit d’un «t’en souviens-tu?» pour que tout l’écheveau se dévide.

* * *

Si tu t’obstines farouchement, tu obtiendras tout de la vie: les femmes, les situations et aussi les honneurs si, par malheur, ils te tentent.

* * *

La vengeance, on s’en fatigue vite. Elle se mange froide, et les bouffes froides te débectent rapidement.

* * *

Mes jours sont en danger depuis l’instant de ma naissance et nous sommes cinq ou six milliards de bipèdes dans ce cas.

* * *

Il n’est pas grave de ne pas comprendre les mystères de la vie. Ce qui est grave, c’est de les nier parce qu’on ne les comprend pas.

* * *

Les hommes, comme les loups, sont faits pour vivre en hordes. Celui qui s’en va, seul à travers la forêt, paie je ne sais quelle étrange dette.

* * *

Maintenant on lacère les manteaux de fourrure et les grosses cylindrées. Bientôt on tailladera le bide des obèses, pour leur apprendre à capitaliser les calories. Même une grosse bite, t’auras plus le droit de la déballer. Un zizi de plus de quinze centimètres hors tout sera interdit de fornication, pas complexer surtout les petits bitouneux lamentables.

* * *

C’est beau, la nature, et ça ne coûte pas cher.

* * *

La charité est un élan, une bandaison de l’âme.

* * *

Les hommes sont des mouches bleues qui se posent tantôt sur le miel, tantôt sur la merde.

* * *

Les portes se referment parce qu’elles sont faites pour ça. Il est con, Musset, qui prétend qu’elles doivent être «ouvertes ou fermées». Ouvertes, c’est fugitif, fermées, c’est leur finalité.

* * *

Il en va des qualités professionnelles comme de l’amour: tu t’y montres brillant ou nul.

* * *

Faire semblant est un début de réalité. Si tu fais de plus en plus semblant, t’arrives progressivement à être ce que tu souhaites paraître.

* * *

Le beau monde cultive les apparences et il a bien raison. Elles lui servent de vertu.

* * *

Le présent reste obscur; c’est un assemblage d’ignorances. On le croit définitif parce qu’il est. Et comme l’homme ne possédera jamais la faculté de dépasser ce qui est, il se fera toujours niquer. Il vivra éternellement l’instant. Mais l’instant, c’est de l’illusion matérialisée. Ça se déprogramme en étant.

* * *

Le vrai mutisme, ce sont des mots qui se taisent.

* * *

La lèche, c’est le lubrifiant des rapports humains. Notre société est régie par la pipe davantage que par les lois.

* * *

Le jour vient où tu n’as plus envie de rien, même pas d’exister.

* * *

T’as pas le temps d’être mort que déjà on t’a foutu un drap ou une bâche sur la gueule. Symbolique. Tu n’es plus? Alors ton image n’a plus le droit de cité.

* * *

Les pauvres se trouvent mieux dans leur peau que les nantis.

* * *

Il faut franchir la barbare frontière du paroxysme pour s’affranchir des misères humaines. L’intensité débouche sur le salut.

* * *

La désillusion est le chemin de l’existence.

* * *

Sans philosophie, on accepte mal ses propres crimes.

* * *

Il ne faut pas se laisser glisser dans les songeries merdancoliques.

* * *

Quand elle est trop poussée, l’admiration conduit à l’outrance.

* * *

Les hommes, fais-les plus grands qu’ils ne sont et ils le deviennent pour de bon!

* * *

Le coup de cœur, c’est fort, c’est bon, ça survolte, mais ça ne doit pas se prolonger.

* * *

Toujours essayer de voir les choses qui se cachent derrière les choses.

* * *

Notre vie est un choix perpétuel. Décider, toujours décider: par quel bout commencer, quelle fille on va baiser, pour quel con on va voter. Encore et toujours des choix! Qu’en fin de compte, ton libre arbitre te pompe l’air, t’empêche d’exister normalement! Tu restes trop disponible pour bien profiter de la vie.

* * *

Le faste ne te grandit jamais, au contraire, il t’accable.

* * *

Il y a des gens qui ont partout l’air d’être en exil, même au sein de leur foyer, et là encore davantage qu’ailleurs.

* * *

L’oubli est le principal atout des femmes.

* * *

Ce que j’ai eu d’important à dire dans la vie, je l’ai dit avec les yeux.

* * *

Les centenaires de Sicile sont des gens qui ne se sont jamais occupés de leur prochain.

* * *

Le droit chemin décrit des zigzags, parfois.

* * *

La mémoire ne doit servir qu’à évoquer le positif; si c’est le garde-manger des rancœurs, vive l’amnésie!

* * *

Ne donne pas trop de bonheur aux gens, ils t’en gardent toujours rancune.

* * *

Être ou ne pas être… Là n’est pas la question.

* * *

Ce qui peut arriver de mieux aux hommes, c’est d’agir sans réfléchir.

* * *

Les gonzesses, c’est comme les clébards, faudrait toujours les prendre jeunes.

* * *

La planète? En voilà une qui tournait rond jadis, avant que l’homo sapiens vienne lui proliférer dessus.

* * *

Celui qui bédole dans son froc a perdu d’avance; l’odeur de la merde excite l’adversaire.

* * *

L’homme s’attarde sur le passé, tandis que la femme se gave du présent.

* * *

Ceux qui ne savent pas écrire, tout comme ceux qui ne savent pas peindre, se réfugient dans l’abscons. Ça fait ricaner les cartésiens, mais ça les inquiète tout de même.

* * *

Je préfère une partie de baise dans une cabine téléphonique à une partie de chasse à courre en Indre-et-Loire.

* * *

C’est comme les arènes, la vie: t’as toujours les places à l’ombre et les places au soleil, mais dansl’existence, c’est les places au soleil qui coûtent le plus cher.

* * *

Rescapé, j’ai remarqué que c’est un sort enviable dans l’existence. On ne respecte pas les épargnants, mais on raffole des épargnés.

* * *

En ne prenant pas la vie des victimes, c’est comme si on la leur donnait!

* * *

Un type mort, on tire un trait dessus; un type vivant, on tire sur la fermeture Eclair de sa braguette.

* * *

Il faut garder la verticale, position dont nous ne profiterons jamais suffisamment, nous autres, les futurs horizontaux définitifs. Rester debout est un luxe.

* * *

Deux hommes intelligents, d’idées politiques opposées, trouvent beaucoup plus de choses à se dire que deux cons appartenant à un même parti.

* * *

Quand tu te fais du mouron, donne-le aux petits oiseaux.

* * *

L’actualité c’est tout de suite, le lendemain elle est défraîchie, au bout de huit jours elle est périmée, ensuite elle fait chier tout le monde.

* * *

Quel plus grand hommage rendre à son Créateur que de devenir le complément d’un autre être.

* * *

Souvent j’ai découvert des trésors au débotté de l’existence, alors que je n’espérais rien.

* * *

J’ai rien contre les officiers, rien pour, non plus. S’il y en avait pas on serait obligés de faire les guerres tout seuls, et on risquerait de les gagner!

* * *

L’existence, c’est comme ça: tu fais des gosses et tu attends qu’ils s’en aillent. Et quand ils sont partis, tu attends qu’ils reviennent.

* * *

Marquer son territoire, c’est ne pas avoir besoin d’être physiquement là pour être présent.

* * *

Quand on rencontre des gens, on ne sait jamais à l’avance desquels on va se souvenir plus tard. C’est pas une question «d’importance», mais de «sensations».

* * *

L’homme suroccupé néglige le cul.

* * *

Les honneurs engendrent l’impuissance.

* * *

Vie salope à laquelle il nous faut faire semblant de croire.

* * *

Nos rêves d’enfance ne peuvent se réaliser vraiment. Nos sales pattes de grandes personnes sont incapables de les manipuler sans les briser.

* * *

Quand j’étais mouflet, j’avais la notion du «toujours». Mais ça n’a pas duré longtemps.

* * *

Je suis de nulle part. Juste un enfant perdu que personne n’a trouvé. Mais qui baise!

* * *

Le coulage à pic, c’est la solution de ceux qui ne s’estiment pas à la hauteur des efforts qu’ils pourraient produire.

* * *

Ton salut t’appartient; n’en fais pas cadeau au néant, c’est trop con.

* * *

Les hommes sont empêtrés dans leurs fantasmes comme des spaghettis dans du parmesan fondu.

* * *

Notre drame, c’est que nous ne pouvons pas nous fuir.

* * *

La chose que l’homme connaît le plus mal, ce sont ses limites; il a toujours tendance à mettre un pied plus loin que permis.

* * *

Il vaut mieux ficeler sa philosophie avec une grosse corde qu’avec une toile d’araignée.

* * *

Une fois qu’il a les couilles à plat, l’homme peut devenir charitable, tendre la main à son prochain et servir la gloire de Dieu.

* * *

Quand t’es à bout, ouvre le gaz et mets à cuire des œufs sur le plat.

* * *

Il ne faut pas avoir beaucoup d’argent, mais il importe d’en avoir assez!

* * *

Quand le tricotin t’habite, ta bite a besoin de tricoter.

* * *

L’infidélité n’est qu’un exercice destiné à maintenir dans leur forme optimale les fonctions assurant la félicité physique d’un couple légitime. Mais va faire comprendre ça à ta bergère, toi!

* * *

À mes débuts, j’écrivais comme Montaigne et ça cassait les couilles à tout le monde, à commencer par moi; alors je me suis tourné vers Rabelais et ça s’est mis à fonctionner.

* * *

Les femmes disent toujours le contraire de ce que tu penses et pensent le contraire de ce que tu dis.

* * *

Quand «ça te démange, tu te grattes». La volupté provient de l’assouvissement.

* * *

Ce qui complique tout, c’est la promiscuité.

* * *

Les bonnes gens te conseillent toujours de «prendre sur toi»; ils ne te conseilleront jamais de «prendre sur eux».

* * *

Contre nature, ça signifie quoi? Tout ce qui s’accomplit dans nos existences humaines est naturel.

* * *

C’est toujours les couples unis qui fournissent les meilleurs veufs (ou veuves) et c’est souvent dans les unions d’apparences foireuses qu’on trouve les inconsolables.

* * *

Les pires événements se dissolvent gentiment dans l’oubli. D’autres les remplacent.

* * *

Lorsque tu te repais d’un paysage: Danube, Pyramides, Promenade des Rosbifs, Pont de Brooklyn, tu crois emmagasiner toutes ces images, ces sensations, toutes ces émotions, mais très vite il ne te reste plus dans le souvenir qu’une barbe à papa terne et silencieuse que tu as du mal à préserver et qui meurt de ton présent impitoyable.

* * *

L’humanité a de plus en plus la gueule qu’elle mérite.

* * *

Il n’y a pas d’âge pour vieillir, on vieillit en naissant.

* * *

La populace congratule toujours le vainqueur. Avec elle, un homme terrassé est un homme désaimé.

* * *

La vie ne se conserve pas. On doit la consommer au fur et à mesure.

* * *

Chaque fois qu’un homme en tue un autre, c’est lui qu’il met à mort.

* * *

Certes c’est chiant d’être vivant, mais comme il doit être démoralisant de ne pas exister.

* * *

Il n’y aurait pas de vie collective possible si les gens gardaient leur mémoire intacte. On ne croirait plus en rien ni en personne. On ne pourrait plus continuer d’espérer, d’aller de l’avant.

* * *

Tu vois des gens, en pleine forme, tu les salues joyeusement. Tu les revois plus tard: ils sont vieux. Tu ne les revois plus: ils sont morts!

* * *

Quand la liesse est prête, il faut la consommer, tout comme le vin tiré, elle ne se conserve pas.

* * *

Les souvenirs, c’est comme une boîte de biscuits moisis retrouvée dans un placard. Tu te crois obligé d’en grignoter un et de le trouver bon, mais en réalité il a un goût de rance.

* * *

Plus le temps passe, si tu as du pot, plus tu fais des croix sur le nom de tes relations dans ton carnet; si tu n’en as pas, c’est elles qui en font une sur le tien.

* * *

Un jour la porte se rabat dans ton dos, comme mue par un courant d’air, mais c’est toi qui l’as tirée. Toi tout seul, instinctivement.

* * *

Seuls les adeptes du yoga sont capables de péter plus haut que leur cul.

* * *

Le bon sens est un langage qu’on pige de moins en moins. Quelques-uns pensent «C’est pas bête, ce qu’il dit; mais c’est con». Et tu sais pourquoi c’est con? Parce que ça ne sert à rien. Aujourd’hui, il n’y a que ce qui sert vraiment à quelque chose qui est pris en considérance.

* * *

Quand tu as tout perdu, il te reste la vie.

* * *

Si on m’enlevait toutes les années au cours desquelles je me suis fait chier, j’aurais trente ans de moins.

* * *

Pourquoi ne pas relater ce qui est, du moment que cela est? Filtrer les faits et les dits, c’est les émasculer.

* * *

Tu n’aimes totalement que ceux que tu admires.

* * *

Aujourd’hui le foyer est devenu une source de discorde entre zappeurs.

* * *

Que tu fasses l’amour ou des mots croisés, la trotteuse qui enchaîne inexorablement les secondes ne flanche pas, ne ralentit pas et t’estoque pour te déguiser en mort, toi si peinard dans ton présent d’aujourd’hui.

* * *

Y a plus que le papier-cul qui se vende encore bien: tout le monde se fait tellement chier!

* * *

L’homme qui vient de se vider les couilles dans une gonzesse se prend facilement pour un démiurge.

* * *

Il y a des gens que j’embrasse pour ne plus les voir.

* * *

Qu’importe les objets qui nous survivent? Ils dérivent au fil du temps, comme des arbres arrachés par une crue dérivent dans le courant. Les choses matérielles ne constituent que des hochets dont elles possèdent la précarité.

* * *

Si j’étais riche, je ne ferais que ça.

* * *

Il ne subsiste de nos rencontres que d’obscures impressions que le temps rend improbable.

* * *

J’ai toujours été heureux par contumace.

* * *

Les gens que tu couches sur ton testament ne dorment que d’un œil.

* * *

Si tu laisses le temps au temps, il te baise.

* * *

La vie, c’est l’histoire d’une enfance qui flambe et tombe en cendres.

* * *

Je n’ai pas de prochain; mes moyens ne me le permettent pas.

* * *

Pour posséder une saine vision des choses, il convient d’avoir le ventre plein.

* * *

Les gens heureux n’ont pas d’histoire; c’est pourquoi ils en font à tout propos.

* * *

Il faudrait pouvoir mourir de temps en temps, histoire de se refaire une santé.

* * *

Si on n’avait pas son passé à se mettre sous la mémoire, le présent aurait une drôle de gueule.

* * *

Ma philosophie? Rien, avec Dieu autour.

* * *

Il y a des mecs qui me laisseront incommensurablement froid. La compassion, ça se mérite.

* * *

Tu remarqueras souvent chez les paumés cet acharnement à en rajouter, comme si ça ne se repérait pas au premier regard qu’ils sont minus.

* * *

Certains antagonismes capotent parce qu’ils ne trouvent pas assez de rancœur pour se nourrir.

* * *

Ce que tu penses pour toi, c’est autant de gagné pour les autres.

* * *

Si les pauvres hindous décalorifiés bouffaient leurs vaches sacrées, ils cesseraient de les adorer. Pour bien comprendre ce qu’est un bifteck, il faut commencer par le manger.

* * *

Gamberger ne fait chier personne et peaufine ton intimité avec toi-même.

* * *

Quand tu sais que le silure nous est antérieur, tu te mets pas à chicaner sur le côté clean de ton pedigree!

* * *

J’ai rien demandé, je partirai donc sans dire merci!

* * *

Rien n’est jamais gratuit. Hormis un malade mental, aucun homme n’agit sans raison.

* * *

Quand le jour ne se lève pas, c’est qu’il est trop fatigué.

* * *

Dans la vie, ce qui importe, ce ne sont pas les choses, mais l’idée qu’on s’en fait.

* * *

Les odeurs sont le mètre étalon de la modestie. L’homme qui pue ne peut nourrir le moindre orgueil.

* * *

Les gens se divisent en deux catégories: les ineptes et les inaptes.

* * *

Le plus difficile, c’est «de faire avec soi-même»; les autres, on s’en arrange toujours puisqu’on s’en cogne l’os à moelle.

* * *

La familiarité est un signe de mépris quand elle ne traduit pas un élan du cœur.

* * *

Souvent la vie semble déambuler d’un pas de sénateur obèse, et soudain, au moment ou tu t’y attends le moins, la voilà qui pique un sprint et tu dois déféquer des bulles carrées pour tenter de la rattraper.

* * *

Rien n’appartient à personne, sinon sa peau pour quelque temps, et encore n’est-elle qu’un travesti de location pour bal costumé.

* * *

Il y a les bonnes et les mauvaises rencontres. Les bonnes sont si rares que ça ne vaut pas la peine d’enparler; d’autant qu’elles finissent par devenir mauvaises. Les mauvaises, c’est le reste.

* * *

Nous appartenons à une civilisation tartufière qui distribue des satisfecit au grand jour et se masturbe dans les coins sombres.

* * *

Quand on est chef, vaut mieux se gourer en ayant l’air sûr de soi que de tergiverser avant d’agir correctement.

* * *

La vie, c’est comme les figues de Barbarie; ça vous laisse longtemps des piquants dans la viande.

* * *

La vie est une loterie. Au départ, tu reçois un numéro, il est bénéfique ou foireux, mais dans l’ensemble, tout le monde l’a dans le cul.

* * *

L’instinct est une façon de ne pas penser.

* * *

Y a des moments qui ressemblent à un marteau mal emmanché.

* * *

Le sommeil d’un vieillard, c’est sacré; ne jamais le déranger surtout; il répète!

* * *

Il y a des gars qui ont vu la baie de Naples et qui n’en sont pas revenus parce qu’ils s’y sont noyés.

* * *

Dans la vie on est toujours seul. L’important c’est de savoir avec qui!

* * *

Le vrai désespoir, c’est de pleurer au soleil.

* * *

Faut toujours préparer les mélancolies de demain.

* * *

Ça fait plaisir d’être connu et reconnu! Du reste, il n’y a que les gens connus qui sont reconnus; c’est connu.

* * *

Un jour tu repêches dans ta mémoire des bribes d’instants que t’avais à peine remarqués en les vivant; ils te deviennent alors confortables.

* * *

Une tête, même de con, va tellement bien à un homme!

* * *

Les vrais battants ne sont pas ceux qui savent triompher, mais ceux qui savent échouer.

* * *

Les hommes étant mortels à partir de leur naissance, n’ont en fait pas d’âge. En tout cas l’âge n’a aucune signification; c’est une illusion.

* * *

«Travaillez, prenez de la peine!»

Il est con, ce La Fontaine. J’ai tant de peine, que loin de la prendre, je voudrais la donner!

* * *

Chacun est responsable de ses actes; mais il n’en est responsable que vis-à-vis de lui-même.

* * *

L’insomnie est le meilleur engrais de l’imagination.

* * *

Le danger ne vient pas des autres hommes: il vient de moi. Les hommes ne peuvent prendre que ma vie. Moi je peux accepter la mort qu’ils me préparent. Si j’y parviens, je serai infiniment fort.

* * *

Le plus difficile n’est pas d’arriver, c’est de «se» continuer.

* * *

Le remords n’est qu’un épouvantail planté par la morale aux frontières du mal.

* * *

Les vivants se croient supérieurs aux morts, mais ils ne sont que les morts de demain…

* * *

À peine conçu, un être est un mort en puissance. On nous appelle des «êtres» alors que nous ne sommes rien! C’est la plus vaste vantardise que ces animaux à deux pattes ont trouvée!

* * *

Les hommes perdent leur vie à essayer de comprendre des choses qui ne comportent pas d’explications.

* * *

Un homme vieux de caractère ne s’en aperçoit pas; c’est le principal élément de sa maturité.

* * *

Les hommes juchés sur le piédestal de la gloire se croient des élus éternels mais au premier coup de vent, ils s’écroulent!

* * *

La vie, c’est un solo de saxophone, la nuit, dans les torpeurs enfumées d’une boîte de nègres.

* * *

L’agenouillement, c’est la culture physique du recueillement.

* * *

Dans les affrontements picaillons-vocation, c’est toujours les picaillons qui gagnent.

* * *

Le destin, c’est l’ironie de la vie.

* * *

La philosophie est l’art de se compliquer la vie en cherchant à se convaincre de sa simplicité.

* * *

Il n’y a que le bonheur qui unisse les gens. Le malheur, lui, les sépare. Et il ne sépare pas seulement les gens les uns des autres, mais également d’eux-mêmes.

* * *

L’indifférence est plus impitoyable que la haine.

* * *

On ne doit pas pleurer la mort d’un suicidé mais sa vie. Sa mort, il l’a voulue. Tandis que sa vie, il l’a refusée parce qu’elle était trop moche.

* * *

Les hommes n’ont aucun pouvoir sur les femmes indifférentes.

* * *

La vie: un truc de papier qui se déplie, fait un peu de vent et se replie.

* * *

Elle avait souffert durant toute son existence je ne sais pas de quoi, peut être de la vie, simplement?

* * *

Le temps de presser un bouton peut être aussi long que celui nécessité par la construction d’une cathédrale lorsqu’il est pensé à l’infini.

* * *

J’adore ce qui est apparemment définitif, c’est ce qui me donne le mieux l’impression que j’existe.

* * *

Rien de plus appauvrissant qu’une conscience nettoyée. Livrer ses secrets, c’est s’appauvrir en se soulageant.

* * *

Le silence des individus est leur véritable éloquence.

* * *

On se poursuit vaille que vaille. De temps à autre on se permet une gambade dans le champ du voisin, mais nous restons les vassaux de notre passé.

* * *

Quand on rejoint une femme, en principe c’est pour toujours; mais le «toujours» des hommes a ses limites.

* * *

On finit toujours par fermer les yeux.

* * *

Pourquoi les hommes s’ingénient-ils à embellir leur vie puisqu’ils vivent? N’est ce pas suffisant?

* * *

Les souvenirs, c’est ce qui reste quand l’oubli vous a guéri d’un malheur.

* * *

Les vraies détresses n’ont pas le courage de s’exprimer. Se confier dénote encore des ressources d’énergie.

* * *

Pour bien vivre, il ne faut pas se rendre compte qu’on vit. C’est tellement vrai qu’on a inventé des distractions pour les oisifs.

* * *

Si la plupart des hommes chantent en se rasant, ils ne se rendent pas compte qu’en même temps ils rasent les autres en chantant.

* * *

On ne refait pas sa vie. On ne peut que la poursuivre en essayant de la corriger comme on corrige sa vue défaillante au moyen de verres.

* * *

La méchanceté n’est tolérable que lorsqu’on est en état de crise.

* * *

À partir de la quarantaine, les petits souvenirs commencent à lever le doigt pour vous demander la permission de sortir.

* * *

Le temps joue avec nous; il faut bien que nous jouions avec lui.

* * *

Les vrais adieux sont solitaires. On ne quitte vraiment un être aimé que lorsqu’il n’est plus là.

* * *

On ne peut jamais se résoudre à être absent des autres.

* * *

Le cynisme, c’est la santé de l’intelligence.

* * *

Il faut tout apprendre sur cette planète: à mourir, à être cocu.

* * *

Les regrets sont faits pour ceux qui échouent, pas pour ceux qui réussissent.

* * *

L’expression est une trahison latente; elle contourne la pensée sans jamais la traduire parfaitement.

* * *

L’on ne tue vraiment que soi-même; tuer les autres constitue une répétition générale.

* * *

Le silence, on n’a rien trouvé de plus éloquent dans les cas graves.

* * *

Le merveilleux est un mastic qui nous sert à boucher les petites fissures de l’existence.

* * *

Pour s’engager dans l’ascétisme, il faut subir les langueurs de la pré-cirrhose.

* * *

Quand la viande est rigolarde, la conscience ne se pose pas de problèmes.

* * *

Il convient de ne jamais craindre nos défauts. Ils sont la suprême récompense de nos qualités.

* * *

À vouloir connaître le pourquoi des choses, on en arrive à vouloir aussi savoir le comment et, dès lors, tout se complique.

* * *

Les chênes les plus costauds ne sont pas à l’abri de la foudre, car leur force provient de la terre alors que la foudre tombe du ciel.

* * *

Comme si l’on conquérait jamais quelqu’un ou quelque chose; les «quelqu’un» vous quittent et le jour vient où l’on quitte les «quelque chose».

* * *

Le présent nous appartient. Et peut-être l’avenir également si on y met du nôtre.

* * *

C’est en restant immobile et en réfléchissant qu’on va le plus loin.

* * *

Le futur, c’est du présent qui se précipite à ta rencontre.

* * *

Plus tard, ça n’existe pas. Quand nous réalisons nos «plus tard», ils ne sont plus que des aujourd’hui transformés.

* * *

Le noir s’écrit sur le blanc, et le blanc sur le noir.

* * *

Si on veut très fort les choses, les obtenir représente une victoire sur le destin.

* * *

L’éternité est dans le mouvement insensible des plantes et des insectes.

* * *

Il vaut mieux s’efforcer de penser que l’on est, que d’être parce que l’on pense.

* * *

Les cons ont une philosophie à longue portée, missile connerie-connerie! Moi c’est juste missile terre à terre.

* * *

On ne s’enferme pas dans une génération comme dans un blockhaus.

* * *

Entre un grand homme et un petit, il ne peut guère y avoir en fin de compte que vingt centimètres d’écart.

* * *

On fait pousser des fleurs et des tours Eiffel. On peint la Joconde. On chope le SIDA. On aime, on meurt, on rit, on boit du Château-Pétrus. On s’encule, on s’atomise, se décore. On devient Gaston Dunœud ou Victor Hugo. On va vérifier que la Lune est bien déserte. On croise en Dieu, on découvre l’Amérique, le four à micro-ondes, le couteau Opinel, le théorème de Pythagore, la pénicilline. On bâtit les Pyramides, le pont de Brooklyn, des châteaux en Espagne. On fait des guerres, et puis des guerres et encore des guerres, sans réfléchir qu’on est désespérément seuls. On oublie cet inconcevableenvironnement de cailloux au centre duquel nous dérivons, pauvres naufragés élus. Dérivons à corps complètement perdus.

San-Antonio

Réflexions croustillantes sur nos semblables

MORCEAUX CHOISIS recueillis par Raymond MILÉSI

Je ne sais pas ce que j’ai fait au Seigneur pour qu’il m’affuble d’une tête comme la vôtre.

C’est un puissant quinquagénaire qui n’aurait aucune peine à mesurer deux mètres s’il avait vingt-huit centimètres de mieux. Il est puissant, noir de poil, débordant de tout, avec un air de vouloir paraître gentil qui mettrait sur ses gardes un mendiant aveugle. Ses joues tremblotantes ressemblent à des fesses. Il porte de grosses lunettes à monture d’écaille et jouit de sourcils touffus. Il débute chacune de ses phrases par une sorte de barrissement chargé, dirait-on, de «faire un tympan» à ses interlocuteurs. Il apostrophe, tonitrue. Affirme. Assène. Partout, il est en chaire. Sa vie est une tribune du haut de laquelle il se dit au monde médusé.

Cet homme a deux langages. Il parle des autres en style télégraphique, ayant un minimum de salive à leur consacrer, économisant les épithètes, rognant sur les articles et les pronoms, sautant les verbes. Mais il fait montre d’une complaisance torrentielle pour parler de lui. Il se chérit, se surenchérit, déborde d’adverbes et de qualificatifs, chausse les pires pléonasmes, pilonne à coups de redites, souligne par des onomatopées. Il est certain que tout ce qu’il énonce, pense, projette de dire et tait par manque de temps est d’un intérêt démoniaque. Son charme ne lui fait aucun doute. Il en est si plein qu’il s’en égoutte et nous en dégoûte.

La plupart des gens ont la frime de leur turbin. Par exemple, tous les croque-morts sont de joyeux lurons, un peu pâlots et sentant le décès; tous les bistroquets sont des gars placides et ventrus; toutes les repasseuses des souris tristes et molles, et toutes les bonniches d’hôtel de pauvres greluses ravagées ayant la couleur des bidets qu’elles passent leur garce de vie à ramoner.

San-Antonio

LA GALERIE DES TRONCHES

Elle a des yeux découpés dans un morceau de ciel, un minois adorable et une bouche dessinée par un vicieux qui s’est complu à l’orner d’un bec-de-lièvre. Ses jambes sont bien faites, abondamment arquées, ce qui atténue sa claudication.

* * *

Le portier a une tronche d’ivrogne qu’émiette un eczéma ravageur. Il porte une tunique bleue à épaulettes dédorées et une casquette dont les galons pendent comme des spaghettis d’une soupière.

* * *

Un truc noir, accroupi derrière le tiroir d’un classeur, se développe brusquement dans le sens de la hauteur: c’est une demoiselle d’une soixantaine d’années, fortement vierge, qui ressemble à une cigogne en grand deuil.

* * *

Il a une tête de Turc haineux et un pyjama de coton rayé qui l’apparente aux anciens détenus d’Alcatraz.

* * *

Elle a du maintien dans le soutien-gorge, des bonnes manières dans l’intimité, du bleu au-dessus des yeux, du mauve au-dessous du nez, un sac de perles, un cache-nez de deux mètres sur le dos et un trottoir de quinze mètres en bas de l’hôtel.

* * *

C’est un bonhomme rondouillard, rouge comme un Conclave, avec une brioche carrossée par Lustucru, des petites mains potelées, des lèvres luisantes, un nez fluorescent, des cheveux blonds malades étalés sur un crâne constellé de taches brunes, des joues flasques, des bajoues fluides, des yeux en apostrophe, une fossette profonde comme le fossé de Vincennes au menton, un col cassé, une cravate plantureuse et une voix de garçonnet enrhumé.

* * *

Le gars avait cinquante ans de plus que sa femme, une gueule qui pendait comme les branches d’un sapin, un râtelier à changement de vitesse et un bandage herniaire.

* * *

Elle est rousse, genre incendie de forêt, avec un regard couleur d’eau stagnante et quand elle parle on dirait qu’elle joue de la harpe.

* * *

C’est un homme fiévreux, plein de tics et saboulé à la perfection par un tailleur anglais. Très brun, le nez long, portant d’énormes lunettes de vue aux verres surépais, la lèvre inférieure en gouttière, le geste vif, il marche sur nous d’un pas déterminé, tel un huissier hépatique venant saisir ton mobilier.

* * *

Le vacancier était un grand maigre en bermuda, maillot de corps, chaussettes montantes, chaussures de ville et petite casquette «Tour de France».

* * *

C’est le genre de type obscur et besogneux qui s’achète un complet tous les dix ans, qui moud le café et essuie la vaisselle chez lui, tout en faisant ponctuellement un lardon à sa grognace.

* * *

Le gardien de nuit se pointe, maussade, hirsute, vieux, malade. Ses tifs sont gris mais furent blonds. Son visage est ridé mais il fut altier. J’ai devant moi le spécimen type du décavé.

* * *

Elle avait tout ce qu’il faut pour faire oublier le système fiscal à l’humanité souffrante: des roberts bien remontés, et un contrepoids à bascule à faire rêver un général de brigade.

* * *

Le pasteur est un grand triste avec une serviette à fermeture Eclair sous l’aile et un air de racheter les péchés du monde aux meilleures conditions.

* * *

Il a le cheveu noir et frisé, le regard à la fois préoccupé et cordial, un éternel sourire gentil aux lèvres. Il a des projets de barbe, mais celle-ci reste adolescente, et forme des touffes folles sur son menton.

* * *

C’est un petit blond vachard qui se croit obligé de vérifier si la pointe de ses godasses est bien cirée lorsque vous lui parlez.

* * *

Le brigadier est un homme élégant qui ne dépasse pas les cent dix kilos. Ses yeux injectés de sang ont une douceur quasi bovine et ses sourcils fournis ne sont qu’à trois centimètres et demi de ses cheveux graisseux.

* * *

Imaginez une pauvre fleur de misère à l’air navré; au nez en trompette bouchée et aux yeux tellement ternes qu’on les croirait couverts de poussière.

* * *

Le patron est une espèce d’hippopotame, plus gras qu’une soupe au fromage, qui dort sur son ventre comme sur un édredon.

* * *

Elle est bronzée comme un secrétaire d’acajou, avec une chevelure incandescente et des yeux qui vous perforent le futal de part en part.

* * *

Notre chauffeur est un grand anguleux avec une mâchoire en os et des cheveux comme du jus d’orange.

* * *

Elle vadrouille entre la quarantaine et la cinquantaine, poussant devant elle deux énormes mamelles qui l’empêcheront toujours de se noyer en cas de naufrage.

* * *

Il a une gueule cuite au bain-marie, un nez énorme agrémenté de boutons prêts à éclore et des yeux qu’on a repêchés dans un bocal à cornichons.

* * *

C’est un grand mec, brun de poil, beau gosse tel que les shampouineuses s’imaginent les beaux gosses; c’est-à-dire qu’il a la mâchoire carrée, l’œil sombre, la bouche sensuelle, le sourcil ténébreux et la chevelure bourrée de reflets, comme un guidon de vélo au soleil.

* * *

Entrée de la dame: une nature! Un mètre cinquante, quatre mentons, un strabisme convergent, un parfum refusé par le groupement d’achats d’Uniprix et la cinquantaine dûment frappée.

* * *

C’est un jeune homme myope et instruit, ça se voit immédiatement aux rayures de sa cravate.

* * *

Il est maigre et se paie un pif en forme de bec. Ses lunettes corrigent mal un strabisme convergent qui lui permet de s’inscrire en faux contre cette sotte affirmation que des parallèles ne se rejoignent jamais.

* * *

Le serveur le regarde engloutir l’alcool avec un œil dans lequel on lit de la réprobation, de l’incrédulité et un commencement de maladie de foie.

* * *

C’est un vieux teigneux de soixante carats, avec des deuils plein son passé, des poils plein son menton et des filets de vinaigre plein sa voix.

* * *

Il est carré de frime, cendré de poil, coiffé court, du chewing-gum plein la gueule, une paupière tombante et des yeux comme le dessus d’une boîte de sardines entamée.

* * *

C’est un type mince, au teint olivâtre. Il porte un complet anthracite uni et une cravate rouge sang. On dirait une blessure tant elle sanguinole sur sa chemise immaculée.

* * *

Ses bourrelets sont à bourrelets. Il chauvine du dessus. Le reste frisotte. Il porte un veston de costume avec un pantalon d’autre costume, croyant que ça fait «anglais», mais ça ne fait que représentant en taille-crayons.

* * *

C’est un honnête nabus de trente ans, qui paraît le double because les cinquante centilitres de calva qu’il écluse chaque jour. Il n’a plus rien d’humain. Les gobilles lui sortent de la vitrine et son naze est tellement rouge qu’il est obligé de se le passer au Lion noir lorsqu’il assiste à un enterrement.

* * *

Elle a des seins en forme de biberons. En les regardant, on devient un farouche partisan du régime lacté. Une poitrine commak, c’est la mort de Nestlé!

* * *

Il a des yeux pointus, une bouche en guidon de course et un nez légèrement aplati. Tout ce qu’il faut pour se faire répondre «complet» par les portiers de grands hôtels.

* * *

Il porte un complet de velours qui fait des poches aux coudes, aux genoux et… aux poches. Cravate de cuir pour délégué syndical. Deux dents en or sur le devant, une hanche en plastique sur le derrière. Un sourire obséquieux sous une moustache de mulot des champs.

* * *

C’est la grosse brute aux épaules de déménageur et à tronche cubique. Il a les tifs en brosse et un cou qui servirait de raccord pour le pipe-line du Sahara.

* * *

La femme de chambre s’annonce avec un plateau bien garni. Elle est petite, mais roulée comme une gitane, blonde, la croupe avenante, avec un sourire qui vous promet des choses.

* * *

Son complet est classique, mais sa chemise est vert d’eau et sa cravate vert pomme à rayures roses. Il sent l’encens. Missel-mi-raisin. Homme d’alcôves et de confessionnaux. Sa bouche est charnue, molle, gobeuse, faite pour la pipe et la prière à grand spectacle.

* * *

Il est américain. Jeune et grave, le teint brique, des lunettes de myope, l’air de penser à autre chose de plus préoccupant que toi pendant que tu lui parles.

* * *

Il mesure un mètre trente et se loque au rayon garçonnet dans les grands magasins bien qu’il soit âgé d’un bon demi-siècle. Quand il voyage, il doit se mettre dans sa valise et la fermer à clé pour ne pas se perdre.

* * *

Le patron est un gros rougeaud à gilet de laine avec des lèvres en rebord de pot de chambre. C’est le bon zig qui a un durillon de comptoir gros comme un ballon de rugby pour couver son tiroir-caisse. Il est heureux de vivre et de ranger des coupures sales dans des casiers.

* * *

Elle cache dans les plis arachnéens d’une chemise en nylon transparent deux seins en goutte d’huile qui ont tendance à se faire la paire.

* * *

Elle porte un tailleur Chanel bleu à col de velours noir. Ses châsses sont presque de la même couleur: bleu et noir. Pour ce qui est des formes, ses nichemards ont le volume de deux pommes californiennes; quant au balancier arrière, il a été modulé par un luthier.

* * *

Elle est grande et flexible, avec une taille de guêpe, des nichemards surcomprimés, un valseur sculpté-main, des jambes de cover-girls américaines, et un beau visage aux pommettes légèrement accentuées, style mongole fière. Yeux verts, cils en forme de tremplin pour saut à ski, et bouche façon vorace, dessinée par un artiste lubrique.

* * *

Il pourrait être nain s’il ne s’obstinait à porter des talonnettes.

* * *

Quarante-six ans de célibat, d’idées toutes faites, de soumission. Quarante-six ans avec un cache-nez de laine, des aigreurs d’estomac, un porte-monnaie, un abonnement au Pèlerin, et une reproduction de l’Angelus de Millet! Faut le voir pour y croire.

* * *

C’est un grand mec sombre et moisi, qui fait penser à un champignon vénéneux.

* * *

Le cambouis forme une sorte de carapace sur ses hardes de travailleur. Des touffes de poils blancs jaillissent du col de sa chemise. Il a un gros tarbouif, chaussé de lunettes rafistolées, aux verres épais; sa casquette avachie lui dégouline de la tronche comme une bouse de vache fraîche.

* * *

C’est le genre de zig qui fréquente les instituts de beauté et de culture physique, surveille les calories, sait parler aux femmes, ce qui est bien, et aussi aux hommes, ce qui est mieux. Il a un sourire d’homme d’affaires pressé qui, en te recevant, s’excuse déjà de devoir te congédier bientôt.

* * *

Homme d’une soixantaine d’années, baraqué façon lutteur. Il a mis un falzar sans passer les bretelles qui lui battent les meules et il a bourré le pan de sa chemise de nuit dans le futal, ce qui lui constitue un énorme bourrelet autour du baquet.

* * *

L’épicemarde est une ravissante brune de soixante-douze ans, entièrement recrépie à la chaux vive.

* * *

C’était un homme d’une quarantaine d’années, très germanique, avec des manières d’homme du monde et une élégance un peu triste parce que légèrement surannée.

* * *

Le type est grand, d’une maigreur qui filerait des complexes à un cintre à habits, et sa tronche évoque le pithécanthrope de Java. Quand il marche, on dirait un cheval à roulettes qui se baladerait sur un sol jonché de feuilles mortes.

* * *

C’est une dame de cinquante et mèche, empâtée par l’âge, avec une chevelure extra-platinée, vêtue de rouge ardent. Quand elle cause, ça fait comme lorsque tu pètes dans ta baignoire; ça lui part des tréfonds et ça remonte en grappes.

* * *

Il est jeune, mince, brun, avec une tête de belette cupide et des vêtements couleur de Français-moyen-anonyme-désireux-de-voyager-incognito.

* * *

Solide gaillarde! Bâtie comme un grenadier, presque aussi moustachue, avec l’air de ne pas tolérer qu’on se mouche dans ses rideaux.

* * *

C’est un mec déplumé du croûton, mais qui a collé ses derniers crins à la Seccotine. Il a le visage allongé, le menton galochard, le nez comme une cerise, un dentier qui le gêne aux épaules, de grandes oreilles, l’œil défraîchi et une cicatrice au front qui représente un coucher de soleil sur la mer Rouge.

* * *

Type asiate, bouche happeuse, regard rieur, elle porte un boléro couleur Ravel et une jupette ras-de-moule également rouge.

* * *

Il s’agissait d’une ravissante fille à qui il ne manquait qu’un brin de toilette pour paraître vraiment sensas. Malgré sa blouse bleue, son absence de fards et l’ignorance qu’elle avait des salons de coiffure, elle réussissait à être jolie.

* * *

Il s’agit d’une gamine dont la maman n’a pas lésiné sur les voies respiratoires, croyez-moi; non plus que sur son appareil à écraser les coussins.

* * *

C’est un grand type avec un nez à deux places, une bouille revue et corrigée à Hiroshima, et un regard fait avec deux coquilles de noix évidées. Pour pouvoir le mater dans les yeux, faut cracher dans les trous.

* * *

Chez elle, le bleu domine. Elle en a tout autour des vasistas, sur les tempes et sur les ailes du pif. Son rouge à joues est orange, son rouge à lèvres violet, et ses sourcils marron décrivent un demi-cercle parfait malgré les rides. C’est plus une mémé, c’est l’enseigne d’un marchand de couleurs.

* * *

Sa bouche ressemble à un sexe féminin placé de travers, son nez à un escargot de l’espèce «petit gris». Il a la boule à zéro, mais s’en console en portant une casquette de marinier.

* * *

La concierge a un visage blême, posé derrière la vitre, comme un P. V. sur le pare-brise d’un automobiliste en défaut.

* * *

Elle n’a pas vingt ans, un sourire que Gibbs paierait une fortune et un de ces airs fripons qui vont droit au cœur de l’homme avant de se répartir dans des régions plus secrètes.

* * *

Il porte un costard de flanelle blanche, et un immense chapeau style cow-boy. Il a des favoris qui frisent, un gros nez plein de poils et il fume un cigare à peine plus petit que la colonne Vendôme.

* * *

On me désigne un grand type portant sous sa blouse grise une chemise blanche et une cravate noire; plus, je pense, un pantalon mais comme la blouse lui tombe sur les radis, je ne saurais l’affirmer catégoriquement.

* * *

On dirait une crémière qui aurait décidé de se faire passer pour une vamp.

* * *

C’est un vieux à lunettes cerclées de fer qui ressemble à un instituteur en retraite. Il est emmitouflé dans un cache-nez de grosse laine, un béret lui emboîte la tête, sommé d’une petite couette agressive. Cet embryon de tige lui donne vaguement l’aspect d’une poire.

* * *

S’annonce un grand dadais boutonneux à lunettes d’hypermétrope. La raie basse, les épaules en cintre à habits, une ombre de moustache blondasse. Il porte un pantalon de velours vert et un blouson de daim usé. Il a l’air con et instruit.

* * *

Une grosse fille bouffie encaustique les chaises en chantant une chanson de Mlle Hardy avec la voix de Laurel. Elle est appétissante, peut-être parce qu’elle ressemble à du pâté de foie.

* * *

Le vieux bonze a une frime ridée et ravagée par le chagrin. Il ressemble à un brochet sans dents que j’ai beaucoup connu. Il a la même tête verdâtre, les mêmes yeux lustrés, et les mêmes narines évidées.

* * *

C’est un garçon costaud, d’une vingt-troizaine d’années, avec un front mince comme un ruban de machine à écrire, des yeux éteints et une grosse bouche saliveuse.

* * *

Le potard est un monsieur à la trogne violacée qui ne doit pas picoler du sirop d’orgeat. Il a un naze épais comme une poignée de main de déménageur et les paupières au maigre de jambon.

* * *

Imaginez une dame haute d’un mètre cinquante, large comme un vaisselier, ventrue, mafflue, bouddhique, avec une figure comme les fesses d’un tailleur où deux égratignures figurent les yeux, et une troisième la bouche.

* * *

Cet homme paraît être le fils légitime d’un hareng saur et d’une bouteille d’huile d’olive.

* * *

Il a la poitrine comme celle d’un squelette, en un peu moins grassouillet toutefois. Ses coudes sont saillants, ses jambes torses et, quand il est nu, ses oreilles écartées ont l’air de battre des ailes.

* * *

C’est un homme jeune et soucieux, vêtu d’un beau complet à rayures mauve et bleu et qui parle couramment français à l’aide d’un interprète.

* * *

Balançant son porte-documents au bout d’un morceau de courroie, il avait cette démarche rapide et furtive des adolescents échappant à une férule.

* * *

Il ressemble à François Mauriac en plus jeune et en moins gaullien. Il a l’œil intelligent, le dentier entièrement fait à la main, la pomme d’Adam en relief et l’estime de ses amis.

* * *

Ça n’est plus qu’un minuscule tas de vieillard, qui n’a de coloré que sa rosette.

* * *

Il s’agissait d’un homme plutôt massif, avec une tête informe qui faisait songer à une enclume. Il avait les paupières à demi baissées et ce qui filtrait de son regard mettait ses interlocuteurs mal à l’aise.

* * *

Elle a un corps aux lignes aussi harmonieuses que celles du Bottin, une tête de cheval, et des manières à côté desquelles celles d’Attila n’étaient que marivaudage de salon.

* * *

Il porte des fringues de veuf inconsolable et sa bouche ressemble à une vieille cicatrice d’appendicite admirablement réussie.

* * *

Le taximan est un vieux type coiffé d’une casquette à petits carreaux, qui ressemble à un jockey retraité. Il pilote lentement en mâchouillant un morceau de cigare qui a dû s’éteindre quelques années plus tôt et qu’il s’est abstenu de rallumer par mesure d’économie.

* * *

Elle a le regard vicelard, le nichon qui ne craint pas le vertige, le ventre en ventouse et le souci permanent d’écrire 888.888 avec ses fesses.

* * *

Le cheveu en congé de maladie, avec la bouche gourmande des gens intelligents, placide comme un homme qui doit garder son sang-froid en toutes circonstances, il fait vaguement penser à un prélat chargé d’instruire un procès en canonisation.

* * *

Il est vêtu d’un pantalon gris-sale sale dont le haut de la braguette a éclaté et d’une chemise à manches courtes sur laquelle ses bretelles en tapisserie rouge flamboient comme des rampes de néon.

* * *

Vachement gothique de lignes, la nana! Un Carzou ambulant! Il m’est arrivé de rencontrer des épouvantails beaucoup plus dodus que cette personne.

* * *

Sa bouille est tellement criblée de taches de son que c’est sa peau normale qui a l’air d’éphélides vues en négatif. Il est affublé d’une blouse qui devait être blanche à l’achat, mais qui ressemble maintenant à une combinaison de parachutiste.

* * *

C’est un rouquin de taille et d’âge moyens. Il porte un complet de mauvaise coupe, une chemise blanche à rayures roses, une cravate bleue à rayures roses et des oreilles roses sans rayures.

* * *

Elle porte un tailleur anthracite, un chapeau à aigrette. Elle a des souliers plats, des bas de coton, un parapluie, un sac à main, l’air de suivre un corbillard, l’agonie au fond de la prunelle des maux endurés, des mots en réserve, des arrière-pensées en berne. Une certaine façon d’exprimer: son mépris, son catholicisme, ses ordonnances médicales, ce que fut sa vie matrimoniale, ce que sera son veuvage, la température extérieure, le style de sa salle à manger, sa stérilité foncière, la maladresse de son dentiste et la brutale hausse de l’entrecôte.

* * *

On dirait une grosse pédale. Il a des seins de caissière, un dargif de crémière, une voix fluette, un sourire effarouché, de longs cils de biche, et des yeux humides comme une jouvencelle regardant chanter Johnny Hallyday.

* * *

Le vieillard est assis devant sa porte, sur une chaise aussi branlante que lui. Il a une barbe drue et assez courte pour faire «mal rasé», de la peau qui pend au cou, un vieux bada à ruban moiré d’humidité, deux chicots entre lesquels coule un filet de bave brun purin. Par-dessus tout ça, cet air soucieux et égaré des vieux gâteux du monde entier.

* * *

Il a un teint qui fait songer au drapeau russe, des yeux pétillants de joie et de roublardise et un rire pareil au bruit d’une cognée pénétrant dans un arbre.

* * *

Le zig a dû être momie dans sa jeunesse. Il collerait la photo d’un hareng saur sur sa carte d’identité qu’aucun douanier ne s’en apercevrait.

* * *

Le brigadier est d’aspect sédimentaire. Son visage se compose de tranches superposées. Y a celle de sa moustache, celle de son regard charbonneux, puis celle de ses épais sourcils et enfin la visière de son képi.

* * *

Un grand type pas beau, avec une figure large et brillante comme un dargeot de macaque, se pointe, sous un béret basque rigoureusement plat, qui lui compose une sombre auréole de saint en panne de courant.

* * *

Le visiteur est un grand type brun, qui louche derrière d’énormes hublots prélevés sans doute sur un bathyscaphe désaffecté. Avec ce qui lui choit sur les épaules comme pellicules, on pourrait tourner un remake de Ben Hur.

* * *

Elle est décharnée, anguleuse, sous sa robe de chambre de pilou rouge. Ses cheveux ternes pendent le long de sa figure comme les tentacules d’une pieuvre morte. Ses dents supérieures avancent considérablement au-dessus de son menton crochu et elle ne possède pas suffisamment de lèvre pour les recouvrir.

* * *

Le gardien est un mutilé de la Vieille Guerre. Il lui manque une jambe, les dents, son certificat d’études primaires et deux boutons de braguette. Il porte une blouse dont les poches arrachées battent l’air telles des oreilles d’éléphanteau, un gilet tricoté qui se détricote tout seul et une casquette d’uniforme à visière de carton bouilli.

* * *

La préposée pèse deux tonnes et ressemble à une statue de saindoux exécutée par Picasso pour le compte d’un crémier.

* * *

Elle arbore une robe neuve imprimée, décolletée jusqu’à ras terre, qui dégage bien ses beaux bras dont un porc se servirait pour marcher. Elle est coiffée moderne, court, et s’est fait faire «les mèches». Sa chevelure, tu croirais le toit d’une ruche sur lequel on aurait renversé un pot de peinture.

* * *

Il est rabougri, avec un teint de pêche gâtée et un regard d’épagneul auquel on a oublié de donner sa pâtée.

* * *

C’est un homme malingre et barbichu qui ressemblerait à Trotsky si Trotsky avait eu une gueule de con. Il porte des lunettes cerclées de fer et suce des pastilles qui puent l’armoire où l’on remise les lainages pendant l’été dans les maisons dites bourgeoises.

* * *

Son visage poupin s’orne d’un nez de canard, plat et presque horizontal. Il semble réussir le tour de force de ne rien regarder, ni hommes ni choses.

* * *

La personne rôde autour de la soixantaine sans oser trop s’en approcher. Grassouillette à partir du premier étage, maquillée à la truelle, paupière lourde et œil pervenche. Une bonne femme qui ne doit pas se laisser monter sur les nougats, même par un autobus.

* * *

Un couple de sexagénaires:

Lui, est un truc extra-utérin qui n’aurait jamais dû quitter le bocal de sa jeunesse, elle, une guenon musclée comme une écrevisse. Des chapeaux de paille enrubannés les maintiennent dans une ombre vénéneuse…

* * *

La personne est blonde platinée et son air fripon flanquerait des idées salaces à un congrès scientifique.

* * *

Elle a les cheveux coupés, ni trop longs ni vraiment courts. Et châtains fades, ce qui est la modestie de la blondeur. Un visage pas joli, plutôt sympa. Elle se farde pas. Devrait. Le cosmétique a été inventé pour les putes, donc pour des personnes destinées à exciter les convoitises.

* * *

C’est le mec féroce, qui trique encore à quatre plombes et qui convoite des fesses. C’est plus une heure pour refréner. L’assouvissement de la fin de nuit, ça démange outrageusement, ça chauffe à crime, à blanc, à désespoir.

* * *

La patronne est une personne fondante, trop blonde pour être en harmonie avec les poils de sa chatte, vêtue comme pour un dîner à la sous-préfecture, et qui s’y croit en plein.

* * *

Quarante piges, une voix de fillette et pas plus de barbe qu’un flacon d’ambre solaire. Si ce mec n’est pas pédé, il devrait l’être.

* * *

Il porte un maillot rayé par-dessus son accent marseillais et il a une dent en or dont il se sert pour sourire. C’est un mec sympa, avec de l’albuplast sur l’avant-bras, histoire de dissimuler certaine partie de son tatouage représentant deux matafs en train de se sodomiser en camarades.

* * *

Démaquillée, elle est belle comme un cageot.

* * *

C’est un grand mec voûté, couleur de navet, avec un nez minuscule qui ressemble à un escargot, des yeux plâtreux de pierrot réveillé en sursaut, une bouche aux commissures tombantes et des oreilles tellement décollées qu’elles vont aller valdinguer au premier coup de vent.

* * *

Elle est longue, blanche, avec des cheveux qui lui pendent sur la navrance comme le feuillage d’un saule, et un regard à s’être laissé faire douze gosses à la file par des messieurs qu’elle n’a jamais revus.

* * *

Le digne homme porte un pantalon de velours, une veste de bleu de travail ravaudée par-dessus une accumulation de tricots, des pantoufles fourrées, et une maladie de Parkinson à changement de vitesse qui fait geindre son siège comme le vent une girouette.

* * *

La jeune fille serait très belle si elle n’était albinos avec les jambes torses et une surcharge pondérale de quatre-vingts kilogrammes.

* * *

C’est un type plutôt vioque, avec la pomme d’Adam comme un jeu de cartes qu’il aurait avalé, des tifs rares qu’il rebrousse sur son dôme et maintient avec de la gomina ou une punaise.

* * *

J’avise un être indécis, de sexe jadis féminin, probable. Ça se drape dans de la guenille noire parce que c’est veuve à part entière et depuis toujours. Sa voix semble sortir de sous une pierre en même temps que des cancrelats paniqués.

* * *

La personne est grosse, tassée, avec juste une robe bleue sans manches qui laisse pendre la viande de ses bras comme des algues repêchées avec un bâton.

* * *

La baronne est une personne bi-centenaire, aux cheveux teints en jaune bouton d’or, avec des lèvres violettes et une robe de même couleur. Elle porte des colliers, bracelets et bagues de perles à tous ses doigts, à tous ses poignets et à tous ses cous.

* * *

Bel homme au visage étroit et haut comme un autobus londonien, chevelure brune coupée d’une raie médiane, sourire sceptique, posture blasée, œil qui ne s’arrête que sur l’arrière-boutique des choses.

* * *

C’est un bon gars, ça se voit de loin. Le sourire emprunté et jamais rendu, le regard qui cherche à se vouer, une belle expression pour saint de vitrail, si on vitraillait des saints très cons.

* * *

Face anguleuse, le nez acéré comme la lame d’un poignard, la chevelure descendant bas pour ne s’arrêter qu’à quatre centimètres des sourcils, les lèvres minces placées entre deux rides cruelles, il avait la peau bistre, le visage glabre et un regard terriblement fixe que, de temps à autre, il affublait de lunettes à monture d’écaille, plus pour se donner une contenance que pour corriger sa vue de faucon.

* * *

C’est un bon gros en blouse bleue qui doit se peigner tous les samedis avec un clou.

* * *

C’est une blonde qui doit être vraiment blonde, avec une peau de pêche, des yeux bleu lavande et une bouche qu’on aimerait tutoyer à bout portant.

* * *

Le guide ressemble à un vieil aristocrate désargenté. Sa mise a conservé quelque chose de gourmé malgré l’usure de ses vêtements. Il porte une cravate luisante parce que taillée dans la soie et aussi à cause de la crasse qui met une patine dans la région du nœud.

* * *

C’est un drôle de type, plus vieux que son âge, n’importe son âge; grand, un peu voûté, la chevelure taillée en brosse, ce qui lui fait un dessus de tronche comme un fer à repasser à la renverse.

* * *

Elle est plantée dans l’encadrement de la porte sur ses guibolles desséchées, pareille à ces personnages de cauchemar qui sont tombés d’un rayon de lune sans se casser la gueule.

* * *

Un vieillard, mis à l’équerre par l’âge et des cyphoses torsadeuses, traîne sa fin d’existence devant nous. Il est pâlot, la joue creuse et herbue, vêtu de hardes luisantes. Un feutre à bord court achève d’apporter une sinistre cocasserie à cet homme en route pour le terminus.

* * *

La taulière est une espèce de pachyderme transformé en femme par une fée Carabosse en état d’ébriété. Chaque fois qu’elle ouvre son tiroir-caisse, elle doit déplacer les deux sacs de farine qui lui servent de poitrine.

* * *

Elle est peinte en guerre. Maquillée à tâtons car son rose à joue lui descend jusque dans les poils de la barbe. Néanmoins, elle continue de «faire bourgeoise».

* * *

Il porte un complet bleu à rayures blanches, une chemise pervenche, une cravate bleu marine et une dent en or en acier inoxydable.

* * *

L’homme se situe dans la catégorie top niveau des bouilles cancrelateuses. La vraie figure fétidique, blême et grêlée, aux paupières sans cils, aux lèvres minces. Son regard de bas fumier flanquerait des frissons à Dracula.

* * *

Une aimable jeune fille vient m’ouvrir, sèche, maigre, la frite pleine de boutons, le cheveu filasse, le nez chaussé d’affreuses lunettes que tu croirais qu’elle regarde l’existence à travers les roues d’un vélo.

* * *

Il se comporte en homme dont la pitié a été laminée par l’existence, au point que le seul être susceptible encore de lui inspirer quelque compassion, c’est lui-même.

* * *

La préposée est une dame agréable à regarder. Fine moustache, sourire affable de la personne à laquelle on enfonce un tisonnier rougi dans le rectum après lui avoir fait absorber une tasse d’huile bouillante.

* * *

C’est un petit homme rond, aux jambes courtes, avec un ventre très pointu, des bajoues flasques comme des fanons de dindon et des yeux que brouillent de grosses lunettes aux verres inhumains.

* * *

Elle a le nez plongeant, les cheveux longs et raides et le regard comme deux fenêtres gothiques. J’aurais un film à réaliser sur la vie d’un sanatorium dans les années 20, je l’engagerais illico pour tourner le rôle de la tuberculeuse-chef.

* * *

Le vieux mutilé du travail vivait sur une seule jambe, tout comme un héron. L’avarice étant son bien le plus précieux, il le nourrissait par des privations ultimes.

* * *

La dame potelée, avenante, l’œil pardonneur, le sourire pour cartes postales, est accompagnée d’un bonhomme du genre crevard à nez poreux qui ne touche pas des pots-de-vin mais les boit.

* * *

C’est un usé, un retraitable qui cent fois sur le métier remet son ouvrage au lendemain, en espérant qu’un autre l’aura fait à sa place dans l’intervalle.

* * *

Il est tout tassé, la tête penchée, le bord de son vieux bada touchant presque sa poitrine, mains croisées sur le ventre, menu, frileux, plus vieux que son âge et que ses artères.

* * *

Belle femme en vérité. Province à Paris. D’allure George Sand. Elle a le teint pâle, la poitrine en saindoux, l’œil bouffi, un peu dolent, style grenouille. Elle parle en zozotant. Bref: une conne qui-croit-tout.

* * *

Le personnage est tuméfié, suintant, avec un regard improbable qui fait songer à deux fientes de canari.

* * *

La vieille bonne est rondouillarde, pas commode. Le genre de fille revêche qu’on engage un matin en se disant qu’avec cette tronche-là on ne la supportera pas plus de quarante-huit heures, mais qui finit par élever vos petits-enfants.

* * *

La porte s’ouvre sur une grande femme un peu secouée par la soixantaine, vêtue d’une robe plutôt austère, dans les tons malades. Elle a le cheveu blanc-bleu et l’air d’être aussi marrante qu’une épidémie de peste bubonique.

* * *

Il avait un nez long et élargi du bas en éteignoir de cierge, une bouche mince que deux rides pareilles à des cicatrices mettaient entre parenthèses, et des éventails à libellules que le conservateur du Musée de l’Homme devait surveiller de près.

* * *

La personne est affligée d’une protubérance au bas de la joue droite consécutive soit à une chique, soit à une fluxion dentaire. Elle a cet air résigné des gens qui ont toujours été laids, l’ont toujours su et n’en ont jamais voulu à personne.

* * *

Une joliesse inexploitée, un refus de s’accomplir normalement: elle sait se tenir à table, peler une pêche, fermer sa gueule, sourire discrètement.

* * *

Le cheveu tiré, le nez pointu, la pommette pâle, fringuée de hardes chastes qui puent la naphtaline, elle marche comme on revient de la table de communion, enrichie de la plus ardente contrition et rayonnant de pré-gloire éternelle.

* * *

Son complet de confection lui donne cet air godiche qu’ont les athlètes en civil.

* * *

Tu croirais un hérisson aux cheveux blancs. Il a des sourcils en guidon de course, le teint sombre et plein de rides venues lui taillader la gueule avant l’âge. Un imper à épaulettes officières renforce l’aspect géométrique du mec. D’emblée, tu le situerais dans les «caustiques sympas».

* * *

Elle avait un air de profond ennui sur son visage sombre où flambait une bouche exagérément fardée en fluo orange. Des boucles d’oreilles, larges comme des balançoires de perroquet, la transformaient en pube pour la Vache qui Rit.

* * *

L’employé de l’hôtel est jeune, bien de sa personne, et empoche le pourboire que je lui débloque sans le regarder, ce qui est une preuve de parfaite éducation.

* * *

C’est une brune en forme de «8» avec des cannes comme des pattounes d’éléphant et une verrue de saint-cyrien (à aigrette) au-dessus de la lèvre, mais fort heureusement assez bien camouflée par sa moustache.

* * *

L’homme en bras de chemise est un gros, très porcin, déplumé, blondasse de ce qui subsiste, avec un regard bleu pâle, une bouche de jouisseur. Il marche derrière un ventre de Pâques cerné par une ceinture de croco rouge.

* * *

Elle mesure un mètre quarante à tout casser. Elle a un gros chignon sur le sommet du crâne, un fichu noir et des bas de laine noire en tire-bouchon. Quand elle parle, sa langue lui sort curieusement de la bouche, pointue et frétillante.

* * *

Imagine une grosse vachasse brune, mal fardée, l’œil stupide, fringuée comme cet as de pique que tu as rencontré le mois dernier au mariage de la cousine Glandule.

* * *

La clarté lunaire me permet d’admirer un citoyen d’une cinquantaine d’années, ascétique, au nez crochu, au regard broussailleux, qui enveloppe sa maigreur dans une veste d’intérieur trop grande pour lui, achetée en sous-main au général Dourakine.

* * *

La môme est une Ibérique plus brune qu’un verre de Guiness et plus moustachue, cul de jument, regard de braise, odeur subtile de salle d’entraînement de boxe.

* * *

Un vieillard engoncé dans un pardessus à col de fourrure, emmitouflé dans un cache-nez (qui le lui cache vraiment), un chapeau mou enfoncé jusqu’aux oreilles qu’il rabat comme les ailes d’un oiseau perché.

* * *

L’automobile est pilotée par un gros homme à trogne d’alcoolo en cure de désintoxication.

* * *

Le valet de chambre va sur ses quatre-vingts berges, il a des yeux presque blancs et il est maigre à foutre la glaglate à un fakir. Gants blancs. Col hindou. Des épaulettes dorées. Un colonel de la garde écossaise!

* * *

C’est une famille américaine coloured. Le papa ressemble au monsieur de couleur qui fait la pube pour Uncle Ben. La maman est dodue, fagotée à la n’importe comment. Ils ont trois chiares: des garçons binoclards à bouilles de surdoués timides.

* * *

C’est un gars au teint très pâle, avec une forte moustache à la Brassens et des poches sous les yeux pire qu’un blouson de motard.

* * *

L’individu était roux, avec un œil sartrien et paraissait accablé d’un grand inconfort cérébral.

* * *

La dame doit cogner le quatre-vingts facile; elle est peinte comme une marionnette et porte un kimono absolument bordélique, en soie noire incrustée de vilains dragons.

* * *

C’est un jeune mec, au visage triste et pâle. On a l’impression qu’il a passé ses vacances dans le caveau de ses aïeux.

* * *

Il est presque bedonnant, avec un crâne qui se déplume par l’arrière. Le teint rose, l’air sûr de soi et dominateur. Des lunettes à monture dorée. Le regard pâle, un peu inquisiteur, façon K. G. B.

* * *

On dirait qu’il n’a plus d’yeux, tellement ses paupières sont plissées. Une barbiche blanche, longue et étroite, lui pend au menton, comme une queue.

* * *

C’était un bonhomme déjà vieux, lent et compassé, qui faisait penser à un bedeau pour grande église bourgeoise.

* * *

Un véritable homme-crapaud: courtaud, trapu, épais, plissé, avec le regard presque clos. Ses membres sont arqués, son cou est aussi large que sa tête et quand il respire ça remue en lui depuis le haut de ses cuisses jusqu’à son front.

* * *

Il a des pommettes aussi saillantes que deux clous plantés dans un mur et ses joues sont si concaves que son râtelier ne tient pas dans sa bouche.

* * *

C’était une très vieille femme encore altière, dont la chevelure d’un blanc très bleuté moussait sur les tempes. Elle avait un regard dominateur et dès qu’elle s’asseyait, sa canne à pommeau d’ivoire se mettait à ressembler à un sceptre.

* * *

Le larbin en gilet rayé est bien maigre, bien anguleux, bien momifié, avec des favoris et le râtelier mal arrimé. Pas un muscle de son visage parcheminé ne bouge: quand il clabotera, il aura fait le plus gros de son vivant.

* * *

Son front est bombé mais, très vite, le reste du visage va en s’amenuisant. Il a les joues creuses, d’un rose tirant sur le mauve, des oreilles en forme d’anses et il est à ce point bigleux qu’il commence à distinguer le dos de ses interlocuteurs avant leur visage.

* * *

Imagine un canard à moustaches, le nez en pied de marmite, le regard pincé. Dévoué à ses maîtres jusqu’à la servilité. Teigneux avec ses inférieurs, servile avec ses supérieurs: l’honneur de la France!

* * *

C’est une dame faite pour des malheurs quotidiens, des états grippaux, des ulcères stomacaux, des ovaires foireux et des ablations presque annuelles. Elle porte sa tracasserie d’être comme un cilice mais avec une touchante volonté de paraître résignée.

* * *

C’était un furtif, un peu teigneux, qui haïssait la terre entière et évitait de se regarder dans une glace pour ne pas avoir à s’insulter.

* * *

Elle est dévêtue d’un peignoir ouvert et d’une culotte fermée. Ses tifs tombent comme de la filasse teintée sur ses épaules, lesquelles tombent sur ses seins qui chutent sur un ventre recouvrant le pubis dont les poils masquent les genoux aux rotules plongeantes. C’est pas une femme, c’est un saule pleureur.

* * *

C’est un gars à frime d’intello constipé. Il est maigre du bas, et ses yeux de déchiffreur de grimoires flottent entre deux eaux derrière des lunettes à monture d’acier.

* * *

Il se pointe en bras de chemise sale, avec des sandales de cuir qui puent la ménagerie, la barbe de quatre jours et une visière de mica longue de trente centimètres pour protéger sa devanture.

* * *

Il avait une gueule de rapace déplumé, le nez crochu, le menton tombant. Des chicots plein la gueule comme des pépins noirs dans une tranche de pastèque.

* * *

Il n’est pas grand, et furieux de sa taille; puant de la gueule malgré le précieux concours des établissements Lajaunie. Il porte sempiternellement un complet noir, une chemise blanche douteuse et une cravate noire en tire-bouchon qu’il fourre sous sa chemise presque tout de suite à la sortie du nœud.

* * *

Une gonzesse vêtue d’un Tampax et d’un collier de chien s’occupe du vestiaire.

* * *

Cet être d’un mètre quarante est peut-être de sexe féminin puisqu’il porte une jupe. Les cheveux d’un blanc qui fut teint en roux l’année dernière. Le nez en bec de toucan. Des verrues mahousses comme des fraises de concours un peu partout. La vraie angoisse déambulante!

* * *

La porte s’entrouvre sur une petite femme brune, aux grands yeux fiévreux et au teint bistre. Elle n’est vêtue que d’une chemise de nuit style baby-doll, pas plus grande qu’un abat-jour de lampe de chevet, qu’heureusement elle a passé un slip, sinon tu lui voyais la connasse comme je te vois.

* * *

C’est un bon gros qui ne boit de l’eau que dans les cas désespérés.

* * *

C’est une Portugaise à poil long. Charmante personne au demeurant: la moustache est belle, le cheveu coiffé à l’huile d’olive, l’œil de braise, le fessier de baise, la jambe couverte d’astrakan plus ou moins défrisé et les pieds chaussés de mules délicates en provenance des Charentes.

* * *

Une bouille comme la sienne, faut être végétarien et faire des cauchemars pour pouvoir l’inventer. Elle est étroite et plate, jaunasse, terne. C’est une tête de salaud triste. On le voit surtout à sa bouche, qu’il est fumier. Pas de lèvres: des plis.

* * *

Elle est encore jolie avec des formes épaissies, toujours agréables. Elle a le teint très pâle, le regard d’un étrange gris de coquille d’huître; de fines rides marquent le coin de ses yeux et les commissures de sa bouche.

* * *

L’homme est un vieillard fluet. Il a perdu ses lunettes dont on lit encore la trace profondément marquée sur l’arête de son nez; ses yeux privés de verres expriment une espèce d’effarement indicible.

* * *

La ravissante pèse ses cent kilos bien tassés. Elle possède trois mentons, avec les plans d’un quatrième qui sont déjà mis à l’enquête. Ses tifs coupés court forment une calotte blondâtre sur sa grosse tronche où des verrues croissent et se multiplient.

* * *

C’est un traîne-lattes qu’on devine prêt à tout et bon à rien. Le genre à qui on demande de vous apporter un rouleau de papier hygiénique à travers la porte de la salle de bains, quand le distributeur est vide.

* * *

Le truand est gris, tubard, et aussi propre qu’un fond de poubelle. Il a des cheveux rêches, sans couleur définie, des yeux enfarinés et l’air accablé d’un type avec lequel la vie s’est permis des fantaisies.

* * *

Ils avaient les yeux à ce point enfoncés dans la graisse que pour voir ils se servaient de leurs narines.

* * *

Des maladies mitonnent dans sa carcasse déformée. On lui voit du cynisme sur la frite, de la cupidité blasée dans le regard. Des cicatrices infâmes racontent ses veuleries. Les attractions terrestres l’ont ravagé. Il est blet de partout. Il vire à l’état gazeux!

* * *

Cinquante ans, costard de flanelle grise jamais repassé. Chemise blanche, cravate qu’il ôte et passe sans défaire le nœud. Marié à une grosse connasse blonde qui va au restaurant avec des bigoudis sur la tronche et une étole de vison violet.

* * *

Il est jeune, gras, rose, empoté de partout, empâté d’ailleurs, bègue de trop de timidité, le cheveu plat avec raie basse sur le côté. Le regard clair des cons gentils, les lèvres charnues des cons bouffeurs, les mains potelées des cons malbaisants.

* * *

Il appartient à la catégorie des obèses blafards. Il a toujours un sachet de friandises ou un gobelet géant à la main. C’est une sorte d’hippopotame vautré dans son marigot. Il ne parle qu’en mastiquant et bouffe même aux chiottes.

* * *

Le pionard du coinceteau, trogne écarlate et casquette de marinier, écluse des verres de rouge, seul à une table, en se racontant son passé qui branle au manche de la mémoire.

* * *

C’est un gars châtain, avec la frime de Van Gogh, le menton pointu, les arcades sourcilières proéminentes. Sa barbe lui donne un air de Christ qui crierait pouce en montant au calvaire.

* * *

Elle porte un délicieux pantalon rayé rose et noir, un chemisier jaune, et elle a troqué son maquillage de clown blanc contre un fond de teint terre de Sienne qui fait ressembler sa tronche à une amphore neuve.

* * *

Il se veut buste et tend son moulage aux postérités. Tête léonine. Le cheveu est dru, blond, cendré. La bouche jouisseuse est faite pour le gigot au poivre vert et pour l’homélie. Même à bout portant, il te regarde de loin.

* * *

C’est un grand zig maigre, voûté plein cintre, qu’on enverrait sûrement dans un sanatorium si j’avais vendu moins de timbres antituberculeux quand j’étais petit.

* * *

La calèche est pilotée par un calécheur coiffé d’un chapeau melon. Il est tout engoncé dans une houppelande et a l’air d’un gros oiseau malade dont les paupières sont lourdes.

* * *

C’est une vieille peau mistifrisée, avec des lunettes qui lui pendent sur la poitrine, maintenues par une chaînette d’or, des rides en quantité industrielle et des lèvres en coups de serpe. Si les morts pouvaient être chiants, elle aurait l’air d’être morte. Seulement ses petits yeux sont agressifs, de même que sa voix.

* * *

L’individu était un grand garçon à l’air sage, du type major de promotion. La peau mate, le regard embusqué derrière des vitres de myope, on aurait dit qu’il promenait un ennui congénital, mâtiné de mépris.

* * *

Le garagiste est un homme très brun, avec une brioche de quinquagénaire qui bouffe à sa faim et un gros tarbouif d’où jaillissent des gerbes de poils frissonnant au gré de sa respiration.

* * *

Mon instituteur était un gros homme sanguin dont la blouse s’ornait de multiples taches d’encre. Les pans de son vêtement l’encadraient, comme un rideau de théâtre ouvert encadre la scène.

* * *

Il est tout rond, très chauve, avec de grosses lunettes également rondes et chauves. Il a des mains potelées dont un des auriculaires s’enorgueillit d’une chevalière mastarde. Son sourire est frangé d’or et la pochette qui lui pend de la poitrine devait servir de parachute avant d’être vouée à cette sinécure.

* * *

Il a une tête de tortue, un cou de tortue, une bouche de tortue et un peigne d’écaille dans sa poche revolver.

* * *

C’est une blonde boulotte, avec des roseurs malencontreuses au front et au cou. Elle a l’air d’une femme dédaignée qui préfère la bouffe à la baise parce qu’elle n’a pas les moyens d’intervertir.

* * *

Le gonzier est un petit crevard, couleur merde d’hépatique, qui croit porter la barbe parce qu’il a laissé pousser sept poils de cul à son menton.

* * *

On dirait un professeur d’économie en vacances. Il louche, ses dents se chevauchent comme des roquets de quartier, il a le bout du nez rouge et une trace de crayon-bille sur sa manchette gauche.

* * *

Il pèse dans les deux cent vingt livres. Son dos, tu dirais un panneau d’affichage électoral. Presque pas de cou. Une tête grosse comme un casque de salon de coiffure, avec, sur le dessus, luttant contre l’émaillage d’une calvitie rose, des tifs queue de vache soigneusement plaqués à la Seccotine.

* * *

Elle vadrouille dans les soixante carats. Cheveux d’un blanc bleuté, du plâtre de Paris sur la façade avec une bouche façon griotte, dessinée de traviole. C’est le genre mémère aisée, poupette bourgeoise, mamie gourmée. Bref, la vieille peau chiante qui professe sa confiance en Chirac et vote Le Pen comme on se branle, dans la touffeur de l’isoloir.

* * *

Le vendeur est un jeune con, chauve du dessus, avec un blazer et la certitude d’appartenir à l’élite.

* * *

Il est plutôt sympa. On devine l’homme simple, modeste. Il doit faire enlever le bouchon de radiateur de sa Rolls pour faire pauvre.

* * *

Le taxi est un mec épais, bourru, portant une veste de cuir râpé et une casquette sommée d’un bistougnet à la con. Il a le nez et le pourtour dudit d’un brun violacé, avec de jolies veines bleues en forme de la Garonne et de ses affluents.

* * *

C’est un gaillard de deux mètres de haut sur cent quarante de large dont la moustache drue ressemble à une antenne de télévision.

* * *

Elle est trop grande pour ressembler à une femme et pas assez pour ressembler à une tour. Un naze en capot de Jaguar, une poitrine aussi saillante qu’un fronton de pelote basque et des yeux aussi expressifs que deux boîtes de camembert sans leur couvercle.

* * *

C’est un type d’une cinquantaine d’années, au visage soufflé et patiné par le whisky, au regard apparemment morne mais dans lequel brillent d’étranges lueurs quand on l’observe attentivement. Il doit se raser une fois par semaine, mais ce n’était ni hier ni même la semaine passée.

* * *

Elle porte une robasse de vilain lainage pisseux, est coiffée en paquet de cresson, et son nez en pied de samovar supporte des lunettes de myope aux verres tellement épais qu’ils ressemblent à deux loupes presse-papiers.

* * *

Le bahut est piloté par une grosse matrone brune et pileuse qui a la gueule à vendre du nougat ou des filles nubiles.

* * *

Il a le regard enfoncé, un nez en chute libre et un menton qu’il n’est jamais parvenu à raser complètement et qui pend comme le tiroir d’un meuble cambriolé.

* * *

Avec sa bouille blafarde, ses yeux de faux dargif, et ses lèvres aussi sceptiques que septiques, on a envie de l’envoyer chercher dix kilos de pommes de terre dans sa casquette.

* * *

Un peu fanée, la mère. Un maquillage intense lui conserve des apparences, mais si tu la mates à moins de vingt mètres, tu t’aperçois qu’elle a la vitrine plissée soleil, de la peau en rab au cou, les loloches en bavette de bébé, et plus de carats qu’il y en a chez Cartier.

* * *

Dans le hall se tient un monsieur vêtu d’alpaga bleu. Il est brun de poil et de peau, avec des yeux capables d’enflammer un journal s’il le fixe trop longtemps.

* * *

Un type plutôt neutre, aux gros sourcils bruns, à la calvitie méthodique. Il est affublé d’un bec-de-lièvre mal opéré qui donne à sa bouche l’aspect d’un glaïeul. Cela dit, c’est un homme de bonne taille, surtout du côté gauche.

* * *

Le pompiste est un gnace trapu, avec un début de compteur à gaz dans le dos. Il porte une chiée de pulls les uns sur les autres, comme un qui déménage à la cloche de bois.

* * *

Son visage est celui d’une chouette, ou de sa cousine germaine. Il est ponctué par deux yeux noirs, plus pointus que des cothurnes.

* * *

C’était un rabbin angora: barbe arrondie, moustache touffue, favoris épais. De grosses lunettes noires mangeaient le restant de son visage et l’on ne voyait de lui que son large nez, joliment ensemencé de comédons plantureux.

* * *

Le marchand de voitures d’occase est un type vêtu avec recherche (des recherches qui n’auraient pas abouti) et coiffé d’un feutre vert à bord court orné d’une petite plume de faisan. Il se donne des airs de hobereau, mais plus il se prodigue, plus il ressemble à un marchand de bagnoles fatiguées.

* * *

Il a la glotte proéminente. Tu dirais qu’il a avalé un balancier d’horloge et ça le fait ressembler à une pendule arrêtée.

* * *

C’est un Normand bon teint dont la bouille rutilante serait à sa place sur l’étiquette d’une boutanche de cidre. On a toujours l’impression que ses pommettes vont saigner si on les touche. Il a l’œil matois et l’air d’un mec qui vient de vendre à bon prix une maison hantée à un vacancier.

* * *

Elle a l’audace, le courage et la hargne d’un homme. C’est une sorte d’amazone cruelle qui en veut à l’humanité tout entière d’être dans l’obligation de porter des jupes.

* * *

Il est rond de gauche à droite et de bas en haut, avec une tête pareille à une boule posée sur une boule.

* * *

Le pilote est un gros mec pas content, avec un pull roulé tricoté par sa maman qui habite les Cévennes. Le pull roulé sent le suint, à moins qu’il ne s’agisse de l’odeur naturelle du gars.

* * *

La bonne femme ne doit pas avoir dépassé la trentaine mais elle en paraît le triple. Sa coiffure tire-bouchonne sur ses épaules. Elle a les pieds nus dans des savates d’homme. Sa chemise de nuit pend au-dessous d’un manteau de vison taillé dans des peaux de lapins galeux.

* * *

Rude homme fortement beaujolisé, peau de croco couleur noyer, gros nez plein de poils urbi et orbi, moustache roussâtre aux extrémités de laquelle perlent d’obscurs reliquats.

* * *

C’est une belle poupée blonde d’environ une tonne et demie, maquillée en bleu, vert, rose et rouge, qui a le visage aussi expressif qu’un chaudron plein de compote de pomme.

* * *

Le docteur est un grand type brun, aussi folichon qu’une photographie en couleurs des établissements Borniol. Il a des lunettes cerclées d’écaille noire et un air soucieux qui trahit soit des déboires conjugaux, soit une maladie hépatique.

* * *

Le commandant est une aimable fripouille plus ridée que la peau «de mecs houille». Il lui reste deux dents sur le devant de la clapoteuse pour faire tenir son brûle-gueule d’aplomb. Il a le nez posé sur le menton, une casquette de traviole et des galons décousus qui pendent de ses manches comme de la frange à rideau.

* * *

Cet illustre est fait pour le brocart, la soie et les réceptions. Quand il lui arrive d’écrire, il ne regarde pas la feuille de papier, mais sa main. À ses yeux, elle est déjà en bronze.

* * *

La matrone, avachie derrière son zinc, est en train de faire faillite sans trop s’en rendre compte, en éclusant son dernier tonneau d’Aramon.

* * *

C’est une femme bientôt âgée, sèche, anguleuse, le regard et le nez pointus, les cheveux presque blancs tirés en arrière pour composer une triste queue de bourrin. Puant le carton à chaussures où l’on rassemble les photos du passé. Presque pas de lèvres. Des lunettes. Une mâchoire de brochet. Imbaisable.

* * *

Il mesure environ un mètre trente-cinq, il a le dessus du crâne dénudé, ce qui n’est pas fait pour le grandir. Il a le regard bleu et une voix d’eunuque à qui on raconterait des cochonneries.

* * *

C’était une femme de quarante ans, aux formes un peu lourdes et aux sens en repos.

* * *

Il a le regard bleuâtre sur fond pourpre, des molaires en or, une couperose due au whisky pur malt et une fossette au menton qui ressemble à un trou du cul de sapajou.

* * *

C’est un bonhomme malingre, qui ressemble à un rat auquel on aurait inoculé la fièvre jaune.

* * *

Elle était petite, brune, avec une peau peu appétissante et un regard résigné qui vous donnait envie de lui faire du mal.

* * *

C’est le genre de personne que tu rêves d’assassiner à coups de ballon rouge pour que son agonie soit plus lente.

* * *

Un pouce de pied furieusement ongulé a traversé sa pantoufle charentaise et ressemble à un rat noir en quête de gruyère.

* * *

Un pauvre mec! L’asperge! C’est blême avec le teint vert, c’est long, pas fort, c’est battu, ça manque d’air, ça fait des économies et ça meurt avec.

* * *

C’est un grand zig trop blond, trop maigre, qu’on sent creux et chétif. Un malbaisant, un buveur d’eau, un liseur de bible.

* * *

Blondasse, falote et désabusée, elle appartient à la catégorie des filles violées de bonne heure par un monsieur âgé.

* * *

Sa bourgeoise l’attend dans une cuisine qui sent le gratin de chou-fleur et la crotte de chat. Il a son rond de serviette dans son assiette, ses granulés pour l’estomac à droite de son verre et ses pantoufles à gauche de la porte d’entrée. Il va au ciné le samedi soir et se farcit sa jument le dimanche après-midi, quand il pleut.

* * *

Quand il a une idée dans la tête, ça fait un bruit de grelots: il ressemble à un mec qui aurait lu Claudel et qui l’aurait compris.

* * *

De taille moyenne, mais faite au moule, elle possède des avant-postes bien défendus et un fourgon de queue à double carburateur.

* * *

Elle a une odeur de slip inchangé, une mine de termite dont la galerie est éventrée. Elle incommode par son absence de nécessité. C’est un reflet inversé, une ombre mal portée, un soulignage tremblé. On la déteste sans la connaître puis on l’oublie à la regarder.

* * *

Elle a une gueule de sorcière mafflue, le regard qui se liquéfie sous l’effet de l’alcool, des varices comme du lierre après des troncs et elle pue à vous en faire gerber votre quatre heures.

* * *

Une bouille comme la sienne, on la met dans un pantalon, c’est plus convenable.

* * *

La grosse dame sent la grosse dame: une odeur indécise de charcuterie fermée pour cause d’inventaire, de plateau de fromages fraîchement renouvelés et de serpentins anti-moustiques en cours de combustion. Ses nichons sont solidement arrimés par un soutien-gorge à armature métallique, ventouses d’appui, consoles de fer forgé. Elle papote. Dans son négoce, faut savoir lâcher la vapeur au bon moment, comme son percolateur.

Faudrait écrire sa vie.

La fascination du rien! Le vertige qui t’empare devant quelqu’un sans la moindre personnalité, ni grâce, ni intelligence; quelqu’un qui est là, sur ta route, un instant, indiscernable; et que tu te mets à créer enfin en le regardant; qui ne prend vie que par l’intérêt que tu décides de lui porter.

Rêver son existence, ne rien omettre de sa trajectoire creuse. Sa naissance, sa vie, sa mort, son tiroir-caisse. La donner à aimer au peuple. Admirable dans son soutien-gorge d’airain.

Je la casquerais pour la faire plus triomphante. Lui donnerais à conduire un quadrige pour opérer son entrée dans l’histoire!

Gloire! Gloire! Gloire!

* * *

Je ne sais pas ce que j’ai fait au Seigneur pour qu’il m’affuble d’une tête comme la vôtre.

F. DARD

San-Antonio

Réflexions énamourées sur les femmes

MORCEAUX CHOISIS recueillis par Philippe TAURISSON

On dit souvent que je suis misogyne! On se fout le doigt dans l’orbite jusqu’au slip. Lis un peu la définition du mot misogyne dans le dico: qui hait ou méprise les femmes. Tu m’imagines, haïssant ou méprisant ce dont je ne puis me passer?

Car là est la vérité: je suis dépendant de la femelle de l’homme. Je la convoite d’emblée, tente de la conquérir d’autor, l’aime passionnément, et quand il arrive qu’elle ne m’agrée pas, je reste déconfit, sans voix, sans force, grondant d’une sourde rancune.

Non, non, pas misogyne. Je le regrette d’ailleurs. Parce que enfin, comme salope, elle se pose là, non?

San-Antonio

Les femmes détiennent cette grande recette qui consiste à transformer l’inévitable en don.

* * *

Je n’ai qu’une idée en tête: essorer vos jolies lèvres de toutes les vérités qu’elles retiennent, et puis les goûter.

* * *

Une jolie femme n’est jamais ridicule.

* * *

Elle louche au point qu’on a dû se gourer d’yeux sur sa chaîne de montage, placer le gauche à droite et vice versa!

* * *

Une femme est une femme quelle que soit la nature de son soutien-gorge.

* * *

Elle a maigri de vingt ans.

* * *

Cette vieille dame se parfume trop. On dirait qu’on a cassé un flacon d’eau de Cologne dans la cuisine d’un restaurant chinois.

* * *

Les femmes qui scandalisent sont celles qui trompent leurs amants.

* * *

Elle est grande, sèche comme le Sahara et ses seins ne lui ont pas encore été expédiés.

* * *

Tout nos maux viennent des femmes. Nos joies aussi, faut être réglo!

* * *

Ses ongles sont merveilleusement faits; on dirait de menus pétales de roses.

* * *

Une chambre sans femme, c’est une choucroute sans jambon.

* * *

Les hommes ne sont pas faits pour laver la vaisselle ni les femmes pour prêter serment.

* * *

Cet être appartient au beau sexe, malgré sa poitrine creuse, ses cheveux Louis XIV, ses pommettes en avance sur le progrès, ses yeux comme deux glaves de phtisique et sa bouche mal fermée sur un dentier Louis XV. Ses jambes sont Louis XVI et ses bras Louis XII, l’ensemble n’est donc pas sans évoquer l’image de Louis X dit le Hutin.

* * *

Une sensuelle, sa peau lui sert d’esprit. Elle marche à la braguette.

* * *

Les gonzesses sont semblables aux chats qui te ronronnent sur la bite et qui, brusquement, s’en vont pour répondre à un appel venu d’ailleurs.

* * *

Elle est grande, blonde, roulée à la main. Elle fait fille de famille dévoyée. On aimerait l’initier au mystère du scoubidou rétractile et de la castagnette valseuse.

* * *

Elle aime tellement ça, qu’elle ouvre les jambes au lieu de son réfrigérateur quand tu lui demandes si elle a quelque chose à bouffer.

* * *

Il n’y a pas de femmes fidèles, il n’y a que des femmes frigides.

* * *

Elle a des formes qui transforment la main de l’homme en louche à potage.

* * *

La femme que vous faites rire vous appartient déjà un peu, car les frangines ont la reconnaissance de la rate.

* * *

L’honneur d’une femme consiste à ne pas porter dans un cocktail la même robe qu’une autre.

* * *

J’adore les Noires: elles sont plus faciles à repérer quand on les emmène aux sports d’hiver.

* * *

Elle a les cuisses tellement légères qu’elles sont toujours en l’air.

* * *

Quand elle marche, on dirait que son postérieur est en train de faire une addition compliquée, style: je pose 6 et je retiens 8.

* * *

On l’a surnommée «Miss Monde», parce qu’elle a la forme de notre planète.

* * *

Elle a un déshabillé vaporeux, presque transparent, décolleté jusqu’aux genoux.

* * *

Toutes les femmes rabaissent leur jupe après une caresse. C’est cela qui nous enchante: leur pudeur après l’impudeur.

* * *

Une dame n’a que trois manières d’agrémenter ta vie: en ôtant sa culotte, son gant ou son dentier.

* * *

Elle a l’air désespéré d’une planche à repasser à laquelle on offrirait un soutien-gorge.

* * *

Acheter des robes à une nana pour que les copains la lui enlèvent, c’est pas ma vocation. Je préfère le contraire.

* * *

Avec les gonzesses on a l’impression d’être le premier Martien à débarquer dans leur existence, mais on découvre vite qu’il faut prendre un ticket d’appel.

* * *

Je n’apprécie que deux sortes de gonzesses: les femmes sérieuses et les femmes faciles. Les femmes sérieuses me rassurent, les femmes faciles me comblent. Tout ce qui est intermédiaire me pompe l’air en attendant que ce soit la bite.

* * *

Sa bouche est tellement sensuelle qu’en l’apercevant, son tube de rouge à lèvres sort tout seul de son étui.

* * *

Les femmes n’ont jamais peur des conséquences de leurs bêtises: c’est ce qui leur permet de les apprécier.

* * *

C’est une frangine qu’on croit enceinte de dix mois chaque fois qu’elle avale un noyau de cerise.

* * *

De loin, tu lui donnes vingt-cinq piges, de près, vingt-six.

* * *

Cette souris est très avancée de la poitrine: tu commences à lui apercevoir les loloches cinq minutes avant le reste.

* * *

À force de s’effacer, il ne reste plus rien d’elle. Un de ces jours elle oubliera de s’habiller, et disparaîtra pour de bon.

* * *

Elle est belle à te faire craquer le futal sur la façade Sud.

* * *

Quand votre nana a un Jules de renfort, c’est vous qui êtes déchargé.

* * *

C’est plein de licenciées sur les trottoirs de la rue Tronchet; elles préparent science-peau.

* * *

Y a des nanas qui savent vieillir, d’autres qui ne savent pas se rajeunir.

* * *

Il existe, m’a-t-on affirmé, deux sortes de femmes. Pourquoi suis-je tombé sur la troisième?

* * *

Ses jambes vertigineuses sont croisées tellement haut que ses seins reposent sur ses genoux.

* * *

Vous leur proposez Apollon et c’est Quasimodo qu’elles empoignent. Tant mieux, ça met l’espoir à la portée de toutes les bourses!

* * *

Cauchon qui s’en dédit, comme disait l’évêque qui cherchait des crosses à Jeanne d’Arc et qui lui a fait le coup de la femme au foyer bien avant que Landru ait fait breveter le système.

* * *

Tu t’imagines que les hermines sont pures parce qu’elles sont blanches? Mais elles se font calcer comme des salopes. Sinon, comment se reproduiraient-elles?

* * *

Mon vice, c’est les nanas qui ont des yeux à rayures. Je n’aime pas les yeux à pois et très peu les yeux écossais.

* * *

À travers le voilage, on voit des trucs qui laisseraient peut-être indifférents la statue équestre de Jeanne d’Arc ou le buste de Voltaire, mais qui vous court-circuitent un monsieur depuis son cor au pied jusqu’à l’étiquette collée dans le fond de son chapeau.

* * *

Les bonnes femmes, c’est comme les mauvais films: faut jamais les voir deux fois.

* * *

Chez la femelle, la faute n’existe qu’au stade du flagrant délit.

* * *

La beauté, c’est le coup de polish sur la carrosserie de votre voiture. Mais la seule chose qui soit importante chez la femelle de l’homme, c’est son charme.

* * *

À Antibes, les femmes, contrairement à ce que l’on croit, ne sont pas antibaises mais antiboises.

* * *

Ma femme est jeune, j’ai toute sa vie devant moi.

* * *

Une épouse adultère ne se sent jamais coupable que des tromperies que son mari connaît.

* * *

Dans la vie, il y a deux sortes de femmes. Il y a celles qui savent, et celles qui ne savent pas… ce qu’il y a dans leur sac à main.

* * *

Elle a la bouche-que-veux-tu chuchoteuse.

* * *

C’est pas les femmes qu’il faut avoir à ses pieds, mais son bénouze.

* * *

Les filles, jusqu’à ce qu’elles aient quinze ans, leurs parents ont peur qu’elles tombent en avant, et ensuite qu’elles tombent en arrière.

* * *

Elle a des seins qui peuvent sortir sans leurs parents!

* * *

Chez les femmes, c’est comme chez les artichauts: le cœur est sous les poils.

* * *

Elle luisait au soleil comme l’intelligence d’un gardien de la paix à un carrefour.

* * *

Plus une souris est locdue, plus elle se comporte bien au dodo.

* * *

Je passerais volontiers mes vacances à l’ombre de son porte-jarretelles!

* * *

Elle a l’œil aussi pétillant qu’une rondelle de truffe sur une tranche de foie gras.

* * *

Mesdames, il vaut mieux une chiée de types qui posent leur pantalon en votre honneur, plutôt qu’un seul qui vous le fait repasser.

* * *

Elle est ssssu-bbbbblllllliii-mmmmeheu! Vous ne pouvez vous tromper: ça s’écrie comme ça se mugit.

* * *

Les gonzesses ne valent jamais les larmes que nous versons pour elles.

* * *

La dame qui se présente n’a pas dépassé la trentaine, ou si elle l’a dépassée, elle a oublié de mettre le clignotant.

* * *

Son strabisme vous donne l’impression de la regarder suivre un match de tennis.

* * *

Elle a des dents éclatantes où, vraisemblablement, la main de l’homme n’a encore jamais mis la langue.

* * *

Les souris, plus elles sont belles, moins elles cherchent à comprendre.

* * *

Les gonzesses, c’est comme les maisons: elles vieillissent par la toiture mais les murs restent bons.

* * *

Mademoiselle a une bouche préhensile faite pour dire «oui» et aspirer des «h» et des tas d’autres trucs.

* * *

Cette fille-là, c’est la cousine germaine d’une lampe à souder. Elle vous embrase du haut en bas avec escale sur le ventre, train d’atterrissage rentré!

* * *

La longévité des femmes est supérieure à celle des hommes. Elles nous usent: on croit les limer, mais la limaille qui tombe est la nôtre.

* * *

Tu accrocherais deux chapeaux à ses patères (que je souhaite noster), sans que cela fasse surréaliste.

* * *

Elle est un peu fluette pour être une cathédrale, mais trop massive pour être une tour.

* * *

Laissons les araignées tisser leur toile sur le siège de sa vertu.

* * *

Ça fait au moins cinquante ans qu’elle a remplacé son maquilleur par un maçon.

* * *

Vous pouvez la placer nue, à contre-jour, vous ne verrez pas la lumière à travers ses cuisses. Elle n’est pas fabriquée comme une fourchette à escargots.

* * *

Une pute, c’est une pute! Jamais la technique remplacera le sentiment.

* * *

C’est une dame plutôt forte, dont la poitrine ressemble à deux citrouilles dans un sac.

* * *

Même les capricieuses du Seizième prennent une mentalité de fermière quand on les réussit bien.

* * *

Cette souris a un slip si mignon que tu le lui rachèterais à prix d’or pour t’en faire une pochette.

* * *

Elle est d’une blondeur forcenée, au point que, sur son bronzage, sa toison isocèle ressemble à un cache-sexe en satin blanc.

* * *

Elle est aussi décharnée qu’une roue de vélo sans pneu.

* * *

La jeune personne est carrossée par Pinofarineux, avec une calandre profilée à l’extrême, des antibrouillards incorporés, une suspension Vénus, une paire de cylindres en ligne, un double arbre à came en tête, un carburateur vertical, un levier de vitesse au plancher, et un servofrein qui ne doit pas patiner avec l’amour.

* * *

Elle possède des yeux admirables pris séparément (le gauche ne perd pas de vue la ligne bleue des Vosges, et le droit surveille attentivement les fluctuations de la marée à Brest).

* * *

Pour faire parler une fille, il convient avant tout de se taire.

* * *

Une fille nue est assise. L’inoubliable vision! Parce qu’elle est assise en tailleur.

* * *

En jalousie, il n’existe pas de femme bien élevée.

* * *

Le temps est plus difficile à tromper que les femmes.

* * *

Elle est assez élégante. Un sac en perles. Un cache-nez de deux mètres sur le dos et un trottoir de quinze mètres en bas de l’hôtel.

* * *

Sans en faire ses beaux dimanches, on peut tout au moins en faire ses vilains mardis.

* * *

La femme que tu veux, veut en réalité que tu l’aies.

* * *

Cette souris est émotive comme une langouste qu’on plonge dans l’eau bouillante.

* * *

Elle avait tout ce qu’il faut pour faire oublier le système fiscal à l’humanité souffrante.

* * *

Les gonzesses nous accaparent trop. Comme troupes d’occupation, on ne fait pas mieux.

* * *

Elle est dodue comme une grasse matinée corse.

* * *

Il faut être déplafonné pour vouloir s’annexer une souris. C’est en étant exclusif qu’on s’attire des ennuis.

* * *

Quand elle se démaquille, il lui faut un ciseau à froid tellement qu’elle se crépit le moule à gaufre.

* * *

C’est une dame qui n’a pas besoin de se mettre des bigoudis pour friser la soixantaine.

* * *

Pour l’homme, le mensonge est un outil; pour la femme, une parure.

* * *

La plus belle conquête de l’homme, c’est la femme… La femme avec un Q majuscule et des talons Louis XV pour piétiner votre cœur…

* * *

Elle va chercher la quarantaine et la trouve aisément.

* * *

La vérité, c’est comme une femme; pour qu’elle soit utile, il faut qu’elle soit entière.

* * *

Elle n’a pas de poitrine, ou alors elle l’a oubliée sur sa table de nuit.

* * *

La soubrette est bien en chair, avec l’air de vous servir ses nichons sur un lit de cresson en même temps que le contre-filet de bœuf.

* * *

Les pépées passent l’éponge. Personne du reste ne sait mieux la passer qu’elles!

* * *

Ce qui m’intéresse, c’est les jolies nanas avec leurs petits maillots de bain à moustaches.

* * *

Une sensuelle, sa peau lui sert d’esprit.

* * *

Ça porte à l’âme, et même au zob, l’autre étant le corollaire de l’une quoi qu’en pensent les poètes malbandeurs.

* * *

Elle parle de ce ton d’épouse acerbe qui fait tant pour la noble cause du divorce.

* * *

C’est inouï ce que les femmes ont la science du futile.

* * *

Elle promène ses flotteurs dans un décolleté tellement vertigineux qu’on voit les poils de son pubis.

* * *

Le créateur lui a filé une de ces armoires à deux portes qui ferait grimper les enchères à la salle Drouot. En attendant elle fait grimper le client!

* * *

— Qu’est-ce que tu fais, ma jolie?

— Je suppute.

— Il n’y a pas de sot métier.

* * *

Avec certaines femmes, ce qu’on ne voit pas, on l’imagine, et on sent que ce qu’on imagine est au-dessous de la réalité (et de la ceinture).

* * *

Il y a des dames mariées polissonnes qui doublent leur gagneur pour se donner des raisons de le supporter.

* * *

Je me mets à en bâiller plus grand que son frifri.

* * *

Il y a de bioutifoules nanas, faites pour sortir et pour rentrer, et encore plus pour sortir que pour rentrer.

* * *

Son papa devait penser à Rodin lorsqu’il a fait à sa maman le coup du ravitaillement en plein septième ciel.

* * *

C’est pas une Suédoise, c’est une allumeuse.

* * *

L’homme ne demande à la femme d’être intelligente que lorsqu’elle ne l’est pas. Quand elle l’est, il en prend une autre.

* * *

En général, les filles qui sont gelées des extrémités sont bouillantes du centre.

* * *

Y a pas de place pour les timides dans le cœur des femmes et encore moins dans leur dodo.

* * *

Elle est pas de la première jeunesse mais loin de la dernière.

* * *

Mademoiselle s’installe dans la vie avec ses petites envies rentrées toutes prêtes à sortir.

* * *

Pour les femmes, l’absolu, c’est la jouissance de l’instant.

* * *

Quelles rondeurs dans son corsage! Avoir un pareil capital devant soi, voilà qui vous rendrait militant d’extrême gauche!

* * *

Cette frangine a un sein qui lave la vaisselle et l’autre qui nettoie le plancher.

* * *

Une fois que les Ricains se feront des Chinoises, les Chinois des Monégasques femelles et les Monégasques mâles des Bulgares, et qu’on aura bien réparti les parties, y aura plus de partis!

* * *

Les mensonges, c’est pas fait pour être crus, c’est fait pour éviter la vérité.

* * *

Confuse comme une rosière entrée par erreur dans une pissotière.

* * *

Elle a le teint pâle, des taches de rousseur et ce regard fascinant, inquiet et surpris des myopes. C’est du tendron pour grand-livre de comptabilité. On met le passif d’un côté, l’actif d’un autre et la main au milieu.

* * *

Lorsqu’une dame fait un ravalement avant de rejoindre un monsieur, c’est que ledit monsieur ne la laisse pas indifférente.

* * *

La femme à qui tu proposes la botte, quand elle ne te gifle pas, c’est qu’elle accepte.

* * *

C’est une fille à qui la vie ne refuse rien et les hommes non plus.

* * *

Cette gerce accuse son pedigree, ses années de nourrice ont compté double.

* * *

Elle a une poitrine qui semble sur le point de vous faire l’aumône.

* * *

Cette nana a dû créer des embouteillages et des bousculades au temps où elle osait dire son âge.

* * *

Avoir les yeux verts, c’est bien pratique lorsqu’on veut passer pour un albinos auprès d’un daltonien.

* * *

Elle a des hanches violoncelleuses dont l’étendue est de beaucoup plus de quatre octaves.

* * *

Ces dames papotent au subjonctif dans un français auprès duquel celui de Montaigne ressemble à du verlan.

* * *

Elle est tellement ridée que si on repassait sa figure, elle triplerait de surface.

* * *

Elle est moulée dans une robe blanche, en soie surnaturelle tissée à la langue. Elle n’a qu’un bijou; mais quel bijou! La parure des Fouinozoff! Le célèbre «Balochard», le seul diamant au monde en bois véritable!

* * *

La nana est sublime, mes chers camarades de con bas. Et quand je dis sublime, j’arrive à peine aux genoux de la vérité! Je ne lui aperçois même pas le pubis.

* * *

Elle glousse comme une jeune fille pubère à laquelle un militaire montre la principale raison de sa présence sous les drapeaux.

* * *

Ah! les épouses nouvelle formule. Maintenant, les messieurs hésitent à douiller des extras vu que leurs légitimes se comportent comme des maîtresses. Elles dépensent autant d’artiche qu’une poule de luxe. Autrefois, la bergère était chargée de faire des mouflets et des économies. Ça permettait de réserver une partie du budget pour les demoiselles de bonne compagnie. De nos jours, les épouses sont devenues des croqueuses de diams. Et pour ce qui est du vice, passez-moi le Kãma-Su˜tra! Elles en remontreraient à Casanova. Le rêve désormais, c’est de prendre des maîtresses uniquement pour les regarder tricoter.

* * *

Isa Bodebave, Hyères.

C’est une personne qu’on regarde avec convoitise et dont le prix devient le vôtre.

* * *

Les époux sont toujours ravis lorsqu’un type fait du gringue à leur femme dans une langue qui leur échappe.

* * *

Elle me défrime comme Jeanne d’Arc devait mater saint Michel en habit de lumière, quand il venait à la relance pour lui inculquer l’anglophobie.

* * *

C’est le genre de nana qui supprime l’amateurisme.

* * *

Elle a un compte en banque sur lequel le soleil ne se couche jamais.

* * *

Quand le respect de la femme s’effiloche dans une nation, la débâcle n’est pas loin.

* * *

Cette mousmé pourrait s’habiller rien qu’avec des mains d’homme.

* * *

Elle est bouffie sous les prunelles comme une qui a trop baisé sans jouir, ou trop joui sans baiser.

* * *

Drôle de mémé! Un cheval! J’ai pas dit jument, notez-le, mais cheval. Elle a un cul haut perché, carré, tanguant, bourreleux, infirmiteux. Des jambes comme des pylônes à haute tension. Une frime plâtreuse de pierrote, des mains de catcheur, une poitrine comme deux séchoirs à cheveux ou comme des tiares pontificales. Elle porte une jupe de cheftaine scout. Des bas de coton, des souliers plats et un sac à main dans lequel on pourrait transporter dix kilos de pommes de terre, les œuvres complètes de Jules Romains, une contrebasse à corde et un auto-stoppeur.

* * *

Entraîneuse: chair à appâter.

* * *

L’homme s’attarde sur le passé, tandis que la femme se gave du présent.

* * *

La première qualité d’une femme, même âgée, c’est d’être jeune.

* * *

C’est une femme extrêmement quinquagénaire pour son âge, un peu cognée si on trouve la petite bête mais séduisante si on ne la cherche pas.

* * *

Elle croise ses jambes aussi haut qu’il est possible de le faire sans se fendre en deux.

* * *

La bijoutière vient de surgir. C’est pas un bijou. Pas même un cadeau!

* * *

Une merveille de cuisses! Un dargiflet plus beau que le portrait en couleur de Richard Nixon! Une tirelire à bouclettes qui ferait dérailler un fourgon de queue!

* * *

«Femmes», «secrets», cherchez l’intrus.

* * *

Une femme n’est réellement troublée que par un regard de femme.

* * *

Cette demoiselle est l’archétype de ce qui se fait de mieux comme nana. J’ignore combien il a fallu de croisements pour obtenir ce magnifique produit de l’art contemporain.

* * *

Rien de plus déprimant que ces dames adultères qui se croient obligées de faire passer leur mari pour plus con qu’il n’est cocu.

* * *

Elle est passée d’extrême justesse à côté du bec-de-lièvre, mais elle s’est rattrapée en sacrifiant son menton, lequel est resté à l’état de projet à peine esquissé.

* * *

La jolie dame me vote un sourire ravi. Moi, j’aurais un film à tourner sur la vie d’un sanatorium pendant les années 20, je l’engagerais pour interpréter le rôle de la tuberculeuse chef. Elle a le nez plongeant, les cheveux longs et raides, le regard comme deux fenêtres gothiques, et un teint de pêche tombée de l’arbre un mois avant son mûrissement.

* * *

Elles foutent du rouge à lèvres sur l’existence et on embrasse du vide.

* * *

C’est de la bête surchoix. Il est difficile d’arracher ses yeux d’elle, ou alors faut carrément se les crever.

* * *

Les hommes parlent de fesses avant le repas, les femmes après.

* * *

Elle avait la peau diaphane comme les jeunes filles dans les récits anciens.

* * *

En moins de temps qu’il n’en faut à un aiguilleur du ciel pour se mettre en grève, je la restitue à l’état qui fut le sien lors de sa naissance.

* * *

Cette gosse réagit à la flatterie comme le noyau d’un atome quand il subit une interaction avec un autre rayonnement.

* * *

Cette gerce ne s’est pas lavée depuis la fois où elle a été coincée par l’orage.

* * *

Les femmes sont vengées de la loi salique par la loi phallique.

* * *

Déambuler avec ce sujet au bras est aussi téméraire que de se pointer à la Schweizerische Nationalbank de Berne en brandissant un drapeau soviétique.

* * *

Une femme sexy n’est pas une créature mais une récréature.

* * *

Toi, tu tentes d’expliquer; elles, elles s’imposent.

* * *

La plus haute marque de respect qu’on puisse témoigner à une femme, c’est de la faire jouir.

* * *

Elle portait des brillants aussi faux que des promesses électorales.

* * *

Quelques plâtras se détachent de son beau visage ravalé parce qu’elle vient de branler le chef (habituellement elle le fait en cuisine).

* * *

Les danseuses du ventre, on m’a confié que pour les entraîner, on leur carrait une craie dans l’oigne et qu’on leur faisait écrire huit milliards huit cent quatre-vingt-huit millions huit cent quatre-vingt-huit, en chiffres arabes bien entendu, contre le mur d’abord, sur le plancher ensuite, au plafond pour finir.

* * *

Ces demoiselles ont un idéal avec du poil autour.

* * *

T’as des gerces bêcheuses, qui se croient obligées d’indigner comme des perruches quand on leur arrache les plumes du fion.

* * *

Moi, une gosse pareille, j’irais faire de la varappe dans la Beauce pour la conquérir. Je ne peux m’empêcher de loucher sur les deux missiles pointés dans ma direction qui frémissent comme de l’eau commençant à bouillir.

* * *

Les femmes veulent toujours paraître plus minces qu’elles ne sont, même quand elles se font des ceintures avec leurs gourmettes.

* * *

Cette certitude absolue qu’a la femme d’être dans son bon droit, à tout instant et en tous lieux, rend con l’homme le plus intelligent.

* * *

Une femme au cheveux châtains est une blonde modeste.

* * *

Les filles minces n’impressionnent vraiment que les filles grosses.

* * *

Il y a des dadames qui n’ont jamais su et ne sauront jamais ce qu’est un vrai coup de bite franc et massif. Elles ne prennent pas leur pied, elles se perpétuent.

* * *

Anna Karenine, cousine germaine de la Bovary. Ces deux dadames avec leur petit cœur, leur petit cul: même combat!

* * *

Question poitrine, alors là, c’est le tombeau du Soldat inconnu, mon frère! Waterloo morne plaine…

* * *

Le mystère féminin? Une migraine, bien souvent.

* * *

Une grosse vieillasse enfourrée de zibeline dorlotait un Yorkshire sous seins privés.

* * *

Les femmes sont plus courageuses que les hommes bien qu’elles aient peur des souris.

* * *

Les femmes sont sublimes, car avec elles tout est possible.

* * *

Du haut de son extrait de naissance, plus d’un demi-siècle la contemple.

* * *

Elle a tout pour elle, tant et tellement que j’aimerais qu’elle en eût aussi un peu pour moi.

* * *

Je me trouve en compagnie d’une somptueuse dame de quarante ans, qui en avoue vingt et en paraît trente.

* * *

Quand on dit qu’elle ne compte plus les heures de vol, Mèmère, on est poète! On se demande, à mater cette flétrissure amidonnée, si elle mérite encore une ultime réfection. Le moment arrive où, à force de ravaudage, la machine est complètement naze. Combien de fois lui a-t-on retendu la peau à cette chérie? À la longue, elle est usée. On devine que ça craque, qu’elle devient poreuse, et qu’elle est à la merci d’un éternuement ou d’une vilaine bronchite qui la ferait tousser trop fort. Elle risque de voler en éclats, Bichette. Y a des zones luisantes, par larges plaques, à son front, sur ses joues, ailleurs, partout! Et puis des points critiques où ça fripe envers et contre tout. Ça pendouille cruel entre le coude et l’épaule. Tu croirais une serpillière trempée qu’on soulèverait avec un bâton.

* * *

Charmante personne au demeurant: la moustache est belle, le cheveu coiffé à l’huile d’olive, l’œil de braise, le fessier de baise, la jambe couverte d’astrakan plus ou moins défrisé et les pieds chaussés de mules délicates en provenance des Charentes.

* * *

Il existe deux sortes de femmes: celles que l’on subit et celles qui vous attirent.

* * *

Elle retire ses lunettes. Elle a raison d’en porter car, derrière, c’est l’éblouissement. Elle ne les met pas pour protéger ses yeux à elle, mais pour épargner ceux des autres.

* * *

Comme Dieu est bon d’avoir créé la femme salope! Si elle ne l’était pas, elle ne serait que chiante, et l’homme qui n’est qu’égoïste se morfondrait.

* * *

L’homme place mais la femme déplace.

* * *

C’est le genre de désœuvrée richissime et tapageuse pleine de caprices pour lesquels on peut peu et de désirs pour lesquels on peut tout.

* * *

La femme suit l’homme, ça c’est vrai. Mais sur les chemins qu’elle lui a tracés!

* * *

C’est une dame sans grande importance collective, dirait Sartre, faite pour des malheurs quotidiens, des états grippaux, des ulcères stomacaux, des ovaires foireux et des ablations presque annuelles. Elle a été tant de fois opérée que je me demande comment elle peut vivre avec ce qui lui reste!

* * *

L’homme se consacre à une œuvre, tandis que la femme se consacre à un homme.

* * *

La petite reine, c’est vrai que si elle était moins grosse, elle ressemblerait à un vélo.

* * *

Elle n’a pas amorcé les cinquante balais. Du peu au jus sans doute, elle est en «open», mais figure encore chez les quadra.

* * *

Profitez-en mes chéries! C’est pas quand votre frime sera plissée soleil que les mâles exécuteront la danse du trognon de chou autour de vos culs en gousses d’ail.

* * *

Elle me suit, curieuse comme un congrès de pies borgnes, sans avoir autre chose pour masquer sa nudité que la jolie touffe châtain clair que le Seigneur lui a fournie.

* * *

Les femmes franches sont celles qui mentent intelligemment.

* * *

C’est une vraie démone; je la soupçonne phosphorescente, la nuit.

* * *

Elle a des yeux clairs, pas franchement rayonnants d’intelligence, mais quand elle les ferme pour crier «maman», est-ce important?

* * *

La nière à laquelle tu souris et qui te sourit a déjà un pied dans ton lit et sa boîte de préservatifs à la main.

* * *

Beaucoup de dames, j’ai remarqué, quand elles souhaitent bien penser, ouvrent les cuisses; probablement pour mieux s’aérer les méninges.

* * *

La femme mariée ne suce guère que ses amants. Sauf dans la version seconde noce où, équipée de son expérience antérieure, elle te négocie le braque d’entrée de jeu.

* * *

Elle est tellement schnouffée qu’elle doit passer sa vie à l’ombre d’un arbre à came pour en cueillir les fruits qui tombent.

* * *

Je rêve de gonzesses superbes. Elles auront pour moi des culottes pleines d’odeurs légères et des chattes profondes comme des tombeaux dans lesquels j’ensevelirai mister Braquemard, ce héros au long bec emmanché d’un long cou.

* * *

Quand tu vois surgir une personne de ce style, tu te chopes un air tellement con qu’un demeuré te prendrait par la main pour t’emmener faire pipi.

* * *

Ses mains tremblent comme un parkinsonien venant de dépaver la rue de Vaugirard au marteau-piqueur.

* * *

Comme s’il y avait plus important dans la vie que le sourire d’une jolie fille.

* * *

Sa poitrine ressemble à deux décorations accrochées de part et d’autre de sa robe noire.

* * *

Toutes les femmes seules à une terrasse de café attendent quelqu’un.

* * *

Elle appartenait à cette catégorie de femmes dont le haut protège le bas.

* * *

Son maquillage est du style œuvre d’art. Une fois qu’il est réalisé, t’oses plus l’embrasser qu’avec une paille.

* * *

Elle déborde de partout. Son cul forme une flaque qui dégouline jusqu’à ses jambes.

* * *

Le fessier de la dame se zébrait de profondes vergetures qui faisaient songer à une vue aérienne d’oueds à sec méandrant dans un sol saharien.

* * *

J’espère que sa robe de chambre va s’écarter, mais cette garce l’a coincée, si bien que pour la vue sur le Vésuve, faudra aller à Pompéi.

* * *

Elle croise les jambes, ce qui retrousse sa robe, ce qui dévoile le haut des cuisses, ce qui révèle qu’elle ne porte pas de culotte, ce que je trouve parfaitement seyant étant donné sa frisounette d’un noir bleuté de scarabée.

* * *

Il est impossible de ne pas la trouver sublime à l’en lécher de partout: recto, verso, de haut en bas et jusque sous la plante des pieds.

* * *

Elle a le teint jaunasse, des grains de beauté de Corinthe plein la frite et un œil qui sartrise vilain.

* * *

Ce qu’il y a de chiant avec les femmes, c’est que nous ne leur sommes pas irremplaçables.

* * *

La nana, elle est nulle au Scrabble, mais au radada c’est une solide affaire.

* * *

Elle a l’air d’une femme dédaignée qui préfère la bouffe à la baise parce qu’elle n’a pas les moyens d’intervertir.

* * *

Mais le pire, c’est sa coiffure, on jurerait qu’elle a une paonne en train de couver sur la tête!

* * *

La femme qui ne sait pas dire non de nos jours n’a pas le temps de s’asseoir.

* * *

Avec elle, c’est plus de la baise, c’est de la spéléologie! Elle doit avoir des peintures rupestres dans la moulasse!

* * *

On trouve toujours un manteau d’homme, ou une pipe, dans la garde-robe d’une femme seule.

* * *

Sa minijupe est si étroite qu’elle en a les jambes entravées et doit marcher avec son cul.

* * *

La femme est faite pour mettre des jupes, sinon elle abdique sa qualité la plus précieuse qui est la disponibilité.

* * *

Cette gonzesse possède un regard qui enraye la fermeture Eclair des braguettes les plus paisibles.

* * *

Les femmes surmontent toujours mieux leur veuvage que leur ménopause.

* * *

Elle n’a que deux attitudes dans la vie: ou bien elle joue Jeanne d’Arc, ou bien elle s’envoie en l’air.

* * *

Ces dames ressemblent à des armatures habillées de triperie jaunasse, ça saille ou ça pendouille. Elles ont les cuisses comme un lit défait. Des ventres bas, veinés de bleu. Des nichemards comme des bonnets sur un fil d’étendage. L’apologie du flasque.

* * *

Les bonnes femmes sont comme ça. Rien dans le cœur, sinon le mec du jour!

* * *

Ah! comme les putains les moins chères sont bien celles qu’on paie!

* * *

C’est de la quinquagénaire qui ne gaspille pas les feux de la Saint-Jean et sait te chanstiquer le sensoriel sans faire appel à des prothèses renégates.

* * *

Ses grandes dents excluent mes rêves de fellation les plus impétueux.

* * *

Elle râle de bonheur, manière de se faire la voix. Ses plaintes sont les vocalises de l’amour.

* * *

C’est le type de blonde pulpeuse qui a toujours pris son cul pour du talent, ses nichons pour un mode d’expression et ses lèvres de pipeuse pour le point culminant de la volupté.

* * *

Elle fouette drôlement du couloir. Quand elle parle, t’as l’impression qu’on soulève une cloche à fromage dans un restaurant.

* * *

Les mousmés sont toujours d’accord avec vous dès l’instant où vous leur offrez quelque chose.

* * *

Si elle n’avait pas la bouche amidonnée au sirop de burettes, je l’embrasserais.

* * *

Cette nana a dépassé la trentaine à tombeau ouvert, sans marquer le stop.

* * *

Elle croisa les jambes, ce qui, instantanément, m’emporta dans une croisière de rêve sur la mer des Orgasmes.

* * *

Son cul géométrique ressemble à la charge d’un sherpa himalayen en marche pour le camp de base.

* * *

Madame hoche le chef (dans son monde, on ne le branle pas en public).

* * *

On peut dire d’une femme qu’elle va «au» coiffeur, seulement lorsque ce dernier la baise.

* * *

Les jeunes filles de bonne famille, c’est de la passion à l’état sauvage quand tu leur fractures la tirelire.

* * *

C’est une dame tellement âgée que c’est plus la peine d’en parler.

* * *

Elle a le regard clair, entouré de cils chargés de khôl comme les pattes d’une mouche à merde, de merde.

* * *

Les maîtresses sont plus jalouses des légitimes que les légitimes des maîtresses.

* * *

Son regard d’âme en peine? On dirait deux raisins à l’eau-de-vie qu’on a laissés macérer trop longtemps.

* * *

Quand j’aperçois cette fille, mon âme se met à couler comme une blenno parvenue à maturité.

* * *

Elle est maigrichonne, avec pas plus de nichebabes qu’une statue représentant la petite sœur Thérèse. En la voyant, tu penses à la chanson Les roses blanches. Rien ne s’oppose à ce que sa maman soit morte tubarde et à ce que son géniteur soit «des messieurs qu’elle n’a jamais vus.»

* * *

Moult femelles s’inondent de 5 de Chanel mais continuent de puer sans savoir que les odeurs s’ajoutent mais ne se neutralisent pas.

* * *

Elle a l’air cruche, mais c’est le genre de cruche dans laquelle je me transvaserais volontiers.

* * *

La plupart des femmes cessent d’agir dès qu’elles ouvrent la bouche.

* * *

S’il n’y avait pas les femmes, la police aurait moins de succès. Il est vrai que, par contre, on commettrait beaucoup moins de délits.

* * *

Une vérité indéniable cesse d’être vraie si la femme la refuse.

* * *

Les femmes gâchent beaucoup de choses, car elles sont toujours à contretemps.

* * *

C’est l’éternelle veuve dans toute sa tristesse. Quand elle serre la pogne de quelqu’un, c’est comme si elle recevait ses condoléances.

* * *

Cette nana se sait excitante; c’est une arme qui vaut tous les gros calibres du monde et même les mitrailleuses lourdes.

* * *

C’est vrai qu’elle te dégoupille l’aorte, Eléonore. Ce que tu biches en priorité, ce sont ses yeux! Quand tu parviens à t’arracher à leur fascination, c’est comme lorsqu’on fait des UV sans lunettes. T’es ébloui jusqu’au cervelet.

* * *

Elle est pulpeuse, dorée, blonde, la poitrine pour de vrai, les hanches d’un Stradivarius, les yeux bleu ciel magnifiques! Et la bouche! Et les dents! Et les cuisses! Alouette, gentille alouette…

* * *

C’est une splendide personne, qui t’inciterait à traverser le Sahara à bicyclette rien que pour lui glisser deux doigts dans la chaglatte afin de t’en faire un esquimau.

* * *

Quand une gonzesse attend trop longtemps, elle tourne vieille fille. Un conseil: ne l’attends jamais!

* * *

Le cheval, le tennis… C’est fatigant à la longue. Toutes les femmes pleines aux as, ce qui leur est fatal, c’est le tantôt. Un après-midi, c’est immense, c’est déprimant lorsqu’on n’a pas de vaisselle à faire, de linge à laver ni de plancher à encaustiquer.

* * *

C’est une jeune Vietnamienne au corps de petite fille, avec une poitrine à peine plus bombée qu’une paire de lunettes de soleil.

* * *

Elle commence par le plus urgent, c’est-à-dire par croiser les jambes face à moi.

* * *

Vous êtes mignonne quand vous voulez bien faire l’effort de ne pas ressembler à un corbeau en deuil.

* * *

Elle a l’air de ne pas avoir inventé la pénicilline, mais de ne pas en avoir besoin non plus.

* * *

Des femmes qui marchent au doigt, on en trouve plein les internats de jeunes filles. Mais des femmes qui marchent à l’œil, c’est déjà plus rare.

* * *

Elle a des rondeurs qui feraient rêver un pensionnat de racines carrées…

* * *

Elle a un très joli nez sur les ailes duquel se blottit une grappe de verrues frileuses. Son bec-de-lièvre, admirablement masqué par la violette mauve qu’elle dessine par-dessus, ressemble à une raie du cul miniature. Le regard est un tantisoit glauque et con derrière des cils farineux, et la tache de vin qu’elle porte au cou reproduit à s’y méprendre la carte de la Suisse et de ses colonies.

* * *

Une gerce comac, un cul-de-jatte ferait Paris — Cap Nord sur des échasses rien que pour lécher le coussin de la chaise sur laquelle elle s’est assise.

* * *

En langage féminin, «je ne sais pas», ça veut dire à peu près: «où est-ce qu’on se met!»

* * *

La banque, c’est à peu près le seul endroit — avec les gogues — où une femme consent à vous laisser aller seul.

* * *

Chez les grenouilles, c’est comme chez les gonzesses: il y a que les cuisses de bonnes.

* * *

Elle a des mamelons à côté desquels ceux de Cavaillon ressemblent à des filets de sole.

* * *

Elle est tellement maigre que, quand elle marche, on a l’impression qu’elle tricote sa jupe!

* * *

Les bergères ont toujours besoin de faire un peu de cinéma. Elles s’imaginent que c’est indispensable pour la bonne marche des relations.

* * *

Elle a des yeux de grand inquisiteur qui se promènent dans ton âme comme sur un boulevard.

* * *

La plupart des bergères veulent toujours en savoir plus que vous n’en savez sur vous-même.

* * *

Les femmes ne regardent généralement dans leur rétroviseur que pour recharger leurs lèvres de rouge.

* * *

Elle a un regard à s’être laissé faire douze gosses à la file par des messieurs qu’elle n’a jamais revus.

* * *

Certaines croient que le maquillage les répare mais un coup de peinture n’a jamais sauvé un mur qui s’écroule.

* * *

Les femmes n’ont pas que le cœur de grand ni que la conscience qui soit élastique.

* * *

J’ai toujours proclamé qu’il existait deux catégories de femmes: celles qu’on a envie d’accrocher à son palmarès, et puis les autres.

* * *

La jolie dame a croisé ses longues jambes en remontant sa robe. Je me demande si c’est se montrer poli vis-à-vis d’une gonzesse que de ne pas mater sa chatte lorsqu’elle te la dévoile aussi généreusement!

* * *

Une femme (même espagnole) est une femme. La trouille de la damnation la retient de pécher, pas de frémir.

* * *

Les putes couchent avec tout le monde, les salopes couchent avec tout le monde sauf avec toi, les emmerdeuses ne couchent qu’avec toi.

* * *

Ce qu’il y a de consolant avec les gonzesses, c’est qu’elles offrent certains repères grâce auxquels on parvient à s’orienter dans la nuit de leur mystère.

* * *

Deux hommes se sentent confusément unis par la même femme, alors que deux femmes sont irrémédiablement divisées par le même homme.

* * *

Un mari craint toujours que son épouse le quitte. C’est ça la suprême force des femmes. Vous faire redouter ce que vous souhaitez le plus au monde.

* * *

Elle avoisine les trente-huit carats, si délicatement que personne ne s’en aperçoit, même pas elle.

* * *

Les femmes savent que le mâle est fier de protéger et ne perdent jamais une occasion de lui accorder cette sotte satisfaction.

* * *

Je reluque des vieilles dames seules qui confient leur cellulite au soleil. Des grosses mochetés, gonflées et rondouillardes comme le bonhomme Michelin. Avec des bourrelets aux cuisses, au bide, au fignedé. Des nichons pareils à des sacs de farine, des bajoues. Le tout couvert de peinture, d’or, de soie, de prétention, couvert d’imbécillité. Des sourires lippus, des regards visqueux comme des beignets mal cuits! Ah! Les belles dames rupinos! Bien faisandées, varicées, engraissées, mais dignes! Dignes avec du rouge aux lèvres et aux joues, du noir et du vert et du bleu et du violet aux châsses! Et jaune aussi. Jaune verdâtre, comme toutes les barbaques gâtées! Car elles sont gâtées, ces dames. Par la chance… d’accord! Mais gâtées aussi par l’âge! Gâtées par leur mari, et gâtées par tous les pores de la peau. Gâtées du haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite… Gâtées au dedans et au-dehors… Et elles attendent des miracles du soleil. En v’là un qu’est pas dégoûté: promener ses beaux rayons sur de la viande avariée! Il n’a pas de dignité, ou alors il protège les mouches bleues! Il leur veut du bien! C’est pas possible autrement!

* * *

Moi, misogyne? Jamais! Esclave, au contraire, benêt, toutou, lécheur, passeur de serpillière, dépensier, soumis, acceptateur d’inacceptable, implorant, moi que voilà, bandant sans cesse.

San-Antonio

* * *

Je ne comprends pas les femmes de vouloir être les égales de l’homme alors qu’elles lui sont tellement supérieures! C’est de la modestie, dans le fond!

San-Antonio

Réflexions pointées sur le sexe

MORCEAUX CHOISIS recueillis par Philippe TAURISSON

Le sexe est le meilleur ami de l’homme.

Et en même temps son pire ennemi.

Les femmes ne m’ont jamais mené par le bout du nez, mais toujours par le bout du nœud.

Si Dieu ne m’avait pas accordé de pénis, je serais sans doute à l’Académie Française puisque je n’aurais rien eu à foutre de mieux.

San-Antonio

Mes couilles

J’ai trop traîné mes couilles en des couches honteuses
Mes couilles j’ai traînées en des lits frelatés
Mes couilles ont arpenté des chattes ténébreuses
Où ma langue déjà les avaient précédées.
Mes couilles sont parties pour de lointains voyages
Vers de noirs marécages aux rivages frisés
Elles sont parties mes couilles chez des dames sauvages
Qui me les caressaient pour mieux me les vider.
Mes couilles ont visité des donzelles novices
Qui pratiquaient le vice avec autorité
Elles y ont débusqué d’affables chaudes-pisses
Qui riaient d’Hippocrate et des sulfamidés.
Elles ont connu mes couilles de très graves alarmes
Parmi des gens bizarres qui me les ont brisées
Et si mon Dieu le foutre ressemblait à des larmes
Grands seraient les chagrins dont elles auraient pleuré.

* * *

L’érection est un phénomène spontané qui correspond à des normes mal établies. Si j’ai un conseil à donner aux heureux bénéficiaires de cette fougue sensorielle, c’est de ne se poser aucune question et de profiter de l’aubaine.

* * *

Les rhumes de chatte sont plus sévères que les rhumes de cerveau.

* * *

Si ton ennemi te sodomise, surtout ne bouge pas: tu risquerais de le faire jouir.

* * *

Le sexe est une chose bien trop grave pour qu’on puisse en rire.

* * *

Bander est une insurrection.

* * *

S’envoyer en l’air est un hymne à la nature, un Te Deum à la vie! Jouir est un don du Ciel. Chaque être qui prend son pied se rapproche de son Créateur. Il Lui OBEIT!

* * *

Je lui joue mon grand air de Chope ça, avant de partir; paroles de Tumlapran, musique de Tumlaskou, orchestration de Tumlastique.

* * *

Dieu, que le cri du morpion est triste au fond des poils!

* * *

Elle me boit à la bouteille.

* * *

Elle est si avide d’amour qu’on est obligé de se mettre la bite sous le bras pour pas qu’elle se sauve avec.

* * *

Il trimbale pas grand-chose dans son Kangourou, le quidam. Ça se situe dans le calibre gnocchi, son bistougnet. Même poché à l’eau bouillante, t’arrives pas à le faire gonfler valablement! Quand il déballe l’outil la première fois, y en a pas de seconde! Sa partenaire se slipe à tout-va dans l’escadrin de l’hôtel en clamant comme quoi elle fait pas collection de cure-dents!

* * *

Les yeux sont la fenêtre de l’âme, comme la braguette est celle de la bistoune.

* * *

La baise, c’est le Te Deum de l’amour quand on s’aime, sinon, c’est juste une passe.

* * *

Après mûre réflexion, je crois pouvoir affirmer que le plus court chemin d’un cul à un autre, c’est ma bite!

* * *

Elle lui pratique un petit frottis flatteur sur le cortinaire orellanus pour lui apprendre à marcher au pas de l’oie.

* * *

L’organe charnu possédait une agilité d’écureuil; il était évident qu’il avait léché davantage de pénis jusqu’à ce jour qu’une postière retraitée de timbres au cours de sa carrière.

* * *

Regarde intensément une femme et tu finiras par voir se refléter ta bite dans ses yeux.

* * *

Son frignoulet? En v’là un qui ne doit pas toucher lourd de chômage!

* * *

Je suis un être d’appétit: une bouteille me donne soif, un lit sommeil et une femme envie de baiser.

* * *

Comment qu’elle sait travailler de la muqueuse! Pas de science, mais une soif d’apprendre qui vous remue.

* * *

Quand tu te penches sur la rivière et que tu te vois deux paires de couilles, n’en tire pas un orgueil trop hâtif; cela signifie simplement que tu es en train de te faire sodomiser.

* * *

Comme on connaît les seins, on les adore.

* * *

Il vaut mieux partager un brasero que de s’assurer l’exclusivité d’une banquise.

* * *

Ça fait glingue glingue, comme quand elle exécute une pogne à un arthritique bourré de calculs.

* * *

Tu la prends plus aisément en levrette qu’au dépourvu.

* * *

La pipe, c’est mal vu chez les Méditerranéennes. Elles te bouffent des trucs à l’huile qui feraient dégobiller un mulot, mais des pafs, ça jamais!

* * *

Elle ne faisait l’amour qu’avec des jumeaux parce qu’elle n’avait pas de miroir chez elle.

* * *

Payer les faveurs d’une fille, c’est la solution idéale pour assurer l’harmonie des rapports (surtout sexuels) entre un monsieur et une dame.

* * *

Certaines te déballent une chaglatte sévère que tu croirais le portrait de Lénine, au point qu’il ne lui manque que des lorgnons.

* * *

Je me dirige en sautillant comme un kangourou (cette bestiole se sert de sa queue pour se détendre, ce en quoi elle a raison, la queue étant un bon moyen de détente).

* * *

C’est la carambolette express, sur coin de bureau. On joue à bureaux fermés, pas se coincer Coquette dans un fâcheux tiroir. L’angle du meuble, c’est un élément propritiatoire. Il te soutient les joyeuses, t’expose bien facilement la moulanche à mademoiselle. Un vrai gâteau!

* * *

Les tordus de maris se figurent qu’elles s’engourdissent des sens, leurs bobonnes imbrossées, qu’elle finissent, à force de négligence, par se scléroser du bas morcif. Tu parles! Toujours disponible, il reste, leur fignozoff. Suffit de le dépoussiérer un brin pour qu’il se retrouve en état de marche. L’hibernation n’est pas de la mort, au contraire, c’est de la vie emmagasinée.

* * *

Dites-vous toujours, lorsqu’une mousmé vous propose de jouer à la brouette chinoise, que c’est un truc qui ne se représentera peut-être jamais.

* * *

Une grosse envie de baise, c’est comme une grande soif, faut pas la gâcher avec n’importe qui.

* * *

Nous attaquons le concerto de Brame, pour matelas et sommiers; puis l’introduction du grand morceau de Faust dans l’ouverture de La Fille de Mme Angot.

* * *

Voir ton cul et mourir.

* * *

J’aime mieux pénétrer dans une pin-up que dans une mosquée.

* * *

Elle appelle tour à tour sa mère, son père, le bon Dieu; mais fort heureusement, personne des interpellés n’annonce son blaze. On est bien seuls et nos anges gardiens eux-mêmes doivent faire une partie d’auréoles dans le couloir.

* * *

Un paf, c’est pas une carotte: tu ne peux pas le râper avant de l’introduire.

* * *

Le lit et la table sont cousins germains, la preuve, ils sont horizontaux.

* * *

Je lui jouerais pour elle toute seule le premier acte de La grosse mite dans les biches, féerie enfantine ayant obtenu le prix du meilleur préjugé qui vous coûtait cher au festival de Pont-de-Beauvoisin.

* * *

Prends ce que t’offre la femme d’un instant! C’est-à-dire son accès.

* * *

La bête à deux dos, qu’on le veuille ou non, c’est une belle invention et ça change les idées…

* * *

Y a de l’apostolat dans la tringle. Faut la respecter, car elle est l’essence de la vie.

* * *

Tout cul plongé dans mon espace vital reçoit une poussée de mon estime au moins égale au volume qui en consécute dans mon Kangourou.

* * *

On se prend debout, cette fois: le fin des fins, pour pro seulement! À la Cosaque, ou à l’Auvergnat. La seule différence, c’est qu’à l’Auvergnat, t’as pas d’éperons!

* * *

En plongeant dans son regard, on comprend qu’elle n’est ni conne ni intellectuelle et qu’elle aime baiser, trois qualités que j’apprécie extrêmement chez une femme.

* * *

On entend la pauvrette claquer des dents dans son slip!

* * *

Vaut mieux payer qui on baise que baiser qui on paie.

* * *

Si cette dame n’a pas lu le Kama-Sutra, elle l’a sûrement écrit.

* * *

C’est une Américaine dont le mari doit faire l’amour sans lâcher son téléphone. Ces sinistres mâles de là-bas, vous croyez qu’ils bandent, mais c’est leur calculatrice de poche qui produit le renflement!

* * *

Certaines pétasses, tu leur flanques ton braque dans le clapoir uniquement pour les faire taire un moment.

* * *

Vaut souvent mieux embroquer une tarderie qu’un prix de beauté; y a plus de rendement à l’indice énergique.

* * *

Le cul, sans le cœur, c’est un potage sans cuiller.

* * *

J’ai vu une fille, belge, vous lui flanquiez deux doigts dans la tirelire, elle vous sifflait La Brabançonne avec la chaglatte.

* * *

Son cul, c’est pas qu’il soit gros, il est majestueux. Nuance! Le plus émouvant centre d’accueil de la région parisienne. C’est un monument classé. Un édifesse public. Un édit-cul. Le Panthéon du sexe. La tour de contrôle de toutes les voluptés.

* * *

Elle possède une voix qui te met un aimable pétillement sous les testicules.

* * *

Un feu au cul, c’est en le tisonnant qu’on le transforme en brasier.

* * *

— Mes seins, tu les trouves comment?

— À tâtons, quand tu es de dos, chérie!

* * *

Les mochetées sont les meilleures partenaires car elles se consacrent davantage à la tâche.

* * *

Prendre son temps est aussi important que prendre son panard, ça se rejoint dans la volupté.

* * *

À partir du moment où, pour cause de brioche, t’aperçois plus ta zézette, t’es en perdition sensorielle.

* * *

Quand tu baises, si l’intelligence n’est pas de la partie, tu n’obtiens qu’un coït de taureau.

* * *

L’amour ne se fait bien que l’après-midi. Onze fois sur dix, l’adultère découle du fait que les époux se fréquentent seulement le soir.

* * *

Je raffole des femmes dites «convenables». Elles m’excitent. Les salopes aussi d’ailleurs.

* * *

Lorsque j’ai chauffé sa chaudière, je me dis que le moment est venu de l’étreindre.

* * *

Ne confondons pas chaude-pisse et première communion, c’est pas le même cierge qui coule.

* * *

Elle glisse sa main sous le drap pour venir me changer de vitesse. Bon, me voici bientôt en prise.

* * *

Le sable, c’est le sommier idéal. Silencieux. L’ennui c’est qu’il t’ébarbe la bistounette au bout d’un moment.

* * *

Elle a les yeux noisette, si bien que, dans mon calbute, ça s’organise pour jouer au petit écureuil farceur.

* * *

Combien de fois me suis-je dégagé l’esprit en effectuant un graissage-vidage express dans une putation service.

* * *

Les Espagnoles sucent mal; ces mystiques vous pompent en implorant le pardon de la Sainte Vierge et on ne fait pas une bonne pipe la bouche pleine d’oraisons.

* * *

On ne sait plus qui est «elle» et qui est «moi». On se repère aux poils pour récupérer nos jambes.

* * *

Quelque part dans les étages, une dame satisfaite clame qu’elle part, qu’elle part, qu’elle paaaaart, ce qui n’est qu’une vue de l’esprit, car tu penses bien qu’en chopant un pied de cette ampleur, elle va pas se barrer tout de suite!

* * *

Les pigeons sont des cons, tandis que ça chichite et ça roucoule. Les coqs eux savent vivre. Un tour de semonce autour de la poule, qu’elle s’ébouriffe et dégage de la bagouze, et vlan! Donne ta crête que j’m’y cramponne.

* * *

Le braque, c’est ce qu’il y a de plus léger au monde car une simple pensée le soulève.

* * *

Lorsqu’elle se mettait au boulot, vous pouviez penser que vous arriviez au terminus de la volupté et que vous alliez avoir besoin d’un bavoir jusqu’à la fin de vos jours.

* * *

— Vous avez dû en voir de dures, ma pauvre amie!

— J’en ai vu davantage de molles.

* * *

Trente centimètres, c’est petit pour un nain, mais c’est grand pour une bite.

* * *

Tout pour la pipe! Vive les calumettes suédoises.

* * *

C’est l’histoire d’un ver luisant qui descend d’un mégot, avec sa braguette en flammes et qui dit:

* * *

— Celle-là, vous parlez d’une rapide!

* * *

Vous allez me dire: un doigt dans l’oigne, c’est un doigt dans l’oigne, y a pas de quoi nous en péter une soupe au choux! Eh ben! détrompez-vous, les gars. Un œuf brouillé, aussi, c’est juste un œuf brouillé, seulement y a rien de plus coton à réussir. Quand tu vas dans la simplicité extrême, tu ne peux plus compter que sur tes qualités intrinsèques.

* * *

Pour manœuvrer ce tas de molécules avariées, il faut réunir un concours de circonstances et savoir s’en servir.

* * *

La fatigue porte à la jouissance comme une nuit de repos porte conseil.

* * *

Le pageot, c’est un peu le vestiaire du conformisme. On y dépose sa panoplie d’hypocrite: ses titres, ses grades, ses bandages herniaires, ses passeports, ses fringues, ses bijoux, ses imparfaits du subjonctif, ses accords de participes, ses prétentions, ses ambitions, ses croyances, ses projets, quelquefois son dentier ou sa jambe de bois, sa patrie, son patron, ses prébendes… Il est le socle du monde, comme le nombril du porte-drapeau est le socle du défilé militaire.

* * *

Son sourire me produit l’effet d’une plume de paon lentement promenée sur la partie inférieure de mes burnes par une Hawaïenne de dix-sept ans parfumée à l’orchidée pourpre.

* * *

C’est inouï le nombre de frangines qui aspirent à me connaître depuis qu’elles ont lu dans mes confidences ma recette de la mandoline à touffe!

* * *

Elle se fait expliquer le coup des quatre jambons accrochés au même clou.

* * *

Ça doit être aussi triste dans son calbar que dans un orphelinat pendant une épidémie de scarlatine.

* * *

Comme disait une péripatéticienne de mes relations: «Sans technique, on peut aller se faire foutre!»

* * *

Elle possède entre les jambes une excellente raison de réussir dans la vie.

* * *

Après quinze jours d’inaction dans le secteur calbar, je ferais du gringue à une chèvre déguisée en cheftaine-scout.

* * *

Telle que la voilà obstruée, elle va devenir étanche pour peu qu’on lui pince le nez!

* * *

Jamais vu escaladeuse pareille! D’accord, elle cloque ses nichemards dans la table de nuit, mais avec ce qui lui reste, elle sait se faire une personnalité!

* * *

On babille commako un petit moment, puis on se tait pendant un grand moment, laissant aux ressorts du sommier l’initiative de la conversation.

* * *

Elle rit pas quand on l’apaise, cette Thérèse-là!

* * *

Les mimis dégustés avec une paille, elle n’aime pas. Ce qu’il lui faut, c’est la grosse livraison en vrac. Après, on fera le tri.

* * *

On voit des beautés se farcir des trucs qu’on n’oserait même pas proposer à une guenon!

* * *

Les Italiennes sont comme leurs bagnoles, c’est l’allumage qu’est délicat.

* * *

La barbouzette de sa minouche, c’est pas de la barbiche de chèvre, mais de la cressonnière surchoix, genre Victor Hugo.

* * *

C’est assez, comme disait un cachalot auquel une baleine faisait du rentre-dedans!

* * *

Une jouvencelle de ce petit gabarit, c’est un plaisir spécial. T’as l’impression d’embroquer un bibelot. La tringlette sur petit Sèvres. Bouillave dans le biscuit!

* * *

Y a des gonzesses qu’ont besoin d’être châtaignées pour trouver leur longueur d’onde. C’est comme les flippers électriques, faut pas craindre de les secouer; ça les illumine de partout.

* * *

Lorsque vous voyez flamber cette petite lueur dans les yeux d’une nana, au cours d’un tête-à-tête, vous pouvez parier le livret de famille du Soldat inconnu contre une choucroute garnie que la donzelle a une puissante envie de transformer le tête-à-tête en tête-à-queue.

* * *

Ses expériences, avant moi, ont été à l’amour ce qu’une boîte de sardines est à la carte de la Tour d’Argent.

* * *

C’est un décollage glorieux, ample et sûr. Elle tremble de tous ses réacteurs; son fuselage a la danse de Saint-Guy. Elle prend de la vitesse, pique sur le septième ciel, rentre son train d’atterrissage, décrit une orbe magistrale, trouve sa direction et disparaît dans un «awtchhhhhhhhhhh» qui n’en finit pas.

* * *

Elle accomplit une jolie petite moue avec ses lèvres, comme elle doit en exécuter avec son sexe quand elle fait de la bicyclette.

* * *

Parfois il y a de quoi se l’inciser au bistouri et s’y greffer une bouture de rosier, non?

* * *

Je la regarde avec cet œil charmeur pour lequel l’étoffe d’un slip ne constitue pas un obstacle.

* * *

J’ai une particularité: si je me réveille en pleine note, illico ça me porte au fusible, et je déguise le drap de lit en chapiteau de cirque.

* * *

Je récite plein de je vous salis Marie; de je vous salue maris; de je vous salais morue; de je vous marie salope!

* * *

Offrir à boire, d’accord! Mais pourquoi pas offrir à baiser?

* * *

Les compagnons de l’Instamatic. Les archers du téléobjectif. Il leur sert de sexe, le téléobjectif. Tu les verrais bandouiller fièrement, les cosaques du Kodak. Des bites grosses commak, ça leur fait! C’est plus des hommes, c’est des zooms.

* * *

Quand les dames mal tringlées vous déballent leur petit stock d’extase, on touche tout de suite les dividendes! Les intérêts progressifs sont pour vous!

* * *

— Mais encore?

Elle n’aurait pas marqué l’interrogation, je comprenais: «mets encore» et j’étais chiche de lui offrir une deuxième séance au bénéfice désœuvré de la paroisse!

* * *

On le classe dans la branche de la sexualité nécessitant de la part de ses adeptes l’achat d’un tube de vaseline.

* * *

Quand vous avez un lot pareil en face de vous, le problème des vases communicants passe à l’ordre du jour.

* * *

Elle a tout ce qu’il faut pour donner aux mâles la notion précise de leurs attributs.

* * *

Cette souris, c’est du cratère en éruption. Avec elle, on a le Stromboli à domicile!

* * *

Je bâille comme la braguette d’un zig qui vient de jouer à la guerre des boutons.

* * *

Elle est partie avec un minus sans situation qu’a juste une bite fraîche à mettre dans la corbeille de mariage.

* * *

Y avait de la haute tension dans la corde à nœuds!

* * *

J’ai vu bien des nanas voraces, mais jamais encore comme celle-ci. Ses yeux vous disent gentiment: «Où est-ce qu’on se met?»

* * *

Avec les sœurs, le jeu, toujours consiste à fouir du piolet comme si t’avais l’intention de sortir aux antipodes. C’est pas du sarclage de retraité, mais du forage pétrolifère. Faut s’enfoncer, loin, profond, disparaître…

* * *

Un peu de musique au coin du feu, la fumée d’une cigarette et vous pouvez déballer votre boîte à outils pour brancher les canalisations…

* * *

Je prends une position qui permet une perspective plongeante vers des régions agrémentées de dentelles, où la main de l’homme n’a encore jamais mis le doigt.

* * *

Toi la mère, t’vas faire l’arbre fourcheux, que j’te déguste la case trésor, pendant qu’la potesse m’jouera saint Claude by night au fifre à breloque.

* * *

Rien ne stimule autant un cordon-bleu, que de cuisiner avec un maître queue!

* * *

La différence qu’il y a entre une chaude-pisse et une hirondelle, c’est qu’on ne peut pas attraper une hirondelle.

* * *

Je l’ai carambolée à la jouis comme je te le pousse.

* * *

Le côté résignance et bite sous le bras, je ne sais pas faire. Je suis un inadapté de la membrane foireuse.

* * *

La mélancolie déploie ses voiles sur mon esprit de jouissance.

* * *

Ses seins ont la consistance du beurre et la tiédeur d’une bergerie pendant une période de stabulation.

* * *

Il a un sexe surdimensionné dont, même au repos, l’on est conduit à se demander s’il s’agit d’une bite ou d’un trompe.

* * *

Y a des moments ou t’as les sens qui décarrent sans te demander la permission.

* * *

Cette greluche est une prise de 380 volts. Dès que vous y portez la paluche, votre épine dorsale se transforme en fermeture Eclair.

* * *

Je lui offre le mimi du matin, celui qui n’arrête pas le pèlerin, mais qui, au contraire, l’incite au voyage.

* * *

Elle a les yeux cernés jusqu’aux genoux et marche entre parenthèses.

* * *

Dans les cas d’exception, on brosse par personne interposée quand on est un cérébral. On tringle de plantureux fantômes dans les couches ménagères.

* * *

Le Français fait vite son travail, mais il jouit lentement.

* * *

Tu ne vas pas passer ta vie à enfiler des perles ou ta femme!

* * *

— Comment as-tu trouvé mon cul, chéri?

— Très facilement.

* * *

Baise de nuit et baise de jour sont très différentes. La première baigne dans la fantasmagorie des ténèbres, la seconde a la puissance de la réalité bien lisible.

* * *

C’est toujours le moment de régaler la grosse bébête qui monte. Vu que lorsqu’on s’habille en engrais azoté, y vous reste plus que les poignées de votre cercueil à quoi vous raccrocher.

* * *

Bonjour banane, adieu p’tit creux!

* * *

Ses proéminences lui ôtent toute ressemblance avec une planche à repasser.

* * *

Rien de tel que de se laisser piloter par une gerce: vous gardez les mains libres tandis que les siennes sont occupées!

* * *

Au moment de l’intimité, foin des beaux projets: c’est l’hussard qui l’emporte, vous sautez sur la donzelle comme un cul-de-jatte saute à la corde en revenant de Lourdes.

* * *

Je me sens plus chaste que la photographie de sainte Blandine.

* * *

L’homme agile jouit onze fois et demie plus fort que l’empoté.

* * *

Elle décroise les jambes avec une telle impudence qu’on lui découvre l’intime jusqu’aux amygdales.

* * *

Une journée de zizi-panpan, c’est comme un repas de fromage. Ça se dose, c’est progressif.

* * *

L’ogresse lui virgule un sourire de sexe féminin en position équestre.

* * *

Elle a une vraie bouche d’incendie. Une bouche qui, fort heureusement, n’est pas cousue! Un bouche à oreille. Une bouche allant jusqu’à mon embouchure.

* * *

La pantomime amoureuse est propre à presque toutes les espèces animales, depuis la mouche tsé-tsé jusqu’au notaire de province.

* * *

Chez certains individus, la langue remplace les génitoires.

* * *

Il a tellement obésé, qu’à présent, pour licebroquer, il lui faut une pince à cornichons et un rétroviseur.

* * *

En amour, la vue est superflue puisque, dès que l’extase approche, on ferme les yeux.

* * *

Blêmir, c’est quand ta femme rentre au moment que la petite bonne te taille une plume.

* * *

Un zig en chaleur, vous pouvez lui déballer toutes les philosophies, faire appel au sublime, à la conscience, à l’esprit. Godeur il est, godeur il demeure tant qu’on lui a pas déconnecté le trémulseur à ondes courtes.

* * *

Un couple: lui dans la force de l’âge, elle dans l’âge de la force. Ils sont guillerets des perspectives qui s’offrent à eux: bonne bouffe, bonne baise. Ils rentreront chez eux avec la satisfaction de l’adultère accompli.

* * *

J’aime bien qu’une dame de mon entourage soit baisable, ça la rend plus humaine.

* * *

Quand elle marche, son admirable fessier ressemble à de la musique de Mozart qui se serait faite cul.

* * *

J’aime baiser de toute mon âme. Un orifice avec juste son étui, c’est pas joyce.

* * *

Au bal, l’hypocrisie est reine.

* * *

— Voulez-vous m’accorder ce tango, mademoiselle?

Alors qu’ils pensent: «Voulez-vous m’accorder votre cul?»

* * *

Toutes les personnes du sexe ont leur chance avec moi.

* * *

Les gonzesses en rut, c’est comme les pauvres: quand t’en brosses une, les autres rappliquent!

* * *

Figurez-vous que la bizarrerie m’attire comme un soutien-gorge bien garni attire la main de l’honnête homme.

* * *

Que la honte t’empare, toi qui, si promptement, désassièges ce que tu as eu parfois tant de peine à investir.

* * *

Je jouis, donc j’essuie.

* * *

Elle reste un long moment agrippée telle Agrippine à mon épée de feu.

* * *

Tout homme venant de jouir passe de l’état de soupirant transi à celui de fieffé butor.

* * *

Oh! étalon cruel, si rampant avant et si vite reculotté après!

* * *

Modeste comme un cul endormi.

* * *

C’est important, la classe, quand l’amour n’y est pas. On peut baiser, comme on dîne en ville, grâce à elle.

* * *

Rien de plus élastique que ce mot de «salope». Il exprime une gamme infinie de sentiments jusqu’à la passion la plus ardente.

* * *

«L’œil du bidet n’est pas une conscience pour la femme qui s’ablutionne»

* * *

Proverbe du Kalbahr:

Elle aimait l’amour de A jusqu’à Zob.

* * *

Tout commence et tout finit par le fion, le reste n’est que littérature de branleur.

* * *

Elle baisait de force 5 sur l’échelle de Richter. Il lui arrivait même d’en briser les barreaux.

* * *

Il a affublé son zobinche d’un maillot en Thermolactyl, si bien que sa noble membrane n’a pas froid aux yeux.

* * *

L’ingratitude règne sur nos testicules: je suis infoutu de me rappeler sa couleur pileuse. Je crois que la toiture était blonde, mais question de la cave, c’est le trou.

* * *

L’ambiance est épaisse comme les moufles d’un épileur de poils de culs grœnlandais travaillant en plein air.

* * *

Nous ferions mieux de regagner nos slips, et de remettre nos débats à demain.

* * *

Les gonzesses, me suffit de penser à elles pour que mon Pollux joue les Castor et baïonnette au caleçon.

* * *

C’était une délicate femme, à laquelle tu aurais donné le bon Dieu sans confession, mais qui taillait des pipes dans la masse.

* * *

J’aime la chair, les actes et surtout l’acte de chair.

* * *

Elle est très antipathique, mais prise en levrette, ça ne tire pas à conséquence.

* * *

La ponction crée l’orgasme.

* * *

Elle regarde ma braguette au fond des yeux.

* * *

Ne vends jamais la peau du slip avant de l’avoir retiré!

* * *

Vais-je n’écouter que mon zigodon à tête fureteuse, jugulaire bleue, bourse déliée et lui sauter sur le poilu de Verdun!

* * *

J’ai les tambours de freins incandescents à force de me la remettre dans la soutane.

* * *

Cette fille, c’est de l’animal de concours! Un navire de délices en partance. T’as qu’une envie: grimper à bord et plonger dans la cale.

* * *

Une occasion de se démailloter le nourrisson ne se refuse jamais.

* * *

Mon zigzigplomplon se souvient des somptueuses contractions de la chaglatte dorée: vzouffff tchpok, qui t’emportaient bien loin du laid rivage terre à terre, vers ces fabuleux abîmes du désir, là que la volupté se fait océane…

* * *

Le zob a des effluves que la raison ignore mais que le cul reconnaît.

* * *

Les gens, tu leur bouffes le cul, et c’est eux qui font la fine bouche!

* * *

On voit la mer, comme je vois ton cul quand je te brosse en levrette.

* * *

Tout individu préfère bander dur que d’être fait chevalier de la Légion d’honneur.

* * *

L’assouvissement de la fin de nuit, ça démange outrageusement, ça chauffe à crime, à blanc, à désespoir.

* * *

Jadis, je vous mettais au défi de rencontrer des poils de con qui ne soient pas noirs.

* * *

La brosse représente pour moi un grand moment de la vie comme pour d’autres un repas trois étoiles.

* * *

La sodomie, ça se pratique sur les gerces en Chanel, qui ont le temps des bains de siège mousseux avec bidets à monogramme pour les équitations post-coïtum.

* * *

Un silence épais comme du foutre s’était abattu sur l’établissement; on aurait entendu baiser un couple de mouches.

* * *

Si elles se bidonnent, c’est bon signe: une gonzesse qui pouffe n’est pas loin du paf!

* * *

Quinze jours sans la tringle et je commence à avoir les amygdales enflées.

* * *

— Pourquoi me traitez-vous de salope? Je suis une honnête fille!

— C’est une maladie dont j’aimerais vous guérir.

* * *

Seigneur… Quelle satisfaction d’avoir fignolé des frifris et des zézettes et de les voir fonctionner aussi superbement!

* * *

Y a connivence profonde entre son cul et mes mains!

* * *

Pour certaines, baiser, c’est pas un remède, ça fait partie de la liste des corvées.

* * *

La baise en surimpression, tu connais? La plupart des époux procèdent ainsi: ils se font la mère Poupette en se persuadant que c’est Catherine Deneuve, et tout le monde en profite… sauf Catherine Deneuve.

* * *

J’opère mon dégagement de missile. Va falloir placer l’engin sur sa rampe de lancement, y aller mollo pour la mise à feu. Un réacteur qui découille et le vol interstellaire est annulé.

* * *

Dans une certaine figure, les glandes mammaires (et vas-y donc, c’est pas ton père) sont agitées comme les testicules d’un paveur en train de manœuvrer un pic pneumatique.

* * *

Je lui électrise l’hémisphère austral en chipotant des doigts sur sa concavité à mollusques.

* * *

Je commence par le vol du gerfaut, décrivant des paraboles (de riz) avec légers mouvements ascensionnels dus aux appels d’air. Et puis c’est le lent piqué tatouilleur. Elle sérénade comme sur la scène de la Scala de Milan. Je suis un milan qui lui agrippe le michier. Elle décarre. J’opère le botté final, total, sec, comme l’officier remet sa rapière au fourreau à la fin de la prise d’armes.

* * *

Il ne baise pas plus loin que le bout de son nœud.

* * *

La présence de cette sauterelle réveille mon locataire du dessous qui se met à exiger que je l’emmène au cirque.

* * *

Les vibrations de la route flanquent la godance doucereuse, celle des chemins de fer et des routiers. La trique vient sans y penser. Brusquement tu te retrouves en compagnie d’un étrange squatter qui se cogne la tronche partout dans ta culotte, vu que c’est trop bas de plafond.

* * *

Le bois de Boulogne est bourré de faons de putes et de gentils petits faunes qui viennent vous manger dans le creux de la culotte.

* * *

Vaut mieux peser dix kilos de trop et avoir une bite dans le train, que de chiquer les mannequins en créant la panique autour de soye.

* * *

Je lui explique le truc d’Adam qui a tant fait marrer la mère Eve.

* * *

Tu les astiques en les tenant par la taille et t’as le sentiment coupable de te faire une savonneuse.

* * *

Je suis coté en bourses, les dames vous le diront.

* * *

Modestes ou chichiteuses, sommelières ou filles à papa, bourrées d’heures de vol ou tombées de la dernière pluie, il faut les tirer toutes avec la même conscience.

* * *

Brûlez pas les étapes, poupées, faites pas comme ces connes qui, au premier baiser, se dessapent aussi sec que t’ouvres un pébroque… Et après, elles regimbent que Zozo les compucte en piqué.

* * *

— Alors, tu l’as baisée, la petite blonde?

— Elle n’a pas voulu!

— Je t’avais prévenu que c’était une salope!

* * *

Sous le jean, elle ne porte que ses poils de famille. Elle me plaque le visage contre son triangle de panne! Tellement serré que je respire avec les oreilles.

* * *

Beaucoup de gens «ont leurs têtes», moi j’ai «mes culs».

* * *

Elle porte une minijupe ras-de-touffe et un slip si étroit que je morfle des éclats de chatte dans les carreaux.

* * *

Son français est aussi performant que mon danois, mais quand on prend son pied, chacun son dialecte, non?

* * *

Ah! ses soupirs! Tu les as entendus, ses soupirs? Le dégonflement du Graf Zeppelin quand messieurs les boches voulaient l’expédier par la poste!

* * *

L’Esquimau a pris l’habitude de ne dégager que ses attributs pour copuler, histoire de ne pas se geler les couilles.

* * *

Sinovi, la ville des épanchements.

* * *

Moi, l’astrakan, ça m’a toujours inspiré. Je déteste les chaglattes filasses comme t’en trouves chez les Scandinaves. Ça te donne l’impression d’embourber une algue.

* * *

Ce gus-là est trop actif pour faire relâche longtemps. Le côté poil dans la main, c’est pas son blaud. Ou alors il en a plusieurs et ce sont ceux de votre touffe!

* * *

Le meilleur moment de l’amour, c’est «avant», quand tu montes l’escadrin… Quoique «après», c’est pas mal non plus, si t’as réussi ton affaire.

* * *

Le foutre évacué est remplacé par de la pudibonderie.

* * *

C’est la scène classique de zizi-panpan-tutu-relevé-bite-en-l’air.

* * *

Un centre d’accueil de ce calibre, tu peux lui offrir une borne d’incendie en guise de tabouret.

* * *

Moi j’aime assez parler poésie, mais à condition d’être en compagnie d’une belle môme et qu’il n’y ait pas incompatibilité d’humeur entre ma main et son corsage.

* * *

C’est en baisant qu’on devient baiseron.

* * *

D’un regard, t’apprends tout d’elle; notamment la manière dont elle doit rétrécir son obturateur autour de ton frangin Popaul quand tu l’embroques.

* * *

J’approche mes lèvres des siennes, comme on écrit dans les petits bouquins mouilloteurs pour pâles jeunes filles fiancées à leur médius.

* * *

Le cul, c’est comme un rêve parfois! Le cul qui t’accompagne jusqu’aux limites du sommeil, et qui t’attend à ton réveil pour t’apporter dès l’aube des sortilèges d’alcôve. Le cul obsédant, le cul violoncelle qui te joue sa merveilleuse musique dans l’âme, à bout portant.

* * *

Avec le chibraque que se coltine môssieur, elle jouerait à saute-mouton avec l’obélisque de la Concorde.

* * *

Euréka! s’écria le cher Archimède en constatant que sa biroute remontait à la surface de l’eau lorsqu’il prenait son bain.

* * *

Elle me caresse les testicules, comme Prost caressait le capot de sa guinde quand il venait de remporter une course.

* * *

T’as le coït rural; tu grimpes fermier. Tes premières armes ont eu lieu dans une étable, comme la naissance du petit Jésus.

* * *

Elle bat le Mermoz en faisant du dix nœuds à l’heure dans les urgences!

* * *

Les gémissements, c’est la grande plainte infinie du fion assailli de part en part. Un lamento, la mélopée du radada.

* * *

Il faut toujours veiller à ce qu’une dame ait ses aises quand elle se trouve «en délicatesse» avec toi. Les mecs qui niquent une sœur dans la paille ou sur une fourmilière voient leur cote baisser à toute pompe. Panard ou pas panard, leur partenaire déteste emmagasiner des brins de paille dans leur chatte ou se faire piquer les noix à l’acide formique par des bestioles aventureuses.

* * *

«Son et Lumière» sur l’Acropole ne vaut pas la féerie du cul!

* * *

Exister, c’est pas seulement penser, c’est aussi conjuguer le verbe mettre.

* * *

De nos jours, les mecs te prêtent plus volontiers leur femme que leur bagnole. Ils savent qu’une petite chevauchée sur une monture de Jacob-Delafon répare les éventuels dégâts infligés à leur compagne; tandis qu’une chignole, si tu lui infliges un gnon, ça laisse des traces coûteuses.

* * *

Elle a ce sourire mystérieux qui donne aux hommes l’irrésistible envie de savoir de quelle couleur sont les poils de sa chatte.

* * *

L’homme qui cesse de se faire dégorger le bigorneau s’engage délibérément dans les ténèbres.

* * *

Elle est imbattable pour te faire gicler la cervelle par la bonde de vidange.

* * *

Cette fille t’assèche les muqueuses comme un os de gazelle dans le désert!

* * *

J’aime les belles luronnes fortes en cuisses, au pelage luxuriant et aux nichons surdimensionnés. Avec ces chéries, tu as l’impression de baiser sur écran panoramique!

* * *

Il tire une crampe extraconjugale, comme le boa en captivité gobe son rat avant de se rendormir pour huit jours!

* * *

Une gonzesse en rut. Folie! Que d’énergie perdue! Tu lui branches une dynamo aux miches et tu éclaires la Promenade des Anglais pendant trois ans!

* * *

Mes nuits sont aussi raides que mes jours.

* * *

Elle a trouvé la posture qui te fouette sang et sens; (j’ai pas dit «sans essence»).

* * *

Elle a la cressonnière en délire, avec, en son milieu, la vallée des délices aux méandres roses.

* * *

Grimper des jumelles, c’est fascinant, t’as l’impression de faire l’amour avec du papier carbone.

* * *

Elles ont dans le regard les sanglots longs du violon de leur chatte!

* * *

Une fille chichiteuse, avec vingt-huit centimètres de braque bien placé, ça s’arrange.

* * *

Le murmure d’une source n’est rien comparé à un bruit de médius investissant frénétiquement une chatte conditionnée par la projection d’un film porno.

* * *

J’aime les pelages clairs, ils laissent découvrir la moule bien mieux que les foisonnantes toisons méditerranéennes.

* * *

Quand on se galoche, c’est la valse des patineurs qui nous arabesquent le centre des télécommunications.

* * *

Il n’y a pas de meilleure affure qu’une gerce en manque de baise.

* * *

La manière qu’é t’regarde, ça s’voit gros comme un n’hangar de boeings qu’t’y as ramoné les tuliaux d’orgues!

* * *

Je plains les hommes qui mettent davantage de temps à se raser qu’à baiser leurs femmes. Et je plains plus encore leurs dames.

* * *

Les bites et les soufflés, si on les laisse quimper, on finit par les retrouver à fond de cale.

* * *

Quand mes bourses sont vides, elles ne me font aucune aumône.

* * *

Un rapide du braque: tout ce qui bronche avec du poil autour, il se porte volontaire, que ça bêle ou que ça parle!

* * *

C’est un cultivateur qui emmène sa femme aux champs pour la bourrer.

* * *

Mister Popaul dodeline au-dessus de sa paire de roustons. Il a la démarche un peu harassée de Frankenstein se levant de la table d’opération où il vient d’être fabriqué!

* * *

Mes testicules fomentent des préparatifs machiavéliques.

* * *

Les grandes baiseuses, les vraies, les solides, les redoutables, une fois la séance achevée, on a l’impression qu’elles se dédoublent. Tu n’es plus le julot qui vient de leur court-circuiter les glandes, mais un vague personnage, sans rapport sexuel avec le panard qu’elles ont pris.

* * *

Le pif de cette nana me rebute. Si je l’emplâtrais, j’aurais la désagréable impression de me faire Louis XVI. J’ai rien contre Louis XVI qui fut un excellent serrurier, mais de là à l’embroquer, y a un monde!

* * *

Parfois elles sont putes! Tant mieux, on perd moins de temps.

* * *

Elle jappait en se laissant prendre, ce qui me donna l’impression étrange de sodomiser un caniche royal.

* * *

Chez nous, on lâche une ou deux fois dans notre existence la giclette porteuse. Le reste, c’est juste des brouillons.

* * *

Deux mains, une bouche, un zob! Quatre raisons d’aimer la nique!

* * *

Les hommes âgés ont plus grands yeux que gros sexe. Avec eux, l’amour commence et finit par des baisers.

* * *

Le sujet tout-venant à tirer un soir d’hôtel quand t’es à court, te laisse l’impression fadasse d’un repas à prix fixe.

* * *

L’homme n’est pas pour la sophistication en matière de sexualité; il aime les frangines au regard couleur «tout de suite».

* * *

Elle lui taille une petite pipe sans histoire, du genre pique-nique.

* * *

Sa philosophie, c’est le donnant-donnant. Passe-moi la rhubarbe, je te prêterai mon cul!

* * *

Jadis, t’étais obligé d’écarter la culotte pour trouver les fesses, à présent, tu dois écarter les fesses pour trouver la culotte.

* * *

Je préfère collectionner des poils de culs que des timbres-poste.

* * *

Pour brouter une Ibérique, faut la faucher auparavant, sinon on est condamné à l’étouffement.

* * *

Y a des frangines que les préliminaires, ça les chatouille et tu ne peux pas faire reluire une frangine qui se marre.

* * *

Avec certaines greluses, faut tirer ses deux coups dans la foulée tellement t’as pas le temps de voir partir le premier.

* * *

Chacun baise ce qu’il mérite.

* * *

Merci Seigneur, de manifester Votre auguste bienveillance jusque dans l’entrejambe des merveilleuses créatures que Vous avez conçues pour notre félicité terrestre.

* * *

Je me ferais coiffeur pour pouvoir peigner sa toison d’or avec mes dents.

* * *

Pendant la première partie de mon existence, je rêvais d’étreindre les femmes sans préambule, au gré de mes convoitises. Je l’ai fait. Résultat: une gifle sur cent tentatives; correct, non?

* * *

J’ai le mandrin qui exécute un triple nelson dans mon caleçon à manches courtes.

* * *

Je suis à bord de ma bite. La ceinture sanglée. Les réacteurs enclenchés!

* * *

Elle a une chatte comme tu les aimes et des poils que tu voudrais te retirer de la bouche un à un!

* * *

Sa manœuvre fut exemplaire, et mon costume n’eut pas à déplorer les gambades de ces jeunes spermatozoïdes folâtres qui se croient tout permis, sitôt qu’on leur laisse la bride sur le cou.

* * *

Lorsqu’il lui arrive de baiser, il note la date sur son agenda pour se la rappeler au cours des années suivantes.

* * *

Un gros chat vient se frotter à moi en ronronnant. Les coïts de ses maîtres le laissent indifférent, ce pour deux raisons aussi valables l’une que l’autre: primo, parce qu’il est chat, secundo parce qu’il est castré. Chacun sa merde!

* * *

La jeunesse de cette jouvencelle me fait grincer des couilles.

* * *

Par la large ouverture du créneau à zizi, on aperçoit une sorte de petit mégot de bite recroquevillé dans un reliquat de prépuce.

* * *

La gentille déflaque en hurlant un prénom masculin, celui d’un certain Hervé qui n’est pas là, mais ça tombe bien car on n’a pas besoin de lui!

* * *

Une odeur sensuelle défroisse la peau des roustons instantanément.

* * *

Mineure, elle! Tu oublies les années d’apprentissage.

* * *

Il fait noir comme dans le trou du cul d’un nègre, endroit que j’ai très peu visité jusqu’à ce jour, mais qui jouit d’une forte réputation d’obscurité.

* * *

En moi, il y a combat entre mon cher ange gardien et mon démon perditeur. Lequel va l’emporter? Seigneur! Faites que ce ne soit pas l’ange!

* * *

La sodomie est l’art de rebrousser chemin.

* * *

Le plus dur, c’est de procéder à son décarpillage sans laisser baisser la pression. Mais le rut rend ingénieux. Tout en m’employant de la droite, je consacre mon autre main et ma bouche à son service entretien. Le temps de passer mon costume d’Adam de cérémonie et je suis à elle!

* * *

On perçoit un rire de femme chatouillée, et qui sait, baisée peut-être, car il y a des pétasses que ça fait marrer!

* * *

Mon organe charnu, fixé par sa partie inférieure à mon plancher buccal, délivre une volée de sensations variables qui, immédiatement, conduisent à un dépassement du moi sélectif.

* * *

Pourquoi ont-ils besoin de hurler qu’ils baisent, les baiseurs? Les clébards aussi s’envoient en l’air et c’est le seul moment où ils n’aboient pas!

* * *

Elle a un dargif auquel on aimerait confectionner un slip avec ses deux mains.

* * *

La bandaison du réveil est irremplaçable car l’esprit ne participe pas; il ferme sa gueule.

* * *

Je vous prendrai à la langoureuse, sans y penser, comme on fredonne Le beau Danube bleu en se rasant.

* * *

Les hommes convoitent toutes les femelles qui passent à leur portée. Chaque regard est un début d’enculade.

* * *

Il faut que le couvercle de l’amour soit bien fermé, sinon chacun vient grappiller dans la marmite du voisin!

* * *

Baiser, ça va, mais c’est l’entre-deux-coïts qui est redoutable.

* * *

Elle voit briller le bout de ma bitoune dans mes prunelles et enregistre le fait afin de se programmer la cassette, le cas échéant.

* * *

Elle aime la turlute et s’attarde dans les soirées mondaines sachant qu’il y a toujours une bite à emporter.

* * *

Dans les évocations célestes, on ne promet jamais de la fesse. Ça ne baise donc pas, les anges?

* * *

La grosseur des bourses est en rapport avec les performances sexuelles: si l’intendance ne suit pas, la bataille est de courte durée!

* * *

Il trimbalait une petite bistounette d’enfant de chœur à califourchon sur deux noisettes!

* * *

Au début d’une aventure, la bouffe prépare la baise, sur sa fin, elle la remplace.

* * *

Je suis un pénisman.

* * *

La bourrade est la caresse du chef.

* * *

Quand il y en a pour une, il y en a pour cent, simple question de planning!

* * *

Bander, c’est bien; baiser, c’est mieux.

* * *

Oh! étalon cruel, si rampant avant, si vite reculotté, après.

* * *

Le cœur a ses faiblesses, le cul ses abandons.

* * *

Il est tellement asexué que c’est à se demander avec quoi il pisse.

* * *

Avoir les précieuses ridicules, ça a toujours été mon cauchemar.

* * *

Des culs, plus tu en vois, moins il t’en reste à voir!

* * *

Les dragueurs mènent une existence périlleuse; ils jouent avec leurs vits.

* * *

Cette grenouille fait tant et si bien que je finis par attraper un concasseur à chaglatte gros comme un avant-bras de lutteur.

* * *

Cul de femme ou cul de lapin: l’un se bouffe, l’autre se mange!

* * *

Il n’y a qu’en province que l’adultère reste un sport. À Paris, on baise en double file.

* * *

Bidet: extincteur à réchaud.

* * *

Je serai toujours premier de cordée pour escalader ton mont de Vénus.

* * *

Donner des cours d’éducation sexuelle aux enfants est aberrant. Le moment de baiser venu, ils auront l’impression de faire un devoir.

* * *

J’ai jamais vu une gonzesse abattre ses brèmes avec tant de naturel. Ça tombe bien, j’ai précisément un carré de valets dans mon jeu.

* * *

L’intello s’écoute penser et oublie de se regarder bander.

* * *

Il ne suffit pas d’avoir des actions en Bourses, encore faut-il avoir les bourses en action.

* * *

Les maris envoient tellement leurs femmes se faire foutre qu’elles finissent par y aller.

* * *

On ne doit pas dire «Faire d’une pierre deux coups», mais «Fier d’une paire de couilles».

* * *

Ce qui différencie un homme d’un terre-neuve, c’est que le terre-neuve a les oreilles tombantes et la queue droite.

* * *

Le suce-pet.

* * *

Certaines te déballent une chaglatte sévère que tu croirais le portrait de Lénine, au point qu’il ne lui manque que des lorgnons.

* * *

Elle m’est tombée à genoux devant le pouf et, suivant l’exemple de son molosse d’alcôve, me file le pif contre le paf.

* * *

Le sadique montrait son sexe à pile.

* * *

Donne-moi un beau zob et la santé et je soulèverai le monde.

* * *

L’intellectuel bande mal, mais baise bien.

* * *

Je lui pratiquais une ingénieuse figure, qui consiste, pour la dame, à se déguiser en «Y» et pour le monsieur, à former le «F». Le «Y» se place en travers du lit et le «F» perpendiculaire à celui-ci. On imagine alors, pour la beauté de l’histoire, que le «Y» est un avion appartenant au Strategic Air Command en vol depuis lulure; le «F» en est un autre venant de décoller de sa base de Houston (ou Rouston, je m’en souviens mal) et chargé de ravitailler en plein vol l’avion «Y». Pour donner à l’opération tout son prix, le «F» met ses bras dans son dos, le raccordement s’opère donc de visu et de tatu, mais jamais de manu. De même le «Y» garde ses bras collés le long de ses jambes. Un délicat ballet aérien se déroule jusqu’au transbordement intégral du carburant; après quoi l’avion «F» est autorisé à rejoindre sa base après avoir remis son pantalon.

San-Antonio

Réflexions définitives sur l’au-delà

MORCEAUX CHOISIS recueillis par Thierry GAUTIER

Je voudrais qu’on ait un endroit exprès pour mourir, nous autres hommes. Une espèce de vaste et sombre tanière où nous irions dégobiller notre dernier soupir. Un immense vestiaire où rendre nos casaques. On se coucherait les uns à côté ou par-dessus les autres. On se dissiperait mollement. On pleuvrait en fine poussière. On se diluerait dans le généreux néant, notre père à tous, qu’il soit en forme de Dieu ou en informe d’absence. Ce serait plus propre. Moins impudique que de crever au pied levé, n’importe où. De s’oublier à mourir, comme un clébard s’oublie à chier. De transmuter, à la vue du monde, les chefs-d’œuvre abîmés que nous sommes en excréments pestilentiels. Oui, on devrait être très sévère avec les morts fortuits. Prendre des mesures draconiennes pour endiguer ce laisser-aller effroyable. Si j’étais au gouvernement, je promulguerais une loi pour interdire aux gens de canner aussi salement qu’ils ont vécu.

Je me demande si la mort vaut vraiment le coup d’être vécue.

* * *

Souvenez-vous: ne jamais perdre de vue le côté drôle des choses tristes! Sinon, l’existence devient vite la Vallée des Sanglots. Ainsi, moi qui vous cause, lorsque j’assiste à un enterrement, je ne manque pas d’emporter le goupillon que m’a offert mon ami Lathuile, l’antiquaire. Au moment d’asperger le cercueil, quand la personne qui me précède me tend le goupillon collectif je le refuse d’un air grave et je sors le mien de ma poche. La bouille de l’intéressé, à ce moment-là, n’est pas racontable.

* * *

Les cimetières sont éclairés au néant.

* * *

La neige unifie les tombes.

* * *

Je trouve stupide de passer aux morts leurs habits du dimanche. S’habille-t-on pour aller se coucher?

* * *

Le cortège s’est égaillé (ce qui peut paraître incongru lorsqu’il s’agit de funérailles).

* * *

Si tu as un pied dans la tombe, fais-le couper.

* * *

Le croque-mort s’est pété une cheville en faisant le valdingue. On le coltine jusqu’au corbillard qui attend devant la grille du cimetière. On l’allonge à la place du passager. C’est la première fois qu’il fait du tourisme à bord de sa calèche. Jusqu’alors, il n’avait jamais eu l’occasion de se payer l’intérieur. Pour lui, c’est une promotion, en somme.

* * *

L’agaçant, c’est qu’il faut toujours et partout faire la queue: à l’entrée des cinoches comme à la sortie des cimetières!

* * *

Quand tu as des lettres de condoléances à expédier, ne tarde jamais, sinon le destinataire ne sait même plus de qui il s’agit.

* * *

C’est une espèce de brouillon de vieillard! Un projet de cadavre!

* * *

Il est trop vieux pour exister.

* * *

L’existence est une immense fabrique de vieillards.

* * *

Il est des défunts que l’on maquille outrageusement pour qu’ils fassent bonne contenance dans leur cercueil vitré, sur la place Rouge ou ailleurs; moi, j’ai jamais pigé qu’on expose des macchabées. C’est une insulte qu’on leur fait, car les grands hommes le sont par leur vie, non par leur charogne.

* * *

Côté bar, deux vieux crabes à monocle, au faciès couperosé, éclusent leur soixante-douzième scotch de la journée en échangeant des réflexions d’une voix pâteuse. On dirait qu’ils attendent, non pas quelqu’un, mais quelque chose de très important. En fait, ce qu’ils attendent, c’est leur mort, ces chers vieux désœuvrés. Ils n’ont rien d’autre à branler que de laisser couler le temps.

* * *

Il était si vieux qu’il avait l’air d’un oubli.

* * *

La vie nous presse.

La mort aussi.

Il ne faut pas longtemps pour mourir.

* * *

Je devais me préparer à recueillir son dernier soupir, encore que je n’aurais su où le mettre.

* * *

C’est toujours émouvant, l’ouverture d’un testament. Une surprenante métamorphose réussit à transformer les dernières volontés d’un vivant en premières volontés d’un défunt.

* * *

Ce qui me gêne dans la mort, c’est ce gros tas de viande qu’on laisse aux autres. Ils sont obligés de composer avec et nous de décomposer.

* * *

Un époux mort n’est plus un mari.

* * *

À la première Toussaint, les chers défunts font toujours le plein. Ensuite, le temps fait son boulot.

* * *

Il faut que les autres meurent pour qu’on s’aperçoive de sa propre vie.

* * *

Comme disait un tueur à gages: s’il aime les fleurs, il va en avoir bientôt.

* * *

Il a l’air emmerdé d’un mec qui a paumé le corbillard de sa femme dans un encombrement de la circulation.

* * *

Je préfère la mort de Félix Faure, qui a dessoudé en se faisant tétiner Popaul par une dame, à celle de Jehanne d’Arc.

* * *

Un mort, c’est un mort et quand un mort est mort, on ne peut pas cracher à la gueule de sa mémoire.

* * *

C’est fou le nombre de gus qu’étaient faits pour vivre jusqu’à cent piges et qui sont morts avant!

* * *

On met les cimetières aux confins des communes.

Chacun chez soi!

À la Saint-Ducon, n’oubliez pas de fleurir ma tombe!

* * *

Notre date de naissance et notre date de décès sont en train de joindre les deux bouts.

* * *

Les morts ont un passé, kif les vivants.

* * *

Les gens raffolent de voir leur blase gravé. Ça les mène jusqu’au cimetière, cette marotte.

* * *

Où es-tu pauvre mort qui te prétendais immortel?

* * *

Le plus beau destin que puisse connaître un héros, c’est de disparaître avant qu’on ne s’aperçoive qu’il n’était qu’un homme.

* * *

Il est arrivé qu’on fusille des morts, mais on n’en a jamais guillotiné.

* * *

La foule est un cimetière déambulatoire.

* * *

Le maréchal Ney, mort de n’avoir su choisir entre le bourbon et la fine Napoléon…

* * *

Il vint apporter l’extrême-onction au roi avec une onction extrême.

* * *

Quand les Grands clabotent, on se dit que le monde va être mutilé. Et puis non, ça se cicatrise en vitesse. On les remplace, on s’en passe.

* * *

La postérité, ça se prépare. Regardez-les, tous: les grands compositeurs, les peintres célèbres, les écrivains à petits tirages, comment ils prennent leur piédestal, tout vivants, tout crus, pour pas se louper le posthume. Du travail de longue haleine. Ils se préparent à survivre au lieu de se préparer à mourir. Faut de la santé, je dis. Être très con, très content de soi, très un tas de trucs pour s’organiser l’absence avec autant d’acharnement.

* * *

Les gens surveillent davantage leurs biens que leur vie.

* * *

Vieillir, c’est un jour de moins chaque soir.

* * *

On doit le respect aux morts, surtout à ceux qu’on fabrique soi-même.

* * *

La mort de l’assassin venge-t-elle sa victime?

* * *

Jack l’Eventreur:

— Dépecez-vous, je vous attends!

Il perpétra ses premiers meurtres avec tant de tact que seules ses victimes furent au courant de leur trépas.

* * *

La mort est notre lot de consolation.

* * *

Ah! mes amis, comme il est triste de voir s’écrouler une forteresse, brûler une œuvre d’art, périr un génie!

* * *

Sa dame s’est engagée dans le veuvage, comme d’autres à Médecins Sans Frontières.

* * *

Je ne veux pas la mort de la pécheresse quand elle est bien roulée.

* * *

Il rend à Dieu une âme dont Il n’espérait plus grand-chose.

— Vous voyez ce croque-mort? Il a le zizi plus funèbre que ses pompes.

* * *

Exister ici ou là, c’est toujours apprendre à mourir.

* * *

Tu ne peux pas lutter contre un vieil amant mort.

* * *

Je ne serai pas le premier veuf qu’aura perdu sa femme.

* * *

Tu as raison de ne pas vouloir mourir, vieillir suffit.

* * *

Fasse Dieu qu’on ne puisse visser le couvercle de ma bière sans avoir à y percer un trou!

* * *

— Ça n’a pas l’air d’aller fort, grand-père?

— Je suis vieux!

— Ça vous passera!

* * *

La mort est un autre pays.

* * *

L’existence est un entrelacs de rencontres. Des gens viennent et repartent. Le temps qu’on les estime indispensables et voilà qu’il faut s’en dispenser. Ils vous meurent devant ou bien vont se planter ailleurs, dans d’autres terres ou d’autres culs.

* * *

La seule chose qui m’ennuiera un peu dans la mort, c’est d’être absent. Le reste, je m’en fous.

* * *

Les gondoliers ont l’air de croque-morts à présent. Ce sont les fossoyeurs qui plantent Venise dans la mer et l’ensevelissent à gestes tendres, en souvenir.

* * *

Vivre, c’est arpenter un tapis roulant allant en sens inverse de ton déplacement.

* * *

On aura mis tout ce temps à cesser, sans avoir l’air d’y croire.

* * *

La vie est le choix du moindre mal.

* * *

Je suis beaucoup plus sûr de ma mort que de ma vie.

* * *

— Il est encore loin, votre cimetière natal?

* * *

À force de ne plus être tout à fait jeune, on devient vraiment vieux.

* * *

T’interviewes un pis-que-centenaire et il est foutu! T’apprends son décès dans l’année même. Faut pas déranger ceux qui se prolongent.

* * *

Ils sont sur le qui-meurt (parce que enfin, être sur le qui-vive, c’est de l’optimisme!).

* * *

Il se demande si, peut-être, il serait pas mortibus, lui, et ne ferait pas ma rencontre dans l’au-delà. Ce sont des combines qu’arrivent. Tu crois roupiller, et tu te réveilles mort en plein, entouré de beaux esprits ailés.

* * *

Comme souvent chez les subalternes, la mort faisait de lui une vedette.

* * *

Je veux, comme épitaphe sur ma tombe, tout seul, mais gros comme ça: un point d’exclamation.

* * *

Ne vous moquez pas des morts. Votre tour viendra. Que dis-je: il est déjà venu puisque vous êtes nés!

* * *

Bon Dieu, où est-ce qu’on les met, les macchabées? Dites, c’est vrai qu’ils clabotent tous sans exception, les hommes? Y a des moments, je doute. Je les vois dans les rues, dans les brasseries, au spectacle… Nombreux, bruyants, mobiles. Et je me mets à les imaginer clamsés. Je me dis que c’est pas possible qu’ils y aillent tous, dans le grand trou bordé de chrysanthèmes!

* * *

Une mère, de même qu’elle vous apprend à vivre, elle vous apprend aussi à mourir, puisqu’en même temps que la vie, elle vous donne la mort.

* * *

C’est timorant, l’existence. Au fil des jours elle te rejette et à la fin tu meurs pondu.

* * *

Mourir est une asphyxie. La vie s’arrête par manque d’air, toujours.

* * *

La vie? On sort du confort absolu, un coup de ciseaux et on commence à mourir.

* * *

Une femme ouvre les jambes et c’est de la mort qui se précipite hors d’elle…

* * *

Les femmes surmontent mieux leur veuvage que leur ménopause.

* * *

Faites pas la fine bouche, ça vous arrivera, mes petites mères! Vous pouvez toujours vous la maquiller, la vitrine, vous la faire décorer comme certaines porcelaines, le moment viendra que vous paumerez votre emballage cadeau pour trouver le grand calme ossatoire.

* * *

Tous les vieillards ont des choses intéressantes à dire, dommage qu’ils les disent avec leurs gencives.

* * *

Qu’est-ce que ça signifie, des qualités ou des défauts? Y a pas de vraiment bons, y a pas de vraiment méchants, y a que des pauvres vivants empêtrés en eux-mêmes. Ceux qui ont vécu d’avoir tué et ceux qui sont morts d’avoir trop vécu, en fin de compte, ça donne le même humus.

* * *

À côtoyer la mort, tu te raccroches à la vie.

* * *

Il ne faut jamais envisager le pire. Puisque le pire c’est la conclusion de notre vie, nous n’avons que le droit d’envisager le meilleur.

* * *

Quand les autres sont sous terre, il est plus facile de les compisser que lorsqu’ils sont à la verticale.

* * *

Il est des gens dont on oublie l’absence aussi vite que la présence.

* * *

Meurs pas, on a du monde!

* * *

Tout le monde se signa devant le corps.

* * *

Le notaire, en trois exemplaires.

* * *

Il est bien dommage qu’on ne fasse pas exécuter aux vivants une répétition de leurs obsèques, histoire de les inciter à la méditation.

* * *

Tu vas pas mourir, avec tout ce monde qui t’aime!

* * *

Il est extrêmement mort pour son âge!

* * *

Son destin part aux archives.

* * *

Du train où ça va, vous allez canner sans savoir que vous avez vécu.

* * *

J’ai envie de mourir lucide. Le dernier godet de rhum, c’est folklorique mais archi-con. Je suis persuadé que des tas de suppliciés l’ont refusé.

* * *

Il est formellement beau. On croirait son masque mortuaire.

* * *

Curieux comme le temps fait perdre à la mort son caractère effrayant. Un squelette finit par devenir un objet.

— Il n’est plus mort? espéré-je, évoquant le précédent de Lazare (dont la gare est aussi réputée que la résurrection).

* * *

Le soir ils rentrent baiser leurs femmes ou regarder la télé et ça redevient gai comme un cimetière.

* * *

L’abdication des vieillards est toujours plus ou moins feinte.

* * *

Je me risque dans la nécropiaule.

* * *

Il fait des efforts pour respirer. On sent que ça n’est pas un mariage d’amour, l’oxygène et lui. Que ça ne durera pas autant que la guerre entreprise par Edouard III d’Angleterre et Philippe VI de Valois.

* * *

Même en tombant d’une chaise, si tu te tues, t’es mort!

* * *

Je me rappelle un dessin humoristique de Roger Sam. Ça représentait un veuf qui suivait l’enterrement de sa femme en tenant à la main un transistor retransmettant France-Irlande. C’est comme ça que je la vois, la vérité. Les morts bien morts et les vivants bien vivants.

* * *

Son horoscope ressemble à son encéphalogramme: il est aussi plat que la poitrine de la reine Babiola.

* * *

Quand tu songes qu’Albert Ier s’est tué en alpinismant dans les Ardennes, montagnettes ressemblant à des taupinières, imagine ce que cela aurait donné dans les Alpes!

* * *

Il passe des heures aux cagoinces en temps normal. Et il est clamsé, la merde au fion, donc sur un triomphe! Pet à son âme!

* * *

— Votre type a fait un arrêt cardiaque.

— Grave?

— Plus maintenant: il est mort!

* * *

J’ai pleuré sur trépas.

* * *

C’est l’histoire véridique d’un vieil Italien qui voulait écouter des mélodies napolitaines en mourant: chaque fois qu’il se sentait mal, les siens s’empressaient de mettre un disque.

* * *

Un jour qu’il avait un malaise, on voulut brancher l’électrophone.

— Non, non, dit-il, inutile.

Et il mourut.

* * *

Si je parviens à éviter la soixantaine, c’est que je serai mort avant.

* * *

Il vaut mieux une violée vivante qu’une vierge morte.

— Vous savez que les veuves doivent garder leurs précédents anneaux de mariage? J’en ai connu une, son doigt, on aurait dit un ressort à boudin!

* * *

Quand je nous vois tellement fragiles, je me demande comment des mecs se démerdent pour devenir octogénaires.

* * *

Je me résigne à garder la verticale, dont nous ne profiterons jamais suffisamment, nous autres, les futurs horizontaux définitifs.

* * *

Les Hollandais sont décédés et ressemblent enfin davantage à des moulins à vent qu’à des cons!

* * *

Comme il avait sommeil, je l’ai couché sur mon testament.

* * *

— Le pétomane est mort?

— Pet à son âme!

— Je pourrai pas aller aux zobs-secs.

* * *

Je pense à l’histoire du gars qui se retrouve seul sur la Terre après un déconnage atomique. Comprenant que personne d’autre que lui n’est vivant, il se précipite du haut d’un buildinge. Et pendant sa chute, il entend une sonnerie de téléphone.

* * *

Ça me rappelle une potion que Félicie m’avait administrée «pour les vers» quand j’étais à la maternelle. Un truc nauséabond et pernicieux, infect jusqu’au bout du tolérable. Mais efficace, ça oui. Mes vers, comment qu’ils avaient déménagé en vitesse, les malheureux! Le départ définitif! Ils ont jamais plus voulu en entendre causer, de ce milieu atroce. C’était du terrain impossible, ravagé pour toujours, et je me demande même s’ils oseront se hasarder dans ma carcasse, les astèques, lorsque je serai bouclé dans mon lardeuss amidonné. J’en doute. On doit avoir une littérature parlée ou rampée, chez les asticots, pour se raconter les endroits radioactifs.

* * *

Il paraissait tellement au bout du rouleau que les croque-morts devaient le jouer à la belote.

* * *

Humus, fin de section!

* * *

Comme je l’ai lu un jour sur la tombe de M. Moïse Cohen: «Après mon décès, la vente continue rue d’Aboukir.»

* * *

— C’est vrai qu’on agrandit le cimetière?

— Que veux-tu: la vie continue.

* * *

Verdun, ça n’impressionne plus personne.

* * *

Pour tout te dire, je le croyais mort, cézigue. J’aurais parié que même les asticots consécutifs à son trépas étaient décédés.

* * *

La mère, c’est ce qui rend la mort et la vie tolérables.

* * *

Hors de son auto, il est foutu, l’homme moderne. C’est un cul-de-jatte en péril. Il se tue généralement au volant de sa bagnole, mais c’est seulement quand il est à pied qu’il a conscience d’être mortel!

* * *

Une bouche à demi ouverte: comme celles des morts qui ont vainement tenté de récupérer leur dernier soupir.

* * *

Ils se sont fringués en noir, à tout hasard. Ces gens-là ont toujours le deuil à portée de la main.

* * *

La guerre de Cent Ans aurait duré beaucoup moins longtemps si les bidasses de l’époque avaient possédé des mitrailleuses.

* * *

Elle dit, avec des trémolos dans la glotte que, s’il arrivait quelque chose à l’un des deux, elle se demande ce qu’elle deviendrait!

* * *

Un opéra, ça finit toujours par un mec qui brame pendant une plombe qu’il est clamsé.

* * *

Un héros, qu’est-ce que c’est, sinon un monsieur qui ne croit pas à sa mort?

* * *

Et elle meurt, mes amis! Comme dans du Shakespeare! Comme dans du Corneille! Comme dans la vie!

* * *

Il est de la race des guerriers de Verdun. De ceux qui escaladaient les tranchées, face à la mitraille, pour aller regarder la mort dans le blanc des yeux. À l’époque, quand on vous disait: «Donne ta vie», on ne répondait pas «Tiens, fume!» mais «Tiens, prends!».

* * *

Tu vois: de Gaulle…

Il aura passé sa vie à être immortel.

Et puis il est mort.

* * *

Mes derniers mots? Mort Bach!

* * *

On aime colporter les malheurs. Dès que tu apprends une mort, tu sautes sur ton bigophe pour l’annoncer à tes connaissances. Charognards, nous sommes. Dépeceurs. Oiseaux de mauvais augure. Taxidermistes!

* * *

L’anthropophagie, c’est le point culminant de la haine. Quand on déteste trop quelqu’un, au point qu’aucun supplice terrestre n’est plus apte à étancher cette haine, le manger doit constituer l’ultime recours.

* * *

— Oh! mon Dieu, vous n’êtes pas mort! s’écrie-t-elle.

— Je ne pense pas, dis-je, ou alors, si je fais semblant de vivre, reconnaissez que c’est bien imité?

* * *

Beaucoup de gens sont plus utiles à leur pays morts que vivants.

* * *

Il pense à son salut, pas forcément à l’éternel, mais à l’autre, à l’immédiat, le plus urgent en somme!

* * *

Un vrai Lyonnais commence toujours la lecture de son journal par la rubrique nécrologique.

* * *

Les amis vantent les mérites du mort, de la maison à l’église; de l’église au cimetière, ils parlent de ses défauts, et du cimetière au bistrot, de ses vices inavouables.

* * *

— On lui a tranché la carotide avec son rasoir à manche.

— S’il s’était rasé à l’électricité, ça ne lui serait pas arrivé.

* * *

Ils discutent avec des voix de naufragés jouant à pile ou face lequel bouffera l’autre.

* * *

Il y a beaucoup de gens dont la mort me surprend parce que je les croyais décédés depuis longtemps.

* * *

Il vaut mieux être sans femme que sans vie.

* * *

Si l’espoir n’existait pas, on se croiserait les bras et on attendrait la mort.

* * *

Elle s’imagine déjà veuve, non sans une certaine complaisance.

* * *

Visez-les, accroupis sur leurs belles bedaines, couvant leur mort tendrement.

* * *

Se dévêtir jusqu’au squelette, n’est-ce pas du grand art?

* * *

Je suis inexistant à force de faiblesse.

* * *

Accroché au bastingage, il s’apprête à rendre son âme à Dieu, seulement auparavant, il restitue des tas d’autres trucs moins nobles et plus consistants.

* * *

Tous les morts, quand ils ne se trouvent pas dans leur lit, sont des duc de Guise encombrants.

* * *

Il est mort d’une morsure de serpent-minute. En une heure! Ce qui prouve que le serpent-minute, tout comme la cocotte du même nom, ne mérite pas son appellation.

* * *

Même à un mort, l’uniforme donne une contenance.

* * *

Le temps passe, l’homme trépasse, comme répétait ma grand-mère. À force de passer et trépasser, on finira par en mourir!

* * *

Ils sont variés, les cercueils. T’as du frêle sapin qui doit se déglinguer facile dans l’humidité des tombes, du chêne déjà plus costaud, du noyer, de l’acajou renforcé. Des bières carrément ouvragées, manière de faire chier les voisins à la levée du corps.

* * *

Tu ne peux pas à la fois mourir et avoir tes aises, ce serait trop beau.

* * *

On souscrit une assurance-vie parce qu’elle ne s’appelle pas assurance-mort.

* * *

On n’a pas intérêt à être vieux.

* * *

Nous autres, notre finalité, c’est l’asticot. On se déconstitue patiemment dans nos tombes. On opère le dur strip-tease: la peau, la viande, et vous les os devenez cendre et poudre! Brûlé, c’est sans doute plus hygiénique, mais impertinent. T’as pas le respect de tes parents qui t’ont conçu, mijoté, fabriqué presque comme on tisse une tapisserie. T’anéantis d’un coup de monstre chalumeau ce cadeau infini!

* * *

Il a beaucoup bu pour oublier. Et il a oublié! Ainsi, deux bouteilles de picrate peuvent avoir raison du chagrin! Souviens-toi bien de ça, l’artiste, tu en auras besoin un jour.

* * *

Ce qui console de la mort des amis, c’est qu’ils laissent des veuves.

* * *

Comme disait Jeanne d’Arc en grimpant au bûcher: «L’essentiel, c’est d’être cru.»

* * *

Ils nous font entrer dans leur salon de retraités, là qu’ils se préparent doucettement à mourir en regardant la téloche et en comptant des gouttes de digitaline Nativelle.

* * *

La terre du Père-Lachaise, ça n’est plus que de la poudre d’os sous du marbre!

* * *

On a souvent vu des vivants faire semblant d’être morts. Mais jamais des morts faire semblant d’être vivants.

— C’est bien la fatalité qu’il se soit noyé, murmure-t-il, j’aurais tant voulu le buter!

* * *

Henri II se prend de la ferraille dans le cigare.

Henri III en déguste dans le baquet.

Henri IV dans l’horloge.

Sans causer de l’Henri de Guise qui a eu droit lui aussi à son infusion d’acier trempé!

* * *

Il ne faisait pas bon porter ce prénom dans la famille royale.

* * *

Si tous les cornards tuaient leurs rombières, la France serait moins peuplée que l’Albanie.

* * *

Devant le cadavre de leur chef, ils paraissent quelque peu intimidés, comme s’ils le surprenaient en train de déféquer ou de se taper un rassis.

* * *

Y a plein de gens qui disent «à demain» et qui ne voient pas le jour se lever.

* * *

La fuite est une fatigue. Le renoncement, un flirt avec la mort.

* * *

Nos odeurs vieillissent avec nous, un peu plus vite que nous, même.

* * *

La favorite du sultan périt d’une angine soignée d’un coup de sabre.

* * *

Vieillard qui dort est près de la mort.

* * *

Un sourire moribondesque me découvrit son dentier.

* * *

Buter quelqu’un pour trois francs ou pour trois milliards, c’est du kif!

* * *

Fixez un instant n’importe quel individu et vous verrez se dégager son cadavre de lui, comme on aperçoit le fond d’un ruisseau lorsque le soleil tombe d’aplomb dessus.

* * *

La vieille devait être beaucoup plus grande quand elle était petite.

* * *

Elle ne s’est mariée que pour devenir veuve un jour. C’est une espèce de vocation chez certaines: elles sont usufruiteuses dans l’âme.

* * *

Le gastronome se meurt.

Qu’il parte en pets.

* * *

Un S. D. F. roupille sous un porche voisin. Lit de carton, couvrante de guenilles. Deux boîtes de conserve en guise de cuisine. Une poussette déglinguée, trouvée aux ordures, lui tient lieu de camping-car. Un kil de rouge pour le bonheur. Où chie-t-il? Où baise-t-il? Que dis-tu? Tu t’en fous? Eh ben t’as raison: moi aussi. Enfin presque. S’il fallait m’occuper de tous ceux qui crèvent, j’aurais plus le temps d’aller acheter mon caviar!

* * *

Pour les funérailles du nain Little Think, on a observé trente secondes de silence.

* * *

Un mort et un cocu ont en commun l’ignorance de leur état.

* * *

— Dis, comment ils s’y prennent pour hiberner, les animaux tels que l’ours, le serpent ou la marmotte? Moi, je ne pourrais pas. J’accepte de cesser, pas de m’interrompre.

* * *

Toutes les têtes sont en os, la viande n’est qu’un fard léger.

* * *

Dans le fond, le veuvage ça repose.

* * *

L’odeur, c’est la vie. Ne puer qu’une fois mort est un manque de personnalité.

* * *

— Ça ne va plus? murmurai-je avec cette gaucherie qu’on a avec les cocus et les moribonds.

* * *

Vous ne pouvez savoir à quel point un zig en train de mourir est hostile à toute forme de conversation. Il devient d’un égoïsme qui frise l’impolitesse.

* * *

Les grands désespoirs, je vais te dire: tu te suicides, ou bien tu bouffes! La tortore a réconforté davantage d’amants trahis que la ciguë n’en a tués. Meurs ou mange! Là est l’unique question!

* * *

L’homme meurt de trop d’assurance.

* * *

Il fut un temps où j’ignorais que les gens âgés sont vieux d’avoir vieilli; je les croyais vieux de naissance.

* * *

Le malheur rapproche les individus plus fortement que le bonheur qui, lui, s’oublie au détour du bidet.

* * *

Il se mit à claquer des dents tel un squelette sortant l’hiver sans son cercueil.

* * *

Puisque notre destin commun est de finir dans un trou, fasse le ciel qu’il ait du poil autour!

* * *

Roland: il a soufflé si fort dans sa trompe que les veines de son cou se sont rompues et qu’il est mort! C’était peut-être un bon sabreur, mais pas un bon trompettiste.

* * *

Il est des gens dont on dit que «l’âge leur va bien». C’est l’usure qui les répare, en somme.

* * *

Il existe dans toute femme mariée une veuve qui sommeille.

* * *

Exalter la mémoire d’un disparu stimule la sienne.

* * *

L’homme a peur de la mort parce qu’elle ne lui est pas familière.

* * *

Il vaut mieux être honteux de vivre que fier de mourir.

* * *

Moi, vieillir, j’envisage pas trop. Au-delà d’une certaine limite, je sais que je ne pourrais plus me tolérer.

* * *

Étant de nature suicidaire, je m’exécute.

* * *

Tu meurs cent fois à trop durer!

* * *

Le veuvage va bien lui aller. Pour peu qu’elle mette des bas noirs, je suis partant pour régler la succession de son mari!

* * *

La mort est un cauchemar qui bascule dans la réalité. Au lieu de te réveiller, au plus fort de l’angoisse, tu t’anéantis.

* * *

Seul le suicidaire est capable du dédain suprême.

* * *

Rien n’est plus déprimant que les yeux d’un mort. C’est l’au-delà qui vous examine.

* * *

Le suicide est le recours des aventuriers qui n’aventurent plus; leur dernière expédition.

* * *

Je m’exécute, comme disait le bourreau qui en avait marre d’être au chômage.

* * *

Il y a toujours un moment où l’homme le plus dynamique éprouve confusément le besoin d’en finir: c’est quand il a sommeil.

* * *

Combien sont morts d’avoir voulu impressionner leur entourage! Ils faisaient un peu de cinoche et l’ont eu dans le cul. Amen!

* * *

Les vieux ne se suicident pas, c’est plus de leur âge!

* * *

Seuls les cons peuvent exister sincèrement, les autres font semblant ou bien se butent.

* * *

L’euthanasie, ça aide à vivre.

* * *

Y en a, en ce moment, qui me lisent et qui se savent condamnés. Ceux-là, je leur crie «Tenez bon, les gars!» Les instants qui vous restent à vivre, et qui, vus par les verticaux, paraissent aussi ragoûtants qu’un conduit à merde obstrué, ces instants-là, mes braves bougres, vont sans doute être les plus baths de votre vie.

* * *

Mourir des suites d’une longue maladie!

* * *

Comme si on mourait des suites d’une maladie et non pas de son terme!

* * *

Les personnes âgées demandent du rabe de vie! Elles veulent pas clamser, pas «comme ça», pas si jeunes. Elles ont besoin de se préparer! Guérir leurs maladies avant de mourir.

* * *

Notre handicap, nous autres, ce sont ces milliers de tuyaux dont nous sommes tributaires; le moindre d’entre eux se bouche et tu crèves, gros malin qui attends la Légion d’honneur!

* * *

Ah! Ne plus être à force de bien être!

* * *

T’es happé par le «milieu hospitalier». Te sens partir en couille. Ton passé n’était qu’un préambule. Ta vraie vie, c’est cette période liquidatoire. L’embarquement pour cimetière. Tu te gaffes que tu sortiras de là les pinceaux en flèche, les paupières baissées, la braguette parfaitement boutonnée. Si t’as eu un petit lâcher de vessie pendant qu’on te saboulait, tant pis; comme ça, t’auras les burnes au frais en attendant que le petit Jésus te reçoive!

* * *

Le toubib eut une grimace qui en disait long sur l’état du malade. Moi, le jour où un médecin fera ça au-dessus de ma carcasse, je pigerai que le moment de me laver les pinceaux pour comparaître devant mon Créateur est arrivé.

* * *

Quatre plombes du mat’, c’est l’heure des angoisses pour qui ne dort pas. L’heure où l’on meurt dans les hôpitaux et où les fêtards commencent à réaliser l’étendue de leur gueule de bois.

* * *

Survivre est provisoire, je sais bien, mais je crois que notre mission est de nous prolonger au maxi. L’euthanasie! Tiens, fume! Je suis pour l’opération sans espoir, pour la piquouze qui fait durer l’agonisant.

* * *

Ma santé ne décline pas: elle s’incline.

* * *

La Mort marche devant moi, à reculons comme un cameraman devant des comédiens.

* * *

Foutez mes viscères dans un canope et mes testicules dans du formol, embaumez le reste de mes restes et vous occupez pas de mon âme. Surtout pas. Never! J’en fais mon affaire! L’expulserai avec mon dernier soupir ou mon ultime pet. L’ira vadrouiller dans les zéphirs, ma belle âme. Elle butinera le vent du large et caressera les pollens. La prenez pas en charge, surtout. Faut qu’elle circule à sa guise, avec ou sans moi. On ne peut rien pour elle, elle a l’habitude d’être orpheline!

* * *

Je me sens happé par un formidable mystère que la mort, je le devine, n’élucidera pas.

* * *

Je ne fais que passer sur cette planète! J’arrive du néant, et j’y retourne. Je refuse de laisser des scories.

* * *

L’amour et la mort marchent, la main dans la main, le long de mon destin.

* * *

Quand j’arriverai au grand vestiaire, ne me restera plus grand-chose en mémoire: quelques regards d’hommes, quelques sourires d’enfants, quelques culs de femmes. L’essentiel, en somme.

* * *

Un jour je deviendrai maigre et poli, parce que mort et silencieux.

* * *

Mes écrits ne sont que le squelette bossu de mes pensées.

* * *

Je crèverai sur le monceau de fœtus de mes belles intentions.

* * *

J’ai bien davantage peur de la vie que de la mort.

* * *

Elle et moi, c’est pour toujours, c’est-à-dire jusqu’à la mort de l’un de nous.

* * *

Ceux qui ne me lisent pas sur ordonnance, je leur fais la bise. Je leur promets qu’on ne se quittera plus. On vieillira ensemble, on s’étiolera de conserve, on craquellera en chœur. On fera de l’humus en couronne! On deviendra engrais azoté la main dans la main.

* * *

Je n’ai plus le temps de ne pas dire ce que je pense!

* * *

Si j’ai assez d’énergie, au moment de clamser, j’adopterai la position fœtale: la plus confortable qui soit accordée à l’homme. Partir comme on est venu, ce serait élégant, non? Même si t’as fait pipi dans ton linceul en embarquant.

* * *

J’aime les noix, étant natif de leur pays, mais pas les planches fournies par leur arbre. Son bois a tout de suite un aspect petit-bourgeois. Même en cercueil, je déteste. Je suis chêne, moi. Voire arole, avec tous ses nœuds! Je dédaignerais pas un pardingue taillé dans ce pin à chair rose. Et puis le nœud est mon emblème, non?

* * *

Le jour meurt; moi aussi peut-être? Seulement lui sera de retour demain car il est branché sur l’éternité.

* * *

Un jour, ils viendront en pèlerinage sur ma tombe, par cars entiers, on leur fera des forfaits. Visite du mausolée de Santantonio! Ils auront droit de toucher ma pierre, je leur guérirai les écrouelles, la chiasse verte, le psoriasis. Je ferai sous-Lourdes, en somme. Je sais que le Bon Dieu est d’accord, me l’a fait savoir cette nuit.

* * *

Tu fus un homme, San-Antonio, que cette notion t’aide à finir. Puisque l’avenir se dérobe, plonge ta tête dans ton passé, comme l’autruche dans ses plumes.

* * *

Mon passé est plein de gens que j’ai aimés à en mourir et qui sont morts sans que j’en meure.

* * *

Rien n’est indiscret à qui va mourir.

* * *

Je ne suis, pareil à tous mes frères humains, qu’une anomalie cosmique; rien qu’un truc en vie lancé dans l’infini, venu de rien et qui y retourne.

* * *

J’aimerais prendre congé de l’étoile polaire que mémé m’a fait découvrir autrefois, par une nuit d’été suave où les grillons et les rainettes s’en donnaient à cœur joie.

* * *

Moi, la littérature, je la licebroque. Le jour que ça ne me dégoulinera plus, je serai soit dans mon lardeuss de sapin (j’ai des goûts simples), soit dans une petite charrette, donc inapte ou inepte à tout jamais. Détritus à balancer aux orties après usage. Kif les rasoirs Gillette. Sauf que moi, j’aurai rasé le monde de moins près!

* * *

Je sais que je mourrai des suites d’une longue convalescence.

* * *

Si j’avais su qu’il était si facile de mourir, je ne serais pas né.

* * *

Mon passé me vieillit.

* * *

Je ne laisserai pour héritage que mes dépenses.

* * *

Je me sentais délivré de moi-même, un peu comme si une mort bienveillante s’avançait vers moi d’une allure glissante.

* * *

La seule chose qui m’ennuie dans la mort, c’est d’être absent.

* * *

Et quand je me sentirai mourir, je te dirai que tu me manques déjà.

* * *

Tu veux que je te fasse une confession? Je ne lis plus les journaux, n’écoute pas la radio, ne regarde point la téloche! Seule la terre m’importe. Avant d’aller y jouer la taupe hibernante, j’en admire le dessus féerique: l’eau et les plantes, une belle chatte et la prière! Pour le reste, s’adresser au concierge!

* * *

Je suis un vieux fœtus blasé. Ma vie m’aura servi de leçon. Je ne recommencerai jamais plus.

* * *

Personnellement, j’aspire à une mort consciente, voire acceptée. Déposer mon bilan en pleine dorme me donnerait le sentiment d’être floué.

* * *

Je crois qu’on n’avait plus rien à se dire. Tout ce qui me restait, que j’avais pas pu, je suis allé le lui pleurer contre le mur de l’église où l’on avait porté son pauvre petit corps la veille de l’enterrement. Je l’ai dit pendant la nuit aux pierres grises qui s’en souviennent encore peut-être…

* * *

Papa, lui, quand il s’est fait niquer par la grande faucheuse, il a juste eu une petite exclamation entendue, le côté: «Voilà, j’arrive!»

* * *

Et puis il a eu l’air de se foutre de tout et on a compris qu’il venait de cesser.

* * *

Quand on a son blase sur une plaque de rue, on l’a aussi sur une pierre tombale et ça fait moins gai.

* * *

La mort, c’est simple et il faut pas faire de cinoche autour. Quand ma mère est morte, je ne me suis pas mis en deuil. C’est au cœur que j’avais un crêpe. Les fringues sont trop hypocrites!

* * *

Dans les pires instants, suffit d’une pin-up pour que je m’envole. Je me rappelle des enterrements familiaux qui m’éprouvaient beaucoup. Derrière le corbillard, en réprimant des larmes, j’apercevais tout à coup une souris pas mal balancée à qui le noir allait bien. Illico, je me laissais couler en queue de peloton avec la nana pour l’entreprendre. La vie qui continuait, quoi! Pleine de sève, de fichtre et de foutre.

* * *

Tu verras comme jadis vient vite!

* * *

Quoi de plus merveilleux qu’un arbre? Il nous donne des fruits pour nous rafraîchir, de l’ombre pour faire la sieste, des lits pour faire l’amour et des cercueils pour faire le mort.

* * *

Quelquefois on visitait le cimetière des chiens, dans l’île. Sur les petites tombes y avait des inscriptions qui nous fendaient l’âme: À Médor, mon compagnon. Ici repose Loulette Durand, morte en couches. Souvent les maîtres avaient fait sceller la photo de l’animal dans la pierre. La Loulette Durand, par exemple, c’était un petit fox blanc et noir avec un museau pointu et des oreilles de lapin.

* * *

La vie: le seul legs qu’on fasse toujours avant de mourir.

* * *

Brassens a posé une des plus belles questions de la littérature: «Est-il encore debout le chêne, ou le sapin de mon cercueil?» C’est l’image choc, qui remet l’homme sur les rails de la réalité d’où son orgueil le fait sortir.

* * *

Le tralala d’après clamsage: la plume dans l’suaire!

* * *

On est peu de chose. L’on ne fait que passer, pisser et trépasser.

* * *

Trop de gens meurent à l’improviste. Ils sont tués au dépourvu, ce sont les cocus du dernier soupir.

* * *

Les gens? Le temps de vous aguicher l’âme, de se faire une place en vous, de vous devenir commodes, qu’on les situe indispensables et voilà qu’il faut s’en dispenser. Ils vous meurent devant ou bien s’en vont se replanter ailleurs, dans d’autres terres ou d’autres culs.

* * *

Il faut tellement peu de temps à notre esprit pour vivre une vie ou mourir une mort…

* * *

La mort, c’est la dernière question des interviewers.

* * *

Le suicide est un langage, surtout quand il est raté.

* * *

Il faudrait pouvoir mourir de temps en temps, histoire de se refaire une santé.

* * *

La vie, au fond, c’est un green de golf avec plein de trous sur le parcours. D’ailleurs c’est par un trou qu’elle finit: la grande gueule noire et vorace de la terre, qui bouffe tout.

* * *

Les gens refusent le contact. Moi qui meurs depuis que je suis au monde, je continue mes tentatives du sourire tendu comme une fleur; combien l’ont accepté à ce jour?

* * *

Il faut toujours répondre à la mort par la vie.

* * *

Pareils à des élèves, les hommes sont entassés sous un préau et regardent tomber la pluie en attendant l’heure de rentrer sous terre.

* * *

Si les hommes comprenaient la puissance du temps qui passe, ils vivraient beaucoup plus vieux. C’est le grand guérisseur d’ici-bas.

* * *

On se met à devenir vieux sitôt qu’on cesse de grandir.

* * *

Il ne faut jamais penser au pire, sinon on n’oserait plus foutre un pied devant l’autre.

* * *

Chaque jour à vivre est une victoire. Chaque jour vécu une défaite.

* * *

On ne meurt pas riche de ce qu’on a fait, on meurt pauvre de ce que l’on n’a pas fait.

* * *

Dormir, c’est mourir un peu.

* * *

Le vieux saltimbanque se mit à échafauder sa fin de vie, comme un romancier son livre.

* * *

Il faut mourir pour mesurer pleinement son degré de popularité, mais la mort est fatale aux gens célèbres.

* * *

Elle sursaute, «frappée d’une évidence», comme l’écrivait un Immortel décédé l’année dernière.

* * *

Vieillir n’est pas un délit; seulement une grave négligence.

* * *

Ce qu’il y a de plus lugubre en ce monde, c’est de voir deux vieilles dames danser ensemble à la fin d’une noce.

* * *

Il disait, Audiard, le sarcastique des comptoirs, que les individus ne laissent après eux que des odeurs. Tu parles qu’il avait raison, l’homme à la gapette et au sourire écœuré.

* * *

Mourir analphabète, c’est mourir deux fois.

* * *

Les écrits s’en vont, les morts restent.

* * *

Il y a des femmes qui, avant leur mariage, sont déjà faites pour être veuves.

* * *

Mes dernières volontés, je les ai toujours gardées pour mon vivant.

* * *

Les gens que tu couches sur ton testament ne dorment que d’un œil.

* * *

La vraie vieillesse s’exprime par le regard, comme les grands sentiments.

* * *

Pour accepter sa vieillesse, il faut la regarder de loin.

* * *

La mort nous minéralise avant de nous liquéfier.

* * *

C’est fascinant, la mort. Un macchab te mobilise complètement. Tu ne peux pas regarder ailleurs, ni penser à autre chose. Il te veut tout entier, avec son grand mystère immobile.

* * *

Tu deviens réellement con devant un mec en train de clamser. Plus tu cherches à l’assister, plus les mots deviennent foireux et te font des bras d’honneur.

* * *

Les morts vieillissent mal.

* * *

Les vioques qui ont refoulé du baigneur pendant des années de veuvage, quand tu leur fais sauter le slip, t’en as pour ton artiche.

* * *

Si on faisait l’autopsie de tous les gens morts, la plupart du temps on trouverait dans leur cage thoracique, au lieu d’un cœur, un perroquet.

* * *

Je ne sais pas pourquoi les noyés m’ont toujours paru un peu plus morts que les autres morts. Sans doute parce qu’ils sont allés chercher leur trépas dans un élément qui ne nous est pas naturel.

* * *

Ce qui fait le plus peur à un gus en partance, c’est l’affolement de ceux qui l’entourent.

* * *

Des bouffées de mémoire morte… Je nous revoyais à la pêche aux écrevisses. On se mesurait la bite et chaque fois on tombait d’accord: il avait la plus longue (de peu), moi la plus grosse (de beaucoup). Et maintenant, il crève avec sa bite entre les jambes.

* * *

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un témoin lorsqu’il rend l’âme.

* * *

Veille un mort, et tu sauras ce que l’aube signifie!

* * *

Un dictateur a beau faire flinguer à tout-va ses compatriotes, se laisser statufier, peindre, dorer à la feuille, encenser, sucer, vénérer, grandiloquer, il crèvera et ne subsistera de sa gloire qu’une méchante exhalaison.

* * *

La mort des autres, tu l’acceptes d’assez bonne grâce; mais la perspective de la tienne te plonge dans des indignations éperdues.

* * *

Comme la mort des autres fait mal lorsqu’elle vous donne conscience de la vôtre!

* * *

Les héros, faut pas leur marchander l’oubli, ils le méritent trop!

* * *

Trois heures d’un ministère inabouti suffisent pour qu’on t’appelle «m’sieur le ministre» jusqu’au Père-Lachaise.

* * *

Il n’y a rien de plus débectant que la vengeance. On en rêve, mais quand il vous arrive de l’assouvir, ensuite on se sent con et désemparé comme après un enterrement.

* * *

Les hommes se croient protégés chaque fois que d’autres hommes meurent à leur place.

* * *

Célébrer la mémoire d’un être cher, c’est en somme stimuler la sienne propre.

* * *

L’intelligence, c’est la permanence de la notion de fin dans l’esprit d’un homme.

* * *

C’est une tradition chez les vivants que de rendre les disparus éternels. Une commodité de nature.

* * *

Tu les considères immortels, n’empêche qu’ils décanillent tous en douce. Un jour l’un, un jour l’autre, sur la pointe des pieds, sans dire au revoir, pas jeter un froid. On les funèbre, les enterre ou incinère, les oublie. Qu’au bout d’un rien de temps, on se rappelle seulement plus qu’ils ont existé.

* * *

Quand on est mort, on est tellement mort qu’on ne peut plus vous imaginer vivant.

* * *

Il fait comme le défunt: il s’éternise.

* * *

Tu vois des gens: tu les salues. Tu les revois: ils sont vieux. Tu ne les revois plus: ils sont morts!

* * *

L’homme ne se sépare jamais de son futur.

* * *

Sauf pour mourir.

* * *

Et alors, il meurt…

* * *

Le réveillon? Un petit morceau de veillée funèbre.

* * *

Tous les moments sont bons pour disparaître. Y a pas d’instants propices aux derniers instants. Embarquez!

* * *

Jusqu’alors, il n’y avait que des champs de morts. Bientôt, il y aura des champs de vivants, tout pareils. Au lieu d’être des cimetières de morts, ce seront des cimetières de vivants.

* * *

On bouchonne de partout! T’as vu ces files d’attente? Même devant les crématoires, ça engorge. Partout, je te dis: les écoles, les hôpitaux, les pissotières. Chicanes, tickets d’appel! Tous à la queue, comme Leuleu!

* * *

Ce n’est pas de l’argent qu’il faut léguer à ses enfants, mais des ondes protectrices!

* * *

Le bonheur de t’avoir est toujours corrompu par la perspective de te perdre.

* * *

J’ai rien demandé, je partirai donc sans dire merci!

* * *

Tout compte fait, on ne laisse après soi que des regrets et des enfants.

* * *

Quand tu ne seras plus de ce monde, le monde lui non plus ne sera plus de ce monde.

* * *

Dis, tu penses aux démunis? Aux grands vieillards sous la lune, perdus dans les froidures de l’âge, et dont le panais pend, pend, pend sempiternellement, pend à ne plus en pouvoir, à ne plus jamais contempler le soleil au fond des cieux, pend comme le balancier d’une pendule arrêtée, pend, pend, pend, sans esprit de retour, sans la perspective d’une turlute professionnelle, sans l’espoir d’une réanimation momentanée, un jour, un seul, juste pour dire, juste pour voir, juste pour se souvenir! Ah! infortunés vieillards non fortunés, qu’on ne mâchouillera plus et dont aucun doigt expert ne titillera le gland ni les bourses pour un ultime adieu à l’espèce! Ah! chers vieux génaires démunis qui n’ont plus de rigide que l’impuissance, comme je pense à vous! Quelle joie j’aurais à vous payer une pute. Ce serait ma tournée! Mon aide et assistance à personne âgée en danger d’inertie! Comme je voudrais lever une armée de filles courageuses, valeureuses, pour vous gloutonner les roustons, vous pomper, vous carrer, si besoin était, le doigt dans le fion afin de rétablir des déclics salvateurs. Ah! souffler dans vos braguettes rances pour les faire gonfler! Changer en os vos peaux mortes! Vous redonner l’éclat du beau zob joufflu, rubicond, dodelineur et raide, raide, raide à en casser les noix de coco! Ne renoncez pas, vieillards sans ressources. Ne faites pas de votre slip dépenaillé un mausolée. Il ne faut pas «qu’ici repose». Oh! que non? Jamais! Ici remue, ici s’agite, ici frétille Mister Dupaf. The king! Le membre à tout jamais régnant de vos attributs. Amen.

* * *

Je vais te dire: surtout ne jamais craindre sa propre mort. En ce qui me concerne, je la considère comme une vieille copine un peu chiante mais pas mauvaise dans le fond.

La mort nous est offerte au même titre que la vie. C’est l’une des deux portes incontournables que nous avons à franchir.

Il n’existe que deux façons de la conjurer: soit en en parlant, soit en mourant.

Je préfère pour l’instant la première solution. Alors familiarisons-nous avec elle et rions de notre trépas. Il s’opérera si bien que nous n’en reviendrons pas!

San-Antonio