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Les paroles de 172 chansons

Joe Dassin


Joe Dassin

Les paroles de 172 chansons

A chacun sa chanson

A chacun sa chanson
Son refrain, sa raison
A seize ans pour aimer
A cent ans pour rêver
Il faut chanter
Là-là-là…

Ton refrain sans façon
C'est le tien, c'est le bon
Ta guitare joue la Tosca
Ta baignoire c'est l'opéra
Il faut chanter
Là-là-là…

A chacun sa chanson
A chacun sa façon
En solo, en chorale
Juste ou faux, bien ou mal
Il faut chanter
Là-là-là…

A la santé d'hier

J'ai connu tant de villes
Qui n'étaient jamais les miennes
J'ai connu tant de filles
Qui ne me connaissaient pas
Et ma maison, et mes amis
Vous êtes loin, loin, loin
J'ai envie de vous revoir
Et je reviens

Buvons un verre à la santé d'hier
A la santé du temps, du bon temps
Quand il ne manquait pas un
De tous nos vieux copains
Buvons un verre à la santé d'hier
Et oublions demain…

Je sais bien que tout change
Et que les photos vieillissent
Que ma mère sera blanche
Que ma maison sera grise
Et que le temps de mes dix ans
Est déjà loin, loin, loin
J'ai envie de le revoir
Et je reviens

Buvons un verre à la santé d'hier
A la santé du temps, du bon temps
Quand il ne manquait pas un
De tous nos vieux copains
Buvons un verre à la santé d'hier
Et oublions demain…

Si le temps fait des siennes
Si le monde nous sépare
Que toujours nous revienne
Le visage du passé
De ceux qu'on aime, et peu importe
Si c'est loin, loin, loin,
Quand on peut encore se dire
"Je me souviens."

Buvons un verre à la santé d'hier
A la santé du temps, du bon temps
Quand il ne manquait pas un
De tous nos vieux copains
Buvons un verre à la santé d'hier
Et oublions demain…

A mon fils

Maintenant que tu es là si fragile
Je ne me suis jamais senti aussi petit
Tu sais, je ne suis pas tranquille
J'ai très peur que tu tombes de mes bras
Tu me ressembles un peu, tu seras trop nerveux
Pas toujours très sérieux, mais je pense
Qu'on sera heureux tous les deux

On a le même sang dans nos veines
Pourtant on se regarde, étonnés
Tu ne sais pas encore que tu m'aimes
Et que pour que tu viennes j'ai aimé
Tu me ressembles un peu, tu seras généreux
Prêt à n'importe quoi et je pense
Qu'on sera heureux tous les trois

Tu sais, je ne vais pas te voir grandir
Et c'est pas moi qui vais t'apprendre
A lire ou à taper dans un ballon
Tu diras "papa" parfois comme ça
Tu seras grand quand je sortirai d'ici
Laissez-le-moi un peu, juste une minute
Prenez-le doucement, voilà tout doucement

A toi

Paroles et Musique: Joe Dassin, J. Baudlot, Pierre Delanoé, Claude Lemesle 1976

A toi
A la façon que tu as d'être belle
A la façon que tu as d'être à moi
A tes mots tendres un peu artificiels
Quelquefois
A toi
A la petite fille que tu étais
A celle que tu es encore souvent
A ton passé, à tes secrets
A tes anciens princes charmants

A la vie, à l'amour
A nos nuits, à nos jours
A l'éternel retour de la chance
A l'enfant qui viendra
Qui nous ressemblera
Qui sera à la fois toi et moi

A moi
A la folie dont tu es la raison
A mes colères sans savoir pourquoi
A mes silences et à mes trahisons
Quelquefois
A moi
Au temps que j'ai passé à te chercher
Aux qualités dont tu te moques bien
Aux défauts que je t'ai cachés
A mes idées de baladin

A la vie, à l'amour
A nos nuits, à nos jours
A l'éternel retour de la chance
A l'enfant qui viendra
Qui nous ressemblera
Qui sera à la fois toi et moi

A nous
Aux souvenirs que nous allons nous faire
A l'avenir et au présent surtout
A la santé de cette vieille Terre
Qui s'en fout
A nous
A nos espoirs et à nos illusions
A notre prochain premier rendez-vous
A la santé de ces millions d'amoureux
Qui sont comme nous

A la vie, à l'amour
A nos nuits, à nos jours
A l'éternel retour de la chance
A l'enfant qui viendra
Qui nous ressemblera
Qui sera à la fois toi et moi

A toi
A la façon que tu as d'être belle
A la façon que tu as d'être à moi
A tes mots tendres un peu artificiels
Quelquefois
A toi
A la petite fille que tu étais
A celle que tu es encore souvent
A ton passé, à tes secrets
A tes anciens princes charmants

Allez, roulez

C'est long, le temps quand on attend
Et allez roulez! Allez roulez!
On vous effleure à cent à l'heure
Et allez roulez! Allez roulez!

On me laisse sous la pluie à lever le pouce
Ils ne savent pas que toute ma vie
Dépend de celle qui m'appelle
De celle qui m'attend à Paris

C'est un dix tonnes, ah le brave homme
Et allez roulez! Allez roulez!
Soixante à l'heure, encore dix heures
Et allez roulez! Allez roulez!

Ils aiment bien la compagnie, les gens de la route
On finit par raconter sa vie
Ma vie c'est celle qui m'appelle
Celle qui m'attend à Paris

Roulez, laissez passer mes chevaux
Et allez roulez! Allez roulez!
Roulez, on a le vent dans le dos
Et allez roulez! Allez roulez!

Un p'tit café dans un routier
Et allez roulez! Allez roulez!
A la radio la météo
Et allez roulez! Allez roulez!

Que c'est long, toute une nuit sur une autoroute
(…) fontaine de Paris
Là-bas c'est elle qui m'appelle
A la porte d'Italie

Roulez, laissez passer mes chevaux
Et allez roulez! Allez roulez!
Roulez, on a le vent dans le dos
Et allez roulez! Allez roulez!

Roulez, laissez passer mes chevaux
Et allez roulez! Allez roulez!
Roulez, on a le vent dans le dos
Et allez roulez! Allez roulez!

Allons danser Valérie

Faut savoir jouer un peu n'importe quoi
Quand on fait les bals du samedi soir.
Un air d'accordéon pour ceux qui aiment ça
Et pour le pied un rock à la guitare.

Il y a des filles qui dansent
Et qui ne pensent qu'à faire
Le bonheur d'un musicien.
Mais toi c'est pas pareil.
Un soir à Jamaillère
Tu as changé tout mon destin

Allons danser Valérie
Faut pas penser Valérie.
L'accordéon nous rend fous
On tourne et on s'en fout.
Allons danser Valérie
Ça va valser Valérie.
Et si on reste debout
On ira jusqu'au bout.

Pour les musiciens, petite
T'en as eu du cœur
Avec ton air indépendant.
Je t'ai payé un pot
A sept heures du matin
Ça s'imposait évidemment.

Pour rentrer chez toi
Comme t'avais pas d'auto
Tu m'as mis à contribution.
Je t'ai sorti l'grand jeu
J't'ai fait mon numéro
Je t'ai fait ma déclaration.

Allons danser Valérie
Faut pas penser Valérie.
L'accordéon nous rend fous
On tourne et on s'en fout.
Allons danser Valérie
Ça va valser Valérie.
Et si on reste debout
On ira jusqu'au bout.

Moi j'ai toujours dit:
"Au revoir et merci"
A mes fiancées d'un bar.
Mais je m'tue trop les globules
Et je capitule
Et tant pis pour mon capital.
Tu claques mon fric
Tu croques mon blé
Tu n'en as jamais assez.
Tu m'as tout pris
Tu me revendras
Mais il faut bien t'aimer comme ça.

Allons danser Valérie
Faut pas penser Valérie.
L'accordéon nous rend fous
On tourne et on s'en fout.
Allons danser Valérie
Ça va valser Valérie.
Et si on reste debout
On ira jusqu'au bout

Alors qu'est-ce que c'est?

C'est un mot, c'est un jeu
C'est nouveau, c'est très vieux
On en rit, on en pleure
On en vit, on en meurt
C'est gaulois, c'est romain
C'est chinois, c'est germain
Et tout le monde ici le sait, alors
Qu'est-ce que c'est?

A l'école, la sentence
En parole, en parlant
Ephémère, éternelle
C'est l'enfer ou le ciel
En Marlène, en Margot
En verlan, en argot
Et tout le monde ici le sait, alors
Qu'est-ce que c'est?

C'est à toi, c'est à moi
Et ça nous plaît
Et tout le monde ici le sait, alors
Qu'est-ce que c'est?

C'est joli et ça porte pour moi un nom de fille
C'est la vie et ça porte pour toi un nom d'enfant
C'est plus fort que toutes les solitudes de la ville
C'est encore ce qu'on a fait de mieux depuis longtemps

C'est Juliette et Tristan
Marinette et Adam
Le serpent et la pomme
Les souris et les hommes
C'est Venise et Capri
C'est Denise et Marie
Et tout le monde ici le sait, alors
Qu'est-ce que c'est?

C'est le vent, c'est la gloire
Le roman et l'histoire
Cléopâtre et Bardot
Henri IV et Tino
C'est un mot, c'est un dieu
C'est très beau, c'est par deux
Et tout le monde ici le sait, alors
Qu'est-ce que c'est?

C'est à toi, c'est à moi
Et on s'y plaît
Et tout le monde ici le sait, alors
Qu'est-ce que c'est?

C'est joli et ça porte pour moi un nom de fille
C'est la vie et ça porte pour toi un nom d'enfant
C'est plus fort que toutes les solitudes de la ville
C'est encore ce qu'on a fait de mieux depuis longtemps

Annie de l'année dernière

Jolie Annie de l'année dernière – la la la la
A qui as-tu donné tes yeux verts
Ton petit ventre plat
Et tes petites cuisses de gazelle – la la la la
Quel est celui qui court derrière elles
Le soir au fond des boîtes

Jolie Annie de l'année dernière – la la la la
Je suis un peu comme un légionnaire
Sortant du Sahara
Pourtant j'ai des Annie à la pelle – la la la la
Anouchka, Annette, Annabelle
Des Anna pas si belles que ça

Oh Annie, Annie de l'année dernière
Qu'elle m'ennuie, l'année d'aujourd'hui

Jolie Annie de l'année dernière – la la la la
Voit-on toujours tes seins à travers
Tes p'tits T-shirts en soie
J'aimerais bien les voir se pointer – la la la la
Quelqu'un me les a empruntés
Ils s'appellent "reviens-moi"

Oh Annie, Annie de l'année dernière
Qu'elle m'ennuie, l'année d'aujourd'hui

Après la fête

Et voici un nouveau jour qui se lève
Pour notre amour
La fête continue après la fête
Et la vie reprend le cours de son rêve
Pour notre amour
Tout commence et pourtant je tremble
Pour toi, pour toi.
N'aie pas peur, n'aie pas peur
Du nouveau jour qui se lève
Sur notre amour
N'aie pas peur de la nuit
Quand elle viendra je serai là

J'ai si peur, peur que demain
Tout s'arrête pour notre amour
J'ai peur de ce qui vient après la fête
C'est voilà qui tourne loin
C'est peut-être pour notre amour
Je peux vivre si… de la peur, de ma peur
Et voici un nouveau jour qui se lève
Pour notre amour
La fête est bien finie
Mais pas la vie
Après la fête.

Au bout des rails

Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Neil Diamond 1970

Titre original: "Cracklin' Rosie"

note: Adaptation française du titre de Neil Diamond (1970).

Tous les deux, on se ressemble
On a les yeux bien trop grands
D'avoir trop vu
Et les pieds nus
D'avoir trop couru
Après les nuages
Après les colombes

Tous les deux, on se ressemble
On a besoin de bouger
De temps en temps
Contre le vent
De changer de gens
De prendre le temps
Si on veut le refaire le monde

Viens, là-bas au bout des rails
Jusqu'à ce que le train s'arrête
Viens, il faut que l'on s'en aille
Il faut le faire ce fameux voyage
Qu'on promet toujours aux enfants bien sages
Et qu'ils ne font pas
Avec moi, tu le feras

Comme les oiseaux d'octobre
Nous vous laissons notre nid dans la maison
Et nous n'emportons
Que quatre chansons
Plus on est léger pour voler
Plus loin on vole

Viens, là-bas au bout des rails
Jusqu'à ce que le train s'arrête
Viens, il faut que l'on s'en aille
Il faut le faire ce fameux voyage
Qu'on promet toujours aux enfants bien sages
Et qu'ils ne font pas
Avec moi, tu le feras

Tous les deux, comme les oiseaux d'octobre
Nous vous laissons notre nid dans la maison
Et nous n'emportons
Que quatre chansons
Plus on est léger pour voler
Plus loin on vole

Billy le Bordelais

Dès sa naissance
C'est fou quand on y pense
Avec violence
Il refusa le lait
Que sa nourrice
Une fille sans malice
Venue de Suisse
Gentiment lui donnait

Car le bon vin de Saint-Emilion
Ça vous donne un cœur de lion
A condition d'en mettre dans les biberons
C'était un bébé ni beau, ni laid
Avec des petits mollets
Mais déjà le monde l'appelait
Billy le Bordelais (qui?)
Billy le Bordelais

L'enfant terrible
Avait l'horreur morbide
De ce liquide
Que l'on appelle de l'eau
La plus mauvaise
Etant la flotte anglaise
Billy à l'aise
Nous vengea d'Waterloo

Car le bon vin de Saint-Emilion
Ça vous donne un cœur de lion
Ah qu'il était content le Napoléon
Il dit à Billy: "Toi tu me plais
Pour tout ce que tu as fait
Moi je te donne la Bourgogne "
Billy le Bordelais (qui ça?)
Billy le Bordelais

De la Castille
A la mer des Antilles
Toutes les filles
De Billy raffolaient
Des Messalines
Des reines et des tsarines
Des Ursulines
Tout le monde y passait

Car le bon vin de Saint-Emilion
Ça vous donne un cœur de lion
Pour trousser les jupons et les cotillons
Avec tous les enfants qu'il a fait
Je me demande si tu n'es
Ou si je ne suis pas un bâtard de
Billy le Bordelais (qui?)
Billy le Bordelais

Messieurs, Mesdames
Voici la fin du drame
L'adieu aux armes
Laissez vos larmes couler
Billy l'unique
Billy le magnifique
C'est historique
Est mort assassiné

Car le bon vin de Saint-Emilion
Ça vous donne un cœur de lion
Mais l'ennemi guettait le pauvre garçon
On lui a glissé dedans son verre
De l'eau à dose mortelle
Il est mort dans un dernier glouglou

Billy le Bordelais (qui?)
Billy le Bordelais (non!)
Billy le Bordelais (c'est vrai?)
Billy le Bordelais

Prince, Duc ou Marquis
Ou Monsieur de Bordeaux
Ton sang est fait de vin
Bien plus qu'il ne l'est d'eau
Aussi, je te dédie cette histoire attachante
Espérant que demain, toi aussi tu la chantes

Bip Bip

Paroles: Jean-Michel Rivat. Musique: Gwen, JD Loudermilk, Erasmo Carlos 1965

Titre original: "O Calhambeque"

A cette heure-ci c'est toujours la même chose
On n'avance plus
Les gens se bousculent
Tiens, encore un rendez-vous d'raté
Enfin, c'est pas grave
Il fait beau!
Et puis le principal c'est de ne jamais s'énerver
Du calme, du calme

Il est sept heures et demie sur la place de la Concorde
Les chauffeurs de taxi montrent les dents pour se mordre
Le bras sur la portière, je regarde les jets d'eau
Y a du soleil – bip bip
Oh, n'effrayez pas les p'tits oiseaux

J'ai rendez-vous ce soir avec la fille de mon patron
Elle fume le cigare, elle a des tout p'tits yeux tout ronds
Si je suis en retard c'est toujours ça de gagné
Y a du soleil – bip bip
Oh, vraiment je ne suis pas pressé

Mais la fille d'à côté en voiture décapotée
D'un air exaspéré me fait signe d'avancer
Mais c'est déjà trop tard encore un feu vert de passé
Elle a des yeux – bip bip
Oh, elle est prête à me fusiller

Ça fait plus d'un quart d'heure que dans la circulation
Je voudrais bien lui faire un peu de conversation
Mais c'est la pluie d'orage qui vient tout arranger
Il pleut des seaux – bip bip
Oh, la pluie lui tombe sur le nez

Elle est désemparée, qu'elle est belle sous la flotte
Je vais aller l'aider à remettre sa capote
Bientôt dans son abri la voilà qui me sourit
Je suis trempé – bip bip
Oh, j'ai l'air d'un bon gros chien mouillé

Et voilà le feu vert qui vient de se rallumer
Je passe la première et chacun de son côté
D'un signe de la main
Au revoir et à demain

Ouais, ouais ça va
Il fera soleil – bip bip

Bye bye
Bye…
Ciao ciao bambino
Arrivederci!

On reviendra hein?
Dis on s'reverra hein?
Quand ça?

Quand ça?

Blue country

Si tu veux connaitre le pays
Où les chansons ne sont jamais tout à fait gaies,
Jamais tout à fait tristes,
Mais où elles sont toujours teintées de bleu.
Bleu comme le ciel quand il est dégagé
Bleu comme la mélancolie quand elle devient une musique

Viens!

Viens avec moi, destination Blue Country
Viens avec moi, prends ma guitare, comme on prend un bateau.
Sur un solo d'harmonica, un accord de piano
Viens on s'en va, destination Blue Country

Bye bye Louis

Louis a fait le mur
Le mur de Fresnes dans la bure
De l'aumônier, il était sûr
De son bréviaire et de sa tonsure
Et il s'est dit:
"J'y suis, j'y suis, enfin j'y suis!"
C'est dans l'église qu'on l'a cueilli

Puis il s'est fait la malle
Blotti dans un sac de toile
Déguisé en linge sale
Tous ses amis entouraient déjà
La blanchisserie
"J'y suis, j'y suis" – qu'il leur a dit
Mais les poulets y étaient aussi!

Oh bye bye Louis, bye bye bye
Oh bye bye Louis
C'est la vie, c'est la vie, Louis!

Et sur le mur de sa prison
Il grave un petit bâton
Ça fait soixante-douze évasions
Une fois de plus il a failli
Voir sa femme et les petits
Qui s'impatientent à la maison
La promenade en rang par trois
Les boulets, la soupe aux pois
Louis n'a pas le goût à ça
Bye bye Louis, Louis bye bye

Dans la prison qui dort
Peuplée de rêves de coffres-forts
L'alarme sonne et chacun sort
Pour voir Louis qui s'évade encore
Et qui s'écrie:
"J'y suis, j'y suis, cette fois j'y suis!"
Puis on le ramène dans son lit

Oh bye bye Louis, bye bye bye
Oh bye bye Louis
C'est la vie, c'est la vie, Louis!

Les copains disent: "Ne t'en fais pas
Ça s'ra pour une autre fois"
Mais Louis est sombre au violon
A la pensée que ses amis
Font des casses dans le Midi
Pendant qu'à l'ombre il se morfond
A ne rien faire de ses dix doigts
Il perd la main pour ce travail
Il avait tant le goût à ça
Bye bye Louis, Louis bye bye

De l'Alcatraz à Fresnes
De Tsin-Tsin à Sainte-Hélène
Tourne encore la rengaine
Qui redit les prouesses vaines
De Louis:
"J'y suis, j'y suis"
Pauvre Louis!

C'est bon l'amour

Laisse la nuit, le vent du nord
Il fait chaud dans la chambre
Laisse la pluie tomber dehors
Que l'hiver nous attende

C'est bon l'amour qui tourne la tête
C'est bon l'amour qui saoûle

Viens, tant mieux si la nuit s'étire
Nous avons des choses à nous dire
Hmmmm, tu sais que c'est un scandale
On a pas le droit d'être si belle

Et c'est bon l'amour, oui, oui c'est bon
À croquer sur ta bouche
Et c'est chaud l'amour, oui, oui c'est chaud
Voler sur ta peau douce

C'est bon l'amour qui tourne la tête
C'est bon l'amour qui saoûle

Viens plus près de moi et qu'importe
Si demain le soleil emporte
Et de ces quelques heures loin du monde
Nous ferons la nuit la plus longue

C'est bon l'amour qui tourne la tête
C'est bon l'amour qui saoûle

C'est du mélo

Je n'y crois pas c'est pourtant mon histoire
Tu es partie, c'est un fait divers
Qui n'aura pas laissé dans les mémoires
De quoi pleurer, les soirées d'hiver
Alors va savoir, pourquoi j'en ai marre
Pourquoi j'ai mal, pourquoi j'ai envie
De m'évader vers n'importe quelle gare
Si je suis sûr que je t'y oublie

Oh, Oh!
C'est du mélo, c'est de la tragédie, de la comédie
Ce n'est jamais qu'un moment de folie, la vie!
Les rigolos, les gentils, les salauds font leur numéro
Trois petits tours et baissez le rideau, bravo!

On fait des bulles, on est du vent
Des funambules sur le fil du temps
Comme l'alcool, comme les cigarettes
Des vrais amis, ceux qui sont restés
On sera tous à la fin de la fête
Un peu de cendre, un peu de fumée
Je n'attends personne, et le téléphone sonne pour rien
Ce n'est pas ta voix
Je n'en peux plus, j'ai perdu, j'abandonne
J'en ai assez de mon cinéma

Oh, Oh!
C'est du mélo, c'est de la tragédie, de la comédie
Ce n'est jamais qu'un moment de folie, la vie!
Les rigolos, les gentils, les salauds font leur numero
Trois petits pas et baissez le rideau, bravo!

C'est fini

C'est fini pour nous deux
C'est l'instant de se dire adieu
C'est fini, ils ont gagné
Ceux qui voulaient nous séparer

C'est fini les nuits d'amour
Qui commençaient au petit jour
Et la vie faite des riens
Des merveilles du quotidien
C'est fini le grand soleil
Il va brûler d'autres visages
Il n'entre pas dans les cages

C'est fini pour très longtemps
Mais peut-être pas pour toujours
Si tu m'aimes encore après ce temps
Il fera beau sur mon retour
Je te vois devant la porte ouvrant les bras
Je cours vers toi et mon premier mot
C'est: "Je t'aime"

Attends-moi dans ta maison
Je t'attendrai dans ma prison
En pensant à chaque instant
Que tu penses à moi tout le temps
Ils sont fous ceux qui voulaient
Nous séparer, nous déchirer
Ils ont perdu puisqu'on s'aime

C'est la nuit

C'est la nuit
Que je pars en cavale
C'est la nuit
Que je perds les pédales
Que je parle
Sans trop savoir à qui
C'est la nuit

C'est la nuit
Que je refais le monde
C'est la nuit
Que je défais les blondes
Quand elles tombent
De leur lit dans mon lit
C'est la nuit

Toi et moi, on devient copains
Et on boit à tout, à nous, à rien
On y croit jusqu'au petit matin

C'est la nuit
Quand les locomotives
Sont parties
Siffler sur l'autre rive
Que j'arrive
A éclater ma vie
C'est la nuit

Un matin on reprend son nom
Et chacun retourne à la maison
En baillant la fin de la chanson

C'est la nuit
Que je pars en cavale
C'est la nuit
Que je perds les pédales
Que je parle
Sans trop savoir a qui
C'est la nuit

C'est la vie, Lily

C'est la vie, Lily
Quand tu vas dans les rues de la ville
Tout le monde t'admire et tes sourires
Et ta jeunesse font rêver les soldats

C'est la vie, Lily
Quand tu vas dans les rues de la ville
Que tu es belle, pas très fidèle
Trop souvent tu flirtes avec les soldats

Tourne, tourne le temps passe
Dans tes yeux devant ta glace
Mais toi, tu ne le vois pas passer

C'est la vie, ma Lily
Quand tu vas dans les rues de la ville
Vendre des roses ou autre chose
Mais tu donnes tant de nuits aux soldats

Tourne, tourne le temps passe
Dans tes yeux devant ta glace
Mais toi, tu ne le vois pas passer

C'est la vie, ma Lily
Quand tu dors dans les rues de la ville
Tu es bien vieille, tu te rappelles
Qu'autrefois tu faisait rêver les soldats

Tourne, tourne le temps passe
Dans tes yeux devant ta glace
Mais toi, tu ne le vois pas passer

C'est ma tournée

Allez viens, c'est ma tournée
Attention Paris, prends garde à toi
On va boire à ta santé
Tes caves ne s'en releveront pas

Allez viens, c'est ma tournée
Attention mesdames, nous voilà
On va boire à la santé
De celles qu'on n'aime qu'une fois

Les néons qui clignotent sur des filles sans joie
Les portiers qui racolent sous la flotte
Une Bardot de Lisbonne, qui s'effeuille d'un air las
Le vieux Paris n'est pas si gai que ça

Viens on change de taule
Je connais un endroit
Où les clients sont plus drôles
Viens on se fait la valise
Et bonsoir Clara

Allez viens, c'est ma tournée
Attention Paris, prends garde à toi
On va boire à ta santé
Tes caves ne s'en releveront pas

Allez viens, c'est ma tournée
Attention mesdames, nous voilà
On va boire à la santé
De celles qu'on n'aime qu'une fois

Le garçon nous regarde, mais dis moi qu'est-ce qu'il a
A poser toutes les chaises sur les tables?
C'est quand même incroyable, a l'heure qu'il est plus un chat,
On prend le tout dernier et on s'en va

Laisse tomber ta voisine
Tu l'ennuie, tu vois bien
Moi j'laisse tomber sa copine
Viens, j'ai sommeil, on se rentre
Oui mais demain

Mais demain c'est ma tournée
Attention Paris, prends garde à toi
On va boire à ta santé
Tes caves ne s'en releveront pas

Allez viens, c'est ma tournée
Attention mesdames, nous voilà
On va boire à la santé
De celles qu'on n'aime qu'une fois

C'est un coeur de papier

C'est un cœur de papier
Comment peut-elle aimer?
C'est un cœur de papier
Mais comment l'oublier?
Si je l'aime
Pour ma peine

Qu'elle s'habille de bleu
Ou de rose ou de rien
Je la vois, je la veux
Mais son cœur ne dit rien
Et je l'aime
Pour ma peine

A quoi sert d'aimer
Un cœur de papier
Qui ne veut jamais
Se déchirer

A ce cœur de papier
Je vais mettre le feu
Et le voir s'allumer
Voir l'amour dans ses yeux
Car je l'aime
Pour ma peine

Ça m'avance à quoi?

Chaque fois que j'y pense,
Ça m'avance à quoi?
Dis, ça m'avance à quoi?

Si, j'en rêve, oh oh whoh
Car j'en crève, oh oh whoh
De rester sans toi

Passer d'une pièce à l'autre,
Ça m'avance à quoi?
Dis, ça m'avance à quoi?

Quand en deux places, oh oh whoh
Dans l'espace, oh oh whoh
Tout est vide sans toi

Ces mégots que j'ecrase
Ça m'avance à quoi?
Ça m'avance à quoi?

Dans la brume, oh oh whoh
Qui m'enfume, oh oh whoh
J'oublie ton parfum

Et l'alcool qui me soule,
Ouais, ça change quoi?
Dis, ça m'avance à quoi?

Si tout se trouble, oh oh whoh
Si je vois double, oh oh whoh
Je ne te vois pas plus pour ça

Toute la nuit à t'attendre
Ça m'avance à quoi?
Dis, ça m'avance à quoi?

Le jour se lève, oh oh whoh
Et j'en crève, oh oh whoh
De rester sans toi

Ça va pas changer le monde

C'est drôle, tu es partie,
Et pourtant tu es encore ici,
Puisque tout me parle de toi:
Un parfum de femme, l'écho de ta voix.
Ton adieu, je n'y crois pas du tout,
C'est un au revoir, presqu'un rendez-vous…

ça va pas changer le monde,
Il a trop tourné sans nous.
Il pleuvra toujours sur Londres…
ça va rien changer du tout.
Qu'est-ce que ça peut bien lui faire,
Une porte qui s'est renfermée?
On s'est aimés, n'en parlons plus,
Et la vie continue.

ça va pas changer le monde
Que tu changes de maison.
Il va continuer, le monde,
Et il aura bien raison.
Les poussières d'une étoile,
C'est Ça qui fait briller la voie lactée…
On s'est aimés, n'en parlons plus,
Et la vie continue.

ça va pas changer le monde,
Ça va pas le déranger.
Il est comme avant, le monde,
C'est toi seule qui as changé.
Moi, je suis resté le même,
Celui qui croyait que tu l'aimais…
c'était pas vrai, n'en parlons plus,
Et la vie continue.

Carolina

Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer que tu viendrais
Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer qu'on s'aimerait

Elle est si jolie, si fragile
Qu'on a presque peur, presque peur d'y toucher
Elle est le bonheur impossible à rêver

Elle ressemble un peu à ma chance
J'ai presque peur, presque peur d'y penser
Et plus je la vois plus je pense à rêver

Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer que tu viendrais
Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer qu'on s'aimerait

Elle a le regard de l'enfance
Mais elle a aussi les pouvoirs de la fée
C'est la beauté qui commence à rêver

Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer que tu viendrais
Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer qu'on s'aimerait

Je me suis fait prendre au piège
Oh, mais j'aime ma prison
Et c'est si bon de perdre la raison

Un matin, le printemps se donne
Je sais bien, je sais bien qu'il va s'en aller
Mais j'ai tellement mieux que l'automne à rêver

Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer que tu viendrais
Carolina, je n'aurais jamais pu imaginer qu'on s'aimerait

Ce n'est rien que du vent

De l'alcool et du brouillard
J'en ai plein la tête
Et dans la lumière noire
Je me vois danser

Ce n'est rien, ce n'est que du vent
Ce n'est rien, ce n'est que le vent qui fait rêver
Je t'ai trouvée au hasard, je te serre très fort
Mais ce n'est rien que du vent, que du vent
Je me sens bien contre toi, on n'a rien dit encore
Mais ce n'est rien que du vent, que du vent

Je ne sais rien de ta vie
Mais ta peau est douce
Tu ne sais rien de celui
Qui te fait danser

Ce n'est rien, ce n'est que du vent
Ce n'est rien, ce n'est que le vent qui fait rêver
Quelques regards, un sourire, et on s'est embrassé
Mais ce n'est rien que du vent, que du vent
On va s'asseoir, on va boire, pas besoin de penser
Mais ce n'est rien que du vent, que du vent

Ce n'est rien, ce n'est que du vent
Ce n'est rien, ce n'est que le vent qui fait rêver
On va partir tous les deux pour un restant de nuit
Mais ce n'est rien que du vent, que du vent
Si ce n'est pas de l'amour, c'est quand même joli
Mais ce n'est rien que du vent, que du vent

Cécilia

Cécilia, ton lit est trop dur
Pourtant on y fait de beaux rêves
O Cécilia, ton vin est trop doux
Mais j'aime son goût sur tes lèvres

Cécilia, quand on a vingt ans
On a tout le temps d'être fidèle
O Cécilia, si tu ne l'es pas
Je ne t'en veux pas pour autant

Tu es belle et dans ton sixième
Quand on s'aime c'est le septième ciel
Et tant pis si quelques fois
Les fleurs que tu reçois sont d'un autre que moi

Cécilia, ton lit est trop dur
Pourtant on y fait de beaux rêves
O Cécilia, ton vin est trop doux
Mais j'aime son goût sur tes lèvres

Tu es belle, tu as vingt ans
Et tu m'aimes pour passer le temps
Et le temps passe et la saison
Viendra où j'aurai seul la clé de ta maison

Cécilia, ton lit est trop dur
Pourtant on y fait de beaux rêves
O Cécilia, ton vin est trop doux
Mais j'aime son goût sur tes lèvres

Celle que j'oublie

Il est temps que je te quitte
Notre amour s'en est allé
Couché près de toi je n'ai plus que sommeil

Mais tes yeux se font plus tendres
Tu ne sembles pas comprendre
Que tu n'as plus rien à faire dans ma vie

Aujourd'hui tu n'es que celle que j'oublie

C'est fini, je fais peau neuve
Quand je partirai demain
Tu seras une lumiere qui s'éteint

Toi qui étais mon Espagne
Toi mon pays de cocagne
Toi tu n'as plus rien à faire dans ma vie

Aujourd'hui tu n'es que celle que j'oublie

Chanson triste

Devant sa page blanche un musicien commence
Une valse triste, c'est pas toujours gai les artistes
Il chante pour lui-même les notes qui lui viennent
Comme un vent d'automne, c'est pas toujours gai la Pologne

Sa chanson, son chagrin l'a volée au piano
Et elle tourne sur ta stéréo
Dans la nuit quand tu as le cœur gros
Sa chanson, c'est l'adieu qu'il n'a pas su lui dire
Une musique pour se souvenir, se souvenir…

Le soleil se rallume, il a usé sa plume
Sur sa valse triste, ça dort pas souvent, les artistes
Qu'importe qui tu aimes, les adieux sont les mêmes
Et le vent d'automne va bien plus loin que la Pologne

Sa chanson, il l'a faite sans savoir comment
C'est peut-être son cœur qu'on entend
Quand un autre la chante en passant
Sa chanson, c'est l'adieu qu'il n'a pas su lui dire
Une musique pour se souvenir, se souvenir…

Devant sa page blanche un musicien commence
Une valse triste, c'est pas toujours gai les artistes
Il chante pour lui-même les notes qui lui viennent
Comme un vent d'automne, c'est pas toujours gai la Pologne

Combien de temps pour t'oublier?

Tu ne peux plus rien pour moi
Seulement t'éloigner de moi
T'écarter un peu de mon soleil
Tu as mis devant mes yeux
Tant de petites fleurs bleues
Je n'avais jamais rien vu de pareil

{Refrain:}

Mais combien faut-il de temps
Pour t'oublier, t'oublier
Combien de temps pour t'oublier

C'est bien là, tout mon malheur
Tu étais la seule fille
Que jamais je n'aurais dû croiser
Je t'avais donné mon cœur
Tu voulais déjà ma vie
Un instant j'ai cru ne plus te quitter

{Refrain}

Et si nos amours, ma belle,
M'ont un peu brûlé des ailes
Je n'en ai pas l'ombre de regret
Pense à moi, je te salue
Je n'avais jamais connu, ni tenu
Ni vu l'amour de si près

{Refrain}

Comme disait Valentine

Comme disait Valentine
Qui n'a rien inventé
A quoi sert l'aspirine
Quand on a la santé
A quoi sert d'être zouave
Sur le pont Mirabeau
A quoi sert d'être brave
Quand on a pas de peau
C'est trop c'est trop

Faut s'contenter
Du temps qu'il fait
De l'eau que l'on boit
On a pas choisi
On est c'qu'on est
Et on a c'qu'on a

Si t'es gondolier à Tombouctou
T'es pas dans le goût
T'as pas d'avenir
Si t'es fourreur au Zaïre
Tu n'as aucun espoir
Si t'es fakir à Tlama

Comme disait Valentine
Qui n'a pas peur des mots
A quoi sert la marine
Quand on fait du vélo
A quoi sert la Guadeloupe
Quand on est du Soudan
A quoi sert d'être en groupe
Quand on a mal aux dents
On perd du temps

On ne peut quand même pas
Vivre et mourir
Il faut faire un choix
C'est pour le meilleur
Ou pour l'empire
Comme disait le roi

Faut pas se moquer des Parisiens
Ils n'y sont pour rien
C'est la faute à ton père
Si t'es natif de Quimper
Mieux vaut naître à Moscou
Que de ne pas naître du tout

Comme disait Valentine
Qui n'est pas un cerveau
A quoi sert Lamartine
Sans son alter-Hugo
Comme disait Charlemagne
A son bon Saint-Éloi
A quoi servent les dames
Quand on est Henri III
C'est pas la joie

Qu'on mette les villes à la campagne
Châteaux en Espagne
Tout le monde veut du changement
Tout le monde sera content
Tout le monde veut du nouveau
Tout le monde dira "Bravo!"

Comme disait Valentine
Qui n'a rien inventé
A quoi sert l'aspirine
Quand on a la santé
A quoi sert d'être zouave
Sur le pont Mirabeau
A quoi sert d'être brave
Quand on a pas de peau
C'est trop c'est trop

Comme la lune

Un jour que je montrais ma carabine à un inconnu
Il me dit qu'elle était belle surtout avec mon nom gravé dessus
C'est alors qu'il la retourne, qu'il pointe le canon sur moi
Me dit: "Haut les mains!", puis me salue et s'en va

Et j'étais comme la lune
Pas fier de moi
Mais sans rancune
La vie, c'est comme ça
Ouais, c'est comme ça

Le lendemain dans les journaux j'apprends que je suis recherché
On disait sous ma photo que la banque avait été volée
Et que j'avais oublié ma carabine sur le comtoir
Je broyais du noir en lisant mon canard

Et j'étais comme la lune
Pas fier de moi
Mais sans rancune
La vie, c'est comme ça
Ouais, c'est comme ça

Quelques jours plus tard il est venu me voir dans ma prison
Il était avec ma femme que je croyais à la maison
Il avait l'air chagriné et il me dit avec des yeux d'ange
"On est venu te voir pour t'apporter des oranges"

Et j'étais comme la lune
Pas fier de moi
Mais sans rancune
La vie, c'est comme ça
Ouais, c'est comme ça

Heureusement dans ma prison je me suis fabriqué en quelques temps
Des souliers avec des talons derrière et des talons devant
Si bien que mes geôliers ne savaient pas de quel côté j'allais
Quand ils m'ont vu passer, ils n'ont pas pu m'attraper

Ils étaient comme la lune
Un peu bêtas
Mais sans rancune
Lavé, c'est comme ça
Ouais, c'est comme ça

Comment te dire?

Quand s'en va le dernier soleil d'automne
Il vient chauffer encore les feuilles mortes
Sur les derniers colchiques il s'abandonne
Avant que les froids de Novembre ne l'emporte
Toi, si tu veux comprendre la tendresse
Donne-toi comme lui, donne-toi

Mais comment te dire
Mais comment t'apprendre
L'amour sans amour n'est plus rien
Laisse-toi conduire
Et cherche à comprendre
Et reviens me tendre la main
{2x}

Vas regarder comment la terre aride
S'ouvre pour embrasser les grandes pluies d'été
Et quand tu l'auras vu, tu seras riche
Alors tu reviendras me chercher

Mais comment te dire
Mais comment t'apprendre
L'amour sans amour n'est plus rien
Laisse-toi conduire
Et cherche à comprendre
Et reviens me tendre la main

{3x}

Côté banjo, côté violon

Je suis né dans une ville où tout est haut
Sous les cinquante étoiles d'un drapeau
Mon enfance joue quelque part dans la nuit
Sur un palier d'escalier d'incendie

Mais c'est en France que j'ai eu mes quinze ans
Soirs de danses, baisers de débutants
La première place en anglais
Le premier amour en français

Côté banjo there's always St. Francisco Bay
Côté violon toujours Paris au mois de mai
Côté raison, je me sens quelquefois d'ailleurs
Mais d'ici côté cœur

Et j'aime côté banjo les grands serments sur un gratte-ciel
Côté violon les petits dîners aux chandelles
Côté nana je suis de partout à la fois
Mais d'ici côté toi

Certains vont à Cannes pour finir leur vie
D'autres se rangent en Californie
Mais quand viendra l'heure de me retirer
Je serais sans doute bien embêté

A moins peut-être que j'aille passer gaiement
Ma retraite sur voilier tout blanc
Et couler des jours pacifiques
Au milieu du ciel atlantique

Côté banjo there's always St. Francisco Bay
Côté violon toujours Paris au mois de mai
Côté raison, je me sens quelquefois d'ailleurs
Mais d'ici côté cœur

Et j'aime côté banjo les grands serments sur un gratte-ciel
Côté violon les petits dîners aux chandelles
Côté nana je suis de partout à la fois
Mais d'ici côté toi

Dans la brume du matin

Dans la brume du matin
Une pièce entre les doigts
Une peine dans le cœur
Pas de quoi rentrer chez moi

Sur un aéroport
Comme on voudrait s'envoler
Dans la brume du matin
Nulle part où aller

Sur la piste du départ
La première caravelle
Disparaît dans le brouillard
Je vois scintiller ses ailes

J'ai de la pluie dans les yeux
Dans la gorge un goût d'alcool
Mais déjà je la vois
Qui a pris son envol

Dans la brume du matin
Elle ne laisse qu'un sillage
Avant de partir au loin
Tout au-dessus des nuages

Où le ciel est toujours bleu
Où jamais il ne pleut
Elle volera à midi
Au-dessus de mon pays

Tout ça me fout le cafard
Il s'y clouait sur le sol
J'ai les yeux pleins de brouillard
J'sens la fumée, je sens l'alcool

Il vaudrait mieux pour moi
Retourner sur mes pas
M'en aller un peu plus loin
Dans la brume du matin

M'en aller un peu plus loin
Dans la brume du matin

Dans les yeux d'Emilie

Paroles: Pierre Delanoë, Claude Lemesle. Musique: Vivien Vallay, Yvon Ouazana 1977 "CBS"

autres interprètes: Pierre Lapointe (2006)

Dans son quartier du vieux Québec
Les rues ont l'air d'avoir l'accent
Et l'an deux mille voisine avec
Les maisons grises du vieux temps
Mais l'hiver vient d'éclater
Le Saint-Laurent est prisonnier
D'un décembre qui va bien durer six mois
Quand les jours ressemblent aux nuits
Sans éclaircie à espérer
Qui peut croire que l'été nous reviendra

Moi, j'avais le soleil
Jour et nuit dans les yeux d'Emilie
Je rechauffais ma vie à son sourire
Moi, j'avais le soleil
Nuit et jour dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

Dans son quartier du vieux Québec
Quand les toits redeviennent verts
Quand les enfants ont les pieds secs
On tourne le dos à l'hiver
C'est la fête du printemps
Le grand retour du Saint-Laurent
On dirait que les gens sortent de la terre
Mais Emilie n'est plus à moi
J'ai froid pour la première fois
Je n'ai plus ni sa chaleur, ni sa lumière

Moi, j'avais le soleil
Jour et nuit dans les yeux d'Emilie
Je rechauffais ma vie à son sourire
Moi, j'avais le soleil
Nuit et jour dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

En ce temps-là, j'avais le soleil
Jour et nuit dans les yeux d'Emilie
Je rechauffais ma vie à son sourire
Moi, j'avais le soleil
Nuit et jour dans les yeux de l'amour
Et la mélancolie au soleil d'Emilie
Devenait joie de vivre

Dédé le Kid

Il est sorti des Beaumettes, est allé voir papa
Ça y est, je suis honnête, j'ai raccroché la béretta
Un petit boulot bien pépère, c'est ça la vérité
Je suis quadragénaire, je vais me recycler

Dédé le Kid garçon boucher
Va déposer sa paie au guichet d'la BNP
Mais le caissier mains en l'air lui dit "pitié, prenez tout"
Et voilà Dédé qui recasse des cailloux

Il est sorti des Baumettes, est allé voir papa
Ça y est, je suis vedette, le show-business n'attend que moi
A la chorale de la taule, quelqu'un m'a remarqué
Tu vois, la vie est drôle, on va me faire chanter

Dédé le Kid à l'Alcazar
Voit surgir dans sa loge un polyvalent furibard
Vous n'avez rien déclaré, mais on connaît la chanson
Et Dédé le Kid se retrouve au violon

Il est sorti des Baumettes, est allé voir papa
Tu vas crier peut-être, mais surtout ne tire pas
J'ai acheté la pèlerine et le petit sifflet
J'ai trouvé la combine, je vais me faire poulet…

Dédé le Kid poulet modèle
Sur une vieille affaire mène son enquête personnelle
Mais il decouvre affligé que le coupable, c'était lui
Et Dédé fair-play se remet à l'abri

Il ne sort plus des Baumettes, il est beaucoup trop vieux
En fauteuil à roulettes, il coule enfin des jours heureux
Moralité si vous êtes truand à recycler
Ayez toujours en tête l'histoire du brave Dédé

Qui est sorti des Baumettes, est allé voir papa
Ça y est, je suis honnête, j'ai raccroché la béretta…

Dis-moi, dis-lui

Puisque demain, toi, tu vas partir
Dis-moi ce que je dois lui dire.

Dis-lui simplement que sur nos souvenirs
Je me retournerai souvent.

Si elle veut savoir où tu es?
Si elle me demande ce que tu fais?

Dis-lui que j'ai pris la route là-bas
Qui s'en va tout droit, tout droit.

L'amour, c'est comme le vent.
Si l'on ne sait pas d'où il vient,
On ne sait pas non plus tres bien
Ni ou il s'en ira, ni quand.

Et si je la vois cacher des pleurs.
Qu'elle me nie qu'elle te garde dans son cœur.

Dis-lui, que longtemps, peut-être toujours
Je penserai à nos amours.

Mais toi lorsque tu seras là-bas,
Toi et moi de ce qui adviendra.
Ecoute parfois le bruit de la pluie
Tu entendras toute ma vie,
Tu entendras toute ma vie.

Elle était… oh

Dans la cohue de la salle des pas perdus
Elle courait après son train du soir
Je l'attendais depuis déjà tant d'années
Le temps d'y croire elle m'avait échappé

Elle était oh, oh, oh, oh
Et moi j'était comme un fou
Elle était oh, oh, oh, oh
A se mettre à genoux

Des cheveux blonds
Y'en avait plein les wagons
Mais ce n'était pas ce que je cherchais
Six heures trente-six
En direction de Senlis
Et chaque tour de roue me répétait

Qu'elle était oh, oh, oh, oh
Et moi j'était comme un fou
Elle était oh, oh, oh, oh
A se mettre à genoux

Dans ce train qui se traîne
Dans les forêts d'HLM
Sous un ciel de fumée
Elle se cache (…)
Dans un coin de fenêtre
Mais comment la trouver

Elle était oh, oh, oh, oh
Et moi j'était comme un fou
Elle était oh, oh, oh, oh
A se mettre à genoux

Dans mon train qui s'envole
Je vois des gondoles
Des pigeons des palais
En gare de Venise
Elle me donne sa valise
C'est comme si j'y étais

Mais je n'y suis pas
J'ai la banlieue devant moi
Et une fille qui saute sur le quai
En gare de Sorcelles
Le temps de voir que c'est elle
Mon train repart et elle disparaît

Elle était oh, oh, oh, oh
Et moi j'était comme un fou
Elle était oh, oh, oh, oh
A se mettre à genoux
A se mettre à genoux

Entre deux adieux

Le soleil fait mal au petit jour
Quand le rêve a tourné court
On s'est endormi
En oubliant qu'on n'était pas libres
De passer la nuit
De s'éveiller dans le même lit

On s'est aimé entre deux adieux
L'éternité, c'est pas pour nous deux
Il faut bien la retrouver, la réalité
Elle s'appelle l'autre

Le taxi m'a ramené chez moi
Je vais dire n'importe quoi
Je suis fatigué
J'en ai assez de faire de la peine
Et de lui cacher
Tout ce qu'elle a déjà deviné

On s'est aimé entre deux adieux
L'éternité, c'est pas pour nous deux
Il faut bien la retrouver, la réalité
Elle s'appelle l'autre

Il y a des matins
Où je ne sais plus très bien qui j'aime
Mais le lendemain
Quand je te vois, je le sais trop bien

Il faut s'aimer entre deux adieux
L'éternité, c'est pas pour nous deux
Il faut bien la retrouver, la réalité
Elle s'appelle l'autre

Et l'amour s'en va

Une pluie d'été au tout petit matin
Et dans la ville vieille où l'on est déjà demain
Un jour va commencer et je me sens perdu
Comme un jouet cassé que tu aurais déjà trop vu
Dont tes grands yeux d'enfant ne voudraient plus

Et l'amour est là, et l'amour s'en va
Tu pars avec lui, il meurt avec moi
On a beau prier, on a beau crier
L'amour nous oublie, comment l'oublier
Ça ne sert à rien de s'user le cœur
A chercher la main qui se tend ailleurs
Te tenir bien haut, la tête hors de l'eau
Quand on est déjà si loin du bateau
Et l'amour est là, et l'amour s'en va
Comme un ouragan qu'on n'arrête pas
Comme un cheval fou qui court n'importe où
Captivant le temps, se foutant de tout
On a dépassé de vol des oiseaux
On s'est écrasé le cœur en morceaux
Dans la ronde folle des jours qui s'envolent
L'amour était là, et l'amour s'en va

Et dans la ville vieille qui en a tant vu passer
Un monde indifférent fait semblant d'exister
Mais je sais bien qu'il ment depuis que tu l'as décidé
Il s'est brisé, la vie s'est arretée

Et l'amour est là, et l'amour s'en va
Tu pars avec lui, il meurt avec moi
On a beau prier, on a beau crier
L'amour nous oublie, comment l'oublier
Ça ne sert à rien de s'user le cœur
A chercher la main qui se tend ailleurs
Te tenir bien haut, la tête hors de l'eau
Quand on est déjà si loin du bateau
Et l'amour est là, et l'amour s'en va
Comme un ouragan qu'on n'arrête pas
Comme un cheval fou qui court n'importe où
Captivant le temps, se foutant de tout
On a dépassé de vol des oiseaux
On s'est écrasé le cœur en morceaux
Dans la ronde folle des jours qui s'envolent
L'amour était là, et l'amour s'en va

Et si tu n'existais pas

Paroles: Vito Pallavicini, Fr: Pierre Delanoé amp; Claude Lemesle. Musique: Salvatore Cutugno amp; Pasquale Losito 1975

Et si tu n'existais pas,
Dis-moi pourquoi j'existerais?
Pour traîner dans un monde sans toi,
Sans espoir et sans regrets.

Et si tu n'existais pas,
J'essaierais d'inventer l'amour,
Comme un peintre qui voit sous ses doigts
Naître les couleurs du jour.
Et qui n'en revient pas.

Et si tu n'existais pas,
Dis-moi pour qui j'existerais?
Des passantes endormies dans mes bras
Que je n'aimerais jamais.

Et si tu n'existais pas,
Je ne serais qu'un point de plus
Dans ce monde qui vient et qui va,
Je me sentirais perdu,
J'aurais besoin de toi.

Et si tu n'existais pas,
Dis-moi comment j'existerais?
Je pourrais faire semblant d'être moi,
Mais je ne serais pas vrai.

Et si tu n'existais pas,
Je crois que je l'aurais trouvé,
Le secret de la vie, le pourquoi,
Simplement pour te créer
Et pour te regarder.

Excuse me lady

Tu as bien changé d'allure
Avec ton nez au ciel
Et tes yeux qui papillonnent
Ton p'tit chien qui frissonne
Tu ne me trompes pas
Va avec ton cinéma
Ta robe et tes chaussures
De la couleur de ta voiture

Excuse me lady, à d'autres mais pas à moi

Tu étais jeune et tendre
Il était bien trop riche
Vous deviez vous comprendre
Lui le loup et toi la biche
Pour un double coup de foudre
C'est vraiment très heureux
Et tu peux jeter de la poudre
Aux yeux de qui tu veux
Mais…

Excuse me lady, à d'autres mais pas à moi
Excuse me lady, à d'autres mais pas à moi

Te souviens-tu quand même
Quand on était bohèmes
C'était toujours la fête
On vivait d'amour et de café crème
Toi, tu as pris ta route
Moi, j'ai suivi la mienne
Tu m'as bien manqué sans doute
Mais depuis tout à l'heure
Je n'en ai plus de peine

Excuse me lady, a d'autres mais pas a moi

A d'autres mais pas à moi
Oh non, à d'autres mais pas à moi, pas à moi
A d'autres mais pas à moi
A quelqu'un d'autre si tu veux…

Fais la bise à ta maman

Paroles: Claude Lemesle, Richelle Dassin. Musique: Joe Dassin 1971

Tout passe, tout casse
Tu veux rentrer chez toi
Viens là, que je t'embrasse
Quittons-nous dans la joie
Le car est sur la place
Ne me le rate pas
Prends un porteur pour tes bagages
Et quand tu seras là-bas

Fais la bise à ta maman, fais la bise à ton papa
Donne-leur de mes nouvelles
Fais la bise à ton tonton, fais la bise à ta tata
Et dis-leur bien des choses pour moi

Qu'est-ce qu'il t'arrive
Est-ce que moi, j'ai pleuré
Un homme que tu quittes
Ça fait dix de retrouvés
Tu m'as perdu, fillette
Personne n'est parfait
Tu vas faire tourner bien des têtes
Jolie comme tu es

Fais la bise à ta maman, fais la bise à ton papa
Donne-leur de mes nouvelles
Fais la bise à ton tonton, fais la bise à ta tata
Et dis-leur bien des choses pour moi

Tu as joué de tous tes atouts de femme
Mais le plus quitté des deux n'est pas celui qu'on croit
Je ne peux plus rien pour tes beaux yeux, ce n'est pas un drame
Mais il reste une chose que tu peux faire pour moi

Fais la bise à ta maman, fais la bise à ton papa,
Donne-leur de mes nouvelles
Fais la bise à ton tonton, fais la bise à ta tata
Et dis-leur bien des choses pour moi

Allons, courage
Ce n'est qu'un mauvais moment
Fais bon voyage
N'écris pas trop souvent
Remets ton cœur en place
Quand il sera bien portant
Il se peut alors que je repasse
Mais en attendant

Fais la bise à ta maman, fais la bise à ton papa
Donne-leur de mes nouvelles
Fais la bise à ton tonton, fais la bise à ta tata
Et dis-leur bien des choses pour moi

Fais-moi de l'électricité

Toi tu me fais de l'électricité
Tu fais monter ma tension
Pour pas tomber dans la lubricité
Faudra que je fasse attention
Tous les soirs tu m'allumes
Le matin tu m'éteins
Mais même si tu dois tout faire sauter
Fais-moi de l'électricité

Hier encore j'étais comme vous et moi
Un citoyen parfaitement normal
Et puis voilà qu'un soir, j'entends des voix
C'est toujours comme ça qu'on tourne mal
Tu disais: "Allo chéri"
Allons n'insistez pas!
"Allo chéri", mais faut pas m'le dire deux fois
Car voilà…

Toi tu me fais de l'électricité
Tu fais monter ma tension
Pour pas tomber dans la lubricité
Faudra que je fasse attention
Tous les soirs tu m'allumes
Le matin tu m'éteins
Mais même si tu dois tout faire sauter
Fais-moi de l'électricité

Y a évidemment des tas d'inconvénients
Rapports à la consommation
Et comme tu marches sur tous les courants
Des fois tu fais sauter mes plombs
Mais tu dis: "Allo chéri"
Allons n'insiste pas
"Allo chéri", mes batteries sont à plat
Mais voilà…

Toi tu me fais de l'électricité
Tu fais monter ma tension
Pour pas tomber dans la lubricité
Faudra que je fasse attention
Tous les soirs tu m'allumes
Le matin tu m'éteins
Mais même si tu dois tout faire sauter
Fais-moi de l'électricité

Faut pas faire de la peine à John

Sarcelles a ses marlous, Bercy a ses clochards
Saint-Germain-des-Prés a Big John Le Tatoué
Qui touche sa bille au billard
Il est grand et con comme la Tour Montparnasse
Et un peu plus costaud qu'un percheron
Et dans tous les bars les loubards quand il passe
Laissent la place et l'appellent patron
Precaution, et ils disent:

On casse pas le moral à Zorro
On dit pas merde à Capone
On tire pas le masque à Fantomas
Et faut pas faire de la peine à John

Un jour du fond de sa brousse
Vint un cul-terreux
Qui nous dit je cherche un nommé John
Je suis un as du billard
Mon nom est Jacques Izambar
Mais pour les intimes c'est Tom
Ouais, je cherche un genre de mac
Qui roule sa caisse en Cadillac
Qui… à cent sacs
Qui m'a piqué mon flouze
Et j'arrive de Toulouse
Pour lui faire passer le goût de l'arnaque
Et tout le monde lui dit:
Jacques, fais pas le braque

On casse pas le moral à Zorro
On dit pas merde à Capone
On tire pas le masque à Fantomas
Et faut pas faire de la peine à John

Un silence de mort
Dans la salle de billard
Lorsque John a tombé le gilet
Mais après la bagarre
La seule partie du malabar
Qu'a pas saigné
C'était sa plante des pieds
Deux cent cinquante et quelque estafilades
Et deux trois balles par ci par là
Et je vous prie de croire
Qu'on a changé de sérénade
En voyant John les bras en croix
On chantait tous:

On casse pas le moral à Zorro
On dit pas merde à Capone
On tire pas le masque à Fantomas
Et faut pas faire de la peine à Tom

Ce qui est pour vous apprendre
Qu'il ne faut jamais arnaquer
Des gens que vous ne connaissez pas
Meme si vous roulez en Cadillac fraise écrasée
Avec des chaussures assorties

On casse pas le moral à Zorro
On dit pas merde à Capone
On tire pas le masque à Fantomas
Et faut pas faire de la peine à Tom

Guantanamera

Paroles: José Marti, Hector Angulo amp; Pete Seeger, Fr: Jean Michel Rivat. Musique: José Marti, Hector Angulo amp; Pete Seeger 1963

Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera

C'était un homme en déroute
C'était son frère sans doute
Il n'avait ni lieu, ni place
Et sur les routes de l'exil
Sur les sentiers, sur les places
Il s'en allait loin de sa ville

Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera

Là-bas sa maison de misère
Etait plus blanche que le coton
Les rues de sable et de terre
Sentaient le rhum et le melon
Sous leur jupon de dentelles
Dieu que les femmes étaient belles

Guantanamera, ma ville guantanamera
Guantanamera, ma ville guantanamera

Il me reste toute la terre
Mais je n'en demandais pas tant
Quand j'ai passé la frontière
Il n'y avait rien devant
J'allais d'escale en escale
Loin de ma terre natale

Happy birthday

Happy birthday,
C'est pas parce qu'on est seul qu'on n'a pas le droit de danser
De boire du champagne à sa propre santé
De tout illuminer et de se répéter: "La vie, la vie est belle!"

Happy birthday,
Il est beau mon gâteau, cette année un peu plus petit
Et y a plus de bougies et je vais dîner aux chandelles
En bonne compagnie, la speakerine ce soir est belle

L'an dernier nous étions toi et moi
Cette année tu manques à mon gala
Et je danse sans partenaire
Un ballet qui n'en finit pas

Happy birthday,
C'est pas parce qu'on est seul, qu'on n'a pas le droit de parler
Du beau temps, de la neige et des anniversaires
Qui se sont éloignés, des prochains dont tu n'auras rien, rien à faire

Happy birthday,
Je me suis fait cadeau du blouson que tu n'aimais pas
Et d'un bel agenda pour tous mes rendez-vous d'amour
Avec toi, pourquoi pas, si tu reviens chez nous un jour

L'an dernier nous étions toi et moi
Cette année tu manques à mon gala
Et je danse sans partenaire
Un ballet qui n'en finit pas

Hello, hello!

Hello, hello, tu as l'air pressé
Hello, hello, j'ai à te parler
Est-ce que tu veux un quartier de ma clementine
Les fruits c'est bon pour la santé

J'avais besoin de dire "je t'aime"
Il était temps que tu viennes
Je ne pouvais plus tenir
J'avais ces deux mots à te dire

Hello, hello, où vas-tu comme ça
Hello, hello, c'est gentil chez moi

J'ai cherché des nuits entières
Comment je pourrais te plaire
Mais quand je t'ai vu venir
J'ai su que je devais dire

Hello, hello, j'aime tes cheveux
Hello, hello, souris-moi un peu

Est-ce que tu veux terminer ma clementine
Dis, j'en ai d'autres si tu veux
Oui, j'en ai d'autres si tu veux

Il a plu

Il a plu quarante jours,
Il a plu quanrante nuits
Le soleil est revenu
Le ciel, la vie maintenant nous sourient.
Une fleur est apparu
Sur le sol encore mouillée
La colombe est revenue
Ce soir avec une branche d'olivier.

Il a plu quanrante jours,
Il a plu quanrante nuits,
Le soleil est revenu
Le ciel, les fleurs maintenant
Nous sourient
Que c'est bon de regarder,
Regarder tout droit devant.
Que c'est bon
Que c'est bon d'écouter
La terre qui sèche et qui chante.
Sous le vent.

Que c'est bon de voir la vie
S'éveiller après la pluie
Il a plu quarante nuits.
Mes frères, souvenez-vous bien
De la pluie.
Que c'est long, que c'est long,
Que c'est long, que c'est long
Quarante nuits.
Mais le soleil est revenu.
Mes frères, souvenez-vous bien
De la pluie.

Il était une fois nous deux

Souviens-toi, c'était un jeudi
Souviens-toi, on avait suivi
Le chemin des amoureux
C'était il était une fois nous deux
Souviens-toi, c'était le grand jour
Le grand pas vers le grand amour
C'était encore mieux que ça
C'était nous deux il était une fois

Un motel sur la route du port
Un soir banal
Deux clients, un veilleur qui s'endort
Sur son journal
Il nous tend à chacun une clé
Nous dit: "bonsoir"
Le matin on avait réservé des chambres à part
On n'ose pas montrer qu'on s'aime
A dix-huit ans à peine

{au refrain}

On a pris le quatorze au hasard,
Un peu gênés
Puis ta robe a glissé dans le noir
On s'est aimés
Quand plus tard le garçon est venu
Nous apporter
Deux cafés, d'un sourire entendu
Tu t'es cachée
Il n'a pas vu que tu pleurais
L'enfance qui s'en allait

{au refrain}

{ad lib}

Il faut naître à Monaco

Pour avoir la foi – il faut être charbonnier
Pour être mal chaussé – il faut être cordonnier
Pour séduire la foule – faut chanter la pêche aux moules
Et pour pas payer d'impôts – il faut naître à Monaco!

Et c'est comme ça, honni soit qui mal y pense
Faut souffrir en silence
Ça sert à quoi de vouloir quitter la France
Quand on est auvergnat?

On peut pas tout à la fois
Siffler l'apéro et l'opéra
On peut pas, c'est évident
Payer comptant quand on n'est pas content!
Et réciproquement…

Pour être légionnaire – faut sentir le sable chaud
Pour bien dire les vers – il faut être Moulineaux
Pour faire des affaires – faut savoir payer un pot
Et pour pas payer d'impôts – il faut naître à Monaco!

Et c'est comme ça, les Anglais sont Britanniques
Les jardins botaniques
Ça sert à quoi de vouloir quitter l'Afrique
Quand on est du Ghana?

On peut pas tout à la fois
Siffler l'apéro et l'opéra
On peut pas, c'est évident
Payer comptant quand on n'est pas content!
Et réciproquement…

Pour être costaud – faut manger des épinards
Pour se lever tôt – y faut pas se coucher tard
Quand on est Cousteau – faut se mettre un beau costard
Et pour pas payer d'impôts – il faut naître à Monaco!

Et c'est comme ça, comme disait La Fontaine
Mironton, Mirontaine
Ça sert à quoi de vouloir quitter la scène
Quand on ne vous retient pas?

On peut pas tout à la fois
Siffler l'apéro et l'opéra
On peut pas, c'est évident
Payer comptant quand on n'est pas content!
Et réciproquement…

Isabelle, prends mon chapeau

La mer est basse, le ciel est chaud
Y a des cigales dans mon chapeau
Le soleil fait le gros dos
Sur ta peau brune comme du pain chaud

Isabelle, prends mon chapeau
Réveille-toi, mets-y de l'eau.
Isabelle me donne à boire
Dans mon chapeau et puis s'en va.

Et la vague s'en vient
Et la vague s'en va.

Tu as la peau qui sent le thym
Viens, je veux boire entre tes mains.
Toi, chaque fois que tu me touches
Moi, ça me met l'eau à la bouche

Isabelle, prends mon chapeau,
Réveille-toi, mets-y de l'eau
Isabelle me donne à boire
Entre ses mains et puis s'en va.

Et la vague s'en vient
Et la vague s'en va.

Viens, maintenant j'ai la gorge fraîche
Viens, couche-toi, la terre est sèche
Et quand ce fut le petit jour
Nous vint la soif après l'amour

Et la vague s'en vient
Et la vague s'en va.

(bis)

J'ai craqué

Entre les fauteuils du 15, rue de Bretagne
Et les rocking-chairs de la maison de campagne
On balançait
Notre vie douillette, sans surprise et sans un
Pain quotidien de nos dix ans de bonheur
Au bonheur près j'étais bien protégé
Dans le film à tiroir de ma vie bien rangée
Avec les samedi soir pour changer
Pour changer de quoi toi et moi
Moi et toi, femme et mère à la fois

J'ai craqué, j'ai craqué

J'attendais ta fête pour t'apporter des fleurs
Je ne chantais plus, j'avais des pantoufles au cœur
Je m'endormais
Tu savais quand je disais: "Devine où on part?"
Tu riais avant que j'ai fini mes histoires
Et même après tu m'avais tellement dit
Que je n'étais qu'un gosse, un gamin
Étourdi, que je m'imaginais tout petit
Et puis d'un seul coup j'ai grandi
Et j'ai coupé le fil du passé

J'ai craqué, j'ai craqué

Je ne sais pas où mais je m'en vais droit devant
Meme si l'allumette n'a craqué que le temps
D'une étincelle
Je m'en contrefous si ça permet de rêver
De faire un détour loin des chemins programmés
Toujours pareils et le vent de folie
Qui fait tourner si fort le moulin de ma vie
Qu'importe s'il s'arrête aujourd'hui
Puisque celle qui lui a dit de souffler
Reste et me donne envie de craquer

J'ai craqué, j'ai craqué…

Je change un peu de vent

Je ne sais pas d'où il vient
Je ne sais pas où il va
Je ne sais pas où va ce train
Qui m'emporte loin de toi

Je n'ai pris qu'un viex chapeau
J'ai sauté dans ce wagon
Qui transporte des chevaux
Et j'irai où ils vont

Tu étais pourtant jolie
Mais il faut de temps en temps
Que je change un peu de vie
Que je change un peu de vent

Je la connais si bien

A l'heure qu'il est
Je sais qu'elle se réveille
La tête pleine de petits soucis
Les enfants qu'on a puni la veille
Et qu'il va falloir sortir du lit

A l'heure qu'il est
Elle est devant sa glace
Elle passe la main sur son cou
Fait la grimace
Ne se plaît pas beaucoup

Je la connais si bien
Que même au bout du monde
Je peux suivre de loin
Son chemin quotidien

A l'heure qu'il est
Je sais qu'elle est plus belle
Que toutes les autres femmes de la ville
Tous les hommes se retournent sur elle
Et je suis le roi des imbéciles
De n'être pas ce soir devant l'école
Quêtant la sortie des enfants
Qui caracolent
Au-devant de leurs mamans

Je la connais si bien
Que même au bout du monde
Je peux suivre de loin
Son chemin quotidien

A l'heure qu'il est
Je sais qu'elle se demande
Comment me chasser de son souvenir
Avec ce gamin qui me ressemble
Dans chaque geste, chaque sourire

A l'heure qu'il est
Cette heure était la nôtre
Elle ne l'est plus, c'est du passé
Peut-être un autre
Saura-t-il mieux l'aimer

Je la connais si bien
Que même au bout du monde
Je peux suivre de loin
Son chemin quotidien

Je t'aime, je t'aime

Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
Et trop longtemps j'ai cru que je ne t'aimais pas
Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
L'amour n'est aujourd'hui qu'un souvenir de toi

Que c'est triste de savoir
Qu'il existe quelque part
Un bonheur qu'on a refusé
Un amour que l'on a manqué

Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
Et trop longtemps j'ai cru que je ne t'aimais pas
Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
L'amour n'est aujourd'hui qu'un souvenir de toi

Romantique sans y croire
Sympathique sans histoire
On croyait que c'était un jeu
Ça valait peut-être un peu mieux

Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
Et trop longtemps j'ai cru que je ne t'aimais pas
Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
L'amour n'est aujourd'hui qu'un souvenir de toi

L'aventure de sa vie
Qui ne dure qu'une nuit
Voilà tout ce que j'ai trouvé
Sur le chemin de ma liberté

Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
Et trop longtemps j'ai cru que je ne t'aimais pas
Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
L'amour n'est aujourd'hui qu'un souvenir de toi

Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
Et trop longtemps j'ai cru que je ne t'aimais pas
Je t'aime, je t'aime, je t'aimais bien
L'amour n'est aujourd'hui qu'un souvenir de toi…

Je te crois

Je ne crois pas grand-chose, et comme Saint-Thomas
Je ne vois que la rose qui m'a piqué le doigt
Et que Dieu me pardonne, je n'ai jamais pensé
Qu'il fallait vivre à Rome pour ne pas se tromper

J'ai pas pu avaler, lorsque j'étais enfant
Que la soupe à Mémé faisait devenir grand
Que c'était dans les choux que naissent les garçons
Que dans le monde tout finit par des chansons

Mais quand tu me dis "je t'aime"
Et que deux et deux font trois
Que Venise est sur la Seine
Sans problème, je te crois
Mais quand tu me dis "je t'aime"
Un peu comme en cinéma
Un peu pour la mise en scène
Sans problème, je te
Croix de bois, croix de fer
Tu irais en enfer
Si jamais tu me mentes
Qu'est-ce que ça peut faire
J'irai en même temps

Tu n'as rien du tout de la femme de foyer
Tu ne vaux pas un clou pour les arts ménagers
Tu joues de violoncelle avec des grands-parents
Et tu fais la vaisselle deux ou trois fois par an

Mais quand tu me dis "je t'aime"
Et que deux et deux font trois
Que Venise est sur la Seine
Sans problème, je te crois
Mais quand tu me dis "je t'aime"
Un peu comme en cinéma
Un peu pour la mise en scène
Sans problème, je te
Croix de bois, croix de fer
Tu irais en enfer
Si jamais tu me mentes
Qu'est-ce que ça peut faire
J'irai en même temps

Tu es tout le contraire de ce que j'attendais
Tu n'as rien pour me plaire et pourtant, tu me plais
Tu n'avais pas prévu que ça pouvait durer
J'y croyais pas non plus, tout le monde peut se tromper

Mais quand tu me dis "je t'aime"
Et que deux et deux font trois
Que Venise est sur la Seine
Sans problème, je te crois
Mais quand tu me dis "je t'aime"
Un peu comme en cinéma
Un peu pour la mise en scène
Sans problème, je te
Croix de bois, croix de fer
Tu irais en enfer
Si jamais tu me mentes
Qu'est-ce que ça peut faire
J'irai en même temps

Je viens comme un voleur

Je viens comme un voleur
Je sais qu'il est déjà très tard
Mais je me fous de l'heure
J'avais besoin de te revoir
Je ne vis presque plus
Je suis un animal traqué
Je suis un loup perdu
Toujours à l'affût du danger

J'ai pas dormi
Veux-tu me faire un café
Pour me réveiller
Je vais rester ici
On finira par m'oublier
Sais-tu ce qu'ils ont dit
De moi ce soir à la télé
Il fait si bon chez toi
Que j'aimerais changer de peau
Abandonner tout ça
Reprendre ma vie à zéro

Tu es si jolie
L'amour je n'y pensais plus
Mais je t'ai connue
Que j'aime t'embrasser
Dis-moi qu'on va pouvoir s'aimer
Ton lit n'est pas bien grand
Mais je voudrais le partager
Rêver en m'endormant
Que mon voyage est terminé
Terminé, terminé

Joe Macho

Le grand Joe Macho, un loup solitaire,
Était toujours en galère
Et quand il sortait chasser la femelle
On entendait son cri sensuel

Ah ououou ou-ou-ou
Ah ououou ou-ou-ou
J'ai mon fusil à six coups
Aou Aou Aou…

La jolie Marie avait le feu aux reins
Son mari était marin
Quand elle a vu Joe entrer dans sa chambre
La mignonne a planqué son alliance

Ah ououou ou-ou-oui
Jailli ce cri dans la nuit
Joe est revenu souvent
Et puis un soir on frappe au plus mauvais moment

"Ciel, mon mari!" a crié Marie
Qui etait physionomiste
Il lui a dit: "J'te croyait fidèle"
Elle répondit: "Je le croyais aussi"

"Joe pas un geste ou tu meurs!"
Dit le trompé au trompeur
Maintenant tu vas payer
Il visait bas, il l'a touché au pied

Alors Joe a filé dans le noir
Nu comme un vers, boîtant comme un canard
Et toute la ville l'a entendu pousser
Ce cri déchirant du chien blessé

Ah ououou ou-ou-ou
"J'etait prévenu après tout
Marie m'avait bien juré
Que son mari ne savait pas tirer"

Joli Minou

Reviens Joli Minou
Vers ton gentil matou
Reviens joli chat chat
Je meurs d'amour pour toi

C'est pas normal qu'une chatte se fâche
Parce qu'on lui grille les moustaches

Reviens Joli Minou
Je te donnerai plus de mou
J'ai un gros poisson sans arêtes
Si tu reviens, on fera ta fête

Reviens Joli Minou
Je serai un gentil matou
On se fera des patapons
On se fera des gros ronrons

Viens que je te frotte l'échine
Viens que je te lèche les babines

Reviens Joli Minou
Vers ton gentil matou

Reviens Joli Minou
Reviens Joli Minou

Julie, Julie

Quand le vent du Nord vient balayer le pont
Oh Julie, Julie, Julie,
Quand la vie à bord ressemble à la prison
Oh Julie, Julie, Julie,
et te voir sur le quai le matin du départ
Oh Julie, Julie, Julie,
Ton mouchoir disparaît quand on double le phare
Oh Julie, Julie, Julie,

Est-ce que tu m'attendras?
Est-ce que tu seras là?
Oh, est-ce que tu penses encore à moi?
Dis est-ce que tu penses encore à moi?
Oh, est-ce que tu penses encore à moi?

Un avion parfois nous jette du courier
Oh Julie, Julie, Julie,
Mais voilà six mois que tu m'as oublié
Oh Julie, Julie, Julie,
Il paraît que la cale est bien loin d'être pleine
Oh Julie, Julie, Julie,
Pour finir le travail il faudra des semaines
Oh Julie, Julie, Julie,

Est-ce que tu m'attendras?
Est-ce que tu seras là?
Oh, est-ce que tu penses encore à moi?
Dis est-ce que tu penses encore à moi?
Oh, est-ce que tu penses encore à moi?

L'albatros

Vois cet oiseau blanc prisonnier du ciel
Dans sa grande cage étoilée
Moi, de temps en temps je me sens pareil
A cet éternel exilé

Lui, qui ne sait pas replier ces ailes
Moi, qui ne sais pas m'arrêter

Vois cet oiseau blanc prisonnier du ciel
Dans sa grande cage étoilée
Moi, de temps en temps je me sens pareil
A ce voyageur fatigué

Toi, de tout en bas parfois tu l'appelles
Lui, il voudrait bien se poser
Mais il ne peut pas replier ses ailes
Et toi, tu ne peux pas t'envoler

L'Amérique

Paroles: Jeff Christie – Fr: Pierre Delanoé. Musique: Jeff Christie 1969

Mes amis, je dois m'en aller
Je n'ai plus qu'à jeter mes clés
Car elle m'attend depuis que je suis né
L'Amérique

J'abandonne sur mon chemin
Tant de choses que j'aimais bien
Cela commence par un peu de chagrin
L'Amérique

L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je le saurai
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux
M'ont chanté cent fois la chanson de l'Eldorado
De l'Amérique

Mes amis, je vous dis adieu
Je devrais vous pleurer un peu
Pardonnez-moi si je n'ai dans mes yeux
Que l'Amérique

Je reviendrai je ne sais pas quand
Cousu d'or et brodé d'argent
Ou sans un sou, mais plus riche qu'avant
De l'Amérique

L'Amérique, l'Amérique, je veux l'avoir et je l'aurai
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je le saurai
Tous les sifflets des trains, toutes les sirènes des bateaux
M'ont chanté cent fois la chanson de l'Eldorado
De l'Amérique

L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je rêverai
L'Amérique, l'Amérique, si c'est un rêve, je veux rêver

L'amour, etc.

Tu n'étais qu'une aiguille dans une botte de foin
Mais j'ai su te trouver, moi qui ne trouve rien

L'amour, c'est comme un refrain
Tu le chantes aujourd'hui et tu l'oublies demain
L'amour, c'est comme l'océan
Une marche à l'étoile où l'on se perd souvent

Le sommeil a du bon quand tu dors près de moi
Quand tu viens dans mes rêves en sortant de mes bras

L'amour, c'est comme un oiseau
Ça voyage très loin, ça tombe de très haut
L'amour, c'est comme le vent
C'est tout chaud, c'est tout froid, ça change tout le temps

J'ai dormi des années sans m'en apercevoir
Je me suis reveillé le jour de ton départ

L'amour, c'est comme le latin
On le croît oublié et puis il nous revient
L'amour, c'est comme un poker
Et c'est presque toujours le moins menteur qui perd

Le matin où le jour ne se lèvera pas
Tu verras que tu n'as pas existé pour moi

L'amour, c'est comme l'été
Il nous faut un automne pour le regretter
L'amour, c'est comme un enfant
On lui a tout donné, il part quand il est grand

L'équipe à Jojo

Lulu vendait ces toiles
Jacquot plongeait dans un bistro
Dédé goûtait les vins
Moi, j'étais fort au halles
Et Jéjé lavait les carreaux
Pierrot ne faisait rien

On s'était fait les poches
Pour se payer un vieux tacot
Fleuri sur le capot
Qui rêvait de Provence
Et qui mourut à Fontainebleau

On allumait une cigarette et tout s'allumait
Et c'était la fête, le quatorze Juillet
Il n'y avait jamais un copain de trop
Dans l'équipe à Jojo
Y avait moins des nuits sans guitare que des jours sans pain
On partageait tout et on n'avait rien
Qu'est-ce qu'on était fou, qu'est-ce qu'on c'en foutait
Qu'est-ce qu'on était bien

On louait pour des prunes
Les quatre murs d'un vieux grenier
Tout près à s'écrouler
Mais pour toute une fortune
On n'aurait pas déménagé

On allumait une cigarette et tout s'allumait
Et c'était la fête, le quatorze Juillet
Il n'y avait jamais un copain de trop
Dans l'équipe à Jojo
Y avait moins des nuits sans guitare que des jours sans pain
On partageait tout et on n'avait rien
Qu'est-ce qu'on était fou, qu'est-ce qu'on c'en foutait
Qu'est-ce qu'on était bien

Lucien a mis les voiles
Et Jacques s'est payé un bistro
Où André boit de l'eau
Je n'suis plus fort au hale
Roger inspecte les impôts
Pierre cherche du boulot

J'ai changé de guitare
Mais j'ai gardé comme un cadeau
Cet air qui me tient chaud
Du fond de la mémoire
Celui de l'équipe à Jojo

On allumait une cigarette et tout s'allumait
Et c'était la fête, le quatorze Juillet
Il n'y avait jamais un copain de trop
Dans l'équipe à Jojo
Y avait moins des nuits sans guitare que des jours sans pain
On partageait tout et on n'avait rien
Qu'est-ce qu'on était fou, qu'est-ce qu'on c'en foutait
Qu'est-ce qu'on était bien

L'été indien

Paroles: Pierre Delanoé amp; Claude Lemesle. Musique: S.Ward, P.Losito, Pallavicini amp; S.Custugno 1988

Tu sais, je n'ai jamais été aussi heureux que ce matin-là
Nous marchions sur une plage un peu comme celle-ci
C'était l'automne, un automne où il faisait beau
Une saison qui n'existe que dans le Nord de l'Amérique
Là-bas on l'appelle l'été indien
Mais c'était tout simplement le nôtre
Avec ta robe longue tu ressemblais
A une aquarelle de Marie Laurencin
Et je me souviens, je me souviens très bien
De ce que je t'ai dit ce matin-là
Il y a un an, y a un siècle, y a une éternité

On ira où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore, lorsque l'amour sera mort
Toute la vie sera pareille à ce matin
Aux couleurs de l'été indien

Aujourd'hui je suis très loin de ce matin d'automne
Mais c'est comme si j'y étais. Je pense à toi.
Où es-tu? Que fais-tu? Est-ce que j'existe encore pour toi?
Je regarde cette vague qui n'atteindra jamais la dune
Tu vois, comme elle je reviens en arrière
Comme elle je me couche sur le sable
Et je me souviens, je me souviens des marées hautes
Du soleil et du bonheur qui passaient sur la mer
Il y a une éternité, un siècle, il y a un an

On ira où tu voudras, quand tu voudras
Et on s'aimera encore lorsque l'amour sera mort
Toute la vie sera pareille à ce matin
Aux couleurs de l'été indien

L'ombre d'un amour

Le jour l'éveille, elle se lève, s'habille et ne dit rien
Sur son visage glisse une larme et ses yeux se sont éteints
Et déjà, c'est en vain que tu cherches l'ombre d'un amour
Sous ses larmes, l'ombre d'un amour, l'ombre d'un chagrin

Elle se maquille mais dans la glace, pas un regard pour toi
Une cigarette… le café passe. Elle dit que c'est fini
Qu'elle s'en va. Et déjà, c'est en vain que tu cherches
L'ombre d'un amour, sous les larmes, l'ombre d'un amour

Elle range ses cheveux et sa main tremble un peu
Puis elle va regarder si elle est jolie; si tout va bien
Si son rimmel n'a pas coulé, si elle n'oublie rien
Midi, la gare, tu ne veux pas croire qu'elle ne reviendra pas

La bande à Bonnot

Paroles: Jean-Michel Rivat, Frank Thomas. Musique: Joe Dassin 1968

autres interprètes: Richard Gotainer

A la Société Générale
Une auto démarra et dans la terreur
La bande à Bonnot mit les voiles
Emportant la sacoche du garçon payeur
Dans la De Dion-Bouton qui cachait les voleurs
Octave comptait les gros billets et les valeurs
Avec Raymond-la-Science les bandits en auto
C'était la bande à Bonnot

Les banques criaient "Misérables!"
Quand s'éloignait le bruit du puissant moteur
Comment rattrapper les coupables
Qui fuyaient à toute allure à trente-cinq à l'heure
Sur les routes de France, hirondelles et gendarmes
Etaient à leurs trousses, étaient nuit et jour en alarme
En casquette à visière, les bandits en auto
C'était la bande à Bonnot

Mais Bonnot rêvait des palaces
Et du ciel d'azur de Monte-Carlo
En fait il voulait vite se ranger des voitures

Mais un beau matin la police
Encercla la maison de Jules Bonnot
A Choisy, avec ses complices
Qui prenaient dans sa chambre un peu de repos
Tout Paris arriva à pied, en tram et en train
Avec des fusils, des pistolets et des gourdins
Hurlant des balcons, les bandits en auto
C'était la bande à Bonnot

Et menottes aux mains
Tragique destin
Alors pour la dernière course
On mit dans le fourgon la bande à Bonnot

La beauté du diable

Toi qui a l'air d'un petit ange, d'une p'tite bête à bon Dieu
Qui a les yeux de l'innocence, du moins à mes yeux
Je sais qu'au fond de toi sommeille un vrai petit démon
C'est vrai que la beauté du diable porte bien son nom

On t'imagine rougissante sortie du couvent
Allons au bal de débutante aux bras d'un débutant
On a envie de te donner l'amour sans confession
C'est vrai que la beauté du diable porte bien ton nom

Lorsque je tend les mains
Ne m'en veut pas si je m'adresse plutot à tes seins
Le ciel est bien trop loin
Et tes fruits défendus et nos jeux interdits
Me font un joli paradis

Toi qui as l'air d'un petit ange avec tes cheveux blonds
Pour qui un nouveau Michel-Ange perdrait la raison
Jamais rien sur cette Terre ne peut m'en empêcher
C'est vrai que la beauté du diable n'est pas un péché

Toi qui a l'air d'un petit ange, d'une p'tite bête à bon Dieu
Qui a les yeux de l'innocence, du moins à mes yeux
Je sais qu'au fond de toi sommeille un vrai petit démon
C'est vrai que la beauté du diable porte bien son nom

La chanson des cigales

On s'était réveillés à demi étonnés
De ne pas se connaître ou presque pas
Une rencontre banale, la chanson des cigales
Et l'été qui passait par là
Inconnue de la veille, tu étais
Si jolie au réveil que je pensais
Sans savoir te le dire "ne t'en va pas"

Toi qui passes par ma vie
Qui n'y fais qu'un détour
Ne crois pas qu'on s'oublie
Quand la fête est finie
Quand la vie reprend son cours
Qui peut dire vraiment
Si c'était de l'amour
Ou la…

Comme les éphémères
Qui ne voient la lumière
Que le temps d'un éclair et d'un regret
On a fait contre-voie au début d'une histoire
Va savoir si l'on s'aimerait
Dans un mois, dans un an
Ou pas du tout
S'il y avait un roman écrit pour nous
Tu devais t'en aller. Un point. C'est tout.

{au Refrain}

La complainte de l'heure de pointe

{Refrain: 2x}

Dans Paris à velo on dépasse les autos
A vélo dans Paris on dépasse les taxis

Place des fêtes on roule au pas
Place Clichy on n'roule pas
La Bastille est assiégée
Et la République est en danger

{Refrain 2x}

L'agent voudrait se mettre au vert
L'Opéra rêve de grand air
A Cambronne on a des mots
Et à Austerlitz c'est Waterloo

{Refrain 4x}

La demoiselle de déshonneur

Paroles et Musique: Claude Lemesle 1994 "Nos quatre vérités"

Elle faisait le trottoir le long de l'église
Y a bien des curés qui prient dans la rue!
Elle avait vingt ans de loyaux services,
Vingt ans de grande vie et de petite vertu
Moi, en ce temps-là, j'allais à confesse
Tous les mercredis à cinq heures et quart
J'étais le dernier à parler de fesses
Et j'y pensais, c'était par hasard

Mademoiselle de déshonneur
Mon premier amour d'un quart d'heure

Ce mercredi-là, j'étais en avance
J'avais déserté le cours de français
Et j'allais m'refaire une bonne conscience
Lorsque j'entendis: "Tu viens mon biquet?"
Un coup d'œil devant, un coup d'œil derrière,
J'étais l'seul biquet à cent lieues autour
Alors je suis v'nu, en f'sant ma prière,
J'voulais faire l'apôtre et j'ai fait l'amour

Mademoiselle de déshonneur
Mon premier amour d'un quart d'heure

Et c'est là, bêtement, dans cette chambre obscure,
Cette chambre sans joie, sans fleurs aux rideaux,
C'est là qu'j'ai reçu ma première blessure,
Laissé mon enfance au porte-manteau
On peut rêver mieux pour sa grande première,
De couchers d'soleil ou de champs d'muguet
Moi, je n'ai récolté que trois Notre-Père,
Deux minutes de remords, un zéro d'français.

Mademoiselle de déshonneur
Mon premier amour d'un quart d'heure

La dernière page

Quand un ange passe, on ouvre la télé
Pour sauver la face, on fait des mots croisés
Et si par habitude tu vas où je vais
L'amour ne se conjugue plus qu'à l'imparfait

Quand on se dit "je t'aime" par amitié
C'est presque la dernière page
Quand on se dit "je t'aime" un peu par pitié
C'est comme la fin d'un bon voyage

Au début d'un rêve, on ne croit pas rêver
Quand le jour se lève, un rien nous fait chanter
Mais que la nuit revienne sur nos illusions
Les mots sont bien les mêmes mais plus la chanson

Quand on se dit "je t'aime" par amitié
C'est presque la dernière page
Quand on se dit "je t'aime" un peu par pitié
C'est comme la fin d'un bon voyage

La fan

Pendant que le chanteur chantait ses pacotilles enviolonnés
La fille en coulisse écoutait, émerveillée, abandonnée
Mais comment faisait-il sans la connaître pour savoir sa vie par cœur?
Est-ce qu'il s'était penché à sa fenêtre une nuit en spectacteur?

Pendant que le chanteur dansait ses quatre pas de dérision
La fille en coulisse pensait qu'elle était las de ses chansons
Oh, si tu savais combien de vrais chagrins
Se raccrochent au ciel artificiel de tes refrains

Apres l'après-dernier appel il est allé se rhabiller
Dire qu'il était là tout près d'elle derrière la porte verrouillée
Savait-il seulement qu'aux heures grises c'est lui qui tenait sa main
Qui l'empechait de faire des bêtises en disant: "C'est beau demain"

Pendant que le chanteur rentrait, accompagné d'une imprévue
La fille en coulisse rêvait que c'était lui qu'elle avait vu
Oh, si tu savais combien de vrais chagrins
Se raccrochent au ciel artificiel de tes refrains

La femme idéale (Angélina)

Toi qui n'es pas parfaite
Qui es la fleur du mal
La plus belle peut-être
Tu es la femme idéale
Tu as tous les défauts de la terre
Tu parles trop vite ou de travers
Mais de toutes les femmes
C'est toi que je préfère

Angélina, j'en connais trop de sentimentales
Qui vous entourent d'un amour banal
D'un univers sans étoiles
Angélina, j'en connais mille, je n'en connais pas
Elles sont sincères, je ne crois que toi
Elles sont belles et je te vois, c'est toi que je vois

Toi qui n'est pas parfaite
Qui est la fleur du mal
La plus belle peut-être
Tu es la femme idéale
Tu as tous les défauts de la terre
Tu parles trop vite ou de travers
Mais de toutes les femmes
C'est toi que je préfère

Angélina, entre l'enfer et le paradis
Tu m'as fais faire toutes les folies
Tu m'as volé mes amis
Angélina, tu n'as vraiment ni loi ni morale
Cœur de fourmis, tête de cigale
Mais tu es la femme idéale, la femme idéale

Toi qui n'est pas parfaite
Qui est la fleur du mal
La plus belle peut-être
Tu es la femme idéale

La fête

Etre avec toi c'est la fête
C'est comme un jour de sorti
J'ai des idées plein la tête
De glissades et de vacances
Si je retombe en enfance
Tant pis, c'est mercredi

Etre avec toi c'est la fête
C'est comme un jour de folie
J'ai des envies plein la tête
De vins nouveaux et d'eaux claires
Surtout envie de refaire ma vie

Entre nous deux c'est la fête
Tous les jours, toutes les nuits
On se suffit à nous mêmes
Demande-moi si je t'aime
Et ma réponse est la tienne

Je t'aimerai de mon âme pure
Pour rattraper tout le temps perdu
Je t'aimerai à te délivrer
D'un souvenir des amours passés

On attend le jour de fête
Trois cent soixante-quatre jours
Et ce jour-là on va mettre
La vie entre parantèses

On attend le jour de fête
Trois cent soixante-quatre jours
Et ce jour-là tout s'arrête
On met des fleurs aux fenêtres
Dans les cours et dans les têtes
L'amour – la fête est là
La vie est belle

La fille du shérif

Paroles: Pierre Delanoë, Claude Lemesle. Musique: Tony Joe White 1979

Titre original: "The high sheriff of Calhoun Parrish"

note: Adaptation française du titre de Tony Joe White.

On disait du shérif de Calhoun City
Qu'il surveillait de près sa fille Anna Lee
Malheur à celui qui lui chantait sa chanson
Il était sûr de la finir au violon

Il est vrai qu'Anna Lee ne pensait qu'à ça
Et un dimanche pendant que le pasteur prêchait
La voilà qui vient se frotter contre moi
Et qui m'file un rendez-vous pas très discret

J'ai failli lui répondre: "D'accord sur tout"
Mais dans les yeux d'son père y avait des bazookas
J'ai compris et j'ai pris mes jambes à mon cou
C'est alors qu'elle m'a sifflé: "Tu l'regrett'ras"

Je dormais à poings fermés quand on a frappé
J'ai ouvert au shérif et à son assistant
Il m'a dit: "Fils, Anna Lee attend un bébé"
J'ai répondu: "Je n'connais pas cet enfant"

Ils ont fait mon procès et j'ai récolté
Quatre-vingt-douze ans dont deux avec sursis
Je m'suis dit qu'j'aurai le temps d'apprendre à compter
Et d'penser à cette salope d'Anna Lee

Comme un bon claustrophobe, j'ai plaqué la tôle
Et j'ai battu le record du marathon
Un copain d'régiment m'a prêté sa piaule
Mais l'shérif était toujours sur mes talons

Quelques années ont passé et c'est pas la fête
Cette famille d'poulets je ne m'y ferai pas
Anna Lee dans mon lit, le vieux à la retraite
Et c'blanc-bec de nouveau shérif qui m'dit: "Papa"

La fleur aux dents

J'ai dépensé ma jeunesse comme une poignée de monnaie
J'ai fait un peu de tout, un peu partout, sans savoir rien faire
La fleur aux dents, c'était tout ce que j'avais
Mais je savais bien que toutes les femmes du monde m'attendaient

Il y a des filles dont on rêve
Et celles avec qui l'on dort
Il y a des filles qu'on regrette
Et celles qui laissent des remords
Il y a des filles que l'on aime
Et celles qu'on aurait pu aimer
Puis un jour il y a la femme
Qu'on attendait

J'ai connu des lits de camp bien plus doux qu'un oreiller
Et des festins de roi sur le zinc d'un buffet de gare
J'ai connu bien des gens, je les ai tous bien aimés
Mais dans leur visages au fond je n'ai rien fait que te chercher

Il y a des filles dont on rêve
Et celles avec qui l'on dort
Il y a des filles qu'on regrette
Et celles qui laissent des remords
Il y a des filles que l'on aime
Et celles qu'on aurait pu aimer
Puis un jour il y a la femme
Qu'on attendait

Un jour ici, l'autre là, un jour riche et l'autre pas
J'avais faim de tout voir, de tout savoir, j'avais tellement à faire
A me tromper de chemin tant de fois
J'ai quand même fini par trouver celui qui mène à toi

Il y a des filles dont on rêve
Et celles avec qui l'on dort
Il y a des filles qu'on regrette
Et celles qui laissent des remords
Il y a des filles que l'on aime
Et celles qu'on aurait pu aimer
Puis un jour il y a la femme
Qu'on attendait

La ligne de vie

Paroles et Musique: Claude Lemesle

On reste seul sur un quai vide
Comme si l'on attendait quelqu'un
A se redire qu'elle s'en va, que tout chavire
Et que l'on n'y comprend rien
Et que l'on n'y comprend rien

Ou que le train t'emmène
D'aussi loin que tu reviennes
Tu me reviendras
Il le faudra bien
Ne vois-tu par des signes
Que la chance nous dessine
J'ai ta ligne de vie
Tracé dans ma main

Tu ne vivais que par tes rêves
Je ne voyait que par des miens
Le conte ds fées battais de l'air
On s'aimait tant mal que bien
On s'aimait tant mal que bien

Ou que le train t'emmène
D'aussi loin que tu reviennes
Tu me reviendras
Il le faudra bien
Ne vois-tu par des signes
Que la chance nous dessine
J'ai ta ligne de vie
Tracé dans ma main

Vivons ensemble nos colères
Et nos tendresses et nos chagrins
A faire l'amour, à faire la guerre
Qui sont écrits dans ta main
Qui sont écrits dans ma main

Ou que le train t'emmène
D'aussi loin que tu reviennes
Tu me reviendras
Il le faudra bien
Ne vois-tu par des signes
Que la chance nous dessine
J'ai ta ligne de vie
Tracé dans ma main

La luzerne

J'ai droit à trois mètres d'herbe
C'est peu, mais c'est déjà beaucoup
J'ai droit à ma plante verte
Tout en caoutchouc
Y a rien à dire, j'ai de la verdure
C'est bon pour mes petits poumons
Mais j'ai la passion de la nature
Je rêve de vaches et de moutons

Et quand on s'aime dans la luzerne
Je suis comme un poisson dans l'eau
Au milieu des près
Quand on s'aime dans la luzerne
C'est ma joie, ma vérité de te rouler
Dans l'herbe mouillée

L'amour à la scandinave
Tout nu dans la mer glacée
L'amour en long, l'amour en large
L'amour sur canapé
Chacun ses goûts, chacun sa culture
Tout est mauvais ou tout est bon
Moi j'ai la passion de la nature
Je rêve de vaches et de moutons

Et quand on s'aime dans la luzerne
Je suis comme un poisson dans l'eau
Au milieu des près
Quand on s'aime dans la luzerne
C'est ma joie, ma vérité de te rouler
Dans l'herbe mouillée

La mal aimée du courrier du coeur

Tous les jours assise à sa machine
Pour son magazine elle repond aux lettres
Elle est le seul espoir, la seule issue
Pour l'amant déçu, pour ceux qui n'y croyait plus

Et c'est vrai qu'elle donne confiance
Et c'est vrai qu'elle porte chance
Mais le soir venu elle rentre seule à la maison

Le facteur n'a jamais de lettres
La fleuriste jamais de fleurs
Et personne ne dit: "Je t'aime"
A la mal aimée du courrier du cœur
Et chacun montre sur la piste
Le visage qu'il veut montrer
Mais on dit que le clown est triste
Quand le spectacle s'est terminé

Elle a eu pourtant les aventures
De celles qui durent le temps d'une promesse
Un de perdu, pas un de retrouvé
Et personne à qui écrire pour se confier

Et pourtant elle donne confiance
Et pourtant elle porte chance
Mais le soir venu elle rentre seule à la maison

Le facteur n'a jamais de lettres
La fleuriste jamais de fleurs
Et personne ne dit: "Je t'aime"
A la mal aimée du courrier du cœur
Et chacun montre sur la piste
Le visage qu'il veut montrer
Mais on dit que le clown est triste
Quand le spectacle s'est terminé

La nana

Viens si ça te tente, ma nana,
Faire un tour sur ma moto,
Vers les 150, tu verras,
On est bien tout contre mon dos

Viens que je t'enlève, ma nana,
Sur mes 100 chevaux à la fois,
Prends ton plus beau casque,
Pends toi à mes basques,
On s'embrasse et on s'en va.

Mon Dieu que j'aime ça,
Que tu sois ma nana,
Le temps n'existe pas,
Quand il passe dans tes bras,
Le soleil de ma vie,
Mon amour, ma nana,
Prenez moi n'importe quoi,
Mais pas ma nana.

Faudrait qu'on s'arrête, ma nana,
Faut qu'on se regarde mieux,
On pourrait peut-être,pourquoi pas,
Se reposer un peu tous tous les deux,

Avec toi je plane ma nana,
Mon plus beau voyage c'est toi,
Rien ne peut me faire revenir sur Terre,
Tant que tu voles avec moi

{2x:}
Mon Dieu que j'aime ça,
Que tu sois ma nana,
Le temps n'existe pas,
Quand il passe dans tes bras,
Le soleil de ma vie,
Mon amour, ma nana,
Prenez moi n'importe quoi,
Mais pas ma nana.

La première femme de ma vie

La première femme de ma vie
Je ne l'ai pas vu tout de suite
Je n'ai vu qu'elle était petite
Qu'après avoir un peu grandi
Elle m'emmenait dans les musées
Quelques fois au concert Colonne
Où son gentil petit bonhomme
Faisait semblant de s'amuser

Elle chantait ma mère
Elle chantait souvent
Des chansons d'hier
Des chansons d'avant

La première femme de ma vie
Un jour m'a conduit à l'école
Emmitouflé dans un cache-col
Armé d'un cartable verni
J'ai connu les bons, les méchants
Les points sur les i, sur la gole
Il était quelques fois bien seul
Le deuxième homme de maman

Elle chantait ma mère
Elle chantait souvent
Des chansons d'hier
Des chansons d'avant

La première femme de ma vie
Je l'ai quittée pour être un homme
C'est toujours un matin d'automne
Que les enfants s'en vont du lit
C'est toujours un matin de pluie
C'est souvent pour une autre femme

Elle chantait ma mère
Elle chantait souvent
Des chansons d'hier
Des chansons d'avant

La rue Marie-Laurence

Toutes ces rues qui ont les noms célèbres
Je les ai oubliées, mais je garde dans mes pensées
Tous les visages que je voyais naguère
Et mon plan de la ville est un calendrier

Toutes les rues de Paris portent un prénom de fille
Souvenirs d'un temps disparu
Y a la rue Stéphanie et la rue Caroline
L'avenue de la Fille Inconnue
Le boulevard Virginie et l'impasse Martine
Ces jolis rendez-vous qui n'existent plus
Mais ma rue préférée, celle où j'aimais rêver
Elle a un nom qui danse, la rue Marie-Laurence

Pauvre Molière, pauvre Pierre Corneille
Pauvre Émile Zola, malheureux Léon Gambetta
Du paradis où vos ames sommeillent
Pardonnez à celui par la faute de qui

Toutes les rues de Paris portent un prénom de fille
Souvenirs d'amours disparues
Y a la rue Stéphanie et la rue Caroline
L'avenue de la Fille Inconnue
Le boulevard Virginie et l'impasse Martine
Ces jolis rendez-vous qui n'existent plus…

La saison du blues

Y a des jours où les choses qu'on a à dire
Ont besoin d'un peu de musique
Des jours de mélancolie,
Des jours de spleen, de vague à l'âme
Des jours de blues

Y a une saison où l'on sent que quelque chose va se passer
Comme une sensation d'air froid qui vous descend dans la nuque
Qui vous donne envie de remonter votre col
C'est la saison du blues

Et tu le sens au fond des os
Et dans le ventre et dans la peau
Tout va changer sans que rien soit vraiment nouveau

Cette saison là me fait toujours penser à ces mendiants
Assis autour d'un feu de misère,
Qui font chauffer du vieu café, dans une vielle boîte de conserve
Ils ont des manteaux râpés jetés sur la tête et ils essaient d'avoir chaud
Ils attendent l'hiver
Et voilà que j'ai envie de revenir à cette musique
Dont les accords naissent en mineur

Et tu le sens au fond des os
Et dans le ventre et dans la peau
Tout va changer sans que rien soit vraiment nouveau

C'est l'époque où j'aime regarder la campagne
J'la vois changer d'couleur
Il fait beau, ça sent bon
Je sais qu'ça va pas durer
Insensiblement l'hiver est là
Il tombe dessus comme un manteau d'brouillard
La saison du blues

Et tu le sens au fond des os
Et dans le ventre et dans la peau
Tout va changer sans que rien soit vraiment nouveau

La vie se chante, la vie se pleure

La vie se chante, la vie se pleure
Elle est changeante comme les couleurs
La vie s'allume, la vie s'éteint
Et sans rancune, rien ne rime à rien

Un enfant de soixante-dix ans
A rendu sa vie sans avoir rien compris
Un indien pres du lac Michigan
En costume civil commande un whisky
Une fille est sortie de la Terre
Un volcan éteint vient de se réveiller
Quelque part un marin solitaire
S'est mis à chanter

La vie se chante, la vie se pleure
Elle est changeante comme les couleurs
La vie s'allume, la vie s'éteint
Et sans rancune, rien ne rime à rien

En dix-heuf cent quatre-vingt-dix-neuf
La Californie devient un océan
En Afrique dans un pays neuf
Un chanteur d'Europe devient président
Une fille est allée sur Vénus
Un nouveau Lazare est ressucité
Quelque part un marin de plus
S'est mis à chanter
S'est mis à chanter

La vie se chante, la vie se pleure
Elle est changeante comme les couleurs
La vie s'allume, la vie s'éteint
Et sans rancune, rien ne rime à rien

La violette africaine

Elle m'a confié pour l'été sa plante verte, une violette africaine,
Elle m'a fait la bise et puis elle est parti comme une fleur, vers une plage lointaine
Elle nous avait planté là, ma plante et moi ensemble, je l'arrosais
Pendant toute la belle saison on patientait à l'ombre, on attendait

Ma plante perdait ses pétales et moi je dormais mal, c'était septembre
Nous vivions à petit feu, nous attendions tout les deux, lasses d'attendre
Je la négligeais un peu, elle ne m'en voulait pas, elle comprenait
On passait des folles nuits devant notre télé, on s'amusait

Ma violette africaine
Fleurs de printemps s'en viennent, s'en vont
On retrouve dans la peine
Ses compagnons des quatre saisons

Nous étions abandonnés, et comme les nuits d'hiver se faisaient longues
Je ramenais à la maison des copains, des chiens perdus, des vagabondes
Et ma plante vivait d'mégots et d'épingles à cheveux, elle se fanait
Elle se penchait vers la vitre, guettant sa maîtresse ou un peu de soleil

Le printemps a mis longtemps à m'apporter une gentille demoiselle
Elle m'a rebrisé le cœur; elle a rangé mes placards et mis ma plante à la poubelle
Mais j'ai sauvé ma camarade, elle a reintégré sa cheminée
On n'oublie pas ses amis à cause d'une amourette qui vient à passer

Ma violette africaine
Fleurs de printemps s'en viennent, s'en vont
On retrouve dans la peine
Ses compagnons des quatre saisons

Laisse-moi dormir

Laisse-moi dormir, laisse-moi dormir
Jusqu'à plus de midi
Cache-moi le soleil et casse-moi le reveil
Il fait bon tout au fond d'mon lit

Formidable, pas très raisonnable
La plus longue des nuits
J'en reprendrais bien mais le marchand de sable
M'a dit pour aujourd'hui c'est fini

Laisse-moi dormir, laisse-moi dormir
Jusqu'à plus de midi
Cache-moi le soleil et casse-moi le reveil
Il fait bon tout au fond d'mon lit

Oui peut-être, une cigarette
Juste avant de tomber
Un petit café, du beurre et des baguettes
Et puis on pourra se reposer

Laisse-moi dormir, laisse-moi dormir
Jusqu'à plus de midi
Cache-moi le soleil et casse-moi mon reveil
Il fait bon tout au fond d'mon lit

Sois gentille, reste bien tranquille
Il est onze heures et demi
Comment te résister tu es irrésistible
Aussi jolie le jour que la nuit

Laisse-moi dormir, laisse-moi dormir
Jusqu'à plus de midi
Cache-moi le soleil et casse-moi mon reveil
Il fait bon tout au fond d'mon lit

Le café des trois colombes

Paroles: Pierre Delanoë, Claude Lemesle. Musique: P. Kartner 1976

Titre original: "’T klein cafe aan de haven"

note: Sur la même mélodie originale, Mireille Mathieu a chanté "Le vieux café de la rue d'Amérique"

Nancy en hiver, une neige mouillée
Une fille entre dans un café
Moi, je bois mon verre, elle s'installe à côté
Je ne sais pas comment l'aborder
La pluie, le beau temps, ça n'a rien de génial
Mais c'est bien pour forçer son étoile
Puis vient le moment où l'on parle de soi
Et la neige a fondu sous nos pas

On s'est connus au café des trois colombes
Aux rendez-vous des amours sans abri
On était bien, on se sentait seuls au monde
On n'avait rien, mais on avait toute la vie

Nancy au printemps, ça ressemble au Midi
Elle m'aime et je l'aime aussi
On marche en parlant, on refait la philo
Je la prends mille fois en photo
Les petits bistrots tout autour de la place
Au soleil ont sorti leurs terrasses
Mais il y avait trop de lumière et de bruit
On attendait qu'arrive la nuit

On se voyait au café des trois colombes
Aux rendez-vous des amours sans abri
On était bien, on se sentait seuls au monde
On n'avait rien, mais on avait toute la vie

Nancy, c'est trop loin, c'est au bout de la terre
Ça s'éloigne à chaque anniversaire
Mais j'en suis certain, mes chagrins s'en souviennent
Le bonheur passait par la Lorraine
Elle s'en est allée suivre d'autres chemins
Qui ne croisent pas souvent les miens
Je t'ai oubliée, mais c'est plus fort que moi
Il m'arrive de penser à toi

On se voyait au café des trois colombes
Aux rendez-vous des amours sans abri
On était bien, on se sentait seuls au monde
On n'avait rien, mais on avait toute la vie

Le chanteur des rues

Au coin des rues devant les cafés
Et pour les queues de cinema, la nuit tombée
Il chantait des chansons de tous les pays
Qui pourtant n'étaient qu'à lui

Et les passants s'arrêtaient le temps d'un refrain
En se disant qu'il aurait pu faire son chemin
Mais lui ne voulait pas de ce chemin-là
Et sa vie lui allait bien

Tant qu'on a sa chanson à chanter
Et qulqu'un quelque part
Qui s'attarde à l'écouter
Tant que les filles sont belles
Que le soleil veut bien briller
Tant qu'on peut encore rêver

On n'a pas besoin d'argent pour etre riche
Qu'importe les lauriers, il suffit pour bien vivre
D'aimer la vie pour ce qu'elle est
Et il chantait

Mais les gens qui ne voient pas plus loin que leur vie
Disaient: "Voilà bien la jeunesse d'aujourd'hui
Si chacun ne faisait que ce qu'il lui plaît
Que deviendrait le pays"

Tant qu'on a sa chanson à chanter
Et qulqu'un quelque part
Qui s'attarde à l'écouter
Tant que les filles sont belles
Que le soleil veut bien briller
Tant qu'on peut encore rêver

On n'a pas besoin d'argent pour etre riche
Qu'importe les lauriers, il suffit pour bien vivre
D'aimer la vie pour ce qu'elle est
Et il chantait

Et puis les regardait regagner chaque nuit
Leur petit pavillon, leur bonheur à crédit
Leurs amours regulières, contractées par notaires
Il n'en avait pas envie

Tant qu'on a sa chanson à chanter
Et qulqu'un quelque part
Qui s'attarde à l'écouter
Tant que les filles sont belles
Que le soleil veut bien briller
Tant qu'on peut encore rêver

Le château de sable

On construit parfois comme les enfants,
(Comme tous les enfants)
Un château de sable et de vent
Un château de sable qu'on bâtit pour l'éternité.
Mais les tous premiers flots vont l'emporter.

J'avais fait pour toi près de l'océan,
(Comme tous les enfants)
Un amour de sable et de vent.
Et pour cet amour
Pour toi la princesse du grand château,
Rien n'était assez fou, ni assez beau.

Mais les vagues montent et l'enfant qui revient
Ne retrouve que le sable.
Des donjons, des tours, le lendemain matin,
Il ne reste plus rien…

On construit parfois comme les enfants,
(Comme tous les enfants)
Un château de sable si grand,
Et si vaste qu'on a l'impression de s'y promener.
Qu'il contiendrait la Méditerranée.

J'avais fait pour toi près de l'océan,
(Comme tous les enfants)
Un amour de sable si grand,
(Un amour de sable)
Qu'il était parti pour durer la vie,
Il a tenu l'espace de la nuit.

Mais les vagues montent et l'enfant qui revient
Ne retrouve que du sable,
Des donjons, des tours, le lendemain matin,
Il ne reste plus rien…

Le chemin de papa

Il était un peu poète et un peu vagabond
Il n'avait jamais connu ni patrie, ni patron
Il venait de n'importe où, allait aux quatre vents
Mais dedans sa roulotte nous étions dix enfants
Et le soir, autour d'un feu de camp
On rêvait d'une maison blanche en chantant

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas
Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
Tu devrais t'arrêter dans ce coin

Mais il ne nous écoutait pas et dès le petit jour
La famille reprenait son voyage au long cours
A peine le temps pour notre mère de laver sa chemise
Et nous voilà repartis pour une nouvelle Terre Promise
Et le soir, autour d'un feu de camp
Elle rêvait d'une maison blanche en chantant

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas
Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
Tu devrais t'arrêter dans ce coin

Et c'est ainsi que cahotant à travers les saisons
C'est ainsi que regardant par-dessus l'horizon
Sans même s'en apercevoir not'père nous a semés
Aux quatre coins du monde comme des grains de blé
Et quelque part au bout de l'univers
Roule encore la vieille roulotte de mon père

Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
C'est vraiment fatigant d'aller où tu vas
Qu'il est long, qu'il est loin, ton chemin, papa
Tu devrais t'arrêter dans ce coin

Le cheval de fer

Il est venu des plaines
du soleil levant

Balayant la prairie Cheyenne
Comme une rafale de vent
L’étranger lui a préparé
Une route vers l'océan
Qui peut lire dans sa fumée
Que rien n’arrêtera l’élan

Du cheval de fer, cheval de feu
Qui suit sa course et siffle au loin
Cheval de feu cheval de fer
Qui passe et ne voit rien

Il fait jaillir des flammes
Sur son chemin d'acier
De ces flans montent des nuages
Il crache la fumée
Il a chassé le bison sauvage
Creusé des mines, rasé les terres
Semé des villes sur son passage
Ou s'arrêtera l'enfer

Du cheval de fer, cheval de feu
Qui suit sa course et siffle au loin

Cheval de feu cheval de fer
Qui passe et ne voit rien

Le cheval de fer, cheval de feu
Qui suit sa course et siffle au loin
Cheval de feu cheval de fer
Qui passe et ne voit rien

Qui passe et ne voit rien.

Le costume blanc

Et ce type-là devant la glace
Dans sa loge, une serviette autour du cou
Ce type-là, je le regarde bien en face
Et je ne le reconnais pas, mais pas du tout

Le balladin de tout à l'heure
Qui chantait sous les projecteurs
Il redevient Monsieur Untel
Qui va rentrer dans son hôtel

Voici le decor à l'envers
L'autre côté de la lumière
Sur une chaise un costume blanc
Une chanson déjà oubliée
Et sur les murs de la cité
Des restes de publicité
Qui volent au vent

Le magicien qui a fini son numéro
Range ses cartes et son lapin
Et moi je rentre ma guitare et mon lasso
Et je me rentre dans ma peau jusqu'à demain

Un steak au buffet de la gare
Avec les visiteurs du soir
Et un whisky pour le moral
Dans une boîte couleur locale

Voici le decor à l'envers
L'autre côté de la lumière
Sur une chaise un costume blanc
Une chanson déjà oubliée
Et sur les murs de la cité
Des restes de publicité
Qui volent au vent

Et ce type-là qui se reveille sans savoir
Dans quelle ville il a dormi
Ce type-là je le retrouve tous les soirs
Et je n'arrive pas à croire que c'est bien lui

Le balladin, l'illusionniste
Qui va refaire son tour de piste
J'ai devant moi Monsieur Untel
Un simple client de l'hôtel

Voici le decor à l'envers
L'autre côté de la lumière
Sur une chaise un costume blanc
Une chanson déjà oubliée
Et sur les murs de la citi
Des restes de publicité
Qui volent au vent

Le dernier slow

Et si ce soir, on dansait le dernier slow,
Comme si l'air du temps se trompait de tempo.
Et si ce soir on dansait le dernier slow,
Un peu de tendresse au milieu du disco.

C'était pourtant bien,
De danser très doux,
Et de se fondre au point
D'oublier tout autour de nous.
C'était pourtant bon
Et moi j'étais pour
Finir sur les violons
Pour commencer l'amour.

Et si ce soir, on dansait le dernier slow,
Un peu de tendresse au milieu du disco.
Et si ce soir, on dansait le dernier slow,
Un peu de tendresse au milieu du disco.

On ne verra plus,
Ces joue contre joue,
Entre deux inconnus,
Qui n'avaient pas de rendez-vous.
Mais on verra bien,
C'est gagné d'avance,
Les amoureux de demain,
Vont nous inventer d'autres danses.

Et si ce soir, on dansait le dernier slow,
Un peu de tendresse au milieu du disco.
Et si ce soir, on dansait le dernier slow,
Un peu de tendresse au milieu du disco…

Le général a dit

Le géniral a dit: "Fermier
Toi qui n'as pas de quoi manger
Prends ta machette, viens, suis moi"
Et je le suis depuis des mois

Chante l'ami plus fort que moi
Sois plus ivre si tu peux
Danse l'ami, ne pense pas
Cette nuit on est heureux
Viens me parler de ton pays
De ta femme et de ton champ
Chante l'ami, car tout s'oublie
En chantant

Le général a dit qu'il faut
Prendre la ville de Tampico
Quand viendra l'aube elle brûlera
Et j'ai mon père qui vit là-bas

Chante l'ami plus fort que moi
Sois plus ivre si tu peux
Danse l'ami, ne pense pas
Cette nuit on est heureux
Viens me parler de ton pays
De ta femme et de ton champ
Chante l'ami, car tout s'oublie
En chantant

Vous, mes parents, vous m'attendez
Dans la maison où je suis né
Mais je n'ai plus de ville natale
C'est ce que dit le général

Chante l'ami plus fort que moi
Sois plus ivre si tu peux
Danse l'ami, ne pense pas
Cette nuit on est heureux
Viens me parler de ton pays
De ta femme et de ton champ
Chante l'ami, car tout s'oublie
En chantant

Si j'ai tué, si j'ai volé
J'en ai encore le cœur serré
Tu me pardonneras le mal
C'est ce que dit le général

Chante l'ami plus fort que moi
Sois plus ivre si tu peux
Danse l'ami, ne pense pas
Cette nuit on est heureux
Viens me parler de ton pays
De ta femme et de ton champ
Chante l'ami, car tout s'oublie
En chantant

Le général nous a promis
De l'argent et du pain blanc
Et des troupeaux et l'eau des pluies
Et la terre aux paysans
Et dans les rues de Mexico
On nous fera un carnaval
Chante l'ami, danse l'ami
Et longue vie au général

Le grand parking

Ils ont tout pavé pour faire le grand parking
On peut se garer, des quais de Quimper jusqu'en Chine
C'est toujours la même histoire
On ne sait ce qu'on a que quand il est trop tard
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking

Ils ont pris tous les arbres, ils les ont mis dans un musée
Pour te mettre au vert, fais la queue et achète ton billet
C'est toujours la même histoire
On ne sait ce qu'on a que quand il est trop tard
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking

Fermier mon ami, il faut ranger ton DBT
Laisse voler les oiseaux et tant pis si mes pommes sont piquées
C'est toujours la même histoire
On ne sait ce qu'on a que quand il est trop tard
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking

J'étais dans mes rêves quand j'ai entendu la porte claquer
Dans un grand taxi j'ai vu ma p'tite bonne femme s'en aller
C'est toujours la même histoire
On ne sait ce qu'on a que quand il est trop tard
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking

C'est toujours la même histoire
On ne sait ce qu'on a que quand il est trop tard
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking
Ils ont tout pavé pour faire le grand parking

Le jardin du Luxembourg

Le jardin du Luxembourg
Ça fait longtemps que je n'y étais pas venu
Il y a des enfants qui courent et des feuilles qui tombent
Il y a des étudiants qui rêvent qu'ils ont fini leurs études
Et des professeurs qui rêvent qu'ils les commencent
Il y a des amoureux qui remontent discrètement
Le tapis roux que l'automne a deroulé devant eux
Et puis il y a moi, je suis seul, j'ai un peu froid

Encore un jour sans amour
Encore un jour de ma vie
Le Luxembourg a vieilli
Est-ce que c'est lui?
Est-ce que c'est moi?
Je ne sais pas

Encore un jour sans soleil
Encore un jour qui s'enfuit
Vers le sommeil, vers l'oubli
Une étincelle évanouie

Là où cet enfant passe, je suis passé
Il suit un peu la trace que j'ai laissée
Mes bateaux jouent encore sur le bassin
Si les années sont mortes
Les souvenirs se portent bien

Encore un jour sans amour
Encore un jour de la vie
Un jour de pluie qui s'en va
Un jour de pluie loin de toi

Tu me disais que tu m'aimais
Je te croyais, tu me mentais
C'était trop beau pour être bien
Je suis partie chercher plus loin

Je te disais que je t'aimais
Et j'y croyais et c'était vrai
Tu étais tout, tout est fini
Tu es partie, tu es partout

Moi, je suis presque bien
Ma vie continue
Je vais comme elle vient
Mais si tu m'appelais
Tu verrais comme rien ne change

Moi, je suis presque bien
La vie continue
Je vais comme elle vient
Mais si tu m'appelais
Tu verrais comme rien ne change

Moins loin dans l'avenir
Y a-t-il un chemin pour nous reunir?

Viens, viens n'importe quand
Je t'attends ma dernière chance

Je voulais réussir dans ma vie
Et j'ai tout réussi, sauf ma vie
J'avais en moi un grain de folie
Qui n'a pas poussé, qui n'a pas pris
Dis-moi, c'que j'ai fait de ma vie
Dis-moi, c'que j'ai fait de ta vie

Je voulais que tu vives ma vie
Et toi, tu voulais vivre ta vie
J'avais en moi un grain de beauté
Que j'ai laissé germer à côté
Dis-moi, c'que j'ai fait de ta vie
Dis-moi, c'que j'ai fait de ma vie

Encore un jour sans amour
Encore un jour de la vie
Un jour de pluie qui s'en va
Un jour de pluie loin de toi

Toute une vie pour ta vie
L'éternité pour un jour
Je donne tout pour un rien
Pour te revoir faire un détour
Par le jardin du Luxembourg

Toute une vie pour ta vie
L'éternité pour un jour
Pour un sourire, un regard
Pour le délire d'un espoir

Je vais creuser la tombe de mon passé
Je vais courir le monde pour te trouver
Je vais briser la glace qui nous sépare
Voir le bonheur en face dans ton miroir

La vie ne vaut la peine qu'à travers toi
Tous mes chemins me mènent où tu iras
Tous les chemins du monde vont vers ta vie
Vers la lumière de ta vie…

Le marché aux puces

Je l'ai croisée un jour près du marché aux puces
Où je me faisais un saut, histoire de me fringuer
Un gramophone jouait de fausses chansons russes
Sur un rouleau grinçant comme un portail rouillé

Elle n'avait l'air de rien, elle n'était pas grand-chose
Et pourtant sans savoir pourquoi je l'ai suivie
Tu hésites un moment, tu n'oses pas puis tu oses
Un moment de culot va bouleverser ta vie

Porte de Clignancourt, un café sous la flotte
Elle s'était acheté du tabac à rouler
J'n'ai su que plus tard que c'était sa marotte
On se défoule quand on peut se défouler

Elle n'avait l'air de rien, elle n'était pas grand-chose
Voulez-vous prendre un verre, un pastis, deux alors?
Souvent les grands méfaits ont de petites causes
On a pris l'apéro, le repas dure encore, et encore, et encore

Depuis, de temps en temps on reprend l'autobus
Le cent-soixante-six, direction Clignancourt
Et on va faire un tour dans ce marché aux puces
Où j'm'en veux tellement d'être allé faire un tour

Elle n'a plus l'air de rien, moi je n'suis pas grand-chose
L'habitude nous sert de ciment quotidien
Notre lit n'est qu'un lieu où nos corps se reposent
On est presque content de partir le matin

Notre lit n'est qu'un lieu où nos corps se reposent
On est presque content de partir le matin
Et nos vies se sont faites à leur métamorphose
Elles n'étaient pas grand-chose, elles n'ont plus l'air de rien

Le moustique

Paroles: Ricky Dassin, Claude Lemesle. Musique: John Densmore, Robby Krieger, Ray Manzarek 1973

Titre original: "The mosquito"

note: Adaptation française du titre des Doors (1972).

No me moleste mosquito
No me moleste mosquito
No me moleste mosquito
Retourne chez toi

Je fais la sieste, moustique
Arrête un peu ta musique
Ne sois pas antipathique
Ne me pique pas

Moustique, mon vieux, tu vois trop petit
Tu as des ailes, va voir du pays
J'ai un patron plus large que moi
Vas-y de confiance, c'est moi qui t'envoie

No me moleste mosquito
No me moleste mosquito
No me moleste mosquito
Retourne chez toi

Tu me vois melancolique
De te troubler ton pique-nique
Si tu me goûtes moustique
Tu n'aimeras pas

Y a des pays pleins de voluptés
Pour un moustique de qualité
A St-Tropez, à Honolulu
Tout l'monde, il est gros, tout l'monde, il est nu

No me moleste mosquito
No me moleste mosquito
No me moleste mosquito
Retourne chez toi

Je fais la sieste moustique
Arrête un peu ta musique
Ne sois pas antipathique
Ne me pique pas

Le petit pain au chocolat

Tous les matins il achetait
Son p'tit pain au chocolat
La boulangère lui souriait
Il ne la regardait pas

Et pourtant elle était belle
Les clients ne voyaient qu'elle
Il faut dire qu'elle était
Vraiment très croustillante
Autant que ses croissants
Et elle rêvait mélancolique
Le soir dans sa boutique
A ce jeune homme distant

Il était myope voilà tout
Mais elle ne le savait pas
Il vivait dans un monde flou
Où les nuages volaient bas

Il ne voyait pas qu'elle était belle
Ne savait pas qu'elle était celle
Que le destin lui
Envoyait à l'aveuglette
Pour faire son bonheur
Et la fille qui n'était pas bête
Acheta des lunettes
A l'élu de son cœur

Dans l'odeur chaude des galettes
Et des baguettes et des babas
Dans la boulangerie en fête
Un soir on les maria

Toute en blanc qu'elle était belle
Les clients ne voyaient qu'elle
Et de leur union sont nés
Des tas des petits gosses
Myopes comme leur papa
Gambadant parmi les brioches
Se remplissant les poches
De p'tits pains au chocolat

Et pourtant elle était belle
Les clients ne voyaient qu'elle
Et quand on y pense
La vie est très bien faite
Il suffit de si peu
D'une simple paire de lunettes
Pour rapprocher deux êtres
Et pour qu'ils soient heureux.

Le Portugais

Paroles: Pierre Delanoë. Musique: Joe Dassin, Richelle Dassin 1971 "Mélina"

Avec son marteau-piqueur
Il creuse le sillon de la route de demain
Il y met du cœur
Le soleil et le gel sont écrits sur ses mains
Le Portugais dans son ciré tout rouge
Qui ressemble à un épouvantail
As-tu vu l'étrange laboureur des prairies de béton
Et des champs de rocailles

{Refrain:}

Il faut en faire des voyages
Il faut en faire du chemin
Ce n'est plus dans son village
Qu'on peut gagner son pain
Loin de son toit, de sa ville
A 500 lieux vers le nord
Le soir dans un bidonville
Le Portugais s'endort

Il est arrivé à la gare d'Austerlitz
Voilà deux ans déjà
Il n'a qu'un idée: gagner beaucoup d'argent
Et retourner là-bas
Le Portugais dans son ciré tout rouge
Qui ressemble à un épouvantail
Il ne te voit pas
Il est sur le chemin qui mène au Portugal

{au Refrain}

Le roi du blues

Viens prendre un verre petite
La trompette ça donne chaud
Je ne refais mon tour qu'à minuit
Je vais jouer pour ces idiots
Qui ne savent même pas qui je suis…

Tu veux savoir mon histoire
Tu veux boire à la gloire
De la musique, au roi du blues
Si le roi vit encore
Son royaume est bien mort
Je n'ai pas vu comment passait le temps
Et je n'ai plus vingt ans
Et je n'ai plus vingt ans

C'est à Chicago, en 51, dans un petit bar
C'est à Chicago, mon premier cachet à 25 dollars
Puis ma première jatte avec mon ami
Dizie Gillespie
Mon nom en grand à Carneggie Hall
Ça n'pouvait pas durer la vie

Tu veux savoir mon histoire
Tu veux boire à la gloire
De la musique, au roi du blues
Si le roi vit encore
Son royaume est bien mort
Je n'ai pas vu comment passait le temps
Et je n'ai plus vingt ans
Et je n'ai plus vingt ans

Tu veux du mélo
Ce soir j'ai vendu ma trompette en or
Tu veux du mélo
Quand je joue les gens parlen'encore plus fort
Je bois un peu trop
Mon impressario dit qu'je n'vaux plus rien
Pourtant je joue comme à Chicago
Crois moi je suis encore quelqu'un

Tu veux savoir mon histoire
Tu veux boire à la gloire
De la musique, au roi du blues
Si le roi vit encore
Son royaume est bien mort
Je n'ai pas vu comment passait le temps
Et je n'ai plus vingt ans
Et je n'ai plus vingt ans

Le service militaire

C'est un plaisir d'aller au service militaire
Chacun sait qu'à vingt ans on n'a rien d'autre à faire
Que c'est le pied de marcher comme un metronome
Que c'est la discipline qui vous fait un homme
C'est sur le quai de la gare, un festival des mouchoirs
Au revoir, au revoir, c'est le chant du départ, et

Va, petit soldat, va, tu seras caporal
Ras le bol, mais ne râle pas
Papa a le moral, comme avant guerre

Tu vas apprendre à demonter les mitraillettes
A tuer le temps dans la bière et les cigarettes
A ramper dans la flotte comme un crocodile
Autant de choses utiles dans la vie civile
Et à claquer des talons devant le moindre galon
Mon colon, mon colon, nous nous régalons, et

Va, petit soldat, va, tu seras caporal
Ras le bol, mais ne râle pas
Papa a le moral, comme avant guerre

Quand tu auras fini ton service militaire
Tu échangeras de souvenirs avec ton père
Vous parlerez de mêmes filles, de mêmes cuites
Et dans vingt ans ton fils te racontera la suite
Tout le monde sera content, vous direz c'était le bon temps
Et pourtant, et pourtant, qu'est-ce que c'était chiant, mon adjudant