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Harry Potter and the Half-Blood Prince

Lee


antiqueLeeHarry Potter and the Half-Blood PrinceenLeecalibre 0.8.5115.5.20125507c684-cd7b-42a1-85f5-5a4da7e03a731.0

1 L’Autre Ministre

2 Impasse du Fileur

3 Hésitations

4 Horace Slughorn

5 Un Excès de Flegme

6 Le Détour de Drago

7 Le club des lingots

8 Rogue vainqueur

9 Le Prince de Sang-Mêlé

10 La Maison de Gaunts

11 Le Coup de Main d’Hermione

12 Argent et Opales

13 le secret de Jedusor

14 Felix Felicis

15 Le Vœu Sacré

16 Un Noël Très Glacial

17 Une mémoire de Sluggism

18 Anniversaires Surprise

19 La filature de l’Elfe

20 La Requête de Lord Voldemort

21 La Salle sur commande

22 Après L’Enterrement

23 Horcuxes

24 Sectumsempra

25 Les Vues de la Gazette

26 La Caverne

27 La Tour Frappée par la Foudre

28 Le Vol du Prince

29 La Plainte du Phœnix

30 La Tombe Blanche

Chapitre 1 : L'autre ministre

Il était près de minuit et le premier ministre était assis à son bureau, lisant un long rapport dont les mots glissaient sur son cerveau sans y laisser la moindre once de signification. Il attendait un appel d'un président d'un pays lointain et il n'y avait pas beaucoup de place dans sa tête, alors qu'il se demandait quand l'homme misérable téléphonerait et alors qu'il essayait d'effacer les souvenirs désagréables de ce qui avait été une longue, fatiguante, et dure semaine. Plus il essayait de se concentrer sur la page devant lui, plus le premier ministre voyait clairement le visage réjoui d'un de ses adversaires politiques. En particulier l'adversaire qui était apparu dans les journaux un jour, non seulement pour faire la liste de toutes les choses terribles qui s'étaient produites la semaine dernière (comme si quiconque avait besoin qu'on le lui rappelle) mais aussi pour expliquer pourquoi chacun de ces événements était de la faute du gouvernement.

Le pouls du premier ministre s'accéléra à la pensée même de ces accusations, parce qu'elles n'étaient ni justes ni vraies. Comment, sur terre, son gouvernement aurait-il pu arrêter l'effondrement de ce pont ? C'était une honte que quelqu'un suggère qu'ils n'aient pas assez dépensé pour les ponts. Le pont avait moins de dix ans, et les meilleurs experts étaient incapables d'expliquer pourquoi il s'était cassé proprement en deux, envoyant une douzaine de voitures dans les profondeurs du fleuve au-dessous. Et comment quiconque pouvait-il suggérer que c'était le manque de policiers qui pouvait expliquer ces deux vils meurtres fortement médiatisés ?

Ou que le gouvernement aurait du prévoir d'une façon ou d'une autre l'ouragan exceptionnel, dans l'ouest du pays, qui avait fait tant de dégâts humains et territoriaux ? Et était-ce sa faute si son ministre de la jeunesse, Herbert Chorley, avait choisi cette semaine pour décider, étonnamment, qu'il allait maintenant passer beaucoup plus de temps avec sa famille ?

" Une humeur sinistre a saisi le pays," avait conclu son adversaire, sans dissimuler une large grimace.

Et malheureusement, c'était parfaitement vrai. Le premier ministre le sentait lui-même : les gens semblaient vraiment plus malheureux que d'habitude. Même le temps était morne. Toute cette brume fraîche au milieu de juillet... ce n'était pas ordinaire, ce n'était pas normal...

Il tourna la seconde page du rapport, vit que c'était encore plus long, l'envoya au diable comme un travail inutile. Étirant ses bras au-dessus de sa tête il regarda tristement partout autour de son bureau. C'était une belle salle, avec une cheminée de marbre fin faisant face aux longues fenêtres, exceptionnellement fermées à cette saison. Avec un léger frisson, le premier ministre se leva et se déplaça vers la fenêtre, regarda dehors la brume légère arrêtée par le verre. Il se tenait ainsi, tournant le dos à la pièce, quand il entendit une toux derrière lui.

Il se figea, nez à nez avec son reflet, se regardant dans le verre sombre. Il connaissait cette toux. Il l'avait entendue auparavant. Il se tourna très lentement pour faire face à la salle vide.

"Bonjour ?" dit-il, essayant de sembler plus courageux qu'il ne l'était.

Pendant un bref instant, il se permit l'impossible espoir que personne ne lui répondrait. Cependant, une voix répondit immédiatement, une voix dure et décidée qui sonna comme si elle lisait un rapport. Elle venait - comme le premier ministre l'avait su dès la première toux - d'un étrange petit homme, portant une longue perruque argentée, sur une sale peinture à l'huile, dans le coin le plus éloigné de la salle.

"Pour le premier ministre des Moldus. Nous devons nous rencontrer de toute urgence. Nous vous saurions gré de répondre immédiatement.

Sincèrement, Fudge."

L'homme sur le tableau regarda le premier ministre d'un ton interrogateur.

"Euh," dit le premier ministre, " écoutez… Ce n'est pas vraiment le bon moment... J'attends un appel téléphonique, vous voyez... du président de…"

"Ça peut s'arranger," répliqua immédiatement le portrait. Le cœur du premier ministre fit un bond. Il avait eu peur de ça.

" Mais j'espérais vraiment plutôt parler …"

" Nous nous arrangerons pour que le président oublie d'appeler. Il téléphonera demain soir à la place," coupa le petit homme. " Nous vous saurions gré de répondre immédiatement à Mr Fudge."

"Je... oh... très bien," dit le premier ministre faiblement. " Oui, je verrai Fudge."

Il retourna vite à son bureau, redressa sa cravate pendant le déplacement.

Il avait à peine repris son siège, et composé son visage en une expression qu'il espérait détendue et aimable, quand un éclair de flammes vert pâle apparut dans la grille vide sous le manteau de la cheminée de marbre. Il regarda, essayant de ne pas trahir un cillement de surprise ou d'alarme, un homme prendre forme dans un tourbillon de flammes. Une seconde plus tard, l'homme apparut, recouvert d'une vieille couverture fine, brossant les cendres sur ses manches puis tout le long de son manteau, et tenant un chapeau melon jaune-vert à la main.

"Ah... Premier Ministre," dit Cornelius Fudge, avançant avec la main tendue. "C'est bon de vous revoir."

Le premier ministre ne pouvant honnêtement pas renvoyer ce compliment, préféra se taire. Il n'était pas heureux de voir Fudge, dont l'apparition occasionnelle, indépendamment d'être alarmante en elle-même, signifiait généralement qu'il était sur le point d'entendre quelques très mauvaises nouvelles. En outre, Fudge semblait terriblement las . Il était plus mince, plus chauve, et plus gris, et son visage était plus marqué. Le premier ministre avait déjà vu ce genre de regard chez des politiciens, et ce n'était jamais un bon présage.

" En quoi puis-je vous aider?" demanda-t-il, serrant brièvement la main Fudge et faisant un geste d'invitation vers la plus dure des chaises devant le bureau.

"Difficile de savoir par où commencer," murmura Fudge, tirant vers lui la chaise, s'asseyant, et posant son chapeau melon vert sur ses genoux. "Quelle semaine... quelle semaine…"

" Elle a été mauvaise pour vous aussi ?" demanda le premier ministre raidement, espérant montrer de la sorte qu'il en avait déjà eu plus que sa part sans y ajouter les ennuis supplémentaires de Fudge.

"Oui, bien sûr !" dit Fudge, frottant ses yeux d'un air fatigué et regardant tristement le premier ministre. " J'ai eu le même genre de semaine que vous, premier ministre. Le pont de Brockdale... Les cadavres et les meurtres de Vance... Ne parlons pas des tempêtes dans l'ouest du pays..."

"Vous… heu… vous. Je veux dire, certaines de vos personnes étaient…

impliquées dans ces… événements?"

Fudge fixa le premier ministre avec un regard plutôt sévère. "Bien sûr qu'ils l'étaient. Vous avez dû sûrement réaliser ce qui s'est passé?"

"Je..." hésita le premier ministre.

C'était précisément ce genre de comportement qui lui avait fait prendre les visites de Fudge en aversion. Après tout, il était, le premier ministre et n'appréciait pas qu'on le traite comme un étudiant ignorant. Mais évidemment, cela avait toujours été comme ça depuis la première rencontre avec Fudge, sa toute première soirée en tant que premier ministre. Il s'en souvenait comme si c'était hier et il savait que cela le hanterait jusqu'au jour de sa mort.

Il était seul dans ce même bureau, savourant le triomphe qui était le sien après tant d'années à rêver et à comploter, quand il entendit soudain derrière lui, exactement comme cette nuit, le petit homme sur cet horrible portrait lui parler, annonçant que le ministre de la magie était sur le point d'arriver et de se présenter.

Naturellement, il avait pensé que la longue campagne et la pression de l'élection l'avaient rendu fou. Il avait été absolument terrifié d'entendre un portrait lui parler, bien que ce n'ait été rien comparé à sa peur quand un individu se disant magicien avait bondi hors de la cheminée et l'avait salué de la main. Il était resté sans voix pendant que Fudge lui apprenait que des sorcières et des magiciens vivaient secrètement partout dans le monde et lui donnait assurance qu'il ne devait pas se tracasser à ce sujet parce que le ministère de la magie prenait la responsabilité de toute la communauté des sorciers et empêchait la population non-magique d'apprendre leur existence.

C'était, indiqua Fudge, un travail difficile qui impliquait des règlements sur l'utilisation des balais, qui consistait à garder la population des dragons sous surveillance (le premier ministre se rappela s'être alors agrippé au bureau !).

Fudge lui avait tapoté l'épaule paternellement.

"Ne vous inquiétez pas !" avait-il ajouté, "il est probable que vous ne me reverrez jamais. Je vous recontacterai uniquement s'il devait y avoir quelque chose de vraiment sérieux, susceptible d'affecter les Moldus - la population non-magique, devrais-je dire - de notre côté. Autrement, il faut bien que tout le monde vive. Et je dois dire, que vous prenez cela beaucoup mieux que votre prédécesseur. Il a essayé de me jeter par la fenêtre, en pensant que j'étais un canular imaginé par l'opposition."

À ces mots, le premier ministre avait retrouvé sa voix. "Vous êtes… Vous n'êtes pas un canular, alors?"

Cela avait été son dernier espoir.

"Non," dit Fudge gentiment. "Non, J'ai bien peur que non. Regardez."

Et il avait transformé la tasse du premier ministre en souris.

"Mais," avait haleté le premier ministre, observant sa tasse grignoter le coin de son prochain discours, "mais pourquoi -- pourquoi personne ne m'a prévenu de…?"

"Le ministre de la magie n'en fait part qu'au premier ministre Moldu lui-même." Avait répondu Fudge, rangeant sa baguette dans sa veste. "Nous trouvons que c'est la meilleure manière de garder le secret."

"Mais alors," avait bêlé le premier ministre, "pourquoi l'ancien premier ministre ne m'a-t-il pas averti…?"

À ces mots, Fudge avait réellement ri.

"Mon cher premier ministre, vous imaginez-vous allant parler de cela à quiconque?"

Gloussant toujours, Fudge avait jeté de la poudre dans la cheminée, avait fait un pas vers les flammes vertes, et avait disparu avec un bruit de glissade.

Le premier ministre était resté, tout à fait immobile, et s'était rendu compte que jamais, aussi longtemps qu'il vivrait, il ne mentionnerait cette rencontre à âme qui vive. Personne au monde ne pourrait le croire !

Le choc avait disparu un peu avec le temps. À une époque, il avait essayé de se convaincre que Fudge avait été une hallucination liée au manque de sommeil dû à une campagne électorale épuisante. Dans une vaine tentative de se débarrasser de tout ce qui lui rappelait cette rencontre inconfortable, il avait donné la souris à sa nièce ravie et avait demandé à son secrétaire privé de retirer le portrait du petit homme laid qui avait annoncé l'arrivée de Fudge. À sa grande consternation, cependant, le portrait s'était avéré impossible à enlever. Quand plusieurs charpentiers, un maçon ou deux, un historien d'art, et toute la chancellerie du ministère des Finances avaient essayé sans succès de le soulever du mur, le premier ministre avait renoncé à cette tentative et s'était simplement résolu à espérer que la chose demeurerait immobile et silencieuse jusqu'à la fin de son mandat. De temps en temps il aurait pu jurer qu'il avait vu, du coin de l'œil, l'occupant de la peinture bailler, ou se gratter le nez. Même, une fois ou deux , marcher simplement hors de son cadre ne laissant rien qu'une trace de boue derrière lui.

Cependant, il s'était obligé à ne pas trop regarder le tableau, afin de pouvoir penser que c'était simplement ses yeux qui lui jouaient des tours.

Puis, il y a trois ans, une nuit comme ce soir, le premier ministre était seul dans son bureau quand le portrait avait annoncé de nouveau l'arrivée imminente de Fudge, qui avait bondit hors de la cheminée, trempé et dans un état de panique considérable. Avant que le premier ministre puisse lui demander pourquoi il s'égouttait partout sur l'Axminster, Fudge avait commencé à parler d'une prison dont le premier ministre n'avait jamais entendu parler, d'un homme appelé "Sérious" Black , de quelque chose qui ressemblait à "Poudlard" et d'un garçon appelé Harry Potter. Rien ne semblait raisonnable au premier ministre.

"...J'arrive juste d'Azkaban," avait haleté Fudge, versant une grande quantité d'eau du bord de son chapeau melon glissé dans sa poche. "Au Centre de la Mer du Nord, vous savez,... les détraqueurs font grand bruit" - il a frissonné - "Ils n'y avait jamais eu d’évasion auparavant. Quoi qu'il en soit, j'ai dû venir vous prévenir. Black est connu comme un tueur de Moldus et doit projeter de rejoindre Vous-Savez-Qui... Mais bien sûr, vous ne savez pas qui est Vous-Savez-Qui!" Il avait regardé fixement et désespérément le premier ministre pendant un moment, puis avait dit, "bien, asseyez-vous, asseyez-vous, ce sera préférable pour… Prenez du whisky… "

Le premier ministre avait été plutôt offensé qu'on l'invite à s'asseoir dans son propre bureau, et encore plus qu'on lui offre son propre whisky, mais il s'étaitt néanmoins assis. Fudge avait sorti sa baguette magique, puis, créant du néant deux grands verres pleins du liquide ambre, avait poussé l'un d'eux dans la main du premier ministre.

Fudge avait parlé pendant plus d'une heure. À un moment, il avait refusé de dire un certain nom à haute voix et il l'avait écrit sur un morceau de papier, qu'il avait poussé dans la main libre du premier ministre. Quand enfin Fudge avait pris congé, le premier ministre s'était levé aussi.

"Ainsi, vous pensez que… " Il avait regardé le nom sur le papier dans sa main gauche. "Lord Vol--"

" Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom!" gronda Fudge.

"Je suis désolé... Vous pensez que Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom est toujours en vie, donc ?"

"Et bien, Dumbledore le dit," répondit Fudge, en rattachant l'attache de sa cape sous son menton "mais nous ne l'avons jamais trouvé. Si vous me le demandez, je pense qu'il n'est pas dangereux à moins qu'il n'ait de l'aide.

C'est donc de Black qu'il faut s'inquiéter. Retenez cet avertissement ! Bien, premier ministre, j'espère que nous ne nous reverrons pas,! Bonne nuit."

Mais ils s'étaient revus. Moins d'un an après, Fudge, le regard affolé, était apparu dans la salle de coffret pour informer le premier ministre qu'il y avait eu un tas de problèmes à la coupe du monde de Quidditch (ou quelque chose dans ce genre là) et que plusieurs Moldus "avait été impliqué," mais que le premier ministre ne devait pas s'inquiéter. Le fait que la marque de Vous-Savez-Qui était apparue ne signifiait encore rien. Fudge était sûr que c'était un incident isolé, et que le bureau de liaison avec les affaires Moldus s'occupait, en ce moment même, à modifier les mémoires.

"Oh, et j'allais presque oublier…" avait ajouté Fudge " Nous importons trois dragons étrangers et un sphinx pour le tournoi des Trois-Sorciers. C'est tout à fait normal, mais le Département des Règlements sur l'Importation des Créatures Magiques, m'a demandé, conformément à un des derniers règlements, de vous informer si nous introduisions ces créatures excessivement dangereuses dans le pays."

"Je… quoi… dragons ?" avait bégayé le premier ministre.

"Oui, trois !" répéta Fudge. "Et un sphinx. Et bien, au revoir."

Le premier ministre avait espéré contre tout espoir que les dragons et le sphinx seraient le pire de tout, mais non. Moins de deux ans après, Fudge avait sauté du feu encore une fois. Cette fois pour annoncer qu'il y avait eu une évasion en masse d'Azkaban.

"Une évasion en masse?" Répéta le premier ministre d'une voix rauque.

"Aucun besoin de s'inquiéter, aucun besoin de s'inquiéter!" cria Fudge, déjà un pied dans les flammes. "Nous les aurons récupérés en un rien de temps… J'ai pensé qu'il fallait juste vous prévenir !"

Et avant même que le premier ministre ait pu crier, "Attendez juste un moment !" Fudge avait disparu dans une gerbe d'étincelles vertes.

Quoique la presse et l'opposition puissent dire, le premier ministre n'était pas un homme idiot. Il ne lui avait pas échappé, malgré l'assurance de Fudge à leur première rencontre, qu'ils se voyaient, l'un et l'autre, de plus en plus souvent, et que Fudge devenait toujours plus agité à chaque visite. Bien qu'il aimât peu penser au ministre de la magie (ou bien l'autre ministre, comme il appelait Fudge dans sa tête !), le premier ministre ne pouvait pas l'aider et craignait que la prochaine fois Fudge n'apparaisse avec des nouvelles encore plus graves. C'était maintenant le cas, quand Fudge sauta hors du feu une fois de plus, ébouriffé, agité et si amaigri que le premier ministre devina, sans savoir exactement pourquoi, qu'il s'agissait de la plus mauvaise chose qui s'était produit au cours de cette semaine extrêmement sombre.

" Comment si j'avais besoin de savoir ce qui se passe dans votre communauté de sorciers ?" dit alors le premier ministre. " J'ai un pays à diriger et assez à faire pour cela à l'heure actuelle sans…"

"Nous sommes concernés par les même problèmes," l'interrompit Fudge.

"Le pont de Brockdale est hors d'usage. Ce n'était pas vraiment un ouragan.

Ces meurtres n'étaient pas le fait de Moldus. Et la famille de Herbert Chorley se porterait sans lui. Nous avons fait l'impossible pour le faire transporter à Ste Mangouste, l'Hôpital des Dégâts et Malédictions de la Magie. Le transfert devrait être affecté ce soir."

"Que faites vous… Vous m'effrayez… Qu'est ce que c'est que ça ?" hurla le premier ministre.

Fudge prit une grande, et profonde respiration et dit, " Premier ministre, je suis vraiment désolé de devoir vous dire qu'il est de retour. Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom est de retour !."

"De retour ? Quand vous dites "de retour"... Il est en vie ? Je veux dire…"

Le premier ministre creusa dans sa mémoire pour les détails de cette conversation horrible, trois ans plus tôt, quand Fudge lui avait parlé de ce sorcier, craint de tous les autres, ce sorcier qui avait commis mille crimes terribles avant sa disparition mystérieuse quinze ans plus tôt.

"Oui, il vit !" dit Fudge. "C'est… Il vit comme s'il ne pouvait pas être tué

? Je ne comprends pas vraiment, et Dumbledore ne m'explique rien correctement… mais s'il est dans un corps , marche , parle et tue, alors je suppose qu'on peut dire qu'il est vivant."

Le premier ministre ne savait pas quoi dire à ça, mais une habitude persistante de vouloir s'informer sur chaque sujet de discussion, l'incita à rassembler tous les détails dont il se souvenait de leurs précédentes conversations.

"C'est Sirius Black…Heu... Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom?"

"Black ? Black ?" dit Fudge, perplexe, tournant rapidement son chapeau melon entre ses doigts. "Sirius Black, vous dites ? Par la barbe de Merlin !

Non !. Nous l'avons trouvé…heu…Il y a eut une erreur à propos de Black. Il était innocent finalement. Et il n'a jamais été en relation avec Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom !" il ajouta sur la défensive, tournant encore plus rapidement son chapeau melon, " C'est un point établi… nous avons eu plus de cinquante témoins oculaires… mais de toute façon, maintenant, Black est mort. Assassiné, en fait. Sur au ministère de la magie lui-même. Il va y avoir une enquête, réellement… "

À sa grande surprise, le premier ministre ressentit, tout à un coup, à ce moment, de la pitié pour Fudge. Elle fut, cependant, presque immédiatement éclipsée par une lueur de satisfaction à la pensée que , bien qu'incapable de se matérialiser en sortant d'une cheminée, il n'y avait jamais eu aucun meurtre dans aucun de ces services gouvernementaux depuis sa prise de fonctions… Pas encore, en tout ca…

Pendant que le premier ministre touchait le bois de son bureau, par pure superstition, Fudge continua, " Mais Black n'est plus là, maintenant. Le problème c'est que nous sommes en guerre, premier ministre, et des mesures doivent être prises."

"En guerre ?" répéta le premier ministre nerveusement. " Sûrement c'est un peu exagéré ?"

"Lui, Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom, a été rejoint par les évadés d'Azkaban en janvier dernier," dit Fudge, parlant de plus en plus rapidement et tournoyant son chapeau melon tellement rapidement qu'il formait une tache floue jaune-verte. "Depuis qu'ils sont dans la nature, ils ont fait des ravages. Le pont de Brockdale… c'est eux, premier ministre, ils nous ont menacés d'un massacre massif de Moldus à moins que nous nous rallions à eux…"

"À la bonne heure ! Ainsi, c'est votre faute si ces gens ont été tués et je dois répondre à des questions de poutres rouillées et de joints corrodés !"

Dit le premier ministre furieusement.

"Ma faute !" cria Fudge, tout rouge. "Vous savez quoi faire dans ce genre de chantage ?"

"Peut-être pas," répondit le premier ministre, se levant marchant dans le bureau, "mais, moi, j'aurais fait tout mon possible pour attraper le maître-chanteur avant qu'il n'ait commis de telles atrocités!"

" Qu'est-ce qui vous fait penser que je n'ai pas fait déjà tous les efforts?"

demanda Fudge âprement. "Tous les Aurors du ministère…et c'est… ont essayé de le chercher partout, mais il se trouve que nous sommes confrontés justement avec l'un des magiciens les plus puissants de tous les temps, un magicien qui a échappé à la capture depuis presque trois décennies!"

"Ainsi je suppose que vous allez me dire qu'il a causé l'ouragan dans l'ouest du pays ?" Dit le premier ministre, sa colère augmentant à chaque pas qu'il faisait . Il était fâché de découvrir la raison de tous ces terribles désastres et pour de ne pas pouvoir le dire en public, alors qu'il n'y avait aucune faute du gouvernement après tous.

"Pas l'ouragan…" dit misérablement Fudge.

"Excusez-moi !" continua le premier ministre, maintenant parlons franchement. Les arbres déracinés, les toits déchirés, des lampadaires pliés…tous ces horrible.

"Ce sont les Mangemorts. Ils suivent Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom. Et ... et nous soupçonnons une participation des géants."

Le premier ministre s'arrêta dans ses déplacements comme s'il avait frappé un mur invisible. "Quelle participation ?"

Fudge grimaça. "Ils utilisent les géants quand ils veulent faire de grands dégâts ! Le bureau des fausses information fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, nous avons des équipes d'Obliviators pour modifier les souvenirs de tous les Moldus qui ont vu ce qui s'est vraiment produit, nous avons placé la majeure partie du Département pour le Règlement et la Commande des Créatures Magiques tout autour de Somerset, mais nous ne pouvons pas trouver le géant -- C'est un désastre."

"Vous ne savez pas à quel point!" cria le premier ministre furieusement.

" Je ne nierai pas que le moral est assez bas au ministère… "Dit Fudge.

"Avec tout cela et la disparition d'Amelia Bones."

"La disparition de qui ?"

"Amelia Bones. Le Chef du Département du Renforcement des Lois de la Magie. Nous pensons qui suivent Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom l'a tué personnellement, parce c'était une sorcière très douée et d'évidence prête à jeter toutes ses forces dans le combat."

Fudge s'éclaircit la voix et, avec un effort, cessa de tourner son chapeau melon.

" Mais ce meurtre était dans les journaux, " dit le premier ministre, momentanément détourné de sa colère. " Nos journaux. Amelia Bones... il était juste indiqué que c'était une femme entre deux âges qui vivait seule.

C'était un… un méchant meurtre, n'est-ce pas ? Il y a eu beaucoup de publicité. La police était déroutée !"

Fudge acquiesça. "Oui, bien sûr qu'ils l'étaient. Tuée dans une chambre qui verrouillée de l'intérieur, n'est-ce pas ? Nous, d'autre part, savons exactement qui l'a fait, mais ça ne nous aide pas à l'attraper. Et puis il y avait Emmeline Vance, peut-être avez-vous entendu parler de ce…"

"OH oui !" Dit le premier ministre. "Il s'est produit juste à une rue d'ici, en fait. Les journaux ont titré : "Infraction aux lois juste dans le dos du premier ministre !"

" Et comme si tout ne suffisait pas," s'exclama Fudge, écoutant à peine le premier ministre, " nous avons les détraqueurs qui se répandent partout, attaquant les personnes de ci, de là, et même au milieu… "

À une époque, en des temps plus fastes, cette phrase aurait été inintelligible au premier ministre, mais il était maintenant plus savant.

"Je pensai que les détraqueurs étaient les gardiens de la prison d'Azkaban!" se hasarda-t-il.

"Ils l'étaient !" dit Fudge d'un air fatigué. "Mais plus maintenant. Ils ont abandonné la prison pour rejoindre Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom. Je ne feindrai pas que ce n'était pas un choc."

"Mais," demanda le premier ministre, son sentiment d'horreur s'accroissant, "ne m'avez-vous pas dit ce que sont les créatures qui vident les personnes de l'espoir et du bonheur?"

" C'est exact. Et ils se multiplient. C'est ce qui cause toute cette brume."

Le premier ministre s'affala, les genoux flageolants, sur la chaise la plus proche. L'idée de créatures invisibles semant, par les villes et les campagnes, le désespoir et le malheur parmi ses électeurs, le rendit tout faible.

"Maintenant, écoutez-moi, Fudge… vous devez faire quelque chose !

C'est de votre responsabilité en tant que ministre de la magie!"

" Mon cher premier ministre, vous ne pouvez honnêtement pas penser que je suis encore ministre de la magie après tout ça ? J'ai été viré, il y a trois jours ! La communauté entière des sorciers avait demandé ma démission pendant une quinzaine. Je ne les avais jamais vus aussi unis toute la durée de mon mandat!" expliqua Fudge, avec une tentative courageuse de sourire.

Le premier ministre ne sut, momentanément que dire. En plus de son indignation pour la situation dans laquelle il avait été mis, il avait toujours ressentit une certaine aversion pour le petit homme assis en face de lui.

"Je suis désolé." Prononça-t-il finalement. "Puis-je faire quelque chose pour vous ?"

" C'est très aimable de votre part, premier ministre, mais il n'y a rien à faire. J'ai été envoyé ici ce soir pour vous apporter un éclaircissement sur les événements récents et pour vous présenter à mon successeur. Je pensais qu'il aurait été là plus tôt, mais naturellement, il est très occupé à l'heure actuelle, avec tant à faire."

Fudge regardé du côté du portrait du petit homme laid à la longue perruque argentée bouclée, qui farfouillait à l'intérieur de son oreille avec la pointe d'une canne. Surprenant le regard de Fudge, l'homme du tableau annonça, "Il sera ici dans un moment. Ils font juste une lettre pour Dumbledore."

" Je lui souhaite bonne chance !" déclara Fudge, soudain amer pour la première fois. " J'ai écrit à Dumbledore deux fois par jour au cours de la quinzaine passée, mais il n'a pas bouger. S'il acceptait juste de persuader le garçon, je pourrais encore être… Bien, peut-être Scrimgeour aura-t-il plus de succès."

Fudge se renferma dans un silence qui exprimait clairement sa déception, mais il fut interrompu presque immédiatement par l'homme du portrait, qui annonça soudainement d'une voix dure et officielle.

"Au premier ministre des Moldus. Réunion requise. Pressant. Nous vous saurions gré de répondre immédiatement. Rufus Scrimgeour, ministre de la magie."

"Oui, oui, très bien," accepta le premier ministre, perplexe, et il avait juste terminé qu'une flamme verte tourbillonna encore, s'éleva, et laissa apparaître un second magicien en son centre, l'éjectant un moment plus tard sur le vieux tapis.

Fudge se leva et, après une courte hésitation, le premier ministre fit de même, en observant le nouvel arrivant se redresser, épousseter sa longue robe noire, et regarder autour de lui.

La première pensée du premier ministre fut que Rufus Scrimgeour ressemblait assez à un vieux lion. Il y avait des fils gris dans sa crinière de cheveux fauves et des ses sourcils touffus. Il avait les yeux jaunâtres vifs derrière une paire de lunettes cerclée de métal et une certaine grâce sautillante quoiqu'il semble marché avec un léger boitement. Il laissait immédiatement une impression d'astuce et de dureté. Le premier ministre pensa comprendre pourquoi la communauté des sorciers avait préféré Scrimgeour à Fudge en tant que chef, dans cette dangereuse période.

"Comment allez-vous?" dit le premier ministre poliment, tendant la main.

Scrimgeour la saisit brièvement, ses yeux balayèrent la pièce, puis il retira une baguette de sous sa robe longue.

"Fudge vous a-t-il tout dit ?" demanda-t-il, en s'approchant de la porte et en tapant le trou de la serrure avec sa baguette. Le premier ministre entendit un déclic.

"Euh… Oui !" confirma le premier ministre. " Et si vous le voulez bien, je préférerais que la porte reste débloquée."

"Je préfère ne pas être interrompu !" coupa Scrimgeour, "ou observé !"

ajouta-t-il, en pointant sa baguette vers la fenêtre, de sorte que les rideaux se fermèrent d'eux-mêmes. "Bon, bien ! Je suis un homme occupé, je n'ai donc pas le temps de m'attarder à de basses besognes. Tout d'abord, nous devons discuter de votre sécurité."

Le premier ministre se redressa de sa plus grande taille et répondit, "Je suis parfaitement satisfait de la sécurité que j'ai déjà obtenue, merci mais…"

"Peut-être mais nous, nous ne le sommes pas !" l'interrompit Scrimgeour.

"Ce serait une faible surveillance de Moldus si leur premier ministre se trouvait à subir la malédiction d'Imperius. Le nouveau secrétaire à l'extérieur de votre bureau…"

" Je ne me débarrasserai pas de Kingsley Shacklebolt, si c'est ce que vous suggérez !" s'enflamma le premier ministre. "Il est parfaitement efficace, fournit deux fois plus de travail les autres…"

"C'est parce qu'il est sorcier !" répliqua Scrimgeour, sans la moindre trace de sourire. " Un Auror fortement qualifié, qui a été assigné à votre protection

!"

"Maintenant, attendez un moment !" s'exclama le premier ministre. "Vous ne pouvez pas simplement mettre des gens à vous dans mon bureau, je choisis qui travaille pour moi…"

"Je pensais que vous étiez satisfait de Shacklebolt?" dit Scrimgeour froidement.

"Je le suis… C'est simplement pour dire que…"

"Alors il n'y a aucun problème, n'est-ce pas ?"

"Je... bon, aussi longtemps que le travail de Shacklebolt continue à être…

heu... excellent." reprit lamentablement le premier ministre, mais Scrimgeour sembla à peine l'entendre.

"Passons maintenant à Herbert Chorley, votre ministre de la jeunesse.

Celui qui avait amusé le public se déguisant en canard."

"Qu'a-t-il ?" demanda le premier ministre.

"Il est, de toute évidence soumis au sort d'Imperius ! Il a perdu l'esprit, mais il pourrait encore être dangereux."

"Il est seulement fatigué !" soupira le premier ministre. "Sûrement un peu un repos… Il force peut-être un peu sur la boisson… "

" Une équipe de guérisseurs de l'hôpital Ste Mangouste pour les maladies et les agressions magiques l'examinent en ce moment même. Jusqu'ici il a essayé d'en étrangler trois ! Je pense qu'il vaut mieux que nous le retirions momentanément de votre société de Moldus."

"Je... bon... Pourra-t-il aller mieux ?" s'inquiéta le premier ministre.

Scrimgeour fit simplement un geste, se dirigeant déjà vers la cheminée.

"Bien, c'est vraiment tout que j'avais à dire ! Je vous tiendrai au courant des futurs développements, premier ministre… ou, au moins, comme je serai probablement trop occupé pour venir personnellement, je vous enverrai Fudge. Il a consentit à rester comme consultant."

Fudge tenta de sourire, mais sans succès. Il donnait plutôt l'impression d'avoir mal aux dents. Scrimgeour sortait déjà de sa poche une poudre mystérieuse qui fit tourner le feu au vert. Le premier ministre regarda fixement désespérément la paire de sorciers pendant un moment, puis les mots qu'il avait retenus toute la soirée éclatèrent enfin hors de lui.

"Mais dans bon sang... Vous êtes des sorciers ! Vous pouvez faire de la magie ! Sûrement que vous pouvez … enfin… tout arranger !"

Scrimgeour se retourna lentement sur place et échangea un regard incrédule avec Fudge, qui, cette fois, réussit vraiment à sourire en disant, "la difficulté est, que les autres aussi peuvent faire de la magie, premier ministre."

Et sur ces mots, les deux sorciers l'un après l'autre disparurent dans les flammes vert-clair.

Chapitre 2: La fin d'un espion

De nombreux milles plus loin, la brume fraîche qui s'était formée sur les fenêtres du premier ministre, dérivait au-dessus d'un fleuve sale qui s'écoulait entre des rives envahies de déchets. Une immense cheminée, relique d'un moulin hors d'usage, s'élevait ombragée et sinistre. Il n'y avait aucun bruit provenant de l'eau noire ni aucun autre signe de vie qu'un renard famélique venant flairer les bords du fleuve à la recherche de vieux emballages de poisson-frite dans les hautes herbes.

Mais alors, avec un bruit très faible, une mince figure encapuchonnée apparut dans un filet d'air sur le bord du fleuve. Le renard se figea, les yeux fixés sur ce phénomène étrange. La figure sembla onduler pendant quelques instants, puis dans une lumière blafarde, lentement, un long manteau bruissa au-dessus de l'herbe.

Dans un second bruit, plus fort, une autre figure à capuchon se matérialisa.

"Attends!"

Le cri dur fit sursauter le renard, qui se tapit presque à plat dans la broussaille. Il bondit de sa cachette et sauta. Il y eut comme un flash de lumière verte, un jappement, et le renard tomba, raide mort.

La deuxième figure retourna l'animal avec son orteil.

"Juste un renard," dit la voix d'une femme dissimulée sous le capuchon. "I J'ai pensé que c'était peut-être un Auror… Cissy, attends!"

Mais sa compagne, qui avait fait une pause et avait regardé en arrière le flash de la lumière, disparaissait déjà au-dessus du bord du fleuve alors que le renard venait juste de tomber.

"Cissy… Narcissa… écoute-moi…"

La deuxième femme rattrapa la première et la saisit par le bras, mais l'autre le retira.

" Va-t-en, Bella!"

"Tu dois m'écouter!"

"J’ai déjà écouté. J'ai pris ma décision. Laisse-moi seule !"

La femme appelée Narcissa gagna le haut de la rive, là où une ligne de vieilles balustrades séparait le fleuve d'une étroit, rue pavée. L'autre femme, Bella, la suivit immédiatement. Côte à côte elles regardèrent de l'autre côté de la rue les rangées et des rangées des maisons en briques, aux fenêtres opaques et aveugles dans l'obscurité.

"Il vit ici ?" demanda Bella d'une voix méprisante. "Ici ? Dans ce trou de Moldus? Nous devons être les premiers de notre sorte à y avoir jamais posé le pied…"

Mais Narcissa n'écoutait pas : elle s'était glissée dans un espace entre les balustrades rouillées et se dépêchait déjà de traverser la rue.

"Cissy, attends !"

Bella suivit, son manteau flottant derrière, et vit Narcissa s'engouffrer par un passage entre les maisons dans une seconde rue, presque identique.

Certains des lampadaires étaient cassés et les deux femmes passèrent des endroits éclairés à l'obscurité la plus profonde. La poursuivante rejoint sa sœur juste comme celle-ci tournait un autre coin de rue, réussissant cette fois à lui agripper le bras et l'obligeant à se retourner pour lui faire face.

"Cissy, tu ne dois pas faire ça, tu ne peux pas le croire…"

"Le Seigneur des ténèbres le croit bien lui ? N'est-ce pas ?"

" Le Seigneur des ténèbres... je crois... a été dupé !" haleta Bella, et ses yeux brillèrent un instant sous sa capuche pendant qu'elle regardait autour pour vérifier qu'elles étaient bien seules. " De toute façon, on nous a dit de ne pas parler du plan à n'importe qui. Ce serait trahir le Seigneur des ténèbres !…"

"Va-t'en, Bella!" grogna Narcissa, et elle tira une baguette magique de sous son manteau, la tenant face à l'autre visage. Bella rit simplement.

" Ta propre sœur? Tu ne voudrais pas…"

" Il n'y a rien à faire de plus!" soupira Narcissa, une note d'hystérie dans la voix, et alors qu'elle tenait la baguette magique comme un couteau, il y eut un autre flash de lumière. Bella lâcha le bras de sa sœur comme s'il brûlait.

"Narcissa!"

Mais Narcissa s'était déjà précipité vers l'avant. Frottant sa main, Bella suivit encore, gardant désormais ses distances. Elles entrèrent plus profond dans le labyrinthe des maisons de brique abandonnées. Finalement, Narcissa se précipita vers le haut d'une rue appelée End of Spinner's, au-dessus de laquelle la cheminée très haute d'un moulin semblait dominer comme un doigt de colère géant. Ses pas résonnaient sur les galets pendant qu'elle passait au milieu des maisons aux fenêtres cassées, jusqu'à ce qu'elle ait atteint la toute dernière maison, dans laquelle filtrait, à travers les rideaux, une faible lumière.

Elle avait frappé à la porte avant que Bella, la maudissant dans un souffle, ne l'ait rejointe. Ensemble elles attendirent, haletant légèrement, respirant l'odeur du fleuve sale que la brise nocturne portait vers elles . Après quelques secondes, elles entendirent un mouvement derrière la porte une fente apparut. Un ruban par lequel un homme pouvait regarder dehors, un homme avec de longs cheveux noirs, séparés en deux bandeaux autour d'un visage cireux aux yeux noirs.

Narcissa rejeta son capuchon en arrière. Elle était si pâle qu'elle semblait briller dans l'obscurité. Ses longs cheveux blonds autour d'elle lui donnant le regard d'une personne noyée.

"Narcissa!" dit l'homme en ouvrant la porte un plus, de façon que la lumière les éclaires, elle et sa sœur. "Quelle agréable surprise!

"Severus," chuchota-t-elle, tendue. "Puis-je te parler ? C'est urgent."

"Mais bien sûr."

Il ouvrit davantage pour lui permettre d'enter dans la maison. Sa sœur encore couverte de sa capuche suivit sans invitation.

"Rogue," dit-elle en passant près de lui.

"Bellatrix," répondit-il, ses lèvres minces se courbant dans un sourire légèrement railleur pendant qu'il fermait la porte derrière elles.

Ils entrèrent directement dans un salon minuscule, qui était un peu semblable à une obscure cellule capitonnée. Les murs étaient complètement couverts de livres, la plupart recouverts en vieux cuir noir ou brun. Un divan au tissu râpé, un vieux fauteuil, et une minuscule table étaient groupés ensemble dans un même cercle de faible lumière sous un suspendu au plafond. L'endroit avait un aspect négligé, comme s'il n'était généralement pas habité.

Rogue indiqua d'un geste le divan à Narcissa. Elle retira son manteau, le posa à côté, et s'assit, regardant fixement ses mains blanches et de tremblantes qu'elle serrait très fort. Bellatrix abaissa sa capuche avec lenteur. Brune autant que sa sœur était blonde , avec un regard très dur et la mâchoire serrée, elle ne lâcha pas Rogue des yeux pendant qu'elle s'installait juste derrière Narcissa.

"Alors, que puis-je faire pour vous ?" demanda Rogue, s'installant dans le fauteuil en face des deux sœurs.

"Nous... nous sommes seuls, n'est-ce pas ?" s'inquiéta Narcissa.

"Oui, évidemment ! Bon, Queudvert est ici, mais nous ne comptons pas la vermine ?"

Il dirigea sa baguette magique vers le mur de livres derrière lui et d'un coup, ouvrit une porte cachée, révélant un escalier étroit sur lequel un se tenait petit homme figé.

"Comme tu l'as clairement réalisé, Queudvert, nous avons des invités," dit Rogue paresseusement.

L'homme rampa, bossu, vers le bas des dernières marches et entra dans la salle. Il avait de petits yeux larmoyants, un nez pointu, et avait une mine désagréable. Sa main gauche caressait la droite, qui avait l'air d'avoir été emballée dans un gant argenté lumineux.

"Narcissa!" dit-il, d'une voix grinçante. "Et Bellatrix

! Comme

c'est…charmant !"

"Queudvert nous servira bien quelques boissons, si vous le voulez."

Proposa Rogue. "Et ensuite, il retournera dans sa chambre à coucher."

Queudvert grimaça comme si Rogue lui avait jeté quelque chose.

"Je ne suis pas un domestique !" grinça-t-il, évitant l'œil mauvais de Rogue.

"Vraiment ? J'avais pourtant l'impression que le seigneur des ténèbres t'avait placé ici pour m'aider."

"Pour aider, oui… mais pour ne pas te servir des boissons et… et nettoyer ta maison!"

"Je n'ai pas dans l'idée, Queudvert, que tu requerrais des tâches plus dangereuses !" dit Rogue mielleusement. "Ceci pourrait facilement s'arranger : Je parlerai au seigneur des ténèbres."

"Je peux lui parler moi-même si je le veux !"

"Bien sûr que tu le peux !" ricana Rogue. " Mais en attendant, apporte-nous les boissons. Un peu de vin d'elfes suffira."

Queudvert hésita un instant, comme s'il allait encore discuter, puis finalement se tourna et sortit par une seconde porte cachée. On entendit un bruit de verres qui s'entrechoquent. Après quelques secondes il revint, tenant une bouteille poussiéreuse et trois verres sur un plateau. Il posa le plateau sur la table basse et s'en fut hors de leur présence, en claquant la porte-livre derrière lui.

Rogue versa dans les trois verres du vin rouge-sang et en tendit deux d'entre eux aux deux sœurs. Narcissa murmura un mot de remerciement, tandis que Bellatrix ne dit rien, mais continuait à faire la tête à Rogue. Ceci ne sembla pas le troubler ; au contraire, il la regarda plutôt amusé.

"Au seigneur des ténèbres !" dit-il, en levant son verre et en le vidant.

Les sœurs l'imitèrent. Rogue remplit de nouveau leur verre. Comme Narcissa prenait son second verre, elle dit précipitamment "Severus, je suis désolée de venir ici comme ça, mais je devais te voir. Je pense que tu es le seul qui puisse m'aider…"

Rogue leva une main pour l'arrêter, et dirigea encore sa baguette magique vers la porte cachant l'escalier. Il y eut un coup fort et un cri aigu, suivis par le bruit de Queudvert montant les escaliers.

"Mes excuses !" expliqua Rogue. "il a récemment commencé à écouter aux portes, je ne sais pas ce qu'il mijote… Tu disais, Narcissa?"

Elle prit une grande respiration et continua.

"Severus, je sais que je ne devrais pas être ici, je ne dois pas parler à n'importe qui, mais le…"

"Alors tu devrais tenir ta langue !" la gronda Bellatrix. "En particulier en telle compagnie !"

'"En telle compagnie ?" répéta Rogue, sarcastique. "Il s'agit de moi si je comprends bien, Bellatrix ?"

"Je n'ai pas besoin de te dire ce que tu sais très bien, Rogue !"

Narcissa laissa échapper un bruit qui pouvait bien être un petit sanglot et se recouvrit le visage d'une main. Rogue posa son verre sur la table et se renversa en arrière, les mains sur les bras du fauteuil, le visage souriant devant la mine de Bellatrix.

"Narcissa, je pense que nous devrions entendre ce que Bellatrix crève d'envie de dire. Cela nous évitera de pénibles interruptions. Bon, vas-y, Bellatrix ! Pourquoi ne me fais-tu pas confiance?"

"Pour cent raisons!" dit-elle fort, sortant de derrière le divan pour poser violemment son verre sur la table. "Pour commencer, où étais-tu quand le seigneur des ténèbres est tombé ? Pourquoi n'as-tu jamais fait une tentative pour le retrouver quand il a disparu ? Qu'as-tu fait toutes ces années durant lesquelles tu as vécu dans la poche de Dumbledore ? Pourquoi as-tu empêcher le seigneur des ténèbres de prendre la pierre philosophale ?

Pourquoi n'es-tu pas retourné immédiatement vers le seigneur des ténèbres lorsqu'il est réapparut ? Où étais-tu, il y a quelques semaines, quand nous avons combattu, à la rechercher de la prophétie pour le seigneur des ténèbres ? Et pourquoi, Rogue, Harry Potter est-il encore vivant, quand tu l'as eu à ta portée pendant cinq ans?"

Elle fit une pause, sa poitrine se soulevant et retombant rapidement, le rouge aux joues. Derrière elle, Narcissa était figé, le visage dans ses mains.

Rogue sourit.

"Avant que je te réponde — OH oui, Bellatrix, je vais répondre ! Et tu pourras porter mes paroles à ceux qui chuchotent derrière mon dos et divulguent des sornettes à propos de ma trahison ! Avant que je te réponde, laisse-moi te demander à mon tour. Penses-tu vraiment que le seigneur des ténèbres ne m'a pas posé chacune de ces questions ? Et ne crois-tu pas vraiment que, si je ne lui avais pas donné des réponses satisfaisantes, je serais encore là pour te parler ?"

Elle hésita.

"Je sais qu'il te croit, mais…"

"tu penses qu'il se trompe ? Ou que je l'ai dupé d'une façon ou d'une autre ? Duper le seigneur des ténèbres, le plus grand des magiciens, le plus accompli des Legilimens que le monde ait jamais eut?"

Bellatrix ne dit rien, mais le regarda, pour la première fois, désarçonnée.

Rogue n'avait pas fini. Il reprit son verre, but une gorgée et continua "Tu demandes où j'étais quand le seigneur des ténèbres est tombé. J'étais où il m'avait commandé être, à l'école de sorcellerie et de magie de Poudlard, parce qu'il voulait garder un œil sur Albus Dumbledore. Tu sais, je présume, que c'est sur ses ordres que j'ai pris ce poste ?"

Elle a incliné la tête presque imperceptiblement et ouvrit alors la bouche, mais Rogue la devança.

"Tu demandes pourquoi je n'ai pas essayé de le trouver quand il a disparu.

Pour la même raison que celle pour laquelle Avery, Yaxley, le Carrows, Greyback, Lucius " — il inclina la tête légèrement vers Narcissa — " et beaucoup d'autres n'ont pas essayé de le trouver. J'ai cru qu'il était mort. Je ne croyais pas, et j'avais tort, qu'il puisse… S'il n'avait été indulgent avec tous ceux qui ont perdu la foi à ce moment-là, il aurait maintenant très peu de partisans."

"Il m'aurait, moi !" dit Bellatrix passionnément. "Moi, qui ai passé ces années à Azkaban pour lui!"

"Oui, en effet, c'est admirable !" dit Rogue, d'une voix blessante. "Mais dis-moi ? Tu ne lui étais pas très utile en prison, le geste était assurément bon mais…"

"Le geste!" lança-t-elle d'un cri perçant. Elle semblait folle de fureur.

"Tandis que je supportais les détraqueurs, tu étais à Poudlard, jouant COMFORTABLEMENT l'animal de compagnie de Dumbledore!"

"Pas tout à fait !" reprit Rogue calmement. "Il ne voulait pas me donner le cours de défense contre les forces du mal, tu sais. Il semblait penser que cela pourrait, oh, provoquer une rechute... me faire renouer avec mes anciennes habitudes."

"Quel sacrifice pour le seigneur des ténèbres ! ne pas enseigner son sujet favori ?" le railla-t-elle. "Pourquoi y es-tu resté tout ce temps, Rogue ?

Toujours pour espionner Dumbledore pour un maître que tu croyais mort ?

" À peine," répondit Rogue, " bien que le seigneur des ténèbres ait été heureux que je n'aie jamais abandonné mon poste : J'avais seize années d'informations à lui fournir sur Dumbledore quand il est revenu, un cadeau de bienvenue un peu plus intéressant que des souvenirs sans fin à propos de tous les désagréments d'Azkaban et..."

"Mais tu es resté…"

"Oui, Bellatrix, je suis resté," dit Rogue, trahissant un sentiment d'impatience pour la première fois. "J'ai eu un travail confortable que j'ai préféré à une assignation à Azkaban. Ils surveillaient de très les anciens Mangemorts, tu sais. La protection de Dumbledore m'a gardé hors de prison. C'était plus commode et je l'ai accepté. Je répète : Le seigneur des ténèbres ne me reproche pas d'être resté, ainsi je ne vois pas pourquoi toi tu le fais !"

"Je crois ensuite que tu voulais savoir," et il parla un peu plus fort, parce que Bellatrix montrait des signes d'impatience, "pourquoi j'ai empêché le seigneur des ténèbres de prendre la pierre philosophale. C'est simple, il ne savait pas qu'il pouvait me faire confiance. Il pensait, comme toi, que j'avais viré du fidèle Mangemort en faire-valoir de Dumbledore. Il était dans un état pitoyable, très faible, partageant le corps d'un magicien médiocre. Il n'osait pas se manifester à un ancien allié si cet allié pouvait le faire découvrir par Dumbledore ou par le ministère. Je regrette vivement qu'il ne m'ait pas fait confiance. Il aurait repris le pouvoir trois ans plus tôt. Au lieu de ça, j'ai vu seulement l'avidité de l'indigne Quirrell qui essayait de voler la pierre et, j'admets avoir tout fait pour le contrecarrer."

La bouche de Bellatrix se tordit comme si elle avait pris un mauvais médicament.

"Mais tu n'es pas retourné vers lui quand il est revenu, tu ne t'es pas précipité immédiatement quand tu as vu la marque des ténèbres…"

"Erreur. J'y suis retourné deux heures plus tard. J'y suis retourné sur les ordres de Dumbledore."

"Sur les ordres de Dumbledore… !?" commença-t-elle, outragée.

"Pense donc!" reprit Rogue avec impatience. "Pense donc ! En attendant deux heures, juste deux heures, je me suis assuré que je pourrais rester à Poudlard comme espion ! En laissant croire à Dumbledore que je revenais seulement au côté du seigneur des ténèbres sur ses ordres, j'ai pu depuis donner des informations sur Dumbledore et sur l'Ordre du Phoenix ! Écoute, Bellatrix : La marque des ténèbres s'était développée, de plus en plus nette depuis des mois. Je savais qu'il était sur le point de revenir. Tous les Mangemorts le savaient ! J'aurais eu tout le temps de penser à ce que je pouvais faire, si j'avais projeté de m'échapper comme Karkaroff, n'est-ce pas ?

"Le mécontentement initial du seigneur des ténèbres à mon retard a disparu entièrement, je t'assure que, quand je lui ai expliqué que je lui étais resté fidèle, alors que Dumbledore pensait que j'étais son homme. Oui, le seigneur des ténèbres a pensé que je l'avais laissé pour toujours, mais il avait tort."

"Mais de quelle utilité as-tu été ?" ricana Bellatrix. "quelle information utile avons-nous eu de toi?"

"Les informations que j'ai apportées concernent directement le seigneur des ténèbres ! S'il a choisi de ne pas le partager avec toi…"

"Il partage tout avec moi !" s'enflamma immédiatement Bellatrix, "il m'appelle son plus fidèle des fidèles…"

"Crois-tu vraiment ?" dit Rogue, un faible fléchissement de la voix exprimant ses doutes. " Après le fiasco du ministère ?"

"Ce n'était pas de ma faute!" grinça Bellatrix,. "Le seigneur des ténèbres, par le passé, m'a confié son plus précieux… Si Lucius n'avait pas…"

"N'accuse pas… n'accuse pas mon mari!" l'interrompit Narcissa, d'une voix grave et menaçante, en regardant sa sœur.

"Il n'y a aucune accusation et aucun blâme !" coupa Rogue brusquement.

"Ce qui est fait, est fait !"

"Mais pas par toi!" reprit Bellatrix furieusement. "Non, tu étais de nouveau absent. Tandis que le reste d'entre nous était en danger, où étais-tu, toi, Rogue ?"

"Mes ordres étaient de rester en arrière ! Peut-être es-tu en désaccord avec le seigneur des ténèbres, peut-être penses-tu que Dumbledore n'aurait rien remarqué si j'avais rejoint les rangs des Mangemorts pendant le combat contre l'ordre de Phœnix ? Et… pardonne-moi mais… tu parles d'un danger… face à six adolescents ?"

"ils ont été rejoints, comme tu sais très bien, par la moitié de l'ordre peu de temps après !" gronda Bellatrix. "Et, à propos de l'ordre, tu refuses toujours d'indiquer le lieu de leur quartier général ?"

"je ne suis pas le Gardien du Secret. Je ne peux pas donner le nom de l'endroit. Tu comprends comment le sortilège fonctionne, je pense ? Le seigneur des ténèbres est satisfait des informations que je lui ai données sur l'ordre. Il a participé, comme tu l'as peut-être deviné, à la capture et au meurtre récent d'Emmeline Vance, et il a certainement aidé à supprimer Sirius Black, bien que je t'aie donné carte blanche pour t'en charger !"

Il releva la tête et la défia. Le visage de Bellatrix ne s'était pas adouci.

" Tu n'as pas répondu à ma dernière question, Rogue. Harry Potter ? Tu pouvais le tuer n'importe quand pendant les cinq dernières années. Tu ne l'as pas fait. Pourquoi ?"

"En as-tu discuté avec le seigneur des ténèbres ?" demanda Rogue.

"Il… récemment, nous… Je te le demande, à toi, Rogue !"

"Si j'avais tué Harry Potter, le seigneur des ténèbres ne pourrait plus employer son sang pour se régénérer, se rendant invincible…"

"tu prétends connaître l'utilisation qu'il a prévu pour ce garçon!" le railla-t-elle.

"Je ne prétends rien. Je n'ai aucune idée de ses plans. J'ai dit que j'avais cru que le seigneur des ténèbres était mort. J'essaye simplement d'expliquer pourquoi il n'était pas désolé que Harry Potter survive, au moins jusqu'à l'an dernier..."

"Mais pourquoi est-il vivant encore maintenant ?"

"M'as-tu compris ? C'était seulement la protection de Dumbledore qui m'a préservé d'Azkaban ! Ne penses-tu pas que l'assassinat de son étudiant préféré aurait pu le retourner contre moi ? Mais il y avait plus que ça. Je dois te rappeler que quand Potter est arrivé la première fois à Poudlard il circulait beaucoup d'histoires sur lui, disant qu'il était lui-même un grand magicien noir, qu'il avait survécu l'attaque du seigneur des ténèbres. En effet, beaucoup de vieux partisans du seigneur des ténèbres pensaient que Potter pouvaient être tout naturellement celui autour duquel nous pourrions tout nous rassembler une fois de plus. J'étais curieux, je l'admets, et pas du tout incliné à l'assassiner dès l'instant où il a mis les pieds dans le château.

"Naturellement, il m'est très rapidement apparu évident qu'il n'avait aucun talent extraordinaire. Il s'est sorti d'un certain nombre de situations difficiles par une simple combinaison de chance et d'amis plus doués. Il est médiocre au dernier degré, cependant aussi désagréable et content de soi qu'était son père avant lui. J'ai fait l'impossible pour le faire renvoyer de Poudlard, où je trouvais qu'il avait à peine le droit d'étudier, mais le tuer, ou permettre qu'il soit tué devant moi ? J'aurais été un imbécile pour courir de tels risques avec la surveillance étroite de Dumbledore."

"Et avec tout ça, nous sommes censés croire que Dumbledore ne t'a jamais suspecté?" demanda Bellatrix. "il n'a aucune idée de ta véritable allégeance, il te fait toujours confiance implicitement ?"

"J'ai bien joué mon rôle !" dit Rogue. "et tu touche à la plus grande faiblesse de Dumbledore : Il croit le meilleur des gens. Je lui ai raconté une fable à propos de remords les plus profonds quand j'ai rejoint son personnel, quittant à jamais les Mangemorts, et il m'a reçu à bras ouverts… Cependant, comme tu penses, je ne pouvais plus me permettre d'utiliser la magie noire en cas de besoin. Dumbledore est grand magicien… OH oui, il l'est ! "(car Bellatrix avait hoqueté)," le seigneur des ténèbres le reconnaît. Je suis heureux de dire, cependant, que Dumbledore vieillit. Le duel avec le seigneur des ténèbres le mois dernier l'a secoué. Depuis, il a subi des dommages sérieux parce que ses réactions sont plus lentes qu'elles ne l'étaient par le passé. Mais au cours de toutes ces années, il ne s'est jamais arrêté faire confiance à Severus Rogue, et cela représente une grande valeur pour le seigneur des ténèbres."

Bellatrix semblait toujours malheureuse, bien qu'elle ait ne plus trop savoir comment attaquer Rogue. Tirant profit de son silence, Rogue se tourna vers sa sœur.

"Maintenant ,à nous Narcissa … tu es venu pour me demander l'aide ?"

Narcissa le regarda, son visage exprimant avec éloquence son désespoir.

"Oui, Severus. I — Je pense que tu es le seul qui puisse m'aider, je n'ai nulle part où me retourner. Lucius est en prison et… "

Elle ferma les yeux et deux grosses larmes s'échappèrent de sous ses paupières.

"le seigneur des ténèbres m'a interdit d'en parler !" continua Narcissa, les yeux toujours fermés. "Il souhaite que personne ne connaisse ses plans. Il est… très secret. Mais…"

"S'il l'a interdit, tu ne dois pas parler !" dit Rogue immédiatement. "Sa parole fait loi."

Narcissa haleta comme s'il elle avait reçu une douche froide. Bellatrix semblait satisfait pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans la maison.

"Voilà !" triompha-t-elle en regardant sa sœur. "Même Rogue te le dit : tu ne dois pas parler. Garde donc silence!"

Mais Rogue s'était levé et dirigé vers la petite fenêtre, regardant au travers des rideaux, la rue abandonnée. Il les referma d'un geste brusque puis se tourna vers Narcissa, en fronçant les sourcils.

"Il se trouve que je sais quelque chose de ce plan." Dit-il à voix basse. "Je suis l'un de ceux auxquels le seigneur des ténèbres en a parlé. Néanmoins, si je n'avais pas été dans le secret, Narcissa, tu aurais été coupable d'une grande trahison envers le seigneur des ténèbres."

"J'ai pensé que tu devais probablement être au courant !" se justifia Narcissa, respirant plus librement. "il te fait confiance aussi, Severus…"

"Tu connais le plan ?" demanda Bellatrix, l'expression passagère de satisfaction remplacée par un regard outragé. "Tu le connais ?"

"Certainement," répondit Rogue. "Mais de quelle aide as-tu besoin, Narcissa ? Si tu t'imagines que je peux persuader le seigneur des ténèbres de changer d'avis, j'ai peur qu'il n'y ait aucun espoir, aucun."

"Severus," chuchota-t-elle , des larmes coulant le long de ses joues pâles.

"mon fils… mon fils unique…"

"Drago devrait être fier !" répliqua Bellatrix indifférente. "Le seigneur des ténèbres lui fait un grand honneur. Et je dirai au sujet de Drago : je crois qu'il ne craint son devoir. Il semble heureux de cette chance de prouver sa valeur, il se passionne à la perspective…"

Narcissa commença à pleurer plus sérieusement, regardant Rogue d'un air suppliant.

"Il n'a que seize ans et n'a aucune idée des mensonges dans cette histoire !

Pourquoi, Severus ? Pourquoi mon fils ? C'est trop dangereux ! C'est la vengeance du seigneur pour l'erreur de Lucius, je le sais!"

Rogue ne dit rien. Il regarda loin d'elle et de ses larmes comme si elles étaient indécentes, mais il ne pouvait pas feindre pour ne pas l'entendre.

"C'est pour ça qu'il a choisi Drago, n'est-ce pas ?" persista-t-elle. "Pour punir Lucius?"

"Si Drago réussit," dit Rogue, regardant loin d'elle, "il sera honoré surtout des autres."

"mais il ne réussira pas!" gémit Narcissa. "comment pourrait-il, quand le seigneur des ténèbres lui-même… ?"

Bellatrix haleta. Narcissa semblait perdre toute maîtrise.

"Je voulais seulement dire… que personne n'a encore réussi… Severus…

s'il te plaît… Tu es, tu as toujours été, le professeur préféré de Drago… Tu es le vieil ami de Lucius… Je t'en prie… Tu es le favori du seigneur des ténèbres, celui en lequel il a le plus confiance… Si tu voulais lui parler, le persuader… ? "

"On ne persuade pas le seigneur des ténèbres et je ne suis pas assez stupide pour l'essayer," répliqua Rogue catégoriquement. "Je ne peux pas faire semblant de croire qu'il n'est pas fâché contre Lucius. Lucius était censé être responsable. Il s'est fait capturer, avec beaucoup d'autres, au cours de la recherche de la prophétie. Oui, le seigneur est fâché, Narcissa, très fâché en effet."

"Alors c'est bien ça, il a choisi Drago pour se venger !" s'obstina Narcissa.

"Il ne compte pas sur lui pour réussir, il veut qu'il soit tué !"

Comme Rogue ne disait rien, Narcissa sembla perdre le peu de self contrôle qui lui restait encore. Se levant, elle chancela vers Rogue et le saisi par sa robe longue. Le visage près du sien, elle avait des larmes qui lui tombaient sur la poitrine et implora, "tu pourrais le faire. Tu pourrais le faire à la place de Drago, Severus. Tu réussirais, naturellement tu serais récompenser au-delà de tout…"

Rogue lui retira sa robe et la pris par les mains. Regardant vers son visage décomposé, il lui dit lentement, "Il me réserve pour le faire à la fin, je pense.

Mais pense que Drago devrait essayer d'abord. Ainsi tu vois, dans le cas peu probable où Drago réussisse, je pourrais rester à Poudlard peu un plus longtemps, accomplissant mon utile rôle d'espion."

"En d'autres termes, il lui importe peu que Drago soit tué!"

"Le seigneur des ténèbres est très fâché," répéta Rogue tranquillement. "Il n'a pas entendu la prophétie. Tu sais comme moi , Narcissa, qu'il ne pardonne pas facilement."

Elle se crispa, se jeta à ses pieds, décomposée et gémissante.

"Mon fils unique… Mon fils unique …"

"Tu devrais être fière!" dit Bellatrix impitoyable. "Si j'avais des fils, je serais heureux de les mettre au service du seigneur des ténèbres !"

Narcissa poussa un cri perçant de désespoir et saisit ses longs cheveux blonds. Rogue se pencha, la saisit par les bras, la souleva et l'aida à se remettre sur le divan. Il lui plaça un verre de vin de force dans sa main.

"Narcissa, ça suffit. Bois ça et écoute-moi !"

Elle s'apaisa. Buvant elle-même le vin, elle a pris une mine plus calme.

"Il serait peut-être possible… que j'aide Drago."

Elle se releva, son visage blanc comme un linge, les yeux immenses.

"Severus — OH, Severus — tu l'aiderais ? Tu t'occuperais de lui, tu veillerais à ce qu'il ne lui arrive rien de mal ?"

"Je peux essayer."

Elle déposa loin son verre. Il glissait encore sur la table qu'elle quittait déjà le divan et s'agenouillait aux pieds de Rogue, lui prenant la main dans les deux siennes, et y posant les lèvres.

"Si tu es là pour le protéger… Severus, le jurerais-tu ? Prononcerais-tu le vœu d'irrévocabilité ?"

"Le vœu d'irrévocabilité ?"

Le visage de Rogue devint livide indéchiffrable. Bellatrix, cependant, émit un gloussement triomphant.

"Entends-tu, Narcissa ? Ah, il essayera, j'en suis sûr… Les mots vides habituels, et l'échappatoire habituelle… OH, sur les ordres du seigneur des ténèbres, naturellement !"

Rogue ne regarda pas Bellatrix. Ses yeux noirs étaient fixés sur ceux de Narcissa, bleus et suppliants, qui continuait à lui tenir la main.

"D'accord, Narcissa, je ferai le vœu d'irrévocabilité !" dit-il tranquillement. "Peut-être que ta sœur consentira à servir de témoin."

La bouche de Bellatrix s'ouvrit. Rogue s'agenouilla à son tour de sorte qu'il se trouva face à face avec Narcissa. Sous le regard fixe étonné de Bellatrix, ils se tinrent par leur main droite.

"tu auras besoin de ta baguette, Bellatrix !" indiqua Rogue froidement.

Elle la fit apparaître, en le regardant toujours avec étonnement.

"Et tu devrais t'approcher un peu plus" ajouta-t-il.

Elle avança d'un pas afin de se tenir au-dessus d'eux, et plaça le bout de sa baguette sur leurs mains liées.

Narcissa parla.

" Toi, Severus, acceptes-tu de protéger mon fils, Drago, pendant qu'il accomplit toutes les volontés du seigneur des ténèbres ?"

"J'accepte !" prononça Rogue.

Une fine langue de flamme brillante sortie de la baguette magique et s'enroula autour de leurs mains comme un fil rouge vif.

"Et acceptes-tu, d'utiliser au maximum toutes tes possibilités pour le protéger contre le mal ?"

"J'accepte !" dit de nouveau Rogue.

Une seconde langue de flamme sortie de la baguette et s'entrelaça avec la première, faisant une fine chaîne rougeoyante.

"Et, si cela devenait nécessaire… si Drago échouait…" chuchota Narcissa (la main de Rogue se contracta dans le sien, mais il ne la retira pas), "tu effectuerais le contrat que le seigneur lui a demandé d'exécuter ?"

Il y un moment de silence. Bellatrix observait, sa baguette magique sur leurs mains étreintes, les yeux au loin.

"J'accepte !" dit une dernière fois Rogue.

Le visage étonné de Bellatrix rougit à la lumière d'une troisième et dernière flamme qui sortit de la baguette, , bondit elle-même autour de leurs mains étreintes et se tressa avec les autres comme un serpent ardent.

Chapitre 3 : Vouloir et ne pas pouvoir

Harry Potter ronflait fort. Il s'était assis sur une chaise près de la fenêtre de sa chambre à coucher depuis presque quatre heures, regardant dehors, dans la rue obscure, et était finalement tombé de sommeil avec un côté du visage appuyé contre le froid carreau de la fenêtre, les lunettes de travers et la bouche grande ouverte. Une légère buée que son souffle avait laissée sur la fenêtre faisait miroiter la lueur orange de l'éclairage public, et la lumière artificielle vidait son visage de toute couleur, de sorte qu'il ressemblait à un fantôme sous une toque de cheveux noirs touffus.

La salle était jonchée de ses diverses possessions et d'un bon nombre de saletés : des plumes de hibou, des trognons de pomme, des emballages posés sur le plancher, et un certain nombre de piles de livres traînaient parmi les robes longues chiffonnées sur son lit. Un paquet de journaux reposait en un tas éclairé sur son bureau. La une s'étalait : HARRY POTTER: L'ELU?

Les rumeurs circulent encore au sujet des récents et mystérieux événements au ministère de la magie, pendant lesquels "Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom" est réapparu.

" On ne nous permet pas d'en parler, ne nous demandez rien ! " disait, agité l'Obliviator, qui a refusé de donner son nom, en quittant le ministère la nuit dernière.

Néanmoins, des sources très bien placées au sein du ministère ont confirmé les événements qui ont eu lieu dans la Salle des Prophéties.

Bien que les employés du ministère de la magie aient jusqu'ici, refusé de confirmer l'existence d'un tel endroit, un nombre de plus en plus important de sorciers croient que les Mangemorts échappés d'Azkaban ont essayé de voler une prophétie. La nature de cette prophétie est inconnue, mais on dit qu'elle concerne Harry Potter, la seule personne jamais connue pour avoir survécu aux massacres, et qui était au ministère la nuit en question. Certains appellent Potter "l'élu" croyant que la prophétie le présente comme la seule personne susceptible de nous débarrasser de Celui Dont Ne Doit Pas Prononcer Le Nom. Le reste de la prophétie, s'il existe, est inconnu, bien que (cf. page 2, colonne 5)

Un second journal couvrait le premier, ce titre bien visible : SCRIMGEOUR SUCCEDE A FUDGE

La majeure partie de cette page consistait en une grande photo noire et blanche d'un homme avec une crinière de lion, ses cheveux épais plus marquant que son visage. L'image se déplaçait — l'homme bougeait.

Rufus Scrimgeour, anciennement Chef des Auror au Département du Renforcement des Lois de la Magie, a succédé à Cornelius Fudge comme ministre de la magie. Le remplacement a été en grande partie salué avec enthousiasme par la communauté des sorciers. On parle cependant d'un froid entre le nouveau ministre et Albus Dumbledore, nouveau directeur adjoint du Magenmagot, qui s'apprête, dans quelques heures, à rencontrer Scrimgeour dans son bureau.

Les proches de Scrimgeour ont admis qu'il avait rencontré Dumbledore immédiatement après sa nouvelle prise de fonctions, mais ils ont refusé de laisser filtrer la moindre remarque en ce qui concerne les sujets abordés au cours de cette entretient. Albus Dumbledore est connu (page de ctd. 3, colonne 2)

À gauche de cet article, il y en avait un autre. Le journal avait été plié de sorte qu'une histoire à propos de garanties faites aux étudiants était visible près du titre.

Le Ministre de la magie, nouvellement nommé, Rufus Scrimgeour, a annoncé aujourd'hui les nouvelles mesures prises par son ministère pour assurer la sécurité des étudiants retournant à l'école de sorcellerie et de magie de Poudlard cet automne.

"Pour des raisons évidentes, le ministère n'entrera pas dans les détails au sujet de ces nouveaux plans rigoureux de sécurité," a dit le ministre, bien qu'un initié ait confirmé que ces mesures incluent des sorts et des charmes de défenses, un choix complexe de contre-malédictions, et la présence d'un petit groupe d'Aurors dont le travail sera consacrer uniquement à la protection de l'école de Poudlard.

"La plupart des gens semble rassurée par l'effort fait par le nouveau pour assurer la sécurité des étudiants." A dit Mrs Augusta Longdubas, "Mon petit-fils, Neville - un bon ami de Harry Potter, a, par ailleurs, combattu les Mangemorts à ses côtés au ministère en juin dernier …

Mais le reste de l'histoire était rendu illisible par une grande cage posée par-dessus. À l'intérieur, on pouvait voir un magnifique hibou couleur de neige. Ses yeux couleur d'ambre examinaient la chambre d'une façon impérieuse, sa tête pivotant de temps en temps pour regarder fixement son maître qui ronflait. Une fois ou deux fois il claqua du bec avec impatience, mais Harry était trop profondément endormi pour l'entendre.

Une grande malle était posée au milieu de la chambre. Elle était ouverte et semblait attendre. Elle était pourtant presque vide mis à part quelques vieux sous-vêtements, des bonbons, des bouteilles d'encre vides, et de crayons cassés qui recouvraient le fond. Tout près, sur le plancher, il y avait une feuille de couleur pourpre décorée avec les mots suivants: PUBLIÉ AU NOM DU ministère de la magie

PROTECTION DE VOTRE MAISON ET DE VOTRE FAMILLE

CONTRE LES FORCES DU MAL.

La communauté des sorciers est actuellement sous la menace d'une organisation appelée "les Mangemorts". Observer les directives simples suivantes de sécurité aidera à vous protéger, vous et votre famille ainsi que votre maison contre des attaques.

1. Il vous est conseillé de ne pas laisser la maison vide.

2. Un soin particulier devrait être pris pendant les heures d'obscurité.

Dans la mesure du possible, il convient de se déplacer avant la tombée de la nuit.

3. I l convient de vérifier les mesures de sécurité autour de votre maison, de vous s'assurer que tous les membres de la famille connaissent toutes les mesures de secours telles que les charmes de bouclier et de Désillusionnement, et, pour les membres de la famille suffisamment âgés, le sort d'Apparition.

4. Mettez-vous d'accord sur des mesures de sécurité avec vos amis et votre famille proche afin de détecter des Mangemorts déguisés en d'autres personnes grâce au breuvage magique, le Polynectar (voir la page 2).

5. Si vous estimez qu'un membre, un collègue, un ami, ou un voisin de famille agit d'une façon étrange, contactez immédiatement le département d'application des lois de la magie. Ils peuvent agir sous l'effet de la malédiction d'Imperius (voir la page 4).

6. Si la marque des ténèbres apparaît au-dessus de n'importe quel logement ou de tout autre bâtiment, N'Y ENTREZ PAS, mais contactez immédiatement le bureau des Aurors.

7. Certains signes, non confirmés, suggèrent que les Mangemorts puissent maintenant employer le sort Inferi (voir la page 10). Toute manifestation de l'Inferius, ou de tout autre sort lui ressemblant, devra être signalée au ministère IMMÉDIATEMENT.

Harry grogna dans son sommeil et son visage glissa jusqu'au, bas de la fenêtre, pouce par pouce, si bien que ses lunettes étaient toujours plus relevées, mais il ne se réveilla pas. Un réveille-matin, réparé par Harry quelques années plus tôt, posé sur la table de nuit, indiquait qu'il était onze heures et une minute et faisait entendre fortement son tic tac. Près de lui, dans la main de Harry, on voyait un morceau de parchemin couvert d'une écriture fine et inclinée. Harry avait lu cette lettre tellement souvent depuis qu'il l'avait reçue, il y a trois jours, qu'elle était maintenant toute plate alors qu'elle était arrivée serrée étroitement en un fin rouleau.

Cher Harry,

Si cela te convient, je viendrai te chercher au 4 Privet Drive, vendredi prochain à 23 heures pour t'accompagner au terrier, où tu as été invité à passer le reste de tes vacances.

De plus, si tu n'y vois pas d'inconvénients, je serais heureux d'avoir ton aide pour une affaire dont j'espère m'occuper sur le chemin du terrier. Je te donnerai plus d'explications quand je te verrai.

Je te saurai gré d'envoyer ta réponse par retour de ce hibou.

Espérant sincèrement te voir ce vendredi,

Albus Dumbledore

Bien qu'il l'ait vite su par cœur, Harry avait jeté un coup d'œil sur cette missive toutes les minutes depuis sept heures du soir, quand il s'était installé pour la première fois près de la fenêtre de sa chambre, d'où il avait une bonne vue sur les deux extrémités de Privet Drive. Il savait qu'il était inutile de relire continuellement le mot de Dumbledore. Harry avait répondu "oui"

par le même hibou en retour, comme cela le lui avait été demandé, et tout ce qu'il pourrait faire maintenant était d'attendre : Ou bien Dumbledore allait venir, ou bien il ne viendrait.

Cependant Harry n'avait pas préparé ses affaires . Il lui semblait que c'était trop beau d'être sauvé des Dursley après seulement deux semaines en leur compagnie. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser que quelque chose irait mal — sa réponse à la lettre de Dumbledore pouvait s'être égarée, Dumbledore avait pu être empêché de la recevoir, la lettre pouvait ne pas être du tout de Dumbledore, mais s'avérer être une plaisanterie ou un piège.

Harry ne s'était pas senti capable de faire ses bagages puis de se voir contraint à les déballer de nouveau. Le seul geste qu'il avait pu faire dans la perspective de son départ avait été d'enfermer Hedwig, son hibou couleur de neige, en sûreté dans sa cage.

Au moment précis où l'aiguille des minutes atteignit le chiffre douze sur son réveil, on vit, par la fenêtre, les lampadaires de la rue s'éteindre.

Harry se réveilla comme si cette soudaine obscurité sonnait comme un signal d'alarme. Il redressa à la hâte ses lunettes et décolla sa joue du carreau de la fenêtre sur laquelle il posa son nez pour loucher vers le bas afin d'apercevoir le trottoir. Une silhouette grande et mince, son manteau flottant

, se déplaçait sur le haut de l'allée.

Harry sursauta comme s'il avait reçu un choc électrique, se leva rapidement de sa chaise, et commença à prendre tout ce qui se trouvait sur le plancher pour le jeter dans sa malle. Alors qu'il lançait un tas de robes longues, deux livres de magie, et une boîte d'agrafes à travers la chambre, la sonnette retentit. En bas, dans le séjour, son oncle Vernon cria, "Qui peut bien venir à cette heure de la nuit?"

Harry se figea, une longue-vue en laiton dans une main et une paire de chaussures dans l'autre. Il avait complètement oublié d'avertir les Dursley que Dumbledore allait venir. À moitié paniqué, se sentant proche du rire, il sauta par-dessus le sac et ouvrit violemment la porte de sa chambre juste à temps pour entendre une voix profonde demander : "Bonsoir. Vous devez être Mr Dursley. Harry ne vous a-t-il pas dit que je venais le chercher ?"

Harry descendit en courant les marches deux par deux, s'arrêtant brusquement à quelques marches du bas, car une longue expérience lui avait appris à rester, autant que possible, hors de portée du bras de son oncle. Là, s'encadrait dans la porte un homme grand et mince avec de longs cheveux d'argent et une longue barbe. Des lunettes en forme de demi-lune étaient posées sur son nez courbé, il portait un long manteau noir et un chapeau pointu. Vernon Dursley, dont la moustache noire était aussi touffue que celle de Dumbledore, et qui portait une robe de chambre grise, regardait fixement le visiteur comme s'il ne pouvait pas en croire ses minuscules yeux.

"Si j'en juge par votre regard incrédule, Harry ne vous a pas prévenu de ma venue !" dit gentiment Dumbledore. "Cependant, laissez-moi présumer que vous m'inviterez chaleureusement dans votre maison. Il est imprudent de s'attarder trop long sur les seuils en des temps si préoccupants."

Il fit vivement un pas par-dessus le seuil et ferma la porte derrière lui.

"Il s'est passé bien du temps depuis ma dernière visite !" remarqua Dumbledore, dévisageant par-dessus son nez tordu l'oncle Vernon. "je dois dire, votre béatitude me réjouit."

Vernon Dursley ne disait rien du tout. Harry ne doutait pas un instant que la parole lui reviendrait bientôt — la palpitation d'une veine sur la tempe de son oncle atteignait un point dangereux — mais quelque chose en Dumbledore semblait lui avoir temporairement coupé le souffle. Ce pouvait être l'allure flagrante de sorcier, mais ce pouvait être, aussi, du au fait que l'oncle Vernon sentait qu'il s'agissait d'un homme qui serait très difficile à intimider.

"Ah, bonsoir Harry," dit Dumbledore, regardant autour de lui par-dessus ses lunettes demi-lunes, un air de satisfaction sur le visage. " C'est très bien!

Très bien !"

Ces paroles semblèrent secouer l'Oncle Vernon. Il était clair qu'en ce qui le concernait, quiconque regardait Harry en disant "Très bien !", était quelqu'un avec lequel il ne pourrait jamais s'entendre.

" Je ne veux pas être grossier…" commença-t-il, martelant avec impolitesse chaque syllabe.

"… encore que, malheureusement, l'impolitesse de votre ton semble plutôt alarmante," l'interrompit gravement Dumbledore. "Mieux vaut ne dire rien du tout, cher monsieur. Ah, et voici probablement Pétunia."

La porte de la cuisine s'était ouverte, et la tante de Harry apparut, des gants en caoutchouc sur les mains et une robe de chambre par-dessus sa chemise de nuit, clairement à mi-chemin entre le moment habituel d'aller se coucher et le coup de nettoyage sur toutes les surfaces de la cuisine. Son visage plutôt chevalin n'exprimait rien d'autre que la surprise.

"Albus Dumbledore," dit Dumbledore, car l'Oncle Vernon ne faisait pas les présentations. "Nous nous sommes écrit, naturellement." Harry pensa que c'était une manière habile de rappeler à tante Pétunia qu'il lui avait, par le passé, envoyée une beuglante, mais tante Pétunia ne releva pas le défi. "et ceci doit être votre fils, Dudley?"

Dudley s'encadrait à ce moment dans la porte du séjour, sa grosse tête blonde sortant du col étroit de son pyjama. Il semblait curieusement désincarné, sa bouche béant d'étonnement et de bêtise. Dumbledore attendit un moment ou deux, apparemment pour voir si l'un des Dursley allait dire quelque chose, mais comme le silence se prolongeait, il sourit.

"Nous supposerons que vous m'avez invité à passer dans le salon ?"

Dudley s'écarta quand Dumbledore passa près de lui. Harry, tenant toujours la longue vue et ses chaussures, sauta les dernières marches et suivit Dumbledore, qui s'était installé dans un fauteuil le plus près possible du feu et avait en observant autour de lui un air légèrement intéressé. Il dénotait extraordinairement dans cet environnement .

"Ne… ne partons-nous pas professeur ?" demanda impatiemment Harry.

"Oui, bien sûr , mais il y a quelques petites choses dont nous avons besoin de parler d'abord !" répondit Dumbledore. "et je préférais ne pas le faire ainsi dans l'entrée. Nous n'abuserons pas trop longtemps de l'hospitalité de ta tante et de ton oncle."

" Vous restez ?"

Vernon Dursley entra dans le séjour, Pétunia près de lui, et Dudley juste derrière eux deux.

"Oui " dit simplement Dumbledore "Je reste."

Il sortit sa baguette magique si rapidement que Harry la vit à peine. D'une petite chiquenaude, le divan glissa sur le sol et se cogna aux genoux de chacun des trois Dursley de sorte qu'ils s'effondrèrent tous dessus. D'une autre chiquenaude le divan reprit sa position originale.

"Nous serons mieux installés !" plaisanta Dumbledore.

Alors qu'il remettait sa baguette dans sa poche, Harry vit que sa main était noire et flétrie. il semblait que la peau avait été brûlée.

"Professeur … Qu'est-ce qui est arrivé à votre… ?"

"Plus tard, Harry," dit Dumbledore. "S'il te plaît, assieds-toi."

Harry prit le fauteuil restant, choisissant de ne pas regarder les Dursley, qui semblaient murés dans leur silence.

"J'aurais présumé que vous alliez m'offrir un rafraîchissement !" dit Dumbledore à l'Oncle Vernon, " mais jusqu'ici il semble évident que ce serait optimiste d'attendre une telle bêtise."

Un troisième coup de baguette, et une bouteille poussiéreuse ainsi que cinq verres apparurent dedans eux, entre ciel et terre. La bouteille s'inclina et versa une généreuse mesure de liquide couleur de miel dans chacun des verres, qui flottèrent ensuite vers chaque personne de la pièce.

"Le meilleur de Mrs Rosmerta, vieilli en fût de chêne !" reprit Dumbledore, levant son verre à Harry, qui attrapa le sien et bu. Il n'avait jamais goûté quelque chose comme cela auparavant, mais il l'appréciait grandement. Les Dursley, se jetant rapidement des regards effrayés les uns aux autres, essayaient d'ignorer complètement leur verre, un exploit difficile, car ceux-ci leur poussaient doucement le coude vers la tête. Harry ne pouvait pas s'empêcher de soupçonner Dumbledore d'y prendre plaisir.

"Bon, Harry !" continua Dumbledore, en se tournant vers lui " Il y a une difficulté qui a surgi et j'espère que tu pourras la résoudre pour nous. Par

"nous", j'entends "l'ordre du Phœnix". Mais, avant tout, je dois te dire que le testament de Sirius a été découvert, il y a une semaine et qu'il t'a laissé tout ce qu'il possédait."

Sur le divan, la tête d'Oncle Vernon se tourna, mais Harry ne le regarda pas, et n'était pas capable de dire quoi que ce soit à l'exception de " Oh !

bon!"

"C'est, en tout cas, assez franc !" poursuivit Dumbledore. " D'une part, cela augmente ton compte chez Gringott d'une quantité raisonnable d'or, et d'autre part, tu hérites de toutes les possessions personnelles de Sirius. Le seul problème de cet héritage…"

"Son parrain, mort ?" cria fort l'Oncle Vernon depuis sa place.

Dumbledore et Harry se tournèrent tous les deux pour le regarder. Le verre continuait, de plus en plus insistant, à lui pousser le coude vers la tête.

Oncle Vernon essayait de l'éloigner. "Il est mort ? Son parrain?"

"Oui" répondit Dumbledore. Il ne demanda pas à Harry pourquoi il n'avait rien dit aux Dursley. "Notre problème," continua-t-il pour Harry, comme s'il n'avait pas été interrompu, "c'est que Sirius t'a également légué la maison du 12 Place Grimmaurd."

"Il a laissé une maison ?" clama l'Oncle Vernon avidement, ses petits yeux s'étrécissant, mais personne ne lui répondit.

"Vous pouvez continuer à l'utiliser comme quartier général." dit Harry. "

Je ne m'inquiète pas. Vous pouvez l'avoir, je n'en veux pas vraiment." Harry n'y pas mis les pieds plus d'une douzaine de fois comme si Place Grimmaurd pouvait l'aider à supporter l'absence de Sirius !. Il pensait que cet endroit serait hanté pour toujours par la mémoire de Sirius rôdant seul dans les pièces humides et sombres, prisonnier d'un endroit qu'il avait voulu si désespérément quitter.

"C'est généreux," dit Dumbledore. " Nous avons, cependant, évacué temporairement ce lieu."

"Pourquoi?"

"Bien," répondit Dumbledore, ignorant les murmures de l'Oncle Vernon, qui était maintenant frappé vivement sur la tête par le verre qui voulait être but, " La tradition dans la famille Black était que la maison devait être transmise en ligne directe, au dernier mâle portant le nom de 'Black.' Sirius était le tout dernier de la lignée puisque son plus jeune frère, Regulus, est décédé avant lui et tous les deux n'avaient pas d'enfant. Malgré sa volonté très claire de te laisser la propriété de la maison, il est néanmoins possible que certains sorts ou sortilèges y aient été placé pour s'assurer qu'aucune autre personne qu'un Sang-Pur ne puisse être en sa possession !"

Une image très claire du portait de la mère de Sirius crachant et poussant des cris perçants, qui avait accroché dans le couloir du 12 place Grimmaurd apparut dans l'esprit de Harry. "Je parierai que c'est le cas !".

"Tout à fait !" dit Dumbledore. "Et si un tel sortilège existe, alors la propriété de la maison est le plus susceptible de devenir la propriété du plus âgé des parents encore vivants de Sirius, c'est à dire sa cousine, Bellatrix Lestrange."

Sans réaliser ce qu'il faisait, Harry bondit sur ses pieds. La longue-vue et les chaussures, dans son élan, roulèrent à travers le plancher. Bellatrix Lestrange, la responsable de la mort de Sirius, hériter de sa maison ?

"Non !".

"Bien, évidemment nous préférerions qu'elle ne l'obtienne pas non plus !"

dit Dumbledore calmement. "la situation est très compliquée. Nous ne savons pas si les sortilèges que nous y avons placés nous-mêmes, par exemple ceux contre les conspirations, se maintiendront maintenant que la propriété a quitté les mains de Sirius. Il se pourrait que Bellatrix s'y présente à tout moment. Naturellement nous avons dû quitter cet endroit jusqu'au moment où nous serons plus amplement éclairés."

"mais comment allez-vous faire pour découvrir si je peux en être propriétaire ?"

"heureusement," dit Dumbledore, "il existe un test simple."

Il posa son verre vide sur une petite table près de sa chaise, mais avant qu'il puisse faire quoi que ce soit d'autre, l'Oncle Vernon cria, "Tu obtiendras ces choses vermeilles en dehors de nous?"

Harry se retourna. Chacun des trois Dursley se recroquevillait avec les bras au-dessus de la tête pendant que leur verre rebondissaient du haut vers le bas sur leur crâne, en en renversant partout le contenu .

"OH, je suis si désolé !" dit Dumbledore poliment, et il leva encore sa baguette. Les trois verres disparurent. "Vous auriez mieux fait de boire, vous savez !"

Il semblait que l'Oncle Vernon allait éclater dans une quantité d'imprécation désagréable, mais il se recroquevilla de nouveau dans les coussins avec tante Pétunia et Dudley et ne dit rien, gardant ses petits yeux porcins posés sur la baguette de Dumbledore.

"Tu vois," poursuivit Dumbledore, se tournant de nouveau vers Harry et continuant à parler comme si l'Oncle Vernon n'avait rien dit, "Si tu as hérité de la maison, tu as également hérité…"

Il remua légèrement sa baguette une cinquième fois. Il y eut comme une déchirure et un elfe de maison apparut, avec un museau au lieu du nez, des oreilles géantes, et d'énormes yeux injectés de sang. L'elfe se tapissait sur les poils du des Dursley et était vêtu de chiffons crasseux. Tante Pétunia poussa un cri perçant, horrifiée. Rien d'aussi dégoûtant n'était entré dans sa maison de toute sa vie. Dudley retira ses grands pieds, nus et roses du plancher et les releva presque au-dessus de sa tête, comme s'il pensait que la créature pouvait le long des jambes de son pantalon de pyjama, et l'Oncle Vernon beugla, "Qui diable est celui-ci ?"

"Kreattur !" conclut Dumbledore.

"Kreattur ne veut pas, Kreattur ne veut pas, Kreattur ne veut pas !"

croassait l'elfe, aussi fort que l'Oncle Vernon, rentrant ses longs pieds noueux et tirant sur ses grandes oreilles. "Kreattur appartient à Mlle Bellatrix, OH oui, Kreattur appartient aux Black, Kreattur veut sa nouvelle maîtresse, Kreattur ne veut pas aller avec ce sale gosse de Potter, Kreattur ne veut pas, non, non, non… !"

"Comme tu le vois, Harry," reprit plus fort Dumbledore, tandis que les coassements de Kreattur se poursuivaient "Ne veut pas , non , non !"

"Kreattur ne doute aucunement du fait qu'il est devenu ta propriété."

"Qu'il ne s'inquiète pas !" lança Harry, regardant avec un dégoût évident de rejet, l'elfe de maison. "Je ne le veux pas !"

"Non, non, non, non, non !"

"tu préférerais qu'il devienne la propriété de Bellatrix Lestrange ? Sachant qu'il a vécu au siège social de l'ordre du Phœnix cette dernière année?"

"Non, non, non, non, non !"

Harry regarda fixement Dumbledore. Il savait que Kreattur ne pouvait pas être autorisé pour aller vivre chez Bellatrix Lestrange, mais l'idée de posséder, d'avoir la responsabilité de la créature qui avait trahi Sirius, était répugnante.

"Donne-lui un ordre !" dit Dumbledore. "si tu es son propriétaire, il devra obéir. S'il ne le fait pas, alors nous devrons penser à d'autres moyens pour l'empêcher de rejoindre sa légitime maîtresse."

"Non, non, non, non, NON !"

La voix de Kreattur était devenue un cri perçant. Harry ne trouva rien d'autre à dire que "Kreattur, la ferme-la !"

Il y eut un moment où Kreattur sembla résister. Il se saisit la gorge, sa bouche s'ouvrant toujours furieusement, les yeux exorbités. Après quelques secondes de suffocation, il plongea son visage dans le tapis (tante Pétunia pleurnichait) et battit le plancher des mains et des pieds, donnant libre court à une violente mais entièrement silencieuse, mauvaise humeur.

" Bien, cela simplifie tout ! " dit gaiement Dumbledore. "Cela signifie que Sirius savait ce qu'il faisait. Tu es donc le légitime propriétaire du 12 place Grimmaurd et de Kreattur."

" Je… je dois le garder avec moi ?" demanda Harry, consterné, à l'idée d'avoir toujours Kreattur fourré dans ses bottes.

"Pas si tu ne le veux pas !" dit Dumbledore. "Si je peux te faire une suggestion : je crois que tu pourrais l'envoyer à Poudlard pour y travailler dans les cuisines. De cette façon, les autres elfes de maison pourront garder un œil sur lui."

"Ouais !" accepta Harry soulagé, "Ouais, je ferai comme ça. Heu…

Kreattur… Je veux que tu ailles à Poudlard et que travailles dans les cuisines avec les autres elfes de maison."

Kreattur, qui se trouvait alors couché sur le dos avec les bras et les jambes vers le plafond, jeta à Harry un regard rempli d'une haine profonde et, par une autre déchirure, disparut.

"Bien !" dit Dumbledore. " Il y a également le problème de l'hippogriffe, Buck. Hagrid s'est occupé de lui depuis la mort de Sirius, mais cet animal est à toi maintenant, et si tu préfères prendre d'autres arrangements… "

"Non !" répondit Harry immédiatement, "Il peut rester avec Hagrid. Je pense que Buck lui-même préférerait cela."

" Hagrid sera enchanté !" sourit Dumbledore. " Il était tout frétillant de revoir Buck. Par ailleurs, nous avons décidé, dans l'intérêt de la sûreté de Buck, de le rebaptiser Witherwings pour l'instant, bien que je doute que le ministère puisse jamais deviner qu'il s'agit de l'hippogriffe qu'ils avaient condamné à la mort. Maintenant, Harry, ta malle est-elle prête ?"

Heu…

"Douterais-tu que je parte d'ici ?" Dumbledore suggéra astucieusement.

"Je vais juste et… heu… finir." dit à la hâte Harry, en se dépêchant de prendre sa longue-vue et ses chaussures sur le sol.

Il mit plus de dix minutes à retrouver tout ce dont il avait besoin. Enfin il parvint à extraire son manteau d'invisibilité de sous le lit, à rabattre le couvercle sur son flacon d'encre qui changeait de couleur, et à forcer son chaudron à rentrer dans sa malle. Puis, soulevant celle-ci dans une main et tenant la cage d'Hedwig dans l'autre, il tourna le dos à sa chambre.

Il fut déçu de découvrir que Dumbledore ne l'attendait pas dans l'entrée, qui a signifiait qu'il devait retourner dans Le séjour.

Personne ne parlait. Dumbledore ronflait tranquillement, apparemment tout à fait à son aise, mais l'atmosphère était à couper au couteau, et Harry n'osa pas regarder les Dursley pendant qu'il disait, "Professeur… maintenant, je suis prêt."

"Bon," dit Dumbledore. "Juste une dernière chose, puis…" Et il se tourna pour parler aux Dursley une dernière fois.

"Comme vous en serez informé, Harry arrive dans un an à l'âge de…"

"Non !" dit tante Pétunia, parlant pour la première fois depuis l'arrivée de Dumbledore.

"Désolé ?" demanda poliment Dumbledore.

"Non, pas un an ! Il a un mois de moins que Dudley, et Duddy n'aura dix-huit ans que dans deux ans."

"Ah !" répliqua Dumbledore joyeusement, "Mais dans le monde des sorciers, nous sommes majeurs dès l'âge de dix-sept ans."

L'Oncle Vernon murmura, " Absurde ! "mais Dumbledore l'ignora,

"Maintenant, comme vous le savez déjà, le sorcier que l'on appelle Lord Voldemort est de retour dans le pays. La communauté des sorciers est actuellement en état de guerre déclarée. Harry, que Lord Voldemort a déjà essayé de tuer en plusieurs occasions, est encore en plus grand danger aujourd'hui que le jour où je l'ai laissé sur le seuil de votre maison, il y a quinze ans, avec une lettre vous expliquant les circonstances du meurtre de ses parents et exprimant l'espoir que vous vous occuperiez de lui comme s'il était votre propre fils."

Dumbledore fit une pause, et bien que sa voix soit demeurée légère et calme, et qu'il ne laissa paraître aucun signe évident de colère, Harry sentit une sorte de froideur émaner de lui et nota que les Dursley se tenaient très légèrement plus proches les uns des autres.

"Vous n'avez pas fait ce que j'ai demandé. Vous n'avez jamais traité Harry comme un fils. Il n'a rien connu d'autre que la négligence et souvent la cruauté entre vos mains. Le meilleur que l'on puisse en dire est qu'il a au moins échappé aux dommages épouvantables que vous avez infligé au malheureux garçon assis entre vous."

La tante Pétunia et l'Oncle Vernon regardèrent instinctivement autour d'eux, comme s'ils pensaient voir quelqu'un autre que Dudley serré entre eux deux.

"Nous… maltraiter Duddy ? Qu'est-ce qui… ? " commença Vernon furieusement, mais Dumbledore leva son doigt pour obtenir le silence, un silence qui tomba comme s'il avait rendu l'Oncle Vernon sourd et muet.

" La magie que j'ai évoquée, il y a quinze ans était un moyen d'assurer à Harry une protection puissante tant qu'il pouvait encore appeler cette maison

"sa maison". Cependant, il a été malheureux ici, de manière fâcheuse, même maltraité, vous lui avez au moins permis, même à contrecœur, d'avoir une maison. Cette magie cessera de fonctionner dès que Harry aura dix-sept ans.

En d'autres termes, au moment où il deviendra un homme. Je vous demande seulement ceci : permettez à Harry de revenir ici, une fois de plus, dans cette maison, avant son dix-septième anniversaire, cela continuera à lui assurer une protection pendant ce temps."

Aucun des Dursley ne dit quoi que ce soit. Dudley fronçait les sourcils légèrement, comme s'il essayait toujours de comprendre quand il avait jamais été maltraité. Vernon semblait avoir quelque chose de coincé dans la gorge. Pétunia, cependant, était étrangement rouge.

"Bon, Harry... Il est temps pour nous d'y aller !" dit finalement Dumbledore, se levant et réajustant son long manteau noir. "À la prochaine!"

ajouta-t-il pour les Dursley, qui le regardaient comme si ce moment pouvait toujours attendre quant à eux, et après avoir ôté son chapeau, les salua.

"Au revoir !" fit rapidement Harry aux Dursley, et il suivit Dumbledore, qui s'arrêta près de la malle de Harry, sur laquelle était posée la cage de Hedwig.

"Nous n'allons pas nous encombrer avec tout ça en ce moment !"

remarqua-t-il, et il sortit de nouveau sa baguette. "Je vais les envoyer au terrier où ils nous attendront. Cependant, je voudrais que tu prennes ton manteau d'invisibilité… juste pour le cas ou."

Harry sortit son manteau de la malle avec une certaine difficulté, essayant de cacher à Dumbledore le désordre à l'intérieur. Quand il l'eut finalement retiré d'une poche à l'intérieure d'une veste, Dumbledore fit onduler sa baguette au-dessus, du sac qui disparut ainsi que la cage d'Hedwig.

Dumbledore remua encore sa baguette, et la porte s'ouvrit sur l'obscurité fraîche et brumeuse.

"Et maintenant, Harry, allons dehors dans la nuit et poursuivons que les tentatrices et frivoles aventures."

Chapitre 4 : Horace Slughorn

Malgré le fait qu'il avait passé chaque moment de veille ces derniers jours à espérer vainement la venue de Dumbledore, Harry s'était senti plutôt mal à l'aise de partir avec lui de Privet Drive. Il n'avait jamais eu de conversation avec le directeur en dehors de Poudlard. Il y avait généralement un bureau entre eux. Le souvenir de leur dernier face à face, augmentait l'embarras d'Harry. Il avait crié beaucoup à cette occasion, sans parler des très estimables possessions de Dumbledore qu'il avait cassées .

Dumbledore, cependant, semblait complètement détendu.

"Garde ta baguette magique prête, Harry," dit-il soudain.

"Mais je croyais que je n'avais pas le droit de faire de la magie en dehors de l'école, professeur ?"

"S'il y a une attaque, je te donne la permission d'utiliser quelques sorts de défense ou de malédiction. Cependant, je ne pense pas que tu aies besoin de te soucier d'une attaque, ce soir."

"Pourquoi, professeur?"

"Tu es avec moi !" répondit simplement Dumbledore. " Ça devrait suffire, Harry."

Il s'arrêta brusquement à l'extrémité de Privet Drive.

"Tu n'as pas encore passé tes tests de transplanage ?" demanda-t-il.

"Non," dit Harry. "Je croyais qu'il fallait avoir dix-sept ans ?"

"C'est le cas, en effet" acquiesça Dumbledore. " Tu devras donc me tenir bien fermement. À ma gauche, si ça ne te gêne pas ; — comme tu sais, mon côté droit est un peu fragile à l'heure actuelle."

Harry prit le bras que lui offrait Dumbledore.

"Très bien !" dit Dumbledore. "Bien, allons-y !"

Harry sentit le bras de Dumbledore s'éloigner de lui et s'agrippa plus fort.

Ce qu'il ressentit ensuite, c'est une impression de noir total. Il était compressé très fortement de partout, il ne pouvait pas respirer, il avait l'impression que des bandes de fer étaient enroulées autour de sa poitrine, ses yeux semblaient repoussés à l'intérieur de sa tête ; ses tympans étaient plus profondément enfoncés dans son crâne et alors …

Il aspira à grandes bouffées l'air froid de la nuit et ouvrit ses yeux qui coulaient. Il s'était senti comme si on l'avait comprimé dans un tube en caoutchouc très serré. Il lui fallut quelques secondes avant qu'il ne réalise que Privet Drive avait disparu. Lui et Dumbledore étaient maintenant près de la place d'un village qui semblait abandonné, au centre duquel se dressait un vieux mémorial de guerre entouré de quelques bancs. Son esprit lui revint avec les sens, et Harry réalisa qu'il avait transplané pour la première fois de sa vie.

"Tout va bien ?" lui demanda Dumbledore, le regardant avec sollicitude.

"on s'habitue à cette sensation à l'usage."

"Je vais très bien," répondit Harry, en se frottant les oreilles, qui semblaient avoir quittée Privet Drive plutôt à contrecœur. "mais je pense que je préfère les balais…"

Dumbledore sourit, replaça son manteau un peu mieux autour de son cou, et dit "Allons-y !"

Il s'éloigna d'un pas rapide, passant devant une auberge vide et quelques maisons. À en croire l'horloge d'une église voisine, il était presque minuit.

" Dis-moi, Harry ? "demanda Dumbledore. "Ta cicatrice… te fait-elle mal

?"

Harry dirigea inconsciemment une main vers son front et y frotta la marque en forme d'éclair.

"Non ! et je me suis interrogé, à ce propos... Je pensais qu'elle me brûlerait tout le temps maintenant que Voldemort est redevenu si puissant."

Il jeta un coup d'œil vers Dumbledore et vit qu'il affichait une expression satisfaite.

" Moi, à l'inverse," expliqua Dumbledore "J'ai pensé que Voldemort avait finalement compris qu'il était dangereux de te laisser le libre accès à ses pensées et ses sentiments comme tu l'avais fait. Il pratique probablement l'Occlumencie pour t'éloigner de ses pensées ."

"Eh bien, je ne m'en plains pas !" s'exclama Harry, auquel ni les rêves inquiétants, ni les flashes alarmant, ni l'intrusion dans l'esprit de Voldemort ne manquaient.

Ils tournèrent le coin d'une rue, passèrent près d'une cabine téléphonique et d'un arrêt de bus. Harry regarda longuement Dumbledore.

"Professeur?"

"Harry?"

"Heu… Où allons-nous exactement ?"

"Ceci, Harry, est un charmant village qui s'appelle Budleigh Babberton."

"Et que venons-nous y faire ?"

"Ah oui, bien sûr, je ne t'en ai pas parlé ! " s'exclama Dumbledore. " Bien, j'ai perdu le compte du nombre de fois où j'ai dit ça ces dernières années, mais de nouveau, il nous manque un membre du personnel enseignant. Nous sommes ici pour persuader un de mes vieux collègues de sortir de sa retraite pour retourner enseigner à Poudlard."

"Comment pourrais-je vous aider, professeur ?"

"Oh, je pense que nous trouverons comment t'employer !" répondit vaguement Dumbledore. " C'est sur la gauche, Harry."

Ils progressèrent vers le haut d'une rue raide et étroite bordée de maisons.

Toutes les fenêtres étaient obscurcies. Le froid étrange qui s'était trouvé au-dessus de Privet Drive pendant deux semaines persistait ici également.

Pensant aux détraqueurs, Harry coula un regard par-dessus son épaule et saisit sa baguette à l'intérieur de sa poche.

" Professeur, pourquoi ne pouvions nous pas transplaner tout près ou directement dans la maison de votre vieux collègue?"

" Parce que ce serait aussi grossier que de donner un coup de pied au bas de la porte d'entrée ! " répondit Dumbledore. "La courtoisie nous apprend que nous devons laisser à des magiciens, des camarades l'occasion de nous refuser l'entrée. De toute façon, la plupart des logements de sorciers sont protégés par la magie contre les transplanages indésirables. À Poudlard, par exemple…"

"— On ne peut pas transplaner n'importe où à l'intérieur des bâtiments ou des parcs" reconnu rapidement Harry. "Hermione Granger me l'a appris."

"Et elle a raison. Nous tournons encore à gauche."

Minuit sonna à l'horloge du clocher derrière eux. Harry se demandait pourquoi Dumbledore ne trouvait pas grossier de rendre visite à un vieux collègue si tard, mais maintenant que la conversation était lancée, il avait toujours plus de questions.

"Professeur, J'ai vu dans la "gazette du sorcier" que Fudge avait été limogé..."

"C'est exact !" répondit Dumbledore, indiquant une rue sur le côté. "Il a été remplacé, comme tu le sais sûrement, par Rufus Scrimgeour, qui était précédemment le chef des Aurors."

"Est-il… Pensez-vous qu'il est bien ?" osa Harry.

"Question intéressante …" approuva Dumbledore. "Il est capable, c'est certain. Une personnalité plus décisive et plus puissante que Cornelius."

"Oui, mais je voulais dire…"

"Je sais ce que tu voulais dire. Rufus est un homme d'action et, ayant combattu les magiciens noirs la majeure partie de sa vie. Il ne sous-estime pas Lord Voldemort."

Harry attendit, mais Dumbledore n'ajouta rien sur le désaccord, rapporté par la "gazette du sorcier" qui l'opposait à Scrimgeour et il n'osa pas poursuivre sur ce sujet. Il passa donc à autre chose "Et... professeur... J'ai lu ce qu'ils disaient sur Mrs Bones."

"Oui !" fit Dumbledore tranquillement. "Une terrible perte. C'était une grande sorcière. Montons ici, je pense… aïe !"

Il s'était cogné sur sa main blessée.

"Professeur, qu'est-ce qui est arrivé à votre…?"

"Je n'ai pas le temps de te l'expliquer maintenant." L'interrompit Dumbledore. "C'est une histoire palpitante. Je veux lui rendre justice."

Il sourit à Harry, qui comprit qu'il n'était pas repoussé, et qu'il avait la permission de continuer à poser des questions.

"Professeur… J'ai reçu, par hibou, du ministère un tract sur des mesures de sécurité que nous devrions tous prendre contre les Mangemorts..."

"Oui, je l'ai reçu également !" indiqua Dumbledore, toujours souriant. "

Tu l'as trouvé utile?"

"Pas vraiment."

"Non, je ne pense pas en effet. Tu ne m'as pas demandé, par exemple, quelle est ma confiture préférée, et tu n'as pas vérifié que j'étais réellement le professeur Dumbledore et pas un imposteur."

"Je ne …" commença Harry, se demandant s'il avait été réprimandé ou pas.

"Pour le futur, Harry, c'est framboise… bien que naturellement, si j'étais un Mangemort, j'aurai commencé par rechercher ce genre de renseignement avant d'emprunter une personnalité !"

"Heu... bien ! sur ce papier, ils parlent du sort d'Inferi. Qu'est-ce que c'est exactement ? Le papier n'était pas très clair."

" Ce sont des cadavres." dit Dumbledore calmement. " Des corps morts qui ont été enchantés pour servir la magie noire. On n'a pas vu d'Inferi depuis longtemps, en tout cas, pas depuis que Voldemort était tout puissant… Il a tué assez de personnes pour en faire une armée, naturellement. C'est ici, Harry, juste ici… "

Ils étaient près d'une petite maison de pierres au milieu d'un jardin. Harry était trop occupé à digérer l'horrible image d'Inferi pour faire beaucoup d'attention au lieu, mais avant qu'ils atteignent la porte, Dumbledore s'arrêta net et Harry lui rentra dedans.

"Oh ! Oh mon cher."

Harry suivit précautionneusement son regard vers la maison et sentit son cœur s'arrêter. La porte d'entrée était entrouverte.

Dumbledore jeta un coup d'œil vers la rue. Tout semblait abandonné.

"Sort ta baguette et suis-moi, Harry.".

Il ouvrit le portillon et avança vite et silencieusement le long de l'allée, Harry sur ses talons. Là, il poussa la porte d'entrée très lentement, sa baguette magique prête à toute éventualité.

"Lumos."

Le bout de la baguette de Dumbledore s'enflamma, éclairant un vestibule étroit. Sur la gauche, s'ouvrait une autre porte. Tenant haut sa baguette, Dumbledore avança dans le salon, Harry juste derrière lui.

Une scène de complète dévastation s'offrait à leurs yeux. Une horloge contoise était brisée à leurs pieds, son cadran fendu, son pendule se trouvant plus loin comme une épée abandonnée. Un piano était renversé, ses touches répandues sur le sol. L'épave d'un lustre tombé se trouvait tout près. On voyait de nombreux coussins éventrés, perdant leurs plumes par des trous sur les côtés. Des tessons de verre et de porcelaine étaient répandus partout comme si on les avait saupoudrés sur l'ensemble de la pièce. Dumbledore leva sa baguette un peu plus haute, de sorte que la lumière puisse se réfléchir sur les murs, sur lesquels on voyait des éclaboussures d'un liquide obscurément rouge et visqueux par-dessus le papier peint. Harry respirait à petits coups pendant que Dumbledore regardait autour de lui.

"Pas joli, n'est ce pas ? Oui, quelque chose d'horrible s'est produit ici."

Dumbledore avança soigneusement vers le milieu de la salle, repoussant le lustre du pied. Harry le suivit, regardant fixement autour de lui, à moitié effrayé par ce qu'ils pourraient trouver derrière l'épave du piano ou du canapé retourné, mais nulle part, on n'apercevait trace d'un corps.

"Il y a peut-être eu une bagarre… et ils sont allés plus loin, professeur?"

suggéra Harry, essayant de ne pas penser à l'état dans lequel se trouvait une personne qui avait laissé les tâches à mi-hauteur des murs.

"Je ne pense pas !" répondit Dumbledore tranquillement, observant l'arrière d'un fauteuil rembourré près de lui.

"Vous croyez qu'il est… ?"

" Toujours ici quelque part ? Oui."

Et sans avertissement, Dumbledore comme une flèche, plongea le bout de sa baguette magique dans le coussin du fauteuil, qui hurla, "aïe!"

"Bonsoir, Horace !" salua Dumbledore, en se redressant.

Harry en était bouche bée. Un homme se faufilait par une déchirure sur l'avant du fauteuil. Cet homme était excessivement gros, chauve, vieux et se frottait le bas du ventre en louchant vers Dumbledore avec un œil triste et larmoyant.

"Il n'y avait aucun besoin de me piquer aussi fort avec ta baguette."

Grogna-t-il en se remettant sur ses pieds. "Tu m'as fait mal !"

La lumière magique se refléta sur son crâne luisant, ses yeux globuleux, son énorme moustache argentée, à la gauloise, les boutons fortement polis de la veste en velours marron qu'il portait au-dessus d'un pyjama en soie couleur lilas. Le haut de sa tête atteignait à peine le menton de Dumbledore.

"Qu'est-ce qui vous amène ?" grogna-t-il en chancelant sur ses pieds, et frottant toujours le bas de son ventre. Il semblait remarquablement peu intimidé pour un homme qui venait d'être découvert à l'intérieur d'un fauteuil.

"Mon cher Horace," dit Dumbledore, amusé, "Si les Mangemorts étaient vraiment venus te chercher, la marque des ténèbres serait visible au-dessus de la maison."

Le magicien se frappa le front avec une main .

"la marque des ténèbres" chuchota-t-il. "Je savais qu'il y avait quelque chose... ah bien ! Je n'aurais pas eu le temps de toute façon, J'en étais juste aux finitions de la tapisserie quand tu es entré ici."

Il poussa un grand soupir qui fit bouger les extrémités de sa moustache.

" Acceptes-tu que je t'apporte mon aide ?" demanda poliment Dumbledore.

"S'il te plaît !" répondit l'autre.

Ils se mirent dos à dos, un sorcier mince et grand d'un côté, l'autre petit et dodu de l'autre. Ils remuèrent leur baguette dans un même mouvement rapide.

Les meubles se replacèrent dans leur position d'origine. les lustres reprirent leur place entre ciel et terre, les plumes retournèrent dans leurs coussins, les livres déchirés se réparèrent alors qu'ils débarquaient sur leurs étagères, les lampes à huile se posèrent sur les guéridons et s'allumèrent, la collection de bibelots, de cadres et de tableaux cassés volèrent en scintillant à travers la pièce et se posèrent intacts sur un bureau , les déchirures, les fissures, et les trous se comblèrent partout, et les murs se nettoyèrent.

"Quel genre de sang était ce ?" se permit de demander Dumbledore faisant sonner la pendule contoise.

"Sur les murs ? Sang de dragon ! " cria le sorcier appelé Horace qui dans un tintement de cristal, revissait le lustre au plafond.

Il y eut encore un bruit de piano puis ce fut le silence.

"Oui, de dragon" répéta le sorcier sur le ton de la conversation. " Ma dernière bouteille, et les prix sont devenus extrêmement hauts à l'heure actuelle. Ça devrait pouvoir resservir !"

Il ramassa une petite bouteille de cristal posée sur un buffet et la présenta à la lumière en examinant le liquide épais à l'intérieur.

"Humm. Plus que quelques gouttes !"

Il remis la bouteille sur le buffet et soupira. C'est alors que ses yeux tombèrent sur Harry.

"Oho," dit-il, ses gros yeux globuleux fixant le front de Harry sur lequel on voyait une cicatrice en forme d'éclair. "Oho!"

"Voici" dit Dumbledore, s'avançant pour faire les présentations "Harry Potter. Harry, voici un de mes vieux amis et collègue, Horace Slughorn."

Slughorn tourna vers Dumbledore un visage malicieux. "C'est ainsi que tu as pensé me persuader ? Eh Bien, la réponse est non, Albus !"

Il ignora résolument Harry, son visage tourné dans une autre direction avec l'air d'un homme essayant de résister à la tentation.

"Je suppose que nous pouvons prendre un verre, au moins?" demanda Dumbledore . "Au souvenir du bon vieux temps?"

Slughorn hésita.

"D'accord pour un verre !"

Dumbledore sourit à Harry et fit glisser vers lui une chaise différente de celle que Slughorn avait récemment personnifiée, qui était juste auprès du feu rallumé et d'une lampe à huile brillant fortement. Harry s'assit sur le siège avec l'impression très nette que Dumbledore, pour une certaine raison, souhaitait le plus possible en évidence. Et en effet, quand Slughorn, qui s'était occupé des verres et des bouteilles, se tourna vers la salle, ses yeux tombèrent immédiatement sur Harry.

"Hmpf !" fit-il, regardant rapidement au loin comme s'il avait peur de se brûler les yeux. "Tiens…" il tendit un verre à Dumbledore, qui s'était assis sans invitation, poussa le plateau vers Harry, puis se cala au milieu des coussins du divan réparé dans un silence contrarié. Ses jambes étaient si courtes qu'elles ne touchaient pas le sol.

"Alors, Horace, comment vas-tu ?" demanda Dumbledore.

"Pas trop bien !" répondit Slughorn immédiatement. " Poitrine encombrée, asthme, rhumatismes aussi. Je ne peux pas me déplacer comme je le voudrais. Bien ! c'est la fatalité. Je vieillis, je suis plus fatigué."

"Mais tu dois encore pouvoir te déplacer assez rapidement pour nous avoir préparé une telle bienvenue en si peu de temps !" répliqua Dumbledore. "Tu n'as pas du avoir plus de trois minutes?"

Slughorn rectifia, mi-figue, mi-raisin "Deux. Je n'ai pas entendu mon charme d'intrusion d'assez loin ! Je prenais un bain. C'est toujours "ajouta-t-il sévèrement, s'étirant le dos" les conséquences du fait que je suis un vieil homme, Albus. Un vieil homme fatigué qui a bien mérité une vie silencieuse avec quelques réconforts."

"Il les a certainement eus" pensa Harry, en regardant autour de lui. La pièce était étouffante et encombrée, cependant personne ne pouvait la trouver inconfortable. Il y avait là des chaises et des tabourets rembourrés, des boissons et des livres, des boîtes de chocolats et des coussins moelleux.

Si Harry n'avait pas su qui vivait là, il aurait pensé qu'il s'agissait d'une vieille dame riche et tatillonne.

"Tu n'es pas encore aussi vieux que moi, Horace," remarqua Dumbledore.

"Mais peut-être que tu devrais penser à la retraite toi aussi !" regimba Slughorn. Ses yeux pâles de groseille à maquereau s'étaient posé sur la main blessée de Dumbledore "les réflexes ne sont plus ce qu'ils étaient !"

"Tu as probablement raison" approuva Dumbledore, relevant ses manches pour faire apparaître ses bouts de doigts brûlés. À leur vue, Harry ressentit une sensation désagréable dans le cou. "Je suis assurément plus lent que je l'étais. Mais d'autre part… "

Il secoua et balança ses mains en l'air, comme pour dire que l'âge avait ses compensations, et Harry aperçut, sur sa main saine, un anneau qu'il n'avait jamais vu auparavant porté par Dumbledore : Il était grand, d'une facture plutôt maladroite dans ce qui semblait être de l'or, et il y avait une grosse pierre qui le séparait en deux. Les yeux de Slughorn s'attardèrent aussi un moment sur l'anneau, et Harry vit un léger froncement de sourcils sur son large front.

"Alors, toutes ces précautions contre des intrus, Horace… sont-elles contre les Mangemorts ou contre moi ?" demanda Dumbledore.

"Que peuvent vouloir les Mangemorts à un vieux bonhomme comme moi?" remarqua Slughorn.

"J'imagine qu'ils voudraient utiliser tes talents considérables pour la coercition, la torture et le meurtre." déclara Dumbledore. "Dis-moi, n'ont-ils vraiment rien fait pour te recruter ?"

Slughorn dévisagea Dumbledore d'un air menaçant pendant un moment, puis murmura "Je ne leur ai pas donné cette chance. J'ai été perpétuellement en mouvement depuis un an. Je ne séjourne jamais à la même place plus d'une semaine. Je me déplace de maison de Moldus en maison de Moldus -

les propriétaires de cet endroit sont en vacances dans les îles Canaries -

c'était très agréable, je serai désolé de partir. Il est très facile, quand on connaît, d'utiliser un simple charme de congélation sur les systèmes d'alarmes qu'ils emploient et de s'assurer que les voisins ne te repèrent pas voient pas quand tu amènes le piano."

"Ingénieux !" reconnut Dumbledore. " Mais c'est une existence plutôt fatigante pour un vieux bonhomme usé à la recherche d'une vie silencieuse.

Maintenant, si tu devais retourner à Poudlard..."

"Si tu espères me faire croire que ma vie serait plus paisible dans cette école pestilentielle, tu uses ton souffle pour rien, Albus ! J'aurais pu aller m'y cacher, mais certaines rumeurs plutôt drôles me sont parvenues à propos de Dolores Ombrage ! Si c'est comment ça que tu traites les professeurs maintenant…"

" Le professeur Ombrage s'est coltinée avec notre troupeau de centaure !"

stoppa Dumbledore. "Je pense, Horace, que tu aurais mieux à faire que d'aller dans la forêt et d'appeler une horde de centaures en colère "des créatures dégoûtantes mal-élevées.""

"C'est ce qu'elle a fait ?" s'étonna Slughorn. "Quelle femme idiote. Je ne l'ai jamais aimée."

Harry rit et tous les deux le regardèrent.

"Désolé" s'excusa vivement Harry "C'est juste… que je ne l'aimais pas non plus."

Dumbledore se leva soudain.

"Pars-tu ?" demanda aussitôt Slughorn, plein d'espoir.

"Non, Je souhaiterais juste utiliser la salle de bains ! " dit Dumbledore.

"Oh !" fit Slughorn, visiblement déçu. "Deuxième porte à gauche dans le couloir !"

Dumbledore sortit du séjour. Quand la porte se fut refermée derrière lui, il y eut un instant de silence. Après quelque temps, Slughorn se mit debout mais il ne semblait pas très sur de ce qu'il voulait faire. Il jeta un regard furtif sur Harry, puis se dirigea vers le feu auquel il tourna le dos pour y chauffer son large buste.

"Ne crois pas que je ne le sais pas pourquoi il t'a amené !" lança-t-il tout à coup.

Harry regarda simplement Slughorn. Les yeux larmoyants de Slughorn passèrent sur la cicatrice de Harry, s'arrêtant cette fois, sur le reste de son visage.

"Tu ressembles vraiment beaucoup à ton père !"

" Oui, on me l'a déjà dit !"

" Sauf les yeux. Tu as…"

"Ce sont les yeux de ma mère, oui !" Harry l'avait si souvent entendu qu'il trouvait ça un peu lassant.

"Hmpf. Oui, et bien ! Comme professeur, on ne devrait pas avoir de favoris, naturellement, mais, pour moi, elle l'était. Ta mère," ajouta Slughorn, en réponse au regard interrogateur de Harry "Lily Evans. Une des élèves les plus brillantes que j'ai jamais eu. Vive, tu sais, charmante. J'avais l'habitude de lui dire qu'elle aurait du être dans ma maison. Je recevais en retour des réponses très effrontées."

"Quelle était votre maison ?"

"J'étais responsable des Serpentard !" dit Slughorn. "Oh, maintenant,"

poursuivit-il rapidement, voyant l'expression sur le visage de Harry et agitant une clochette près de lui" ne retiens pas cela contre moi ! Tu es un Gryffondor comme elle, je suppose ? Oui, c'est souvent l'habitude dans les familles. Pas toujours, cependant. As-tu entendu parler de Sirius Black ? Tu dois avoir appris - c'était dans le dernier journal - qu'il était mort, il y a quelques semaines…"

C'était comme si une main invisible avait tordu les intestins de Harry et les avait comprimés.

" Quoi qu'il en soit, il était le grand ami de ton père à l'école. Toute la famille Black est passé par ma maison, mais Sirius s'est retrouvé chez les Gryffondor ! Quelle honte… c'était un garçon très doué. J'ai eu son frère, Regulus, quand il est venu ensuite, mais j'aurai bien voulu les deux !"

Il ressemblait à un collectionneur enthousiaste qui avait surenchéri.

Complètement perdu dans ses souvenirs, il regardait fixement le mur opposé, et se dandinait sur place pour assurer une répartition égale de la chaleur sur tout l'arrière de son corps.

"Ta mère était une fille de Moldus, bien sûr. Je ne pouvais pas le croire quand je l'ai appris. Je pensais qu'elle devait être de pur sang, elle était si bonne."

"Une de mes meilleurs amis est une enfant de Moldus !" répliqua Harry,

"Et c'est la meilleure de notre promotion !"

"C'est drôle comme cela se produit parfois, n'est ce pas ?"

"Pas vraiment !" jeta Harry froidement.

Slughorn le regarda avec surprise. " Ne pense pas que je suis compromis!

Non, non, non ! I n'ai-je justement pas dit que ta mère était-elle l'une de mes étudiantes préférées ? Il y avait Dirk Cresswell l'année suivante - maintenant à la tête du bureau de liaison des Goblins - encore un enfant de Moldus, un étudiant très doué, et qui me fournit toujours d'excellentes informations sur ce qui se passe chez Gringott!"

Il sautilla légèrement, souriant, content de lui, et montra les nombreuses photographies sur le buffet, chacune occupée par un minuscule personnage qui bougeait.

" Tous des anciens étudiants, tous remarquables. Tu peux voir Barnabas Cuffe, l'éditeur de la Gazette du Sorcier, il a toujours continué à me communiquer les nouvelles du jour. Et Ambrosius Flume m'envoie un panier de confiseries à chacun de mes anniversaires, et tout ça parce que je lui ai fourni une introduction pour Ciceron Harkisss son premier employeur ! Et derrière - tu peux la voir si tu penches un peu ta tête— c'est Gwenog Jones, qui fut le capitaine de l'équipe des Harpies... Les gens sont toujours étonnés d'entendre que je suis dans les meilleurs termes avec les harpies, et que je reçoive des billets gratuits toutes les fois que je le désire !"

Cette pensée sembla le regonfler énormément.

"Et tous ces gens savent où vous trouver, pour vous envoyer tout ça ?"

demanda Harry, qui ne pouvait pas s'empêcher de se demander pourquoi les Mangemorts n'avaient pas encore dépisté Slughorn si des paniers de bonbons, des billets de Quidditch, et des visiteurs demandant son conseil et ses avis pouvaient le faire.

Le sourire de Slughorn s'effaça de son visage aussi rapidement que précédemment le sang sur les murs.

"Évidemment que non ! Je n'ai plus aucun contact avec eux depuis un an."

Harry eut l'impression que ses mots choquèrent Slughorn lui-même. Il a regarda partout, complètement déboussolé pendant un moment. Puis il s'agita.

"Le sorcier prudent maintient toujours sa tête hors de l'eau dans de genre d'histoires. … Tout semble très bien quand Dumbledore en parle, mais prendre un poste à Poudlard en ce moment seraient l'équivalent qu'une déclaration d'allégeance à l'ordre du Phœnix ! Et autant je suis sûr de ses capacités, de son courage et de toutes ses autres qualités, autant je n'aime pas beaucoup le taux de mortalité…"

"Vous n'avez pas besoin de rejoindre l'ordre pour enseigner à Poudlard !"

remarqua Harry. Il ne pouvait pas empêcher complètement un petit air de dérision de percer dans sa voix. Il était difficile de sympathiser avec Slughorn et sa vie douillette quand il se rappelait Sirius, tapi dans une caverne et menant une vie de rat. "La plupart des professeurs n'en font pas partie, et aucun d'eux n'a jamais été tué - à moins de compter Quirrell, qui a obtenu ce qu'il avait mérité en travaillant pour Voldemort."

Harry était sûr que Slughorn était l'un de ces sorciers qui n'était pas capable d'entendre, prononcé à haute voix, le nom de Voldemort, et il ne fut pas déçu : Slughorn frissonna et protesta, mais Harry l'ignora.

"J'oserai même dire que tout le personnel de Poudlard est bien plus en sécurité que la plupart des gens tant que Dumbledore en est le directeur. Il est censé être la seule personne qui n'ait jamais craint Voldemort, non ?"

continua Harry.

Slughorn regarda fixement dans le vide une minute ou deux : Il semblait réfléchir aux propos de Harry.

"Et bien, oui, il est vrai que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom n'a jamais cherché à affronter Dumbledore," murmura-t-il à contrecœur. "et je suppose que pouvant arguer du fait que je n'ai pas rejoint les Mangemorts, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ne me compte pas parmi ses amis… Dans ce cas, je pourrais tout aussi bien rejoindre l'équipe des professeurs et le rapprocher d'Albus… Je ne peux pas feindre que la mort d'Amelia Bones ne m'ait secoué… Si elle, avec tous ses contacts au ministère et ses protections … "

Dumbledore revint dans le séjour et Slughorn sauta comme s'il avait oublié qu'il était dans la maison.

"Oh, c'est toi, Albus ! Tu as été bien long ! Tu as des maux d'estomac?"

"Non, Je lisais simplement les magazines des Moldus. J'aime bien en feuilleter quelques exemplaires. Bien, Harry, nous avons abusé assez longtemps de l'hospitalité de Horace. Je pense qu'il est temps pour nous de partir."

Disposé à obéir, Harry se leva. Slughorn était interloqué.

"Tu pars ?"

"Oui, évidemment. Je sais reconnaître une cause perdue quand j'en vois une."

" Perdue…?"

Slughorn s'agitait. Il s tripotait les doigts et tournait en rond en observant Dumbledore remettre sa cape, et Harry fermer le haut de sa veste.

"Bon, je suis désolé que tu ne veuilles pas de ce travail, Horace," dit Dumbledore, en levant sa main intacte dans un signe d'adieu. "Poudlard aurait été heureux de te revoir à nouveau. Nonobstant notre sécurité considérablement accrue, tu seras toujours bienvenu comme visiteur, si tu le souhaites."

"Oui...... très aimable bon… comme je dis…"

"Au revoir, à plus !"

"Au revoir !" reprit Harry.

Ils étaient près de la porte d'entrée quand il y eut un cri derrière eux.

"Très bien, très bien, je le ferai !"

Dumbledore se tourna pour regarder Slughorn qui se tenait essoufflé à la porte du salon.

"Tu quitteras ta retraite?"

"Oui, oui," dit Slughorn impatiemment. "je dois être fou, mais oui."

"Merveilleux !" rayonna Dumbledore "Donc, Horace, nous te verrons sur le premier septembre."

"Oui, j'y serai !" grogna Slughorn.

Pendant qu'ils quittaient l'allée de la maison, la voix de Slughorn s'éleva derrière eux, "Je souhaiterai une augmentation de salaire, Dumbledore!"

Dumbledore rit sous cape. Le portillon se ferma derrière eux, et ils tournèrent le dos au bas de la colline dans l'obscurité et la brume tourbillonnante.

"Bien joué, Harry !" remercia Dumbledore.

"Je n'ai rien fait !" s'étonna Harry.

"Oh si .Tu as montré à Horace tout ce qu'il avait à gagner en retournant à Poudlard. Il t'a plu ?"

"Heu..."

Harry n'était pas sûr, d'avoir ou non apprécié Slughorn. Il supposait qu'il était plaisant d'une certaine manière, mais il lui semblait également un peu creux et, malgré ses dénégations, beaucoup trop étonné du fait que des enfants de Moldus puissent faire de bons sorciers.

"Horace," continua Dumbledore, retirant à Harry la responsabilité de dire quelque chose, aime son confort. Il aime également la compagnie des célébrités, des gens qui réussissent, et des puissants. Il apprécie le sentiment qu'il a d'avoir une certaine influence ces personnes. Il a n'a jamais voulu occuper le trône lui-même. Il préfère être assis derrière c'est plus détendu, tu vois. Il avait l'habitude de se trouver des favoris à Poudlard, parfois pour leurs ambitions ou pour leurs intelligences, parfois pour leurs charmes ou leurs talents. Il avait lui-même un réel talent pour dénicher ceux qui pourraient un jour devenir exceptionnels dans différents domaines. Horace avait formé une sorte de club avec ses favoris et lui-même au centre, faisant des lettres d'introduction, forgeant des contacts utiles entre les membres, et en récoltant toujours des avantages en retour, tel une boîte gratuite d'ananas cristallisés, sa friandise préférée, ou bien la chance de recommander les nouveaux jeunes membres du bureau de liaison des Goblins."

Harry eut soudain l'impression très nette de voir une grosse araignée bouffie, tissant sa toile autour d'elle, plaçant un fil par-ci par-là et y attirant de grosses et juteuses mouches.

"Je te dis tout ceci," poursuivit Dumbledore "non pas pour que tu te détournes d'Horace - ou, comme nous devons maintenant l'appeler, professeur Slughorn - mais pour te mettre en garde. Il essayera assurément de t'attirer, Harry. Tu serais le bijou de sa collection : "'le garçon qui a survécu"… ou, comme certains t'appellent maintenant "l'élu"."

À ces mots, un frisson qui n'avait rien à voir avec la brume secoua Harry.

Il se rappelait les mots qu'il avait entendus quelques semaines auparavant, des mots qui avait une signification horrible pour lui : Ni l'un ni l'autre ne peut vivre tandis que l'autre survit…

Dumbledore s'arrêta près de l'église devant laquelle ils étaient passés plus tôt.

"Ça ira, Harry ! Si tu veux bien saisir mon bras !"

Sachant, cette fois, ce qui l'attendait, Harry était prêt à transplaner mais il trouva toujours cela désagréable. Quand la sensation de pression disparut et il fut de nouveau capable de respirer, il se tenait dans une rue de village près de Dumbledore et voyait non loin de là la silhouette tordue de son second édifice préféré au monde : le terrier. Malgré la crainte qu'il venait juste de ressentir, son cœur cognait toujours mais se souleva de plaisir à sa vue. Ron était dans là… et aussi Mrs Weasley, qui pouvait cuisiner mieux que n'importe qui…

"Si ça ne te dérange pas, Harry," dit Dumbledore, en franchissant la porte du jardin "je voudrais te dire quelques mots avant d'enter. En privé. Peut-être ici ?"

Dumbledore désignait une petite dépendance en pierre où les Weasley rangeaient leurs balais. Avec quelque difficulté, Dumbledore suivi de Harry se glissa par la porte grinçante dans un espace un peu un plus petit que ce qu'il aurait fallu. Dumbledore alluma le bout de sa baguette, de sorte qu'il rougeoyait comme une torche, et sourit à Harry.

"J'espère que tu me pardonneras de te dire cela, Harry, mais je suis heureux et fier de voir à quel point tu es capable de tenir le coup après tout ce qui s'est produit au ministère. Permets-moi de te dire que je pense que Sirius aurait été fier de toi."

Harry déglutit. Sa voix semblait l'avoir abandonné. Il ne se sentait pas capable de discuter de Sirius. Il avait déjà été assez douloureux d'entendre l'Oncle Vernon dire "Son parrain est mort ?" et encore plus désagréable d'entendre le nom de Sirius jeté au passage par Slughorn.

"C'est cruel," ajouta Dumbledore doucement "que toi et Sirius aient eu si peu de temps ensemble. La fin brutale de ce qui aurait du être une longue et heureuse relation."

Harry inclina la tête, les yeux résolument fixés sur une araignée qui grimpait le long du chapeau de Dumbledore. Il avait beau se dire que Dumbledore le comprenait et devait même soupçonnait que, jusqu'à l'arrivée de la lettre, Harry avait passé presque tout son temps chez les Dursley, allongé sur son lit, refusant de manger, et regardant fixement la fenêtre embrumée, la tête vide et glacée. Toutes ces réactions étaient associées généralement à l'approche des détraqueurs.

"C'est seulement très dur," finit-il par dire, d'une petite voix, " de réaliser qu'il ne m'écrira plus jamais !"

Ses yeux le brûlèrent soudain et il cligna plusieurs fois des paupières. Il se sentait stupide de l'admettre, mais le fait de savoir que quelqu'un à l'extérieur de Poudlard s'inquiétait de lui, presque comme un parent, avait été l'une des meilleures choses qu'il ait connue avec son parrain… et, désormais, les hiboux postaux ne lui apporteraient plus jamais de réconfort …

"Sirius représentait beaucoup pour toi. Bien plus que tu ne l'avais réalisé avant !" reprit doucement Dumbledore. "naturellement, c'est une terrible perte…

" Mais tandis que j'étais chez le Dursley..." le coupa Harry, sa voix s'accroissant légèrement "j'ai compris que je pourrais me couper de tout, tout casser. Sirius n'aurait pas voulu cela, n'est-ce pas ? Et de toute façon, la vie est si courte... Regardez Mrs Bones ou bien Emmeline Vance… ça pourrait être moi le suivant, n'est-ce pas ? Mais si c'était le cas," ajouta-t-il fièrement, en toisant directement les yeux bleus de Dumbledore qui brillaient à la lumière de sa baguette " Je m'assurerais que j'emporterai avec moi dans la mort le plus possible de Mangemorts, et Voldemort en plus si j'en suis capable."

"Tu parles exactement comme le digne fils de ta mère et de ton père et comme le véritable filleul de Sirius !" approuva Dumbledore, en donnant une tape dans le dos de Harry. " Je te tire mon chapeau… ou plutôt je le ferais si je n'avais pas peur de te couvrir d'araignées.

"Et maintenant, Harry, pour passer à un autre sujet... Je présume que tu as lu le Gazette du Sorcier de ces deux dernières semaines ?"

"Oui" répondit Harry, et les battements de son cœur devinrent un peu plus rapides.

"Alors tu auras vu qu'il n'y a pas eu tellement de fuites au sujet de ton aventure au département des prophéties ?"

"Oui" dit encore Harry " Et maintenant chacun sait que je suis celui…"

"Non, ils ne savent rien !" l'interrompit Dumbledore. " Il n'y a que deux personnes au monde qui connaissent le contenu exact et complet de la prophétie faite sur toi et sur Lord Voldemort, et ils se tiennent tous deux en ce moment même dans un minuscule hangar à balai plein de toiles d'araignées. Cependant, il est exact, que beaucoup de personnes ont deviné, avec justesse, que Voldemort avait envoyé ses Mangemorts voler une prophétie, et que celle-ci te concernait.

"De plus, je pense avoir raison si je dis que tu n'en as parlé à personne ?"

"Oui".

"Une sage décision, dans l'ensemble !" approuva Dumbledore. "Bien que je pense que tu doives faire une exception pour tes amis, Mr Ronald Weasley et Miss Hermione Granger. Oui," continua-t-il, quand Harry le regarda, "je pense qu'ils doivent savoir. Tu leur rends un mauvais service en ne leur confiant pas quelque chose d'aussi important !."

"Je ne voulais pas…"

"… les inquiéter ou les effrayer ?" poursuivit Dumbledore, examinant Harry par-dessus ses lunettes demi-lune. "Ou peut-être, cela t'empêchait d'admettre toi-même que tu es inquiet et effrayé ? Tu as besoin de tes amis, Harry. Pour toi et parce que Sirius n'aurait pas voulu que tu te refermes ainsi."

Harry ne dit rien mais Dumbledore ne semblait pas attendre de réponse. Il continua " Sur un autre sujet, bien qu'il soit lié, je souhaite que tu prennes des leçons privées avec moi cette année."

"Privées… avec vous ?" s'exclama Harry, en sortant de son silence préoccupé.

"Oui. Je pense qu'il est temps que je prenne un peu en main ton éducation."

"Que voulez-vous m'enseigner, professeur ?"

"Oh, un petit peu de ci, un petit peu de ça," répondit évasivement Dumbledore.

Harry attendit un peu, mais Dumbledore ne semblait pas vouloir s'étendre, aussi osa-t-il lui demander autre chose qui le tracassait légèrement.

"Si je prends des leçons avec vous, je n'aurai plus de leçons d'Occlumencie avec Rogue ?"

''Professeur Rogue, Harry… et bien non, tu n'en auras plus."

"Ouf !" soupira Harry de soulagement, "parce que c'était un…"

Il s'arrêta, n'osant pas dire ce qu'il pensait vraiment.

"Je pense que le mot 'fiasco' serait très adapté en l'occurrence !" confirma Dumbledore, en inclinant la tête.

Harry sourit.

" Bien, alors je ne verrai plus beaucoup le Professeur Rogue ! parce qu'il ne voudra me laisser continuer le cours de potions à moins que je n'obtienne la mention "Optimal" aux buses, et comme je ne pense pas l'avoir…"

"Ne compte pas tes buses avant qu'elles ne soient livrées !" dit gravement Dumbledore. "D'ailleurs à ce propos, les résultats devraient arriver aujourd'hui vers une heure. Enfin, deux dernières choses, Harry, avant de quitter ce palace.

"Premièrement, je souhaite que tu gardes en permanence ta cape d'invisibilité sur toi tout le temps à partir de maintenant. Même dans Poudlard. Juste pour le cas où, tu me comprends ?"

Harry acquiesça.

"Et pour finir, tant que tu restes ici, le terrier est couvert par la protection la plus élevée que le ministère de la magie puisse fournir. Ces mesures ont causé certains dérangements à Arthur et à Molly - tout leur courrier, par exemple, transite par le ministère avant d'être envoyé. Ils ne s'en formalisent pas car leur préoccupation première est de te savoir en sécurité. Cependant, ce serait un mauvais remerciement si tu risquais ta vie en étant chez eux."

"Je comprends !" le rassura immédiatement Harry.

"Très bien, alors allons-y !" dit Dumbledore, forçant la porte du hangar à balais à s'ouvrir un peu plus et avançant dehors dans la cour. "Je vois de la lumière dans la cuisine. Ne privons pas davantage Molly du plaisir de déplorer à quel point tu es mince."

Chapitre 5 : un excès de flegme

Harry et Dumbledore s'approchèrent de la porte arrière du terrier, encadrée de l'étalage familier des vieilles bottes de Wellington et des chaudrons rouillés. Harry pouvait entendre des poulets endormis glousser doucement dans un hangar voisin. Dumbledore frappa trois fois et Harry vit quelque chose soudainement bouger derrière la fenêtre de la cuisine.

"Qui est là?" demanda une voix nerveuse qu'il reconnut comme celle de Mrs. Weasley. "Annoncez-vous!"

"C'est Dumbledore et Harry."

La porte s'ouvrit immédiatement. Mme Weasley se tenait là, petite, dodue, et portant une vieille robe de ménage verte.

" Cher Harry! Merci, Albus, tu m'as fais peur, tu m'avais dit de ne pas vous attendre avant demain matin!"

"Nous avons eu de la chance !" dit Dumbledore, conduisant Harry à l'intérieur. "Slughorn s'est montré beaucoup plus persuasif que je ne l'espérais. Grâce à Harry, bien sûr. Ah, bonjour, Nymphadora!"

Harry regarda tout autour et vit que Mrs Weasley n'était pas seule, en dépit de l'heure tardive. Une jeune sorcière au visage pâle en forme de cœur et aux cheveux bruns était assise à table tenant une grande tasse entre les mains.

"Bonjour, Professeur," dit-elle. " Salut, Harry."

"Salut, Tonks."

Harry trouva qu'elle semblait fatiguée, voire malade, et il y avait quelque chose de forcé dans son sourire. Évidemment, son aspect était moins coloré que d'habitude sans sa chevelure généralement rose bonbon.

"Je suis mieux !" dit-elle rapidement, en se levant et remettant son manteau sur ses épaules. "merci pour le thé et la compagnie, Molly"

"S'il vous plaît, ne vous occupez pas de moi !" signala Dumbledore courtoisement "Je ne peux pas rester, j'ai des affaires pressantes à discuter avec Rufus Scrimgeour."

"Non, non, je dois aussi partir !" reprit Tonks, sans regarder les yeux de Dumbledore. " Bonne nuit…"

"Ma chérie, pourquoi ne viendrais-tu pas dîner ce week-end, Remus et Fol-oeil viennent... ?"

"Non, vraiment, Molly... merci pour tout... Bonne nuit à tous."

Tonks s'empressa de sortir dans la cour, passant près de Dumbledore et de Harry. Au bout de quelques pas, une tâche scintilla et elle y disparut dans un filet d'air. Harry nota que Mrs Weasley était préoccupée en la regardant.

"Bon, je te reverrai à Poudlard, Harry," dit Dumbledore. "Prends soin de toi, Molly, je suis à ton service."

Il fit un signe à Mrs Weasley et suivit Tonks, et disparut précisément au même endroit. Mrs Weasley ferma la porte sur la cour vide et dirigea Harry par les épaules vers la lanterne sur la table pour l'examiner.

"Tu es comme Ron !" soupira-t-elle, le regardant en haut et en bas. " Tous les deux, vous donnez l'impression d'avoir été étiré à l'aide d'un sort. Je jurerais que Ron a grandi de quatre pouces depuis la dernière fois que je lui ai acheté des robes longues pour d'école. As-tu faim, Harry?"

"Oh oui !" dit Harry, réalisant soudain qu'il avait effectivement très faim.

"Assieds-toi, mon chéri, je t'apporte quelque chose tout de suite."

Au moment où Harry s'asseyait, un chat à la fourrure rousse et à la face aplatie s'installa sur ses genoux. Une fois qu'il fut bien installé, il se mit à ronronner.

"Alors Hermione est ici?" demanda-t-il heureux en chatouillant Pattenrond derrière ses oreilles.

"Oh oui, elle est arrivée avant hier !" répondit Mrs Weasley, frappant sur un grand pot de fer avec sa baguette. Le pot bondit sur le fourneau avec un bruit de sonnerie et commença à bouillonner immédiatement. "Ils sont tous au lit, naturellement, nous ne t'attendions pas à cette heure. Tiens voici… "

Elle tapa de nouveau sur le pot. Celui-ci se souleva dans les airs, s'envola vers Harry, s'inclina. Mrs Weasley plaça un bol sous le bec verseur pour recueillir le flot épais de soupe à l'oignon fumante.

" Veux-tu du pain, mon chéri ?"

"Oui, merci Mrs Weasley !"

Elle fit onduler sa baguette par-dessus son épaule ; un morceau de pain et un couteau arrivèrent avec élégance sur la table. Une fois que le pain se fut découpé en tranches et que le pot de soupe retourna sur le fourneau, Mrs Weasley alla s'installer de l'autre côté de la table.

"Alors tu as réussi à persuader Horace Slughorn de prendre ce travail ?"

Harry acquiesça de la tête, sa bouche était tellement pleine de potage bien chaud qu'il ne pouvait pas parler.

"il a été mon professeur et celui d'Arthur ! Il était à Poudlard depuis longtemps, il avait commencé à peu près en même temps que Dumbledore, je crois. Il t'a plu ?"

Sa bouche toujours pleine de pain, Harry gesticula et fit un mouvement de dénégation avec la tête.

"je comprends ce que tu veux dire !" remarqua Mme Weasley, inclinant la tête sagement. "naturellement il peut être charmant quand il veut l'être, mais Arthur non plus ne l'a jamais beaucoup aimé. Le ministère était dans les petits papiers de Slughorn un de ses anciens favoris, pour lequel il était toujours près à lever la jambe, mais il n'a jamais eu beaucoup de temps pour Arthur… Il ne devait pas penser qu'il était suffisamment au-dessus du panier. Et bien, cela te montre juste, que même Slughorn fait des erreurs. Je ne sais pas si Ron t'en a parlé dans ses lettres… c'est assez récent… mais Arthur a eu une promotion !"

Il n'était que trop clair que Mrs. Weasley avait éclaté de joie en le disant.

Harry avala une grande quantité de potage très chaud et pensa qu'il pouvait sentir des boursouflures se former dans sa gorge. "C'est formidable!"

réussit-il à dire.

"Tu es gentil !" rayonna Mrs. Weasley dont les yeux étaient rendus humides par l'émotion. " Oui, Rufus Scrimgeour a créer plusieurs nouveaux bureaux. Cela devenait nécessaire avec la situation actuelle, et Arthur est à la tête du bureau pour la détection et la contrefaçon des sorts de défense contrefaits et des objets de protection. C'est un énorme travail, il a dix personnes sous ses ordres maintenant!"

"C'est quoi exactement?"

" Bien, tu vois, dans la panique causée par Tu-Sais-Qui, des objets bizarres sont apparus partout sur le marché, des objets qui sont censés protéger les gens contre Tu-Sais-Qui et contre les Mangemorts. Tu peux imaginer le genre de choses... des prétendus breuvages magiques de protection qui sont en fait du jus de viande avec un peu de jus de plantes en plus, ou des instructions pour des sorts défensifs qui font en réalité tomber les oreilles... Bien, les malfaiteurs sont principalement des personnes comme Mundungus Fitscher, qui n'ont jamais été capable de faire un vrai travail honnête un seul jour dans leur vie et maintenant qui tirent profit de la peur actuelle, et les arnaques vraiment méchantes augmentent de plus en plus.

L'autre jour Arthur a confisqué une boîte de Scrutoscopes maudit qui ont été presque à coup sûr plantés par un Mangemort. Ainsi tu vois, c'est un travail très important, et je lui dis qu'il est complètement idiot de regretter les bougies d'allumage, les grille-pain et tous les autres déchets des Moldus."

Mrs Weasley finit son discours avec un regard sévère, comme si Harry avait suggéré qu'il était normal de regretter des bougies d'allumage.

"Est-ce que Mr. Weasley est encore à son travail?" demanda Harry.

"Oui. En fait, il est un petit peu en retard… Il a dit qu'il serait de retour vers minuit… "

Elle tourna son regard vers une grande horloge qui était maladroitement perché sur une pile de feuille dans un panier à linge à l'extrémité de la table.

Harry la reconnut immédiatement : Il y avait neuf mains sur lesquelles étaient inscrits les noms de chacune des membres de la famille. Elle était habituellement accrochée au mur du salon des Weasley, mais sa position actuelle suggérait que Mrs Weasley avait commencé à la porter partout dans la maison avec elle. Chacune s de ces neuf mains se dirigeait maintenant

"péril mortel."

" Elle est comme ça depuis un moment maintenant !" remarqua Mrs.

Weasley, d'une voix peu convainquante, " depuis que Tu-Sais-Qui est revenu. Je suppose que tout le monde est en danger mortel maintenant... Je ne pense pas que ce soit juste notre famille… Mais je ne sais pas qui d'autre a une horloge comme celle-ci, alors je ne peux pas vérifier. Oh!"

Avec une soudaine exclamation elle indiqua l'horloge avec son doigt. La main de Mr Weasley indiquait "en déplacement."

"Il vient !"

Et en effet, un moment plus tard il y eut des coups frappés à la porte de derrière. Mrs Weasley se leva précipitamment et alla vers la porte. Avec une main sur la poignée et son visage collé contre le bois elle demanda doucement, "Arthur, est ce toi ?"

"Oui !" Leur parvint la voix de Mr. Weasley. " Mais je dirais la même chose si j'étais un Mangemort, chérie. Pose la question!"

"Oh, honnêtement… "

"Molly!"

"Bien, bien… Quelle est ta plus chère ambition?"

"Découvrir comment les avions volent."

Mme Weasley inclina la tête et tourna la poignée, mais apparemment Mr Weasley s'appuyait fortement sur l'autre côté de la porte, parce qu'elle resta fermée.

"Molly ! Je dois d'abord te poser une question !"

"Arthur, vraiment, ceci est complètement idiot…"

"Comment aimes-tu que je t'appelle quand nous sommes seuls ensemble?"

Même sous la faible lumière de la lanterne Harry pourrait dire que Mrs Weasley était devenue rouge vif. Il se sentit lui-même soudain très chaud autour des oreilles et du cou, et engloutit à la hâte son potage, cognant sa cuillère contre le bol aussi fort qu'il pouvait.

"Mollybranly !" chuchota, mortifiée, Mrs Weasley dans la fente au bord de la porte.

"Correct !" dit Mr. Weasley. "Maintenant tu peux me laisser entrer !"

Mrs. Weasley ouvrit la porte pour laisser passer son mari, un sorcier mince, chauve, aux poils roux portant des lunettes extravagantes et un long manteau poussiéreux.

"Je ne vois toujours pas pourquoi nous devons subir cela à chaque fois que tu rentres à la maison !" s'indigna Mrs Weasley, le visage encore rose alors qu'elle aidait son mari à retirer son manteau. "Je veux dire, un Mangemort pourrait tout aussi bien t'avoir extirpé la réponse avant de te personnifier!"

"Je sais, chérie, mais ce sont les ordres du ministère, et je dois montrer l'exemple. Ça sent le bon… c'est de la soupe à l'oignon ?"

Mr Weasley se tourna vers la table.

"Harry ! Nous ne t'attendions pas avant le matin !"

Ils se serrèrent la main, et Mr Weasley s'affala sur la chaise près de Harry pendant que Mrs Weasley lui servait un bol de potage.

"Merci, Molly. Ce fut une nuit difficile. Un idiot s'est mit à vendre des médailles de métamorphose. En les mettant juste autour de son cou on peut changer d'aspect à volonté. Cent mille déguisements, tout ça pour dix Gallions!"

"Et que fait réellement cet objet quand tu le portes ?"

" La plupart du temps tu deviens juste d'une couleur orange assez désagréable, mais un couple des personnes s'est également vu poussé des excroissances comme des verrues partout sur le corps. Comme si à Ste Mangouste il n'y avait pas déjà assez à faire !"

"Cela ressemble à des sortes de chose que Fred et George trouveraient drôle." hésita Mrs Weasley "Es-tu sûr…?"

"Naturellement que je le suis!" dit Mr Weasley. "les garçons ne feraient pas une chose pareille maintenant, pas quand les gens ont désespérément besoin de protection!"

"C'est à cause des médailles de métamorphose que tu rentre tard ?"

"Non, nous avons eu vent d'un méchant sort explosif touchant les éléphants et les châteaux, mais heureusement le groupe d'intervention de l'application des lois de la magie l'avait neutralisé avant que nous soyons arrivés… "

Harry cacha un bâillement derrière sa main.

"Au lit !" ordonna Mrs Weasley. "Je t'ai préparé la chambre de Fred et George, tu l'auras pour toi tout seul !"

"Pourquoi, où sont-ils?"

"Oh, ils sont sur le Chemin de Traverse, ils dorment dans le petit appartement juste au-dessus de leur magasin de farces et attrapes car ils sont très occupés!" dit Mrs. Weasley. " Je dois dire que, je ne les approuvais pas au début, mais ils semblent avoir le sens des affaires ! Allons, mon chéri, ta malle est déjà là-haut !"

"'Bonne nuit, Mr Weasley !" prononça Harry, en repoussant sa chaise.

Pattenrond sauta légèrement de son coussin et sortit furtivement de la salle.

"Bonne nuit, Harry !" répondit Mr. Weasley.

Harry vit Mrs Weasley jeter un coup d'œil sur l'horloge dans le panier à linge sur leur gauche en sortant de la cuisine. Toutes les mains étaient de nouveau sur "péril mortel."

La chambre de Fred et George était au deuxième étage. Mrs. Weasley pointa sa baguette sur une lampe au-dessus la table et elle s'alluma immédiatement, emplissant la chambre dans une plaisante lueur dorée. Bien qu'un grand vase de fleurs ait été placé sur un bureau devant la petite fenêtre, leur parfum ne pouvait pas couvrir une forte odeur que Harry identifia comme celle de la poudre. La majeure partie du sol était recouverte d'une grande quantité de boîtes de carton scellées, parmi lesquelles il y avait le sac de Harry. Cette pièce semblait était employée comme entrepôt provisoire.

Hedwig hulula de bonheur en voyant Harry depuis son perchoir sur une grande garde-robe, puis décolla par la fenêtre ; Harry sut qu'elle avait attendu de le voir avant d'aller chasser. Harry souhaita bonne nuit à Mrs Weasley, mit son pyjama, et se glissa dans un des lits. Il y avait quelque chose de dur à l'intérieur de la taie d'oreiller. Il fouilla à l'intérieur et retira un bonbon collant orange-pourpre, qu'il identifia comme étant une pastille vomissante. Souriant, il se mit en boule et s'endormit immédiatement.

Quelques secondes plus tard, ou ce qui parut l'être à Harry, il fut réveillé par ce qu'il crut être un coup de canon qui fit éclater la porte. S'asseyant tout droit, il entendit quelqu'un tirer sur les rideaux. La lumière brillante du soleil semblait aller tout droit dans ses yeux. Les protégeant avec une main, il chercha à tâtons désespérément ses lunettes de l'autre.

"Qui est là ?"

"Nous ne savions pas que tu étais déjà ici !" dit une voix forte et passionnante, et il reçut un coup lancé juste au-dessus de la tête.

"Ron, ne le frappent pas!" reprocha la voix d'une fille.

La main de Harry trouva ses lunettes et il les posa sur son nez, bien qu'à cause de la forte luminosité, il pouvait à peine voir de toute façon. Une ombre s'étira indistincte et tremblante devant lui un petit moment. Puis il cligna et il put focaliser sur Ron Weasley.

"Ça va ?"

"Ça n'a jamais été aussi bien !" répondit Harry, se frottant le dessus de la tête et se rejetant sur ses oreillers. "Et toi ?"

"Pas trop mal !" dit Ron, tirant vers lui une boîte de carton pour s'asseoir dessus "Quand es-tu arrivé ici ? Ma mère vient juste de nous prévenir !"

" Environ vers une heure ce matin."

"les Moldus étaient-ils corrects ? Ils t'ont bien traité ?"

"Comme d'habitude !" répondit Harry, alors que Hermione s'était perché sur le bord de son lit, "Ils ne m'ont pas beaucoup parlé, mais j'aime encore mieux ça ! Comment ça va , Hermione?"

"Oh, ça va !" lâcha Hermione, qui surveillait Harry comme s'il avait quelque chose d'exaspérant. Il pensait savoir pourquoi, et n'avait aucun désir de discuter de la mort de Sirius ou de n'importe quel autre sujet malheureux à l'heure actuelle.

"Quelle heure est-il? Ai-je manqué le petit déjeuner?"

"Ne t'inquiète pas de ça, maman va te faire monter un plateau ; elle trouve que tu es sous-alimenté ! "gémit Ron, en roulant des yeux. "Alors, qu'as-tu fait ?"

"Pas grand chose, j'ai juste été coincé chez ma tante et chez mon oncle."

"Voyez-moi ça ! Et tu as été avec Dumbledore !"

"Ce n'était pas très excitant. Il voulait juste que je l'aide à persuader un vieux professeur à sortir de sa retraite. Il s'appelle Horace Slughorn."

"Oh," soupira Ron, déçu. "Nous pensions..."

Hermione lança un regard d'avertissement à Ron, et celui-ci changea rapidement la fin de sa phrase.

"… Nous avions pensé qu'il pouvait s'agir de quelque chose comme ça !"

"Ah bon ?" s'amusa Harry.

"Ouais... Heu, maintenant qu'Ombrage est partie, nous avons évidemment besoin d'un nouveau professeur de défense contre les forces du mal ? Alors, heu… à quoi ressemble-t-il ?"

"Il ressemble un peu à un morse, et il était professeur responsable de la maison des Serpentard. Quelque chose ne va pas, Hermione?"

Elle l'observait comme si elle attendait que des symptômes étranges se manifestent à tout instant. Elle changea à la hâte de dispositions et adressa à Harry un sourire douteux.

"Non, naturellement pas ! Ainsi, Slughorn te semble-t-il pouvoir faire un bon professeur ?"

"Je ne sais pas." dit Harry. "Il ne peut pas être pire que Ombrage, non ?"

"Je connais quelqu'un qui est pire que Ombrage !" clama une voix près de la porte. La jeune sœur de Ron pénétra dans la chambre, passablement énervée. "Bonjour, Harry."

"Qu'est-ce qui t'arrive ?" demanda Ron.

"C'est elle !" dit Ginny, se jetant sur le lit de Harry. "elle me rend folle !"

"Qu'a-t-elle encore fait ?" se renseigna gentiment Hermione.

"C'est la manière dont elle me parle… on dirait que j'ai environ trois ans!"

"Je sais !" approuva Hermione, laissant tomber sa voix. "Elle est si imbue d'elle-même."

Harry était étonné d'entendre Hermione parler ainsi de Mrs Weasley et ne pouvait pas blâmer Ron de dire avec colère "Ne peux-tu pas l'oublier pendant cinq secondes ?"

"Oh, c'est bien ! défends-la !" lui jeta Ginny. "Nous savons tous que tu ne peux pas obtenir ce que tu veux d'elle !"

C'était un commentaire désagréable impossible à faire sur la mère de Ron.

Commençant à croire qu'il avait loupé quelque chose, Harry dit "De qui es-tu.... ?"

Mais sa question eut une réponse, avant même qu'il put finir de la poser.

La porte de la chambre s'ouvrit encore une fois en grand, et Harry tira instinctivement sur lui ses couvertures jusqu'au menton, si fort que Hermione et Ginny glissèrent du lit sur le plancher.

Une jeune femme se tenait dans l'encadrement de la porte, une femme d'une beauté réellement stupéfiante au point que la chambre semblait étrangement privée d'air. Elle était grande et élancée avec de longs cheveux blonds qui semblaient rayonner d'une faible lueur argentée. Pour compléter cette image de la perfection, elle portait un plateau copieusement recouvert d'un petit déjeuner.

"Harry !" fit-elle d'une voix gutturale. "ça fait longtemps!"

Pendant qu'elle franchissait le seuil, Mrs Weasley arriva, dans son sillage, regardant plutôt de travers.

"Il n'y avait pas besoin d'apporter le plateau, j'étais sur le point de le faire moi-même!"

"Cela ne m'a pas gêné !" assura Fleur Delacour, en posant le plateau en travers des genoux de Harry et en l'embrassant sur les deux joues. Il avait l'impression que les endroits où sa bouche l'avait touché le brûlaient. "Je suis venue désirant ardemment te voir. Tu te rappelles ma sœur, Gabrielle ? Elle ne cesse jamais de parler de Harry Potter. Elle sera enchantée de te revoir."

"Oh... elle est aussi ici ?" coassa Harry.

"Non, non, garçon idiot !" le taquina Fleur, avec un rire clair "Je la verrai l'été prochain, quand nous... mais tu ne sais pas ?"

Ses grands yeux bleus s'élargirent et regardèrent, avec reproches, Mrs Weasley qui s'excusa "Nous n'avons pas encore eu le temps de lui apprendre la nouvelle !"

Fleur se retourna vers Harry, faisant osciller ses longs cheveux argentés de sorte qu'ils fouettèrent le visage de Mrs Weasley.

"Bill et moi allons nous marier!"

"Oh !" exprima Harry tout blanc. Il n'était pas aidé par les regards de Mrs Weasley, d'Hermione, et de Ginny qui l'évitait avec détermination. "Wouah.

Heu... félicitations !"

Elle lui sauta au coup et l'embrassa une nouvelle fois.

"Bill est très occupé en ce moment, son travail est très dur, et je travaille seulement à mi-temps chez Gringott pour perfectionner mon anglais, ainsi il m'a amené pendant quelques jours pour bien faire connaissance avec sa famille. Ça m'a fait plaisir d'apprendre que tu allais venir... ici il n'y a pas grand chose à faire d'autre que la cuisine! Bon… profite bien de ton petit déjeuner, Harry !"

Sur ces mots elle se tourna avec élégance et sembla s'envoler hors de la chambre, en fermant la porte tranquillement derrière elle.

Mme Weasley fit un bruit qui ressemblait à "tchah!"

"Maman la déteste !" souligna Ginny tranquillement.

"Je ne la déteste pas!" soupira Mrs Weasley. "Je pense juste qu'ils ont fait un peu trop vite, c'est tout !"

"Ils se connaissent depuis un an !" remarqua Ron, qui était curieusement chancelant et regardait fixement la porte fermée.

"Bien, ce n'est pas très longtemps ! Je sais pourquoi ça se passe comme ça, naturellement. Tout est incertain depuis le retour de Tu-Sais-Qui, les gens pensent qu'ils pourraient être mort demain, aussi précipitent-ils toutes les décisions qui prendraient normalement plus de temps. C'était la même chose quand il était tout puissant, les gens faisaient un pas à gauche, à droite, et au milieu… "

"Comme toi et papa !" sourit Ginny.

" Oui, bien, votre père et moi on était fait l'un pour l'autre, ce n'était pas la peine d'attendre ?" répliqua Mrs Weasley. " Considérant que Bill et Fleur...

bien... qu'ont-ils vraiment en commun ? Lui c'est un acharné du travail, comme une fourmi, quant à elle..."

"Une vache !" termina Ginny "Mais Bill n'est pas une fourmi. C'est un joli-coeur, il aime un peu d'aventure, un peu de charme… Je pense que c'est la raison qui l'a attiré vers Flegme."

"Arrête de l'appeler comme ça, Ginny !" se fâcha Mrs. Weasley, alors que Harry et Hermione riaient. " Bien, ça finira par aller mieux… mange tes œufs tant qu'ils sont chauds, Harry."

Regardant le sol, elle quitta la chambre. Ron semblait toujours légèrement hébété. Il secouait sa tête exactement comme un chien qui essaye de débarrasser ses oreilles pleines d'eau.

"Vous ne savez pas combien de temps elle va rester dans cette maison?"

demanda Harry.

"Bien... tu…" bafouilla Ron, "Si elle ne saute pas inopinément, comme tout à l'heure…"

"C'est pathétique !" grogna Hermione furieusement, s'éloignant autant que possible de Ron se tournant pour lui faire face les bras pliés une fois qu'elle eut atteint le mur.

"Tu n'espère pas vraiment qu'elle reste ici pour toujours ?" demanda Ginny à Ron incrédule. Quand il fit simplement un geste, elle ajouta

"Maman va mettre un frein à toute cette affaire, je te le parie !"

"Comment pourrait-elle s'y prendre ?" demanda Harry.

"Elle continue à essayer de retenir Tonks avec nous pour le dîner. Je pense qu'elle espère que Bill laissera tombé l'autre pour Tonks. Je l'espère, je l'accueillerais plus volontiers dans la famille."

"Oui, c'est du beau travail !" railla Ron " Écoutez-moi ça, aucun type en pleine possession de ses moyens ne choisirait d'aimer Tonks quand Fleur est dans les parages. Je veux dire, Tonks est tout à fait bien quand elle ne fait rien subir de stupide à ses cheveux et à son nez, mais… "

" C'est une fichue gentille fille ! bien plus que Flegme ? coupa Ginny.

"Et elle est bien plus intelligente, c'est un Auror !" ajouta Hermione de son coin.

" Fleur n'est pas stupide, elle était assez bonne pour participer au tournoi des trois sorciers ! "fit remarquer Harry.

"Non, pas toi aussi !" reprit Hermione amèrement.

"Je suppose que tu aimes bien quand Flegme te dit "Harry !" ?" ajouta Ginny.

"Non !" Harry aurait préféré n'avoir rien dit, "Je faisais juste un constat, Flegme… Je veux dire, Fleur… "

"Je préférerais de beaucoup avoir Tonks dans la famille !" insista Ginny.

"Au moins elle sait rire !"

"Elle n'a pas beaucoup ri récemment." dit Ron. "Chaque fois que je l'ai vue, elle ressemblait à un crapaud mort !"

"Ce n'est pas juste !" le coupa Hermione. "Elle n'a toujours pas surmonté ce qui s'est passé… tu sais… je veux dire, c'était son cousin!"

Le cœur de Harry se souleva. Ils en étaient arrivés à Sirius. Il prit une fourchette et commença à se fourrer des œufs brouillés dans la bouche, espérant trouver un dérivatif à la présente conversation.

"Tonks et Sirius se sont à peine connus!" intervint Ron "Sirius a été à Azkaban la moitié de sa vie et avant cela leurs familles ne s'étaient jamais rencontrées…"

"Ce n'est pas une raison !" dit Hermione. "Elle pense que c'est de sa faute s'il est mort!"

"Comment peut-elle penser ça ?" demanda Harry malgré lui.

"Bien, elle avait combattu Bellatrix Lestrange, n'est-ce pas ? Je crois qu'elle pense que si seulement elle l'avait achevée, Bellatrix n'aurait pas pu tuer Sirius."

"C'est stupide !" répliqua Ron.

"On appelle ça la culpabilité des survivants !" dit Hermione. "Je sais que Lupin essaye de lui en parler mais elle va toujours très mal. Elle a de réels ennuis pour se métamorphoser!"

"Comment ça…?"

"Elle ne peut plus changer d'aspect comme elle le faisait," expliqua Hermione. "je pense que ses pouvoirs doivent avoir été affectés par un choc, ou quelque chose de ce genre."

"je ne savais pas que ça pouvait produire !" dit Harry.

"Moi non plus" ajouta Hermione, "mais je suppose que si tu es vraiment déprimé…"

La porte s'ouvrit encore et la tête de Mme Weasley apparut. "Ginny,"

chuchota-t-elle, "viens en bas m'aider pour le déjeuner."

"Je suis en train de parler de ce sort!" répliqua Ginny, outragée.

"Maintenant!" reprit Mme Weasley, et elle se retira.

"Elle veut seulement que j'y aille pour ne pas rester seule avec Flegme!"

dit Ginny de mauvaise humeur. Elle balança ses longs cheveux rouges autour d'elle dans une très bonne imitation de Fleur et caracola à travers la pièce avec ses bras au-dessus de la tête comme une ballerine.

"Tu ferais mieux d'y aller rapidement " se dit-elle comme si elle était à côté.

Harry profita du silence provisoire pour avancer son petit déjeuner.

Hermione scrutait l'intérieur des boîtes de Fred et de George, bien que, à chaque instant, elle jetait des regards en biais à Harry. Ron, qui se servait dans les tartines de Harry, regardait toujours fixement et rêveusement la porte.

"Qu'est-ce que c'est ?" demanda Hermione à un moment, tenant un objet qui ressemblait à une mini longue-vue.

"Je ne sais pas !" répondit Ron, "mais si Fred et George laissent ça là, ce n'est probablement pas encore prêt pour le magasin de farces et attrapes, alors fais attention !"

"Ta mère a dit que le magasin allait bien !" remarqua Harry. "Elle a dit que Fred et George avaient vraiment le sens des affaires."

"Et elle les sous-estime encore !" ajouta Ron. "Ils ratissent les Gallions! Il faut attendre pour voir le magasin. Nous n'avons pas encore été sur le Chemin de Traverse, parce que maman dit que papa veut y aller, avec nous, pour plus de sécurité, et comme il a été vraiment occupé au ministère…

mais leur magasin semble super !"

"Et Percy ?" demanda Harry. - le troisième enfant des Weasley qui était en froid avec le reste de la famille. - "Parle-t-il de nouveau à ton père et à ta mère?"

"Rien !" indiqua Ron.

"Mais maintenant il sait que ton père avait raison tout le temps quand il parlait du retour de Voldemort …"

"Dumbledore dit qu'il est bien plus facile de pardonner aux autres leurs erreurs que ce qu'ils disent de vrai !" remarqua Hermione. "je l'ai entendu le dire à ta mère, Ron."

"Des bruits sur une sorte réflexion quelconque faite par Dumbledore !"

ironisa Ron.

"Il va me donner des leçons privées cette année." annonça Harry sur le mode de la conversation.

Ron s'étouffa avec un morceau de tartine grillé, et Hermione siffla.

"Tu prends ça calmement!" remarqua Ron.

"Je viens juste de m'en rappeler !" dit Harry honnêtement. "Il m'en a parlé la nuit dernière dans votre placard à balais."

"Bon sang... des cours particuliers avec Dumbledore!" reprit Ron, impressionné. "Je me demande pourquoi faire…?"

Sa voix devint lointaine . Harry vit l'échange de regards entre lui et Hermione. Harry fixa son couteau et sa fourchette, son cœur battait un peu trop vite pour quelqu'un qui n'avait rien fait d'autre que s'asseoir dans un lit.

Dumbledore lui avait dit qu'il fallait le faire… Pourquoi pas maintenant ? Il posa les yeux sur sa fourchette, qui brillait à la lumière du soleil en fonction de son inclinaison, et expliqua "Je ne sais pas exactement pourquoi il va me donner des leçons, mais je pense qu'il doit y avoir un rapport avec la prophétie."

Ni Ron ni Hermione ne parlèrent. Harry avait l'impression qu'ils étaient tous les deux figés. Il continua, s'adressant toujours à sa fourchette, "Vous savez, celle qu'ils essayaient de voler au ministère."

"Personne ne sait de quoi elle parlait !" répliqua vivement Hermione.

"Elle a été cassée."

" Bien que la prophétie parle..." commença Ron, mais Hermione l'arrêta

"Shh!"

"La prophétie est exacte !" continua Harry, faisant un gros effort pour lever les yeux vers eux: Hermione semblait effrayé et Ron stupéfait. " Cette boule de verre qui s'est écrasée n'était pas le seul enregistrement de la prophétie. Je l'ai entendue en entier dans le bureau de Dumbledore. La prophétie a été faite en sa présence, ainsi il pouvait me la rapporter. Il en ressort… "Harry s'efforça de respirer profondément "que je semble être celui qui pourrait mettre fin à la vie de Voldemort… En plus, elle précise que ni l'un ni l'autre ne peuvent vivre tandis que l'autre survit."

Tous les trois se regardèrent fixement les uns les autres en silence pendant un moment. Il y eut alors un choc et Hermione disparut dans un nuage de fumée noire.

"Hermione!" crièrent Harry et Ron. Le plateau du petit déjeuner avait glissé sur le plancher causant un grand fracas.

Hermione émergea, en toussant, de la fumée, saisissant la longue-vue et exhibant un magnifique œil au beurre noir.

"je l'ai prise et elle… elle m'a pincée!" suffoqua-t-elle.

Et bien sûr, ils virent alors un poing minuscule au bout d'un long ressort dépassant de l'extrémité de la longue-vue.

"Ne t'inquiète pas !" la rassura Ron, qui essayait simplement de ne pas rire, "Ma mère va te montrer qu'elle est bonne pour les soins de dommages mineurs…"

"Oh bien, Il ne manquait plus que ça !" dit Hermione rapidement. "Harry, OH, Harry…"

Elle se rassit sur le bord de son lit.

"Nous nous sommes posé des questions, après que nous soyons revenus du ministère… Évidemment, nous n'avons rien voulu te dire, mais quand Lucius Malefoy a dit que la prophétie te concernait ainsi que Voldemort, eh bien, nous avons pensé que ce pourrait être quelque chose comme ça… Ah, Harry… " Elle le regarda fixement, puis chuchota, "Es-tu effrayé?"

"Pas autant que je l'étais !" souffla Harry. "Quand je l'ai entendu la première fois, j'étais… mais maintenant, c'est comme si j'avais toujours su que je devrais finalement lui faire face …"

"Quand nous avons entendu que Dumbledore désirait te voir, nous avons pensé qu'il pourrait te dire ou te montrer quelque chose en rapport avec la prophétie." expliqua Ron. "Et nous avions raison, n'est-ce pas ? Il ne te donnerait pas des leçons s'il te croyait perdu, il ne perdrait pas son temps…

il doit penser que tu as une chance!"

"C'est vrai !" affirma Hermione " Je me demande ce qu'il t'enseignera, Harry? De la magie défensive de haut niveau, probablement… des anti-sorts puissants, des contre-malédictions …..."

Harry n'écoutait plus. Une chaleur bienfaisante se répandait en lui bien plus que n'aurait pu le faire la lumière du soleil. Ce qui faisait obstruction à l'intérieur de sa poitrine sembla se desserrer, se dissoudre. Il savait que Ron et Hermione étaient plus choqués que ce qu'ils laissaient paraître, mais le seul fait qu'ils étaient toujours là à côté de lui, cherchant des mots pour le réconforter, ne s'éloignant pas de lui comme s'il était souillé ou dangereux, valait plus la peine que ce qu'il pourrait jamais leur dire.

"... et des sortilèges divers en général !" conclut Hermione. "Bien, au moins tu connais un des cours que tu auras cette année, ce qui est un avantage sur Ron et sur moi. Je me demande quand nos résultats de BUSE

arriveront?"

"Ça ne devrait plus être très long maintenant, c'était prévu pour ce mois-ci!" dit Ron.

" Tu peux y compter !" fit Harry comme si une autre partie de son esprit avait suivi la conversation près de lui. " Je pense que Dumbledore m'a dit que nos résultats de BUSE arriveraient aujourd'hui!"

" Aujourd'hui?" s'écria Hermione. "Aujourd'hui ? Mais pourquoi tu ne …

Oh mon Dieu… tu devrais avoir … "

Elle se leva.

"Je vais voir si des hiboux sont venus…"

Mais quand Harry descendit dix minutes plus tard, complètement habillé et portant son plateau vide, il trouva Hermione installée à la table de cuisine dans un état de grande agitation, alors que Mrs Weasley tentait de diminuer sa ressemblance avec un panda.

"C'est parce que tu as bougé !" lui reprocha Mrs Weasley avec impatience, tenant sa baguette d'une au-dessus d'Hermione et une copie du Compagnon du Guérisseur ouvert à "contusions, coups, éraflures". Ça a toujours marché avant, je ne comprends pas !"

"C'est peut-être l'idée que Fred et George se font d'une bonne plaisanterie, s'assurer qu'on ne peut pas faire marche arrière !" remarqua Ginny.

"Mais il faut sortir de cet état !" grinça Hermione. "je ne peux pas me promener comme ça !"

"Ne t'inquiète pas, ma chérie, nous trouverons un antidote, ne nous inquiétons pas !" la rassura Mrs Weasley avec douceur.

"Bill m'a dit que Fred et George s'étaient beaucoup amusés !" ajouta tranquillement Fleur.

"Oui, je suffoque de rire !" lui envoya Hermione.

Elle sursauta et commença à tourner en ronds dans la cuisine, se tordant les doigts.

"Mrs. Weasley, vous êtes sûre, tout à fait sûre qu'aucun hibou n'est arrivé ce matin?"

"Oui, ma chère, je l'aurais vu !" continua patiemment Mrs. Weasley.

"Mais il est à peine neuf heure, il y a encore du temps…"

" Je sais que j'ai raté les Runes Anciennes." chuchota Hermione fiévreusement, "J'ai certainement fait au moins une erreur sérieuse traduction. Et ma pratique de défense contre les forces du mal n'était pas bonne du tout. J'ai pensé qu'un sort de Transfiguration pouvait aller mais avec le recul… "

"Hermione, vas-tu te taire ! tu n'es pas la seule qui soit énervée !" lui cria Ron. " Et quand tu auras tes onze Exceptionnel aux BUSEs..."

"Non , non , non !" nia Hermione en s'agitant ses mains de façon hystérique. "je sais que j'ai échoué en tout!"

"Qu'est-ce qui se produit si nous échouons?" demanda Harry à la cantonade, mais ce fut encore Hermione qui a répondit.

"Nous discutons des options qui s'offre à nous avec le responsable de notre maison, je l'ai demandé au professeur McGonagall à la fin de l'année dernière."

L'estomac de Harry se tortilla. Il souhaitait avoir moins mangé au petit déjeuner.

"À Beauxbatons," remarqua Fleur d'un ton suffisant " nous faisons différemment. Je pense que c'est mieux. Nous avons repoussé nos examens après six ans d'étude, et pas cinq, et … "

Les mots de Fleur furent noyés dans un cri perçant. Hermione se dirigea vers la fenêtre de cuisine. Trois points noirs étaient nettement visibles dans le ciel, s'accroissant d'instant en instant.

"Ce sont certainement des hiboux !" dit Ron d'une voix rauque, se précipitant jusqu'à Hermione près de la fenêtre.

"Et ils sont trois !" ajouta Harry, prenant place de l'autre côté.

"Un pour chacun de nous !" souffla Hermione terrifiée. "Oh non... oh non... oh non..."

Elle agrippait étroitement Harry et Ron par les coudes.

Les hiboux volaient directement vers le terrier, tous les trois d'une belle couleur fauve, et ils portaient chacun, c'était devenu clair quand ils passèrent au-dessus du chemin qui menait à la maison, une grande enveloppe carrée.

"Oh non!" couina Hermione.

Mrs. Weasley se serra contre eux et ouvrit la fenêtre de la cuisine. Un, deux, trois, les hiboux entrèrent et atterrirent bien en ordre sur la table. Tous les trois levèrent une patte.

Harry avança. La lettre qui lui était adressée était attachée à la patte du hibou du milieu. Il la délia avec les doigts hésitants. Sur sa gauche, Ron essayait de détacher ses propres résultats. À sa droite, les mains d'Hermione remuaient tellement que son hibou tout entier tremblait.

Personne ne parlait dans la cuisine. Enfin, Harry parvint à détacher l'enveloppe. Il l'ouvrit rapidement et dévoila le parchemin à l'intérieur.

Résultats du Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire Notes De Passage :

(O) Optimal

Effort exceptionnel (E)

(A) acceptable

Note d'échec :

Piètre (P)

(D) Désolant

Troll (T)

Harry James Potter a obtenu les résultats suivants: Astronomie A

Soins aux créatures magiques E

Sortilèges E

Défense contre les forces du mal O

Divination P

Herbologie E

Histoire de la magie D

Potions E

Métamorphose E

Harry relut plusieurs fois le parchemin, sa respiration devenait de plus en plus facile à chaque lecture. C'était normal : Il avait toujours su qu'il échouerait en divination, et il n'avait eu aucune chance de réussir l'histoire de la magie, étant donné qu'il s'était effondré à la mi-temps de l'examen, mais il avait réussi tout le reste ! Il fit courir son doigt le long des notes… Il avait bien marché en Métamorphose et en Herbologie, il avait même obtenu effort exceptionnel en potions ! Et le meilleur de tout, il avait réalisé un score "Optimal" en défense contre les forces du mal !

Il regarda autour de lui. Hermione lui tournait la tête qui était penchée, mais Ron semblait ravi.

"J'ai seulement échoué en divination et en histoire de la magie, et qui s'en inquiète?" dit-il heureux à Harry. "ici… regarde…"

Harry jeta un coup d'œil aux notes de Ron : Il n'y avait aucun "Optimal"

"Je savais que tu serais meilleur en défense contre les forces du mal " dit Ron, pinçant Harry à l'épaule. "nous avons bien fait n'est ce pas ?"

" Formidable!" s'exclama Mrs. Weasley fièrement, hérissant les cheveux de Ron. "sept BUSEs, plus que Fred et George réunis!"

"Hermione?" essaya Ginny, parce que Hermione ne s'était toujours pas retournée. "comment ça va ?"

"Je…n'ai rien de mal !" souffla Hermione d'une petite voix.

"Oh, pousse ça !" dit Ron, allant vers elle et lui arrachant ses résultats de la main. " Ouais... dix "Optimal" et un "Effort exceptionnel" en défense contre les forces du mal." Il la regarda, mi-amusé, mi-exaspéré. "tu es déçue, n'est-ce pas ?"

Hermione secoua la tête, et Harry rit.

"Bon, nous sommes des étudiants ASPIC maintenant !" grimaça Ron.

"Maman, y a-t-il encore des saucisses?"

Harry regardait de nouveau ses résultats. Ils étaient aussi bons qu'il puisse l'espérer. Il ressentit cependant un minuscule pincement de regret… C'était la fin de son espoir de devenir un Auror. Il n'avait pas obtenu la note requise en potions. Il avait toujours su qu'il ne l'aurait pas, mais il sentait son estomac chavirer alors qu'il regardait de nouveau ce petit E noir.

Il était vrai cependant, que c'était un Mangemort déguisé qui lui avait dit la première fois qu'il ferait un bon Auror, mais l'idée avait fait son chemin en lui, et il ne pouvait pas vraiment s'imaginer faire autre chose. D'ailleurs, ça lui avait semblé la meilleure solution depuis qu'il avait entendu la prophétie il y a quelques semaines… Ni l'un ni l'autre ne peuvent vivre tant que l'autre survit… Ne devait-il pas vivre pour réaliser la prophétie, et se donner la meilleure chance de survie, en rejoignait les rangs des magiciens les plus qualifiés pour trouver et tuer Voldemort ?

Chapitre 6 : Le Détour de Draco

Au terrier, pendant les semaines suivantes, Harry passa presque tout son temps dans le fond du jardin. Il passa la plus grande partie de ses journées à jouer au Quidditch dans le verger des Weasley (lui et Hermione contre Ron et Ginny : Hermione était redoutable et Ginny plutôt bonne, ainsi ils étaient raisonnablement bien assortis) et ses soirées mangeant les triples portions de tous les plats que Mme Weasley mettait devant lui.

Cela aurait été des vacances heureuses et paisibles sans les annonces quasi quotidiennes de disparitions, d'accidents, même de décès apparaissant maintenant dans la "gazette du sorcier". Parfois, Bill et Mr Weasley apportaient les nouvelles avant même qu'elles ne soient diffusées dans le journal. Au grand mécontentement de Mrs Weasley, l'anniversaire des seize ans de Harry fut troublé par l'annonce de nouvelles terribles apportées par Remus Lupin, qui semblait décharné et sinistre, ses cheveux bruns striés de gris, ses vêtements plus loqueteux et plus rapiécés que jamais.

"Il y a eu un autre couple attaqué par un Détraqueur !" annonça-t-il, comme Mrs Weasley lui faisait parvenir une grosse part de gâteau d'anniversaire. "Et on a retrouver le corps d'Igor Karkaroff à l'intérieur d'une cabane, dans le nord. La Marque des Ténèbres était sur lui... bien, franchement, je suis étonné qu'il soit resté vivant une année entière après sa désertion des Mangemorts. Le frère de Sirius, Regulus, dans la mesure où je peux me le rappeler, a seulement tenu quelques jours."

"Oui, bon !" dit Mrs Weasley fronçant les sourcils, "nous pourrions parler de quelque chose de diff…"

"As-tu entendu parler de Florean Fortescue, Remus ?" demanda Bill, auquel Fleur servait du vin. "L'homme qui allait..."

"Le vendeur de glaces sur le Chemin de Traverse ?" l'interrompit Harry, avec une sensation désagréable de vide au creux de l'estomac. "Il avait l'habitude de me donner une glace gratuitement. Que lui est-il arrivé ?"

"Chassé, loin du Chemin de Traverse."

"Pourquoi ?" interrogea Ron, tandis que Mrs Weasley jetait des regards furieux à Bill.

"Qui sait ? Il a du les a dérangés d'une façon ou d'une autre. C'était un brave homme, Florean."

"En parlant du Chemin de Traverse," dit Mr Weasley, "il paraît que Ollivander est parti aussi."

"Le vendeur de baguettes magiques ?" intervint Ginny.

"Celui-là. Sa boutique est vide. Aucun signe de lutte. Personne ne sait s'il est parti volontairement ou s'il a été enlevé."

"Mais comment feront les gens pour avoir des baguettes magiques ?"

"Ils iront chez d'autres fabriquants", répondit Lupin. "Mais Ollivander était le meilleur, et les autres ne sont pas aussi bien pour nous."

Le lendemain de ce goûter d'anniversaire plutôt sombre, des lettres et la liste de livres arrivèrent de Poudlard. Harry eut une surprise : il était promu capitaine de son équipe de Quidditch.

" Cela te donne un statut équivalent à celui de préfet !" Hermione pleurait de bonheur. "Tu pourras utiliser notre salle de bains spéciale maintenant !"

"Wouah ! Je me souviens quand Charlie a porté cet insigne ! "clama Ron, examinant l'objet en question avec allégresse. "Harry, c'est trop cool, tu es mon capitaine… si tu décides de me garder dans l'équipe bien sûr, je suppose, ha ha…"

" Bien, je suppose que nous ne pourrons pas reporter un voyage au chemin de Traverse beaucoup plus longtemps ! "soupira Mrs Weasley, regardant sur la liste des livres de Ron… . "Nous irons samedi à un moment où votre père ne sera pas au travail. Je n'y vais pas sans lui."

"Maman, tu ne peux pas honnêtement penser que Tu-Sais-Qui se cacherait derrière une étagère de chez Flourish et Blotts ?" ricana Ron.

"Fortescue et Ollivander étaient en vacances, non ?" s'enflamma aussitôt Mrs. Weasley. " Si tu penses que la sécurité est une question de rigolade tu peux rester ici et j'irai chercher tes fournitures scolaires moi-même..."

" Non, je veux venir, Je veux voir La boutique de Fred et de George !".

"Alors tu dois juste rehausser tes idées sur la sécurité, jeune homme, avant que je décide que tu n'es pas assez mûr pour venir avec nous !"

répliqua Mrs Weasley en colère, attrapant son horloge, sur laquelle chacune des neuf mains se dirigeait vers " péril mortel" et la posant toujours en équilibre sur une pile des serviettes juste-blanchies. "Et cela est valable aussi pour retourner à Poudlard !"

Ron se tourna vers Harry, le regard fixe, incrédule pendant que sa mère soulevait le panier à linge, l'horloge se balançant au-dessus, et sortait de la pièce en tempêtant.

"Bon sang… Si on ne peut même plus faire une plaisanterie !…"

Mais, pendant les jours qui suivirent, Ron fit attention à ne pas tenir de propos désinvoltes au sujet de Voldemort. Samedi arriva sans nouvel éclat de Mrs Weasley, bien qu'elle sembla très tendue au petit déjeuner. Bill qui voulait rester à la maison avec Fleur (au grand plaisir de Hermione et de Ginny), envoya un plein sac d'argent à travers la table vers Harry.

"Où est le mien ?" exigea immédiatement Ron, les yeux dans le vide.

" C'est seulement pour Harry, idiot," le réprimanda Bill. " Je l'ai pris pour toi dans ton coffre fort, Harry. Cela prend environ cinq heures pour que les clients obtiennent de l'or à l'heure actuelle, les Gobelins ont considérablement renforcé la sécurité. Il y a deux jours Arkie Philpott s'est vu coller par une sonde de probité... Bon, crois-moi, c'est plus facile comme ça !"

"Merci, Bill," dit Harry, empochant son argent.

" Tu penses toujours à tout ! " ronronna Fleur avec adoration, tapant Bill sur le nez. Ginny fit semblant de vomir dans ses céréales derrière Fleur.

Harry plongea dans ses cornflakes, et Ron le tapa dans le dos.

C'était au croisement de deux routes, un jour sombre. Quelqu'un était spécialement venu du bureau des voitures volantes, dans lesquelles Harry était déjà monté auparavant, et les attendait dans la cour quand ils émergèrent de la maison, enveloppés dans leur manteau.

" C'est bien que papa ait pu nous obtenir une voiture. " se réjouit Ron plein d'éloges, qui s'accrurent considérablement quand la voiture s'éloigna en douceur du terrier, Bill et Fleur les saluaient de la fenêtre de cuisine. Avec Harry, Hermione, et Ginny ils étaient tous assis confortablement sur la spacieuse banquette arrière.

"On n'a pas le droit de l'utiliser normalement ! C'est seulement à cause de Harry !" clama Mr. Weasley par-dessus son épaule. Lui et Mrs. Weasley étaient à l'avant avec le chauffeur du ministère. Les passagers de devant étaient agréablement installés dans une sorte de divan. " On a le top niveau sur le plan de la sécurité. Et nous aurons des renforts de sécurité également au Chaudron Baveur."

Harry ne disait rien. Il n'y avait pas beaucoup de fantaisie à faire ses achats entouré d'un bataillon d'Aurors. Il avait glisser sa cape d'invisibilité dans son baluchon et estimait que, si c'était assez bon pour Dumbledore, ça doit être assez bon pour le ministère, bien que maintenant qu'il y pensait, il n'était pas sûr le ministère eut connaissance de l'existence de cette cape.

"Vous êtes arrivés" annonça le chauffeur, un bien court instant plus tard, parlant pour la première fois qu'il ralentissait sur Charing Cross Road et s'arrêta devant le Chaudron Baveur. "Je dois vous attendre, avez-vous une idée du temps qu'il vous faudra ?"

"Environ deux heures, je pense !" dit Mr Weasley. "Ah, bien ! Il est là !"

Harry imita M. Weasley et regarda par la fenêtre. Son cœur sursauta.

Aucun Auror n'attendant en dehors de l'auberge, mais il vit à la place la silhouette colossale et la barbe noire de Rubeus Hagrid, le garde-chasse de Poudlard, recouvert d'un long manteau en peau de taupe. Il rayonna à la vue de Harry et était complètement inconscient des regards fixes des passants Moldus.

"Harry !" gronda-t-il, enserrant Harry dans une étreinte à lui casser les os dès lors que Harry avait fait un pas hors de la voiture. "Buck... Witherwings, Je veux dire que… tu devrais le voir, Harry, il est tellement heureux d'être de retour en plein air… "

"Je suis heureux pour lui !" répondit Harry, en grimaçant pendant qu'il se massait les côtes. "Nous ne savions pas que "la sécurité" c'était vous !"

"Je sais, juste comme au bon vieux temps ? Tu vois, le ministère voulait envoyer un groupe d'Aurors, mais Dumbledore a dit que je le ferai !" pavoisa Hagrid fièrement, le torse bombé et les pouces dans les poches. "laissez-moi vous guider … après vous, Molly, Arthur…"

Le Chaudron Baveur était, pour la première fois dans la mémoire de Harry, complètement vide. Seul Tom le propriétaire, vieux et édenté, restait là. Il vérifia que tout allait bien pendant qu'ils entraient, mais avant qu'il puisse parler, Hagrid déclara d'une manière primordiale "On ne fait que passer aujourd'hui, Tom, vous comprenez sûrement, les fournitures pour Poudlard, vous savez !"

Tom inclina sombrement la tête et retourna essuyer ses verres. Harry, Hermione, Hagrid, et les Weasley traversèrent le bar sortirent dans une petite cour fraîche près du local à poubelles. Hagrid leva son parapluie rose et frappa une certaine brique dans le mur, qui s'ouvrit immédiatement pour dégager un passage avec des arcades sur une rue pavée. Ils s'engouffrèrent dans ce passage et firent une pause, regardant autour d'eux.

Le Chemin de Traverse avait changé. Les vitrines de livres de sorts, les ingrédients de breuvage magique, et les chaudrons colorés et scintillants ne sautaient plus aux yeux. Tout était caché derrière de grandes affiches magiques du ministère collées sur les vitrines. La plupart de ces affiches rouge sombre reprenait les consignes faites par le conseil de sécurité sur le trac du ministère qui avaient été envoyées au cours de l'été, mais d'autres représentaient les photographies en noir et blanc et en mouvements des Mangemort en fuite. Bellatrix Lestrange ricanait devant la pharmacie le plus proche. Quelques fenêtres étaient relevées, y compris celles du magasin de glaces de Florean Fortescue. Par ailleurs, un certain nombre de petites échoppes d'apparence minable avaient pris naissance le long de la rue. La plus proche, qui avait été érigé à l'extérieur de Flourish et Blotts, sous une tente rayée et sale, étalait sur son bandeau de façade : AMULETTES

Efficace contre les loups-garous, les détraqueurs et les Inferi !

Un petit sorcier à l'œil vif, faisait cliqueter des colliers chargés de symboles argentés pour attirer les passants.

" Un pour votre petite fille, Madame ?" proposa-t-il à Mrs. Weasley en lorgnant Ginny, alors qu'ils passaient devant lui " pour protéger son joli cou

?"

" Si j'étais en service..." murmura Mr. Weasley, les yeux brillant de colère vers le vendeur d'amulette.

"Oui, mais ne va pas aller arrêter quelqu'un maintenant, chéri, nous sommes pressés !" l'interrompit Mrs Weasley, consultant nerveusement la liste. "Je pense que nous devrions commencer par Madame Guipure, Hermione veut de nouvelles robes longues, et apparemment on voit beaucoup trop les chevilles de Ron dans des ses robes longues d'école, et tu dois aussi en avoir besoin, Harry, tu t'es tellement développé … venez tous ici…"

"Molly, ce n'est peut-être pas la peine que nous allions tous chez Madame Guipure !" proposa Mr Weasley. "Pourquoi ces trois là ne resteraient-ils pas avec Hagrid, pendant que nous irions chez Flourish et Blotts prendre leurs livres d'école ?"

"Je ne sais pas !" répondit Mme Weasley inquiète, déchirée nettement entre son désir de finir les achats le plus rapidement possible et de rester tous ensemble. "Hagrid, penses-tu … ?"

"Pas de soucis, ils sont en sécurité avec moi, Molly," la rassura Hagrid avec douceur, remuant en l'air une main de la taille d'un couvercle de poubelle. Mrs Weasley ne semblait entièrement convaincue, mais accepta cependant qu'ils se séparent, et fila rapidement chez Flourish et Blotts avec son mari et Ginny tandis que Harry, Ron, Hermione, et Hagrid entraient chez Madame Guipure.

Harry remarqua que plusieurs personnes qui les dépassaient avaient le même air dévasté, le même regard inquiet que Mrs Weasley, et que personne ne s'arrêtait pour parler. Les clients restaient ensemble dans leurs propres groupes étroitement liés, se déplaçant prudemment pour leurs affaires. Personne ne semblait faire ses emplettes seul.

"Ce sera peut-être un peu serré là dedans avec nous !" expliqua Hagrid, stoppant devant chez Madame Guipure et se pliant pour regarder par la fenêtre. "Je monte la garde dehors, d'accord ?"

Harry, Ron, et Hermione pénétrèrent donc tous les trois ensemble dans le petit magasin. Il sembla vide, à première vue, mais ils n'avaient pas plutôt fermé la porte derrière eux qu'ils entendirent une voix familière glapir derrière un support de longues robes vertes, ornées de paillettes et d'autres bleues.

"… plus un enfant, au cas où tu ne le remarquerais pas, mère. Je suis parfaitement capable de faire mes achats seul."

Il y eut un gloussement et une voix qu'Harry identifia comme celle de Madame Guipure, la propriétaire, "mais, mon cher, votre mère en a tout à fait le droit, aucun de nous n'est censé errer seul non plus, cela n'a rien à voir avec le fait d'être ou pas un enfant..."

"Faites attention où vous collez ces épingles, voulez-vous !"

Un adolescent au visage pâle et pointu et aux cheveux blanc-blonds apparut derrière le support, portant une robe longue vert-foncé qui scintillait, avec des épingles tout autour et le bord des manches. Il alla vers le miroir pour se regarder. C'était quelques instants avant qu'il remarqua Harry, Ron, et Hermione dans son reflet au-dessus de son épaule. Ses yeux gris-clair s'étrécirent.

"Si tu te demandes d'où vient l'odeur, maman, une sang de bourbe vient juste d'entrée !" s'exclama Draco Malefoy.

" Je ne pense pas qu'un tel langage soit nécessaire !" gronda Madame Guipure, venant de derrière les vêtements et tenant un mètre ruban et une baguette magique. "Et, tous les deux, je ne veux pas que des baguettes soient utilisées dans mon magasin !" ajouta-t-elle, quand d'un regard vers la porte elle vit Harry et de Ron sortir leurs baguettes et les diriger vers Malefoy.

Hermione, qui se tenait légèrement derrière eux, chuchota, "Non, honnêtement ne faites pas ça, il n'en vaut pas la peine !"

"Ouais, comment oserais-tu faire de la magie hors de l'école !" ricana Malefoy. "Qui t'a fait cet œil au beurre noir, Granger ? Je vais lui envoyer des fleurs."

"Ça suffit maintenant !" s'emporta Madame Guipure, regardant par-dessus son épaule pour trouver un appui. "Madame, s'il vous plaît !"

Narcissa Malefoy sortit en flânant de derrière le présentoir à vêtements.

"Rangez ça !" dit-elle froidement à Harry et à Ron. "Si vous attaquez encore mon fils, je m'assurerai que ce sera la dernière chose que vous ferez jamais."

"Vraiment ?" ironisa Harry, en s'avançant vers elle et en regardant fixement son visage arrogant qui, malgré sa pâleur, ressemblait toujours à celui de sa sœur. Il était aussi grand qu'elle maintenant. " Vous allez demander à un de vos Mangemorts de nous faire notre fête ?"

Madame Guipure couina et mit ses mains sur sa poitrine.

" Réellement, tu ne devrais pas accuser… il y a des choses dangereuses à dire… éloignez vos baguettes, s'il vous plaît !"

Mais Harry ne baissa pas sa baguette magique. Narcissa Malefoy sourit désagréablement.

"Je vois que d'être le favori de Dumbledore t'a donné de mauvaises idées sur la sécurité, Harry Potter. Mais Dumbledore ne sera pas toujours là pour te protéger."

Harry regarda, moqueur, tout autour du magasin. "Wouah…regardez ça…

il n'est pas ici pour l'instant ! Mais pourquoi n'est-il pas venu ? Il est peut-

être occupé à vous cherchez une cellule double à Azkaban pour que vous y rejoigniez votre perdant de mari !"

Malefoy fit un mouvement de colère en direction de Harry, mais il trébucha sur sa robe trop longue. Ron éclata de rire.

"Tu n'es pas autorisé à parler ainsi à ma mère Potter !" menaça Malefoy .

"Laisse tomber ! Draco" dit Narcissa, le retenant par l'épaule, avec des doigts blancs maladifs. " Je prévois que Potter aura rejoint son cher Sirius avant que je retrouve Lucius."

Harry leva sa baguette plus haut.

"Harry, non !" gémit Hermione, lui saisissant le bras et essayant de l'abaisser de son côté. "Penses-y… Tu ne dois pas… Tu auras de tels ennuis..."

Madame Guipure hésita un moment sur place, puis elle alors sembla se décider à agir comme si rien ne se produisait dans l'espoir que tout s'arrête.

Elle se pencha vers Malefoy, qui défiait toujours Harry.

"Je pense que cette manche doit juste être un peu raccourcie, mon cher, laissez-moi juste..."

"Aarh !" beugla Malefoy, lui frappant violemment la main. "Attention où tu mets tes épingles, femme ! Mère, je ne pense pas que j'ai encore envie de tout ça !"

Il fit passer la robe longue par-dessus sa tête et la jeta sur le sol aux pieds de Madame Guipure.

"Tu as raison, Draco," approuva Narcissa, avec un regard méprisant en direction d'Hermione, "Maintenant je sais quel genre de mauvais magasin on trouve ici… Nous serons mieux chez Twilfitt et Tatting."

Et sur ces paroles, tous deux sortirent du magasin, Malefoy prit soin de donner un coup assez fort à Ron en passant par la porte.

"Ça alors, vraiment ? dit Madame Guipure, en ramassant la robe longue tombée par terre au-dessus de laquelle elle déplaça le bout de sa baguette en guise d'aspirateur, afin d'y enlever toute la poussière.

Elle fut distraite de tout ça par l'essayage et l'ajustage des nouvelles robes longues de Ron et de Harry. Elle essaya de vendre à Hermione des robes longues de magicien au lieu de robes de sorcière, et quand elle les accompagna finalement vers la sortie hors du magasin, elle avait l'air heureuse de les voir partir.

"Vous avez eu tout ce que vous vouliez ?" demanda Hagrid quand ils furent près de lui.

"À peu près " répondit Harry. "Tu as vu les Malefoy ?"

"Ouais," dit Hagrid, insouciant. "Mais ils ne causeraient pas… d'ennuis sur le Chemin de Traverse, Harry. Ne t'inquiète pas d'eux."

Harry, Ron, et Hermione se regardèrent, mais avant qu'ils puissent convaincre Hagrid de ne pas être si confiant, Mr, Mrs Weasley et Ginny apparurent, les bras pleins de paquets lourds de livres.

"Tout va bien ?" demanda Mrs Weasley. "Vous avez vos robes longues ?

Partons alors, nous pourrons faire un saut chez l'apothicaire et chez Eeylops sur le chemin du magasin de Fred et de George… allons-y, maintenant… "

Ni Harry ni Ron n'avaient besoin d'ingrédient à acheter chez l'apothicaire, sachant qu'ils ne suivraient plus le cours de potions, mais tous les deux devaient acheter de grandes boîtes de graines pour leurs hiboux Hedwig et Coquecigrue au centre commercial des hiboux d'Eeylops. Puis, tandis que Mme Weasley vérifiait sa montre chaque minute ou presque, ils allèrent plus loin le long de la rue à la recherche du "Weasley Wizard Wheezes", le magasin de farces et attrapes de Fred et George.

"Nous ne resterons pas trop longtemps !" prévint Mrs Weasley " Nous faisons juste un petit tour et ensuite nous retournons à la voiture. Nous devrions y être bientôt, voici le numéro quatre-vingt-douze… quatre-vingt-quatorze..."

"Whouah !"s'exclama Ron, s'arrêtant en chemin.

Tranchant sur les façades ternes et silencieuses des boutiques voisines, la devanture de Fred et Georges frappait l'œil comme un feu d'artifice. Les rares passants regardaient les vitrines, et quelques personnes avaient fait halte, transfigurées. La vitrine de gauche était éblouissante et pleine d'un assortiment des marchandises qui tournaient, sautaient, clignotaient, rebondissaient, et poussaient des cris perçants. Les yeux de Harry commençaient à se remplir de larmes. La vitrine de droite était recouverte par une gigantesque affiche, rouge sombre comme celle du ministère, mais décorée avec des lettres jaunes clignotantes :

POURQUOI ETES-VOUS INQUIET A CAUSE DE

TU-SAIS-QUI?

VOUS DEVRIEZ VOUS INQUIÉTER POUR

T'EN-CROTT'-QUI--

LA SENSATION DE CONSTIPATION

QUI SAISIT LA NATION !

Harry commença à rire. Il entendit une sorte de faible gémissement près de lui et regarda autour de lui pour voir Mrs Weasley qui regardait, ahurie, l'affiche. Ses lèvres remuaient silencieusement en lisant le mot "T'en-Crott'-

Qui".

"Ils seront assassinés dans leurs lits!" chuchota-t-elle.

"Non ils ne le seront pas !" dit Ron, qui riait, comme Harry. "C'est brillant

!"

Et lui et Harry se dirigèrent vers le magasin. Il a été plein de clients. Harry ne pouvait pas s'approcher des étagères. Il regarda autour de lui, apercevant des boîtes empilées jusqu'au plafond. D'un côté, on voyait des boîtes de Snackboxes que les jumeaux avaient perfectionné pendant le leur dernière année inachevée à Poudlard. Harry nota que le nougat Nez-en-sang était le plus populaire, avec une seule boîte restante sur l'étagère de gauche. D'un autre côté, il y avait plein de fausses baguettes magiques, les meilleurs marchés permettant simplement une transformation en poulet de caoutchouc ou en slip une fois qu'on l'avait agitée. Les plus chères battant l'utilisateur imprudent autour sur la tête et sur dans le dos. On trouvait également un assortiment varié de boîtes de plumes, qui s'encraient toutes seules, qui vérifiaient l'exactitude des sorts, ou qui donnaient des bonnes réponses. Un espace s'était dégagé dans la foule, et Harry pu s'approcher du comptoir, où un groupe d'adorables enfants d'une dizaine d'années observaient un petit bonhomme en bois monter lentement des marches jusqu'à une potence.

L'ensemble était perché sur une boîte sur laquelle était écrit : Bourreau réutilisable à charmer ou il se balancera !

"recommandé comme charme nocturne”

Hermione était parvenu à s'approcher d'une grande affiche près du comptoir et lisait l'information au dos d'une boîte sur laquelle on voyait une image très colorée d'une belle jeune fille se pâmant sur un bateau de pirates.

" Un simple incantation et vous entrerez dans un merveilleux rêve de trente minutes, très réaliste, facile à réaliser pour tout sorcier moyen et pratiquement indétectable (les effets secondaires sont une expression idiote et radotage mineur). Interdit aux moins de seize ans. Tu sais," dit Hermione, en apercevant Harry, "c'est vraiment la magie extraordinaire !"

"Pour ça, Hermione," lança une voix derrière eux, "tu peux en prendre une gratuitement."

Un Fred rayonnant se tenait devant eux, portant une robe longue magenta qui jurait magnifiquement avec ses cheveux flamboyants.

"Comment vas-tu, Harry ?" Ils se serrèrent la main. " Qu'est-il arrivé à œil, Hermione ?"

"Votre longue-vue catcheuse !" fit-elle tristement.

“Oh mon dieu, je l'avais oubliée. Ici..."

Il sortit un tube de sa poche et le lui tendit. Elle le dévissa délicatement pour voir une pâte jaune épaisse.

" Tapote juste un peu dessus ce bleu sera parti dans une heure !" expliqua Fred. "Nous avons dû trouver un solvant acceptable pour les contusions.

Nous essayons la plupart de nos produits sur nous-mêmes."

Hermione le regarda un peu nerveuse "C'est pour me soigner ?"

"Évidemment ! Viens Harry, je te fais faire un tour !"

Harry laissa Hermione se tamponnant son œil au beurre noir avec la pâte et suivit Fred vers l'arrière du magasin, où il vit un stand de tours de cartes et de cordes.

"Tours de magie de Moldus !" pouffa Fred heureux, en les désignant.

"Pour des gens comme papa, tu sais, qui aiment les objets des Moldus. Ce n'est pas un grand marché, mais nous consolidons les affaires, nous avons de grandes nouveautés… Ah, voici George… "

Le jumeau de Fred secoua énergiquement la main de Harry.

"Tu lui fais faire le tour ? Viens derrière, Harry, là où nous nous faisons vraiment de l'argent…, toi, tu va me payer avec tes Gallions !" ajouta-t-il en se dirigeant vers un petit garçon qui fouettait vivement sa main au-dessus d'un bac sur lequel était inscrit :

MARQUES DES TENEBRES COMESTIBLES---- ELLES RENDRONT

N'IMPORTE QUI MALADE !

George tira un rideau près des tours de magies des Moldus et Harry vit une salle plus sombre et moins remplie. L'emballage des produits posés sur les étagères était plus discret.

"Nous avons juste développé cette branche un peu plus sérieuse. Ça s'est passé d'une drôle de façon…" commença Fred

"Tu ne croiras jamais combien de personnes, dont certaines qui travaillent au ministère, sont incapables pas produire un charme décent de bouclier !

Évidemment, ils n'ont pas suivi ton enseignement, Harry." Enchaîna George.

" C'est exact… Bien, nous avons pensé à des chapeaux-boucliers juste un peu pour rire, tu sais : tu défies ton partenaire de sort tout en le portant et tu observes son visage quand le sort rebondit au loin. Mais le ministère en a acheté cinq cents pour tout son personnel ! Et nous avons toujours des commandes en masse !"

"Nous avons donc augmenté notre gamme de manteaux-boucliers, de gants-boucliers…"

"… Je veux dire, ils ne serviraient pas à grand chose contre les sortilèges impardonnables, mais contre des sorts mineurs ou des charmes… "

" Et ensuite nous avons pensé nous attaquer à tout le secteur de la défense contre les forces du mal, parce que c'est sacré filon d'argent !"continua George avec enthousiasme. "C'est cool. Regarde, de la "poudre instantanée d'obscurité'. Nous l'importons du Pérou. Maniable si tu veux faire une évasion rapide."

" Et nos détonateurs de leurre sont posés juste sur ces étagères, regarde !"

dit Fred, indiquant un certain nombre d'étranges objets en forme de cornes noires qui essayaient de se sauver hors de la vue. "Tu n'as qu'à en fait tombé subrepticement et il s'enfuira en faisant un bruit très agréable hors de ta vue, te fournissant la diversion dont tu as besoin.

" Maniable !" approuva Harry.

"Ici !" reprit George, attrapant un couple et le jetant à Harry.

Une jeune sorcière blonde aux cheveux courts passa la tête par le rideau.

Harry vit qu'elle portait aussi la robe longue magenta du personnel.

"Il y a un client qui est à la recherche d'un chaudron de plaisanterie, Mr Weasley et Ms Weasley."

Harry trouva très bizarre d'entendre Fred et George être appelés "Mr Weasley" mais ils le prirent pour eux.

" D'accord, Verity, j'arrive !" lança George rapidement. "Harry, tu fouilles où tu veux, OK ? Pas de problèmes."

"Je ne peux pas faire ça !" dit Harry, qui avait déjà sorti son argent pour payer les détonateurs de leurre.

"Tu ne payes rien ici !" l'arrêta Fred fermement, refusant Harry.

"Mais..."

" Tu nous as donné notre fond de mise en train, nous ne l'avons pas oublié

!" le coupa George sévèrement " Prends ce que tu veux, et rappelle-toi seulement de dire aux gens où tu l'as obtenu, s'ils te le demandent."

George passa de l'autre côté du rideau pour aller aider des clients, et Harry revint avec Fred dans la partie principale du magasin pour chercher Hermione et Ginny toujours absorbée par charmes de rêvasser patentés.

"Avez-vous trouvé notre produit spécial super-sorcière ?" demanda Fred.

"Suivez-moi, mesdames..."

Près de la fenêtre était une rangée des produits d'un rose très vif autour desquels un faisceau des filles passionnées riaient nerveusement avec enthousiasme. Hermione et Ginny se reculèrent toutes les deux, plutôt perplexes.

"Allez-y !" les incita Fred fièrement "C'est la meilleure gamme de breuvages d'amour que vous ne trouverez nulle part ailleurs."

Ginny leva un sourcil, sceptique. " Ils font de l'effet ?".

"Certainement ils fonctionnent ! jusqu'à vingt-quatre heures d'affilé selon le poids du garçon en question…"

"… et l'attrait de la fille, "ajouta George, réapparaissant soudain à leurs côtés. "mais nous n'avons pas besoin de les vendre à notre sœur !" puis, devenant soudainement pourpre, "pas alors qu'elle a déjà une bande de cinq garçons qui vont partout où elle va…"

"Vous avez du tirer de Ron un gros tas de mensonges !" répliqua Ginny calmement, se penchant en avant pour prendre un petit pot rose sur l'étagère. "Qu'est-ce que c'est ?"

"Disparition garantie des boutons en dix secondes ! Excellent sur toutes les éruptions et les points noirs mais ne change pas de sujet. Sors-tu oui ou non avec un garçon qui s'appelle Dean Thomas ?"

"Oui, je sorts avec lui ! Et la dernière fois que je l'ai vu, il avait l'air d'être un seul garçon et pas cinq ! Quelles sont ces choses ?

Elle montra un tas de boules rondes et duveteuses aux nuances de rose et de pourpre, roulant dans le fond d'une cage et émettant des couics aigus.

"Des Houpettes-Pygmées. Des houpettes-chevelues miniatures, nous ne pouvons… pas les multiplier assez rapidement. Qu'en est-il de Michael Corner ?"

"Je l'ai laissé tombé, il était mauvais perdant !" dit Ginny, mettant un doigt au travers des barreaux de la cage et observant les houpettes-pygmées s'en rapprocher. "Ils sont vraiment mignons !"

"Ils sont assez câlins, oui !" concéda Fred "Mais tu changes de petit ami un peu rapidement, non ?"

Ginny se tourna vers lui, les mains sur les hanches. Il y avait une telle ressemblance avec Mrs Weasley sur son visage que Harry en fut étonné et que Fred recula d'un pas.

"Ce ne sont pas vos affaires… et je te remercie l ''ajouta-t-elle vers Ron, qui venait juste d'apparaître derrière le coude de Ron, les bras chargés de marchandises, "pour dire des âneries à ces deux là !"

"Cela fait trois Gallions, neuf mornilles, et une noise !" compta Fred, examinant les nombreuses boîtes dans des bras de Ron. "Paie !"

"Je suis votre frère !"

"Et c'est notre moyen de subsistance que tu écornes. Trois Gallions, neuf mornilles. Je te fais cadeau de la noise."

" Mais je n'ai pas trois Gallions, neuf faucilles!"

"Tu ferais mieux de les remettre alors, et fais attention à les remettre sur les bonnes étagères !"

Ron laissa tomber plusieurs boîtes, jura, et fit un geste grossier de la main vers Fred qui fut malheureusement remarqué par Mrs Weasley, qui avait choisi ce moment pour apparaître.

"Si je te revois encore faire ça, je lie tes doigts ensemble avec un sort de volonté !" l'avertit-elle brusquement.

"Maman, je pourrai avoir une houpette-pygmée ?" demanda Ginny immédiatement.

"Quoi ?" s'étonna Mrs Weasley.

"Regarde, ils sont si doux…"

Mme Weasley se déplaça sur le côté pour regarder les houpettes-pygmées, et Harry, Ron, et Hermione eurent momentanément une excellente vue sur l'extérieur de la boutique. Draco Malefoy se hâtait, seul, vers le haut de la rue. En passant devant chez Weasley Wizard Wheezes, il jeta un coup d'œil.

Quelques secondes plus tard, il n'était plus dans le champ de la fenêtre et ils le perdirent de vue.

"Je me demande où est sa mère ?" murmura Harry, les sourcils froncés.

"Il a réussi à échapper à sa vigilance !" dit Ron.

"Pourquoi, dans quel but ?" intervint Hermione.

Harry ne dit rien ; il pensait trop fort. Narcissa Malefoy n'aurait pas a laissé son précieux fils hors de sa vue volontairement ; Malefoy devait avoir fait un énorme effort pour lui échapper.

Connaissant et détestant Malefoy, Harry, était sûr que la raison ne pourrait pas être innocente.

Il a jeté un coup d'œil autour de lui. Mrs Weasley et Ginny étaient penchées au-dessus des houpettes-pygmées. Mr Weasley examinait avec plaisir un paquet de cartes à jouer Moldus. Fred et George étaient tous les deux en train d'aider des clients. De l'autre côté de la vitrine, Hagrid leur tournait le dos, regardant à travers la rue.

" Sortons d'ici, vite ! " dit Harry, sortant sa cape d'invisibilité de son sac.

"Oh, je ne sais pas, Harry !" hésita Hermione, regardant vers Mrs Weasley.

" Allons-y !" acquiesça Ron.

Elle hésita quelques secondes, puis se glissa sous la cape avec Harry et Ron. Personne n'avait remarqué leur disparition. Ils étaient tous trop intéressés par des produits de Fred et de George. Harry, Ron, et Hermione se frayèrent un chemin vers la porte aussi vite qu'ils purent, mais avant qu'ils aient pu rejoindre la rue, Malefoy avait disparu.

"Il allait dans cette direction !" murmura Harry aussi tranquillement que possible, de sorte que Hagrid ne les entendit pas...Allons...

Ils regardaient partout, observant à gauche et à droite, par des fenêtres des magasins et par les portes, jusqu'à ce que Hermione indiqua quelque chose devant eux.

" C'est lui, non ?" chuchota-t-elle. "qui tourne à gauche ?"

" Quelle surprise ! "chuchota Ron.

Quand Malefoy eut jeté un coup d'œil autour de lui, il se faufila dans la ruelle des Embrumes et disparut.

"Vite ou nous le perdrons !" déclara Harry, en accélérant.

"On voit nos pieds !" s'inquiéta Hermione, alors que la cape remuait autour de leurs chevilles. Il devenait beaucoup plus difficile de les cacher tous les trois sous la cape depuis quelque temps.

"Ce n'est pas important ! hâtons-nous !"

Mais l'allée des Embrumes, la rue latérale consacrée à la magie noire, semblait complètement déserte. Ils scrutaient par chacune des fenêtres pendant qu'ils passaient, mais aucun des magasins ne semblait avoir de clients. Harry supposa qu'il c'était un peu risqué, dans ces périodes dangereuses et soupçonneuses, d'acheter des objets de magie noire… ou du moins, d'être vu en les achetant.

Hermione lui pinça très fort le bras.

" Aïe !"

"Chut ! Regarde! Il est ici !" glissa-t-elle dans l'oreille de Harry.

Ils étaient au niveau du seul magasin que Harry avait jamais visité dans l'allée des Embrumes, Barjow et Beurk, où on vendait une grande variété d'objets sinistres. Là au milieu des caisses remplies de crânes et des vieilles bouteilles on voyait Draco Malefoy, de dos, juste derrière le grand coffret noir près duquel Harry s'était caché pour éviter Malefoy et son père. À en Juger par les mouvements des mains de Malefoy, il parlait avec vivacité. Le propriétaire du magasin, Mr Barjow, aux cheveux gras, voûté, faisait face à Malefoy. Il avait une curieuse expression de ressentiment et de crainte mélangées.

"Si seulement nous pouvions entendre ce qu'ils disent !" gémit Hermione.

"Nous pouvons !" dit Ron avec enthousiasme. "Attendez, sacré…."

Il laissa tomber quelques unes des boîtes qu'il tenait toujours pendant qu'il tâtait les plus grandes.

"Regardez, des longues-oreilles!"

"Fantastique !" se réjouit Hermione, pendant que Ron déroulait un long fil couleur chair et commençait à les étirer vers la porte. "Oh, j'espère que la porte n'est pas fermée…"

"Non !" fit Ron allègrement. "Écoute !"

Ils relevèrent leurs têtes et écoutèrent attentivement à l'autre extrémité des cordes, par lesquelles la voix de Malefoy s'entendait forte et claire, comme une radio allumée.

"… Vous savez la fixer ?"

"Probablement !" répondit Barjow, d'un ton qui suggérait qu'il était peu disposé à se compromettre. "Je devrais d'abord la voir. Pourquoi ne l'as-tu pas amenée au magasin ?"

"Je ne peux pas ! J'ai juste besoin que vous me disiez comment faire."

Harry vit que Barjow se mordait ses lèvres nerveusement.

"Bon, sans la voir, je dois dire que ce sera un travail très difficile, voire impossible. Je ne peux rien te garantir."

"Non ?" grinça Malefoy, et Harry sut, seulement au ton, que Malefoy ricanait. "Peut-être que ceci te rendra un peu plus confiant."

Il se déplaça vers Barjow et fut caché partiellement par le coffret. Harry, Ron, et Hermione étaient trop loin et trop mal placés pour l'apercevoir, mais ils pouvaient voir Barjow, dont le regard était totalement effrayé.

"Répète-le à qui que ce soit," menaça Mailefoy, "et tu subiras ton châtiment. Tu connais Fenrir Greyback ? C'est un ami de ma famille. Il passera de temps en temps et s'assura que tu consacre à ce problème toute ton attention."

"Il n'y aura aucun besoin de…"

"C'est moi qui décide de ça !" coupa Malefoy. " Bien, je ne peux en dire plus. Et n'oublie pas de me garder ça dans ton coffre-fort, j'en aurai besoin."

"Peut-être voudrais-tu le prendre dès maintenant ?"

"Non, évidemment que non, tu es stupide, petit homme, comment pourrai-je le porter dans la rue ? Simplement ne le vends pas !"

"Naturellement pas… monsieur."

Barjow fit une révérence aussi profonde que celle que Harry l'avait vu faire par le passé à Lucius Malefoy.

"Pas un mot à qui que ce soit, Barjow, y compris ma mère, c'est OK ?"

"Naturellement, naturellement," murmura Barjow, se penchant encore davantage.

Le moment suivant, la cloche au-dessus de la porte tinta fortement au passage de Malefoy qui semblait très content de lui. Il passa si près de Harry, de Ron, et de Hermione qu'ils sentirent la cape se déplacer à nouveau autour de leurs genoux. À l'intérieur du magasin, Barjow est resté figé. Son sourire onctueux avait disparu. Il paraissait inquiet.

"De quoi parlaient-ils ?" murmura Ron en enroulant les longues oreilles.

"Je ne sais pas !" répondit durement Harry " Il veut réparer quelque chose

… et il veut réserver quelque chose … Pouvais-tu voir ce qu'il montrait quand il a dit 'celui-là ' ?"

"Non, il était derrière le coffret…"

"Restez-là tous les deux !" chuchota Hermione.

"Que vas-tu... ?"

Mais Hermione s'était extirpée de sous la cape. Elle vérifia ses cheveux dans le reflet de la vitrine, puis entra dans le magasin, en faisant tinter la cloche une nouvelle fois. Ron remit à la hâte les longues oreilles sous la porte et en passa une des extrémités à Harry.

"Hello, sale journée, n'est-ce pas ?" lança Hermione brillamment à Barjow, qui ne répondit pas, mais lui envoya un regard soupçonneux.

Bavardant gaiement, Hermione flâna parmi les objets exposés pêle-mêle.

" Ce collier est-il à vendre ?" demanda-t-elle, faisant une pause près d'une vitrine en verre.

"Si vous avez un demi-millier de Gallions !" répliqua froidement Mr Barjow.

"Oh... heu... non, Je n'en ai pas tout à fait autant ! "constata Hermione, allant plus loin. "Et… que diriez-vous de ce beau… crâne …?"

" Seize Gallions."

"Donc il est à vendre ? Il… n'est pas réservé pour quelqu'un ?"

Mr Barjow loucha vers elle. Harry avait la désagréable impression qu'il savait exactement ce qu'était Hermione. Apparemment Hermione avait eu le même jugement parce qu'elle cessa soudain toutes ses manières.

"Le fait est, que… heu… le garçon qui était ici il y a un moment, Draco Malefoy, et bien, c'est un ami à moi, et je veux lui offrir un cadeau d'anniversaire, mais s'il a déjà choisi quelque chose, je voudrai éviter de lui prendre la même, ainsi… heu…"

C'était une jolie histoire boiteuse selon Harry, et apparemment Barjow pensait de même.

"Dehors !" jeta-t-il brusquement. "Sortez !"

Hermione ne se le fit pas dire deux fois, et elle se précipita vers la porte avec Barjow sur ses talons. Alors que la cloche tintait encore une fois, Barjow claqua la porte derrière elle et plaça un écriteau "fermé".

"Et bien !" remarqua Ron, jetant l'excédent de cape sur les épaules d'Hermione "Un test de valeur, mais il était un peu trop évident…"

"Bien, la fois prochaine tu n'auras qu'à me montrer comment faire, maître du mystère !" le coupa-t-elle.

Ron et Hermione se querellaient encore en arrivant près du magasin Weasley Wizard Wheezes, où ils furent forcés de s'arrêter de façon à esquiver les regards anxieux de Mrs Weasley et de Hagrid, qui avaient clairement noté leur absence. Une fois dans le magasin, Harry retira la cape d'invisibilité et la cacha dans son sac. Ils rejoignit les deux autres qui soutenaient, en réponse aux accusations de Mme Weasley, qu'ils avaient passé leur temps dans la salle de derrière, et qu'elle n'avait pas du regardé correctement.

Chapitre 7 : Le Club des lingots

Harry passa une partie du dernier week-end des vacances à méditer sur la signification du comportement de Malefoy dans l'allée des Embrumes. Ce qui le dérangeait le plus était le regard satisfait affiché sur le visage de Malefoy en quittant le magasin. Rien de ce qui rendait Malefoy heureux ne pouvait être une bonne nouvelle. À son désappointement, cependant, ni Ron ni Hermione ne semblaient s'intéresser autant que lui aux activités de Malefoy. Ou même, après quelques jours, ne prenaient plus la peine d'en discuter.

"Oui, j'ai déjà reconnu que c'était louche, Harry !" s'énerva légèrement Hermione. Elle était assise sur le bord de la fenêtre dans la chambre de Fred et George les pieds posés sur le haut d'une des boîtes en carton et avait abandonné à contrecœur son nouveau manuel de traduction avancée des Runes. "Mais n'avions nous pas convenu qu'il pourrait y avoir beaucoup d'explications?"

"Peut-être a-t-il cassé sa Main de Gloire" avança vaguement Ron, en essayant de redresser les brindilles tordues des poils de son balai. "Rappelle-toi ce qui est arrivé au bras de Malefoy ?"

"Mais quand il a dit : "n'oublie pas de le garder dans le coffre-fort ?"

rappela Harry pour la nième fois. "Il ne parlait plus à Barjow d'objets cassés, et Malefoy voulait les deux."

" Tu comptes maintenant ?" lança Ron, essayant maintenant de gratter la saleté sur le manche de son balai.

"Ouais, je le fais !" répliqua Harry. Comme ni Ron ni Hermione ne répondirent, il ajouta, " Le père de Malefoy est à Azkaban. Tu ne penses pas que Malefoy voudrait se venger ?"

Ron le regarda, en cillant.

"Malefoy, se venger ? Que peut-il faire ?"

"Je suis d'accord, je ne sais pas !" répondit Harry, frustré. "Mais il prépare quelque chose et je pense que nous devrions le prendre au sérieux. Son père est un Mangemort et… "

Harry s'interrompit, regardant fixement par la fenêtre derrière Hermione, sa bouche ouverte. Une pensée venait de lui passer par la tête.

"Harry ?" dit Hermione de l'impatience dans la voix. "Qu'est ce qu'il y a

?"

" Ta cicatrice ne te fait plus mal, n'est-ce pas ?" s'inquiéta Ron.

"C'est un Mangemort !" dit Harry lentement. "Il remplace son père comme Mangemort !"

Il y eut un silence puis Ron éclata de rire. "Malefoy ? Il a seize ans, Harry! Tu pense que Tu-Sais-Qui laisserait Malefoy se joindre à lui ?"

" Ça semble très peu probable, Harry," dit Hermione avec un reproche dans la voix. "Qu'est-ce qui t'incite à penser…?"

"Chez Madame Guipure… Elle ne l'a pas touché, mais il a hurlé et écarté son bras loin d'elle quand elle s'apprêtait à remonter sa manche. C'était son bras gauche. Il porte les stigmates de la marque des ténèbres !"

Ron et Hermione se regardèrent.

"Ouais..." lâcha Ron, pas tellement convaincu.

"Je pense qu'il voulait simplement s'en aller, Harry !" le contredit Hermione.

"Il a montré à Barjow quelque chose qu'on ne pouvait pas voir." Insista Harry avec obstination "quelque chose qui a sérieusement effrayé Barjow.

C'était la marque, je le sais… il a montré à Barjow qui il était, vous avez vu à quel point Barjow a pris cela au sérieux !"

Ron and Hermione échangèrent un autre regard.

"Je ne suis pas sûre, Harry..."

" Ouais, je ne crois quand même pas que Tu-Sais-Qui a laissé Malefoy se..."

Gêné, mais absolument convaincu d'avoir raison, Harry se saisit d'une pile des robes de Quidditch dégoûtantes et quitta la pièce. Mme Weasley les avait pressés depuis plusieurs jours à ne pas attendre le dernier moment pour laver leur linge et pour emballer leurs affaires. Sur le palier, il rentra dans Ginny, qui revenait dans sa chambre avec un tas des vêtements fraîchement lavés.

"Si j'étais toi, je n'entrerais pas dans la cuisine en ce moment !" l'avertit-elle. "Il y a beaucoup de Flegme dans les parages."

"Je ferai attention de ne pas tomber dedans !" sourit Harry.

Harry était sûr, en entrant dans la cuisine de trouver Fleur assise à la table la de cuisine, faisant des projets pour son mariage avec Bill, alors que Mme Weasley la regardait, de mauvaise humeur, par-dessus un tas de choux de Bruxelles s'épluchant eux-mêmes.

"... Bill et moi avons décidé d'avoir seulement deux demoiselles d'honneur, Ginny et Gabrielle feront un très bel ensemble. J'ai pensé les habiller avec de l'or pâle, le rose naturellement serait du plus mauvais goût sur Ginny !"

"Ah, Harry !" clama Mrs Weasley, pendant que Fleur poursuivait son monologue. "Bien, Je voulais t'expliquer les consignes de sécurité prises pour le voyage à Poudlard demain. Nous aurons encore des voitures du ministère, et des Aurors nous attendront à la gare."

" Est-ce que Tonks sera là ?" demanda Harry, en déposant ses vêtements de Quidditch.

"Non, je ne le pense pas, elle est en poste quelque part ailleurs Arthur d'après."

"Elle se laisse un peu aller, Tonks !" soupira Fleur, examinant son propre reflet inversé sur le dos d'une cuillère à café. "une grande erreur si vous voulez mon avis !"

"Oui, merci !" répliqua âprement Mrs Weasley, et coupant de nouveau Fleur "Tu ferais mieux de continuer, Harry, je veux que vos malles soient prêtes ce soir, si possible, ainsi nous n'aurons pas la bousculade habituelle de dernière minute."

Et effectivement, leur départ le lendemain matin fut plus simple que d'habitude. Les voitures de ministère se placèrent juste devant le terrier alors qu'ils attendaient, leurs malles prêtes. Le chat de Hermione, Pattenrond, installé sans risque dans son panier de voyage. Hedwig et Coquecigrue, le hibou de Ron, ainsi que Arnold, la nouvelle houpette-pygmée pourpre de Ginny, dans leurs cages.

"Au revoir, à tous !" les salua Fleur, s'apprêtant à les embrasser. Ron se précipita, plein d'espoir, mais Ginny lui fit un croche-pied et Ron tomba, étendu dans la poussière aux pieds de Fleur. Furieux, le visage rouge et maculé de saletés, il pénétra dans la voiture sans dire au revoir.

Il ne trouvèrent pas Hagrid les attendant gaiement à la gare de King Cross.

À la place, il y avait deux sinistres personnages, des Aurors barbus dans des costumes foncés de Moldus qui les suivirent dès qu'ils descendirent de voiture, et entrèrent dans la gare sans parler.

"Vite, rapidement, à la barrière !" pressa Mrs Weasley, qui semblait gênée de cette austère efficacité. "Harry ferait mieux d'y aller d'abord, avec…"

Elle lança un regard interrogateur vers l'un des Aurors, qui inclina brièvement la tête, saisit le bras de Harry, et essaya de l'orienter vers la barrière entre les quais neuf et dix.

"Je peux marcher, merci !" s'énerva Harry retirant son bras de la main de l'Auror. Il poussa son chariot directement vers la barrière, ignorant son compagnon silencieux, et se retrouva, une seconde plus tard, sur le quai neuf trois quarts, où l'Express Poudlard, écarlate, crachait sa vapeur au-dessus de la foule.

Hermione et les Weasley le rejoignirent quelques secondes plus tard. Sans consulter le sinistre Auror près de lui, Harry fit signe à Ron et à Hermione de le suivre vers le haut du quai, à la recherche d'un compartiment vide.

"Nous ne pouvons pas, Harry !" lui rappela Hermione, avec un regard d'excuse. "Ron et moi, nous devons d'abord nous rendre dans le wagon des préfets et ensuite patrouiller dans les couloirs."

"Oh oui, j'avais oublié !"

"Vous feriez mieux de monter dans le train tous les trois. Vous n'avez plus que quelques minutes avant de partir. " les avertit Mrs Weasley, regardant sa montre. "Bon, passe un bon trimestre, Ron..."

"Mr Weasley, puis-je vous dire un mot ?" demanda Harry, sur un coup de tête.

"Bien sûr." accepta Mr Weasley, qui le regarda légèrement étonné, mais qui suivit néanmoins Harry hors des oreilles des autres.

Harry y avait soigneusement réfléchi et était parvenu à la conclusion que, s'il devait parler à quelqu'un, c'était à Mr Weasley. Premièrement, parce qu'il travaillait au ministère et était donc en excellente position pour faire des investigations, et deuxièmement, parce qu'il pensait qu'il n'y avait pas trop de risque que Mr Weasley se mette en colère.

Il pourrait voir Mrs Weasley et le sinistre Auror couler vers eux des regards soupçonneux pendant qu'ils s'écartaient.

"Quand nous sommes allés au Chemin de Traverse," commença Harry, mais Mr. Weasley le stoppa avec une grimace.

"Vais-je enfin découvrir où toi, Ron, et Hermione aviez disparu tandis que vous étiez censé être dans l'arrière salle du magasin de Fred et de George ?"

"Comment savez-vous que…?"

"Harry, s'il te plaît. Tu parles à l'homme qui est le père de Fred et de George."

"Heu... oui, très bien, nous n'étions pas dans l'arrière salle."

"très bien, alors, écoutons le plus mauvais."

"bien, nous avons suivi Draco Malefoy. Nous avons utilisé ma cape d'invisibilité."

"Aviez-vous raison particulière de le faire, ou était-ce seulement un caprice ?"

"Parce que je pensais que Malefoy préparait quelque chose !" expliqua Harry, en faisant abstraction du regard d'exaspération et d'amusement mélangés de Mr Weasley. "Il avait réussi à échapper à sa mère et je voulais savoir pourquoi."

"Naturellement !" l'interrogea Mr Weasley, découragé. "Bon ? Tu as trouvé pourquoi ?"

"Il est allé chez Barjow et Beurk !" poursuivit Harry " et il a commencé à intimider le type dans la boutique, Barjow, en lui faisant voir quelque chose.

Ensuite, il a demandé à Barjow de lui mettre un objet de côté. Il semblait que c'était une sorte de chose qu'il ne pouvait pas prendre. Comme une paire.

Et… "

Harry prit une profonde respiration.

"Il y a autre chose. Nous avons vu Malefoy sursauter violemment quand Madame Guipure a essayé de lui toucher le bras gauche. Je pense qu'il porte les stigmates de la marque des ténèbres. Je pense qu'il a pris la place de son père chez les Mangemorts."

Mr Weasley était interloqué. Après un moment il a dit, "Harry, je doute que Tu-Sais-Qui permette à une personne de seize ans…"

"Qui peut réellement savoir ce que veut faire Tu-Sais-Qui ou ce qu'il ne veut pas ?" marmonna Harry en colère "Mr Weasley, je suis désolé, mais ce ne sont pas que d'intéressantes investigations. Si Malefoy veut quelque chose qui fixe, et il doit menacer Barjow pour obtenir, il est probable qu'il s'agisse de quelque chose d'interdit ou de dangereux, n'est-ce pas ?"

"J'en doute, pour être honnête, Harry !" répondit Mr Weasley lentement.

"Tu vois, quand Lucius Malefoy a été arrêté, nous avons fouillé sa maison.

Nous avons emporté tout ce qui pouvait être dangereux."

"Je pense que vous avez oublié quelque chose !" insista Harry.

"Oui, peut-être !" reconnu Mr Weasley, mais Harry pensait que Mr Weasley disait cela surtout pour lui faire plaisir.

Il y eut un sifflement derrière eux. Presque tout le monde était monté à bord du train et les portes se fermaient.

"Tu devrais te dépêcher !' Lui lança Mr Weasley, tandis que Mrs Weasley gémissait "Harry, vite !"

Il se dépêcha devant Mr et Mrs Weasley qui l'aidèrent à charger sa malle dans le train.

"Au fait, mon chéri, tu viendras chez nous pour Noël, c'est déjà arrangé avec Dumbledore, ainsi nous te reverrons bientôt !" lui dit Mrs Weasley par la fenêtre, car Harry avait claqué la porte derrière lui et le train avait commencé à rouler. "Fais bien attention à regarder derrière toi et…"

Le train accélérait.

"… va bien et …", elle courait pour continuer maintenant.

"… Garde-toi en bonne santé !"

Harry fit un signe du bras jusqu'à ce que le train ait tourné dans un virage et que Mr et Mrs Weasley ne soient plus visibles, puis il se retourna pour voir où les autres s'étaient installés. Il supposa que Ron et Hermione étaient bloqués dans le wagon des préfets, mais Ginny était un petit peu plus loin dans le couloir, causant à quelques amis. Il alla vers elle, en traînant sa malle.

Les gens le fixaient sans scrupule pendant qu'il s'approchait. Certains collaient même leurs visages contre les fenêtres de leurs compartiments pour le suivre des yeux. Il s'était douté qu'il y aurait une augmentation de la quantité de gens qui le regarderaient ébahis. il devrait le supporter, après tout il était "l'élu" dont on parlait dan le Gazette du Sorcier, mais il n'appréciait pas beaucoup la sensation de se tenir sous un projecteur lumineux. Il tapa Ginny sur l'épaule.

"Veux-tu qu'on essaye de trouver un compartiment ?"

"Je ne peux, Harry, j'ai donné un rendez-vous à Dean ! " sourit Ginny. "À

plus tard."

"D'accord." acquiesça Harry. Il ressentit un étrange élancement d'ennui alors qu'elle s'éloignait, ses longs cheveux roux dansant derrière elle. Il s'était tellement habitué à sa présence au cours de l'été qu'il avait presque oublié que Ginny qu'elle n'était pas avec lui, Ron, et Hermione à l'école. Il cligna des yeux et regarda autour de lui : Il était entouré de filles hypnotisées.

"Hi, Harry !" l'appela une voix familière derrière lui.

"Neville !" fit Harry soulagé, se tournant pour voir un garçon tout rond à face de lune.

"Bonjour, Harry !" dit une fille avec les longs cheveux et les grands yeux brumeux, juste derrière Neville.

"Luna, bonjour, comment vas-tu ?"

"Très bien, merci" répondit Luna. Elle tenait un magasine contre sa poitrine. Les grandes lettres sur la couverture annonçaient qu'il y avait une paire de Spectrespecs en liberté.

"Le Chicaneur marche toujours fort ?" demanda Harry, qui se sentait un certain penchant pour le magasine, depuis qu'il leur avait donné une entrevue exclusive l'année précédente.

"Oh oui, les tirages augmentent !" répondit joyeusement Luna.

"Trouvons des sièges." proposa Harry, et tous les trois avancèrent le long du train, dévisagés par des hordes d'étudiants qui les fixaient silencieusement. Enfin ils trouvèrent un compartiment vide, et Harry y pénétra avec reconnaissance.

"ils nous regardaient aussi ? remarqua Neville, faisant un signe vers lui et vers Luna. "car nous sommes avec toi!"

"ils te fixent parce que tu étais aussi au ministère !" corrigea Harry, en levant sa malle pour la mettre dans le support à bagages. "Notre petite aventure s'est étalée partout dans la "gazette du sorcier", tu ne l'as pas lu ?"

"Oui, je croyais que ma grand-mère serait fâchée avec toute cette publicité." expliqua Neville, "mais elle était vraiment heureuse. Elle m'a dit que je commençais à ressembler enfin à mon père. Elle m'a acheté une nouvelle baguette magique, regarde !"

Il la sortit et la montra à Harry.

"Cerisier et poil de licorne !" dit-il fièrement. "Nous pensons que c'est la dernière qu'Ollivander ait vendu, avant qu'il disparaisse le lendemain… toi, reviens ici, Trevor !"

Et il plongea sous le siège pour rechercher son crapaud pendant qu'il faisait une de ses fugues fréquentes vers la liberté.

"Aurons-nous toujours des réunions de D.A. cette année, Harry ?"

demanda Luna qui détachait une paire de lunettes psychédélique du milieu du Chicaneur.

"Non, plus maintenant que nous sommes débarrassés d'Ombrage ?" dit Harry, en s'asseyant. Neville se frappa la tête contre le siège pendant qu'il émergeait de dessous. Il semblait le plus déçu.

"J'aimais bien le D.A.! J'ai appris beaucoup de choses avec toi !"

"Moi aussi, j'ai apprécié ces réunions !" intervint Luna avec calme.

"C'était comme d'avoir des amis."

C'était l'un des côtés inconfortables de Luna. Ce qu'elle disait induisait souvent chez Harry un mélange étrange de pitié et d'embarras. Avant qu'il puisse répondre, cependant, il y eut une perturbation dans le couloir à l'extérieur de leur compartiment. Des filles de quatrième année chuchotaient et riaient nerveusement ensemble de l'autre côté de la vitre.

"Tu lui demandes !"

Non, toi !

"Je le ferai !"

Et l'un d'entre eux, une fille à l'air audacieux avec de grands yeux foncés, un menton en avant, et de longs cheveux noirs cria en ouvrant la porte.

"Bonjour, Harry, je suis Romilda, Romilda Vane." Clama-t-elle avec confiance. "Pourquoi ne nous rejoins-tu pas dans notre compartiment ? Tu ne devrais pas t'asseoir avec eux. "ajouta-t-elle dans un chuchotement, indiquant dans le fond, Neville, qui se décollait encore de sous le siège toujours en train de chercher à tâtons autour de lui pour trouver Trevor, et Luna, qui portait maintenant son Spectrespecs, ce qui lui donnait un regard dément de hibou multicolore.

"Ce sont mes amis !" répliqua froidement Harry.

"Oh," s'étonna la fille "Oh. Okay."

Et elle partit, en refermant la porte derrière elle.

" Les gens imaginent que tu devrais des amis plus intéressants que nous."

Constata Luna, prouvant une nouvelle fois son talent à dire des honnêtetés embarrassantes.

"Tu es cool !" répondit Harry. " Aucun d'eux n'était au ministère. Ils n'ont pas combattu avec moi."

"C'est une chose très gentille à dire." rayonna Luna. Elle retira alors son Spectrespecs de sur son nez et continua à lire le Chicaneur.

"Nous ne lui avons pas fait face, bien que," dit Neville, émergeant de dessous le siège avec des moutons et de la poussière dans ses cheveux et un Trevor démissionnaire dans sa main. "C'est toi. Tu devrais entendre ma grand-mère parler de toi. "Ce Harry Potter a plus d'envergure que le ministère entier de la magie en a montrer !' Elle donnerait n'importe quoi pour t'avoir comme petit-fils…

Harry rit gêné et changea de sujet dès qu'il le put en parlant des résultats des Buses. Tandis que Neville donnait ses notes et se demandait à haute voix s'il lui serait permis de suivre le NEWT de Transfiguration, avec seulement

"Acceptable," Harry l'observait sans l'écouter vraiment.

L'enfance de Neville avait été gâchée par Voldemort juste cela avait été le cas pour Harry, mais Neville n'avait aucune idée sur l'étroitesse du lien qu'il y avait entre son destin et celui Harry. La prophétie aurait pu se rapporter à l'un comme à l'autre, pourtant, pour des raisons impénétrables, Voldemort avait choisi de croire que Harry était celui qui était désigné.

Si Voldemort avait choisi Neville, ce serait Neville qui serait assis là en face de Harry avec une cicatrice en forme d'éclair et le poids de la prophétie… ? La mère de Neville serait-elle morte pour le sauver, comme Lily était mort pour Harry ? Sûrement … Mais si elle avait dans l'incapacité e" se tenir entre son fils et Voldemort ? N'y aurait-il eu alors aucun "élu" ?

Un siège vide à la place de Neville et un Harry apeuré qui aurait embrassé et dit au revoir à sa propre mère, pas à celle de Ron ?

"Tu vas bien, Harry ? Tu as l'air drôle !" remarqua Neville.

Harry commença. "Désolé … Je …"

"Tu as déjà vu un Wrackspurt ?" demanda Luna avec sympathie, en dévisageant Harry de derrière ses énormes lunettes colorées.

"Je… quoi ?"

"Un Wrackspurt... Ils sont invisibles. Ils flottent, entrent par les oreilles et brouillent le cerveau. J'ai eu l'impression d'en entendre un bourdonner autour de nous ici."

Elle agita ses mains dans l'air, comme pour attraper de grandes mites invisibles. Harry et Neville se regardèrent à la hâte et commencèrent à parler de Quidditch.

Le temps, à croire ce qu'ils voyaient par les fenêtres du train était aussi inégal qu'il l'avait été tout l'été. Ils traversaient des nuages froids de brume, puis ressortaient dans la lumière du soleil faible et clair. C'est durant l'un de moment sans nuage, quand le soleil était directement visible, que Ron et Hermione entrèrent enfin dans le compartiment.

"Je souhaite que le chariot du déjeuner se dépêche, je suis affamé !"

s'exclama Ron avec convoitise, s'effondrant sur le siège près de Harry et se frottant l'estomac. "Bonjour, Neville. Bonjour, Luna. Ça va ?" ajouta-t-il, se tournant vers Harry. "Malefoy n'a pas fait son devoir de préfet. Il s'est installé juste dans son compartiment avec d'autres Serpentard, nous l'avons vu quand nous sommes passés."

Harry se releva, intéressé. Ça ne ressemblait pas à Malefoy de laisser passer une chance de montrer sa puissance comme préfet, ce dont il avait copieusement abusé toute l'année précédente.

"Qu'est-ce qu'il a fait quand il t'a vu ?"

"Comme d'habitude." dit Ron indifférent, faisant un geste grossier. "Pas comme lui, bien que,…? Bien… c'est que… " il fit encore le même geste de la main " Mais pourquoi n'intimide-t-il pas les premières années ?

"Je ne sais pas !" répondit Harry, mais son esprit s'emballait. Cela ne ressemblait pas à Malefoy comme s'il avait eu des choses plus importantes dans l'esprit que d'intimider les plus jeunes élèves ?

"Peut-être qu'il préférait la brigade inquisitoriale ?" émit Hermione.

"Après cela, peut-être que l'état de préfet lui semble un peu ennuyeux."

"je ne le pense pas." réfléchit Harry. "je pense qu'il est…"

Mais avant qu'il ait pu exposer sa théorie, la porte du compartiment s'ouvrit et une fille de troisième année, essoufflée fit un pas à l'intérieur.

"je suis censé livrer des messages à Neville Longdubat et à Harry Potter."

Hésita-t-elle, comme ses yeux rencontraient ceux de Harry, elle vira à l'écarlate. Elle tendit deux rouleaux de parchemin attachés avec un ruban violet. Étonnés, Harry et Neville prirent chacun leur rouleau et la fille trébucha en sortant du compartiment.

"Qu'est-ce que c'est ?" demanda Ron, comme Harry le déroulait.

"Une invitation." dit Harry.

Harry,

Je serais enchanté si tu me rejoignais pour le déjeuner dans le compartiment C.

Sincèrement, Horace

"Mais que me veut-il ?" demanda Neville inquiet, comme s'il s'attendait à être emprisonné.

"Aucune idée." répondit Harry. Ce qui n'était pas entièrement vrai, bien qu'il n'ait eu aucune preuve que son intuition fut correcte. "Écoute !" ajouta-t-il, ayant soudainement une idée lumineuse "Nous allons partir sous la cape d'invisibilité, ainsi nous pourrons jeter un regard sur Malefoy en chemin, pour voir ce qu'il a."

Cette idée, cependant, ne mena à rien : Les couloirs, était trop encombré par des personnes qui guettaient l'arrivée du chariot de déjeuner. Il était impossible de les éviter tout en portant la cape. Harry la retira avec regrets et la remit dans son sac, se disant qu'il aurait été agréable de la porter juste pour éviter les regards, qui semblaient avoir augmenté en intensité depuis son dernier déplacement dans le train. Chaque étudiant sortait de son compartiment pour mieux le voir. À l'exception de Cho Chang, qui regagna rapidement son compartiment quand elle vit venir Harry. Quand Harry passa devant, il vit au travers de la vitre qu'elle était en pleine discussion avec son ami Marietta dont la couche de maquillage très épaisse n'arrivait pas entièrement à cacher la formation disgracieuse des boutons toujours gravés à l'eau-forte sur son visage. Souriant légèrement, Harry continua plus loin.

Quand ils atteignirent le compartiment C, ils virent immédiatement qu'ils n'étaient pas les seuls invités de Slughorn, bien que jugeant par l'enthousiasme de la bienvenue de Slughorn, Harry ait été le plus chaudement attendu.

"Harry, mon garçon !" dit Slughorn, sursautant à sa vue de sorte que son gros ventre, recouvert de velours, ait semblé remplir tout l'espace restant dans le compartiment. Sa tête chauve luisante et sa grande moustache argentée brillaient autant que la lumière du soleil sur l'or des boutons de son gilet. "C'est bon de te voir, bon de te voir ! Et vous devez être Mr Longdubat

!"

Neville inclina la tête, semblant effrayé. À un geste de Slughorn, ils s'assièrent en face l'un de l'autre dans les deux seuls sièges vides, qui étaient les plus proches la porte. Harry jeta un coup d'œil aux autres invités. Il reconnut un Serpentard de sixième année comme eux, un grand garçon brun avec de hautes pommettes qui baissait les yeux. Il y avait également deux garçons de septième année qu'Harry ne connaissait pas, et pressée dans le coin près de Slughorn et de regarder comme si elle n'était pas entièrement sûre de savoir comment elle était arrivée là, Ginny.

"Alors, vous connaissez tout le monde ?" demanda Slughorn à Harry et Neville. "Blaise Zabini est dans la même année que vous, naturellement…"

Zabini ne fit aucun signe de reconnaissance ou de salut, pas plus que Harry ou Neville : Les élèves de Gryffondor et de Serpentard se détestaient par principe.

"Voici Cormac McLaggen, peut-être vous êtes-vous déjà rencontré… ?

Non ?"

McLaggen, grand, à la chevelure raide, leva la main, et Harry et Neville incliné la tête vers lui.

"… et voici Marcus Belby, Je ne sais pas si …?"

Belby, qui était mince et nerveux, envoya un sourire tendu.

"… et cette jeune dame charmante m'a dit qu'elle vous connaissait !" finit Slughorn.

Ginny fit une grimace à Harry et à Neville derrière le dos de Slughorn.

"Bon maintenant, c'est le plus plaisant !" annonça Slughorn en s'installant confortablement. "Nous allons avoir la chance de te connaître un petit peu mieux. Prends une serviette Ici. J'ai apporté mon propre déjeuner. Le chariot, si je me souviens bien, est plein de bâtons de réglisse, et le système digestif d'un pauvre vieil homme n'est pas fait pour de telles choses… Du faisan, Belby ?"

Belby accepta ce qui ressemblait à la moitié d'un faisan froid.

"Je disais juste au jeune Marcus ici présent que j'ai eu le plaisir d'enseigner à son oncle Damocles." dit Slughorn à Harry et Neville, faisant passer maintenant un panier de petits pains. "Un magicien exceptionnel, exceptionnel, et son Ordre de Merlin fut bien mérité. Tu vois beaucoup de ton oncle, Marcus ?"

Malheureusement, Belby avait juste pris une grande bouchée de faisan.

dans sa précipitation pour répondre à Slughorn il avala trop vite, vira au pourpre, et commença à suffoquer.

"Anapneo !" dit calmement Slughorn, en dirigeant sa baguette vers Belby, dont la voie aérienne semblèrent se dégager immédiatement.

"Pas… pas beaucoup, non !" haleta Belby, les yeux coulant.

"et oui, naturellement, je soupçonne qu'il est occupé." continua Slughorn, regardant Belby d'un air interrogateur. "je doute qu'il ait inventé la potion de Wolfsbane sans un travail dur et considérable !"

"Je suppose que…" dit Belby, qui craignait de prendre une autre bouchée de faisan jusqu'à ce qu'il ait été sûr que Slughorn en avait fini avec lui.

"heu… lui et mon père ne s'entendent pas très bien, vous voyez, aussi je ne sais pas grand chose sur…"

Sa voix s'arrêta nette au moment où Slughorn lui fit un sourire glacial et se tourna vers McLaggen.

"Maintenant, à toi, Cormac. Il s'avère justement que je connais un peu ton oncle Tiberius, parce qu'il a une image plutôt splendide de vous deux chassant le dragon, je pense, un Norfolk ?"

"Oh, Oui, c'était amusement, "a dit McLaggen. "Nous y sommes allés avec Bertie Higgs et Rufus Scrimgeour. C'était avant qu'il soit devenu ministre, évidemment… "

"Ah, tu connais Bertie et Rufus ?" rayonna Slughorn, offrant maintenant à la ronde un petit plateau de pâtés en croûte. D'une étrange façon, Belby fut oublié. "Dis-moi maintenant…"

C'était comme Harry s'en était douté. Chacun ici semblait avoir été invité grâce à ses relations avec quelqu'un de connu ou d'influent… chacun excepté Ginny. Zabini, qui fut interrogé après McLaggen, s'était avéré avoir une belle sorcière célèbre comme mère (au sujet de laquelle Harry put apprendre que, elle avait été mariée sept fois, chacun de ses maris mourant mystérieusement en lui laissant des monticules d'or). Ce fut ensuite le tour de Neville : Il passa dix minutes très inconfortables, à parler de ses parents, des Aurors bien connus, qui avaient été torturés jusqu'à devenir fous par Bellatrix Lestrange et un couple de ses amis Mangemorts. À la fin de l'interrogatoire de Neville, Harry eut l'impression que Slughorn réservait son jugement sur Neville, ne sachant pas s'il avait le même flair que ses parents.

" Et maintenant, " annonça Slughorn, déplaçant toute sa masse dans son siège avec l'air d'un compère présentant le clou du spectacle. "Harry Potter !

Par où commencer ? J'ai l'impression que j'ai à peine rayé la surface quand nous nous sommes rencontrés cet été !" Il contempla Harry durant un moment comme s'il était un morceau de choix et dit " "l'élu", c'est ainsi qu'ils t'appellent maintenant !"

Harry ne disait rien. Belby, McLaggen, et Zabini le fixaient tous.

"Naturellement," continua Slughorn, observant étroitement Harry "il y a eu les rumeurs pendant des années… Je me rappelle quand… bon… ensuite ce fut la terrible nuit … Lily… James… et toi qui as survécu… et on disait que tu devais avoir une puissance au-delà de l'ordinaire… "

Zabini émit une minuscule toux qui indiquait clairement un scepticisme amusé. Une voix fâchée éclata derrière Slughorn.

"Ouais, Zabini, parce que tu es si doué… comme poseur…"

"Oh ma chère !" ria Slughorn, se tournant vers Ginny, qui toisait Zabini par-dessus le gros ventre de Slughorn. "Tu devrais faire attention, Blaise !

J'ai vu cette jeune dame exécuter le sortilège de Batte-Fantôme le plus merveilleux qui soit pendant que je dépassais son chariot ! Je ne la croiserais pas !"

Zabini sembla simplement méprisant.

"De toute façon," poursuivit Slughorn, se tournant de nouveau vers Harry.

"C'était la rumeur de l'été. Naturellement, on ne sait pas quoi croire, le Prophète est connu pour imprimer des inexactitudes, faire des erreurs… mais là il n'y a guère de doute, étant donné le nombre de témoins, sur le fait qu'il y a eu une perturbation au ministère et que tu y étais complètement plongé !"

Harry, qui était incapable d'entendre ce genre de propos sans se trouver gêné, n'inclina pas la tête mais ne dit toujours rien. Slughorn rayonnait.

"Trop modeste, trop modeste, aucune merveille de Dumbledore n'est si plaisante… n'est-ce pas ? Mais le reste de cette histoire sensationnelle …

ainsi, naturellement, on ne sait pas tout à fait quoi croire… la fable de la prophétie, par exemple… "

"Nous n'avons jamais entendu la prophétie !" intervint Neville, rose comme un géranium de ce qu'il avait dit.

"C'est vrai" confirma Ginny. "Neville et moi y étions aussi tous les deux et toutes ces histoires d'"élu", c'est juste la Gazette qui invente des choses, comme d'habitude."

"Vous y étiez tous les deux là aussi ?" siffla Slughorn avec le plus grand intérêt, en passant de Ginny à Neville, mais ils ne disaient rien devant son sourire encourageant.

"Oui… bon… il est vrai que la Gazette exagère souvent, naturellement…"

indiqua Slughorn, clairement déçu. "je me rappelle que ce cher Gwenog me disait (Gwenog Jones, je veux dire, naturellement, le capitaine des harpies de Holyhead)…"

Il s'envola loin dans une longue réminiscence, mais Harry avait la nette impression que Slughorn n'en avait pas finie avec lui, et qu'il n'avait pas été convaincu par Neville et Ginny.

Les discutions de l'après-midi portèrent essentiellement sur des anecdotes au sujet de magiciens illustres que Slughorn avait eu comme élèves, et qui avaient tous été enchantés de se joindre à ce qu'il appelait le "club des lingots" à Poudlard. Harry ne pouvait plus attendre pour partir, mais ne pouvait pas trouver comment s'éclipser poliment. Enfin le train émergea encore d'une autre longue traînée de brume, dans un coucher du soleil flamboyant, et Slughorn regarda en clignant des yeux le crépuscule.

"Bon sang, l'obscurité est déjà là ! Je n'avais pas remarqué qu'ils avaient allumé les lampes ! Vous feriez mieux de partir tous et d'aller mettre vos robes longues. McLaggen, tu dois revenir et m'emprunter ce livre sur des dragons. Harry, Blaise… repassez un jour. Même chose pour toi, n'y manque pas "lança-t-il à Ginny. "Bien, allez-y, allez-y !"

Pendant qu'il poussait Harry dans le couloir obscure, Zabini lui jeta un regard dégoûté que Harry lui renvoya avec les intérêts. Lui, Ginny, et Neville suivirent Zabini vers l'arrière du train.

"Je suis heureux que ce soit fini !" murmura Neville. "Quel homme étrange, n'est ce pas ?"

"Ouais, il l'est un peu !" acquiesça Harry, les yeux posés sur Zabini.

"comment se fait-il que tu aies atterri là dedans, Ginny ?"

" Il m'a vu jeter un sort à Zacharias Smith." expliqua Ginny. " Tu te rappelles cet idiot de Poufsouffle qui était dans le D.A. ? Il insistait indéfiniment en demandant ce qui s'était produit au ministère et à la fin il devenait tellement gênant que je lui ai jeté un sort… quand Slughorn est entré, j'ai pensé qu'il allait me mettre une retenue, mais il a seulement trouvé que c'était un excellent sortilège et m'a invité à déjeuner ! C'est fou, hein ?"

"Une meilleure raison d'inviter quelqu'un que parce que sa mère est célèbre !" remarqua Harry, maussade, désignant de la tête Zabini, "ou parce que son oncle…"

Mais il s'interrompit. Il venait d'avoir une idée, une idée insouciante mais potentiellement merveilleuse… Dans une minute, Zabini allait réintégrer le compartiment des sixièmes années de Serpentard où se trouvait Malefoy, pensant n'être entendu de personne d'autre que ces amis Serpentard … Si Harry pouvait seulement entrer, invisible, derrière lui, ne pourrait-il pas voir ou entendre des choses intéressantes ? Cependant, il restait peu de temps avant la fin du voyage… La gare de Pré-au-lard devait être à moins d'une demi-heure, à en juger par le paysage qu'il apercevait par les fenêtres… mais personne ne serait autrement prêt à prendre au sérieux les soupçons de Harry. C'était donc à lui d'en faire la preuve.

"Je vous reverrai plus tard." dit Harry dans un souffle, en sortant sa cape d'invisibilité et en se recouvrant.

"Mais qu'as-tu…?" demanda Neville.

"Plus tard !" chuchota Harry, s'approchant de Zabini aussi silencieusement que possible, cependant le cliquetis du train rendait une telle précaution presque inutile.

Les couloirs étaient presque vide maintenant. Pratiquement tout le monde était retourné dans son compartiment pour y mettre les robes longues de l'école et préparer les bagages. Bien qu'il se soit approché aussi étroitement qu'il pouvait de Zabini sans le toucher, Harry ne fit pas assez vite pour se glisser dans le compartiment quand Zabini ouvrit la porte. Zabini la refermait déjà quand Harry y mit hâtivement le pied pour l'empêcher de se refermer.

"Qu'est-ce qui ne va pas avec ça ?" s'énerva Zabini en essayant à plusieurs reprises de faire coulisser la porte mais en buttant à chaque fois contre le pied de Harry.

Harry saisit la porte et l'ouvrit violemment. Zabini, s'accrocha à la poignée, culbuta, s'allongea sur Gregory Goyle, et dans l'instant suivant, Harry pénétra dans le compartiment, sauta sur le siège temporairement vide de Zabini, et s'éleva vers le support à bagages. Par chance Goyle et Zabini se disputaient, attirant tous les yeux sur eux, car Harry était sûr d'avoir laissé ses pieds et ses chevilles dépasser de la cape pendant toute cette agitation. Il crut même pendant un horrible moment, voir les yeux de Malefoy suivre sa chaussure e pendant qu'il grimpait hors de la vue. Mais Goyle avait alors claqué la porte et avait repoussé Zabini. Zabini s'effondra dans son propre siège, hérissé, Vincent Crabbe retourna à son livre de blagues, et Malefoy, riant sous cape, s'allongea sur deux sièges avec la tête posée sur les genoux de Pansy Parkinson. Harry était tordu dans une situation inconfortablement sous sa cape pour être sûr que chaque pouce de sa personne demeurait caché, et regardait Pansy caresser les cheveux blonds sur le front de Malefoy, qui avait un petit sourire satisfait, comme si quiconque aurait aimé être à sa place. Les lampes du plafond se balançaient jetant sur la scène une lumière vive. Harry pouvait lire chaque mot du livre de Crabbe directement au-dessous de lui.

"Alors, Zabini ?" demanda Malefoy "Que te voulait Slughorn?"

"Juste essayer de nouer des liens." répondit Zabini, qui faisait toujours des grimaces vers Goyle. "Il n'a pas réussi à en trouver beaucoup."

Cette information ne sembla pas plaire à Malefoy. "Qui d'autre était invité

?" exigea-t-il.

"McLaggen de Gryffondor," indiqua Zabini.

"Oh ouais, son oncle est quelqu'un d'important au ministère !" nota Malefoy.

"… quelqu'un d'autre qui s'appelait Belby, des Serdaigle… "

"Lui, c'est un vantard !" dit Pansy.

"… et Longdubat, Potter, et la fille Weasley." termina Zabini.

Malefoy se releva soudainement, écartant la main de Pansy.

"Il a invité Longdubat ?."

"Oui, je le suppose, puisque Longdubat était là !" répliqua Zabini indifférent.

"Qu'est-ce qui peut intéresser Slughorn chez Longdubat ?"

Zabini s'agita.

"Potter, le précieux Potter, évidemment il voulait jeter un regard sur

"l'élu" "ricana Malefoy " mais cette fille Weasley ! Qu'est-ce qu'elle a de spécial ?"

" Beaucoup de garçons l'aiment !" indiqua Pansy, jetant un coup d'œil en coin à Malefoy pour voir sa réaction. " Même toi tu penses qu'elle est belle, n'est-ce pas, Blaise, et nous savons tous combien il est dur de te plaire !

"Je ne toucherais pas cette sale petite traîtresse à son sang !" déclara froidement Zabini, et Pansy eut l'air satisfaite. Malefoy se rallongea de nouveau sur ses genoux et lui permit de reprendre les caresses dans ses cheveux.

"Bof, je plains les goûts de Slughorn. Peut-être qu'il devient un peu sénile.

Quelle honte ! Mon père a toujours dit que c'était un bon magicien à son époque. Mon père avait l'habitude d'être parmi ses favoris. Slughorn n'a probablement pas appris que j'étais le train, ou… "

"À ta place, je ne conterais pas sur une invitation." a dit Zabini. "il m'a interrogé sur le père de Nott quand je suis arrivé au début. Ils étaient de vieux amis apparemment, mais quand il a entendu qu'il avait été attrapé par le ministère il n'avait pas eu l'air content, et Nott n'a pas reçu d'invitation ?

Je ne pense pas que Slughorn s'intéresse aux Mangemorts."

Malefoy semblait fâché, mais il se força à rire.

"Bien, qui s'inquiète de ce qui l'intéresse ? Qu'est-il, quand tu y penses ?

Juste un stupide professeur." Malefoy bailla ostensiblement. "Je veux dire, je ne serai même pas à Poudlard l'an prochain, qu'est-ce que j'ai à faire si je suis dans les goûts de ce gros vieux bonhomme ou non ?"

"Qu'est-ce qui te fait penser que tu ne seras pas à Poudlard l'an prochain

?" s'indigna Pansy, cessant immédiatement de caresser Malefoy.

"Bien, on ne sait jamais." glissa Malefoy avec un fantôme de sourire. "Je pourrais… heu… peut-être passer à de plus grandes et meilleures choses."

Tapi dans le support à bagages sous sa cape, le cœur de Harry commença à s'emballer. Que diraient Ron et Hermione de ça ? Crabbe et Goyle béèrent ver Malefoy. Apparemment ils ne soupçonnaient aucunement de quoi il était question pour passer à de plus grandes et meilleures choses. Même Zabini permit à un regard de curiosité de troubler ses airs hautains. Pansy reprit la course lente de sa main dans les cheveux de Malefoy.

"Tu veux dire…"

Malefoy gesticula.

"Ma mère veut que je finisse mes études, mais personnellement, je ne trouve pas que ce soit si important de nos jours. Je veux dire que, je le pense

… Quand le seigneur des ténèbres régnera, va-t-il s'inquiéter du nombre de buses ou de ASPICS que quelqu'un a obtenu ? Naturellement non. Le plus important sera de savoir combien de services on lui a rendu, quel niveau de dévotion on lui a montré."

"Et tu penses que tu pourras faire quelque chose pour lui ?" remarqua Zabini cinglant. "À seize ans on ne semble pas entièrement qualifié non ?"

"Je n'ai pas dis ça ? Peut-être qu'il ne s'inquiète pas si je suis qualifié.

Peut-être le travail qu'il veut que je fasse ne nécessite pas que je sois qualifié, "expliqua tranquillement Malefoy.

Crabbe et Goyle ressemblaient tous les deux à des gargouilles, la bouche ouverte. Pansy regardait fixement Malefoy comme si elle n'avait jamais vu quelqu'un de plus intimidant.

"J'aperçois Poudlard !" annonça Malefoy, savourant clairement l'effet qu'il venait d'obtenir, en regardant par la fenêtre noircie. "Nous ferions mieux d'enfiler nos robes longues."

Harry était tellement occupé à fixer Malefoy, qu'il ne remarqua pas que Goyle voulait attraper sa malle. Celle-ci frappa Harry sur la tempe. Celui-ci poussa involontairement un petit cri de douleur, et Malefoy regarda le support à bagages, en fronçant les sourcils.

Harry n'avait pas peur de Malefoy, mais il n'aimait pas l'idée d'être découvert sous une cape d'invisibilité par un groupe de Serpentard peu amicaux. Ses yeux larmoyants et sa tête toujours palpitante, il fit un geste avec sa baguette, en faisant attention de ne pas déplacer la et attendit en retenant son souffle. À son grand soulagement, Malefoy sembla décider qu'il avait imaginé le bruit. Il enfila sa robe comme les autres, ferma sa malle, et pendant que le train ralentissait avec des saccades, il attacha un nouvelle cape de voyage autour de son cou.

Harry pouvait voir les couloirs se remplir à nouveau et espéra qu'Hermione et Ron prendraient ses affaires pour lui. Il était coincé là où il se trouvait, jusqu'à ce que le compartiment se soit complètement vidé. Enfin dans un dernier soubresaut, le train s'arrêta complètement. Goyle ouvrit la porte et se fraya un chemin dans la foule des deuxièmes années en les poussant. Crabbe et Zabini le suivirent.

"Vas-y !" dit Malefoy à Pansy qui l'attendait en tendant la main en espérant qu'il la prenne. "Je veux juste vérifier quelque chose."

Pansy partit. Maintenant, Harry et Malefoy étaient seuls dans le compartiment. Les gens passaient au-delà, et descendaient sur le quai sombre. Malefoy vers la porte du compartiment et tira les rideaux, de sorte que les gens dans le couloir ne puissent pas voir à l'intérieur. Il se pencha alors sur sa malle et l'ouvrit à nouveau.

Harry l'observait depuis le bord du support de bagage, son cœur battant un peu plus vite. Que pouvait bien cacher Malefoy à Pansy ? Était-ce pour voir le mystérieux objet cassé qu'il était si important de réparer ?

"Petrificus Totalus !"

Sans avertissement, Malefoy pointa sa baguette sur Harry, qui fut instantanément paralysé. Comme au ralenti, il passa par-dessus le support à bagage et tomba avec un horrible bruit aux pieds de Malefoy, la cape d'invisibilité coincé sous lui. Son corps entier était replié dans une position désagréable. Il ne pouvait pas bouger un muscle. Il pouvait seulement regarder fixement vers Malefoy, qui arborait un grand sourire.

"Je m'en suis douté," jubila-t-il "J'ai entendu la malle de Goyle te frapper.

Et il m'avait semblé avoir vu un éclair blanc en l'air quand Zabini était revenu… "

Ses yeux s'attardèrent un moment sur les baskets de Harry.

" Tu n'as rien entendu d'inquiétant, Potter. Et pendant que je te tiens ici..."

Il donna un coup de pied sur le visage de Harry. Celui-ci sentit son nez se casser. le sang giclait partout.

"C'est de la part de mon père. Maintenant, laisse-moi regarder..."

Malefoy tira la cape de dessous le corps immobilisé de Harry et la lui jeta dessus.

"Je ne pense pas qu'on te trouvera jusqu'à ce que le train soit revenu à Londres," dit-il tranquillement. "Regarde autour de toi, Potter… personne."

Et prenant soin d'écraser les doigts de Harry, Malefoy sortit du compartiment.

Chapitre 8 : La victoire de Rogue

Harry ne pourrait pas bouger un muscle. Il était étendu là sous le manteau d'invisibilité sentant le sang s'écouler de son nez, chaud et humide, sur son visage, écoutant les voix et les pas dans le couloir, au loin. Il pensa d'abord que quelqu'un vérifierait sûrement les compartiments avant que le train ne reparte. Mais immédiatement il réalisa, découragé, que même si quelqu'un regardait dans le compartiment, il n'y serait ni vu ni entendu Son meilleur espoir était que quelqu'un lui marche dessus ou lui tape dedans. Harry n'avait jamais autant détesté Malefoy que depuis qu'il était étendu là, absurde, comme une tortue sur son dos, le sang s'écoulant lentement dans sa bouche ouverte. Dans quelle situation stupide s'était-il fourré... et maintenant les derniers pas mouraient au loin. Il y avait du battage, le long des quais, à l'extérieur. il pouvait entendre le frottement des sacs et le bruit des discussions. Ron et Hermione penseraient qu'il avait quitté le train sans eux.

Une fois qu'ils arriveraient à Poudlard et prendraient leur place dans le grand Hall, en regardant tout au long de la table des Gryffondor plusieurs fois, ils se rendraient finalement compte qu'il n'était pas là, mais alors, sans aucun doute, il serait de nouveau à mi-chemin vers Londres. Il essaya de faire du bruit, même un grognement, mais c'était impossible. Puis il se rappela que quelques sorciers, comme Dumbledore, pouvaient exécuter des sorts sans parler, ainsi il essaya de ramasser sa baguette, qui était tombée de sa main, en disant les mots " Accio baguette !" à plusieurs reprises dans sa tête, mais rien ne se produisit. Il pensa qu'il entendait bruire les arbres qui entouraient le lac, et le hululement lointain d'un hibou, mais aucun signe d'une recherche quelconque ni même (il s'était mis légèrement à l'espérer) d'une voix paniquée demandant où était passé Harry Potter. Un sentiment diffus de désespoir le traversa quand il imagina le convoi de chariots tirés par des sombrals, faisant le trajet jusqu'à l'école et les hurlements sonores du rire de Malefoy, audibles de n'importe quel chariot, racontant l'attaque de Harry à Crabbe, Goyle, Zabini, et Pansy Parkinson.

Le train s'ébranla, envoyant Harry rouler sur l'autre côté. Maintenant il fixait le dessous poussiéreux des sièges au lieu du plafond. Le plancher commença à vibrer quand le moteur se ralluma. L'express partait et personne ne savait qu'il était toujours là-dedans… Alors il s'est senti sa cape d'invisibilité se soulever et une voix au-dessus lui dit, "Salut, Harry."

Il y eut un flash de lumière rouge et le corps de Harry se dégela ; il pouvait se mettre maintenant en position assise, ce qui était moins humiliant, il essuya à la hâte le sang de son visage avec le dos de sa main, et il leva la tête pour regarder Tonks, qui tenait la cape d'Invisibilité qu'elle avait juste soulevée.

"Nous ferions mieux de sortir d'ici, rapidement, "dit-elle, alors que les fenêtres du train se brouillaient avec la vapeur et elle commença à aller vers la sortie. "Avançons, nous sauterons."

Harry la suivit rapidement dans le couloir. Elle ouvrit la porte du train et sauta sur le marchepied, qui sembla se dérober sous eux avec l'élan du train.

Il la suivit, chancela à l'atterrissage, et se redressa à temps pour voir le train à vapeur brillant écarlate continuer sur son élan, et disparaître hors de sa vue. L'air froid de la nuit calmait les palpitations de son nez. Tonks le regarda. il se sentit fâché et embarrassé qu'elle l'ait découvert dans une position aussi ridicule. Silencieusement elle lui remit en arrière le manteau d'invisibilité.

“Qui a fait ça ?"

“Draco Malefoy,” dit Harry amèrement. " Merci pour… enfin..."

“ Aucun problème, " dit Tonks, sans sourire.

Harry pouvait voir dans l'obscurité, qu'elle avait une chevelure aussi terne et une mine aussi fatigué que quand il l'avait rencontrée au terrier.

"Je peux arrêter l'écoulement de sang de ton nez si tu te tiens tranquille."

Harry n'était pas vraiment rassuré. Il avait eu l'intention de rendre visite à Mrs Pomfresh, en laquelle il avait un peu plus confiance pour tout ce qui touchait au domaine des sorts curatifs, mais il aurait semblé grossier de le dire et il se laissa donc faire en fermant les yeux.

“Episkey" formula Tonks.

Le nez de Harry devint très chaud, puis très froid. Il souleva une main et le toucha délicatement. Il semblait réparé.

“ Merci beaucoup !"

"tu seras plus vite remis avec ce manteau par-dessus, et nous pourrons marchons jusqu'à l'école," dit Tonks, en lui adressant un sourire. Harry balança le manteau sur lui, elle remua sa baguette magique et une immense créature à quatre jambes argentée s'en échappa et au loin dans l'obscurité.

''C'était un Patronus ?" demanda Harry, qui avait déjà vu Dumbledore envoyer des messages de cette façon.

"Oui, j'envoie un mot au château pour dire que je t'ai trouvé ou bien ils s'inquiéteront. Allons, nous ferions mieux de ne pas lambiner."

Ils prirent, un peu plus, loin la ruelle qui menait à l'école.

"Comment m'avez-vous trouvé ?"

" J'ai vu que tu n'avais pas quitté le train et je savais que tu avais cette cape. J'ai pensé que tu pourrais te cacher pour une raison quelconque. Quand j'ai vu les rideaux baissés dans ce compartiment, j'ai pensé qu'il fallait vérifier." "Mais, quoiqu'il en soit, que faisiez-vous ici ?" demanda Harry.

"je suis posté à Pré-au-lard maintenant, pour fournir à l'école une protection supplémentaire," répondit Tonks.

"Il n'y a que vous posté ici ou… ?"

"Non, Proudfoot, Savage, et Dawlish sont également là."

"Dawlish, c'est l'Auror que Dumbledore a attaqué l'année dernière ?"

" C'est exact."

Ils marchaient péniblement à travers l'obscurité le long du chemin sombre, suivant les traces fraîchement creusées par les calèches. Harry regarda en douce vers Tonks. L'année passée, elle l'avait beaucoup interrogé (au point d'être peu un ennuyeuse parfois), elle riait facilement, elle faisait des plaisanteries. Maintenant elle semblait plus âgée et beaucoup plus sérieuse et résolue. Était-ce la conséquence de tout ce qui s'était produit au ministère ?

Il se souvenait, avec un peu de gêne, que Hermione avait suggéré de dire quelque chose à propos de Sirius pour la consoler, que ce n'était pas sa faute, mais il ne pouvait se résoudre à le faire. Il ne la blâmait pas de la mort de Sirius. Ce n'était pas plus de sa faute que celle de n'importe qui d'autre (et, en fait, beaucoup moins que sa faute à lui !), mais il n'aimerait pas parler de Sirius s'il pouvait l'éviter. Ils marchèrent donc en silence à grands pas dans la nuit froide, le long manteau de Tonks balayant le sol derrière eux.

Ayant toujours fait le trajet en chariot, Harry était incapable d'estimer à quelle distance de la station de Pré-au-lard se trouvait Poudlard. Avec un grand soulagement il vit enfin les grands piliers, chacun surmontés d'un rapace ailé, de chaque côté du portail. Il avait froid, il avait faim et il était suffisamment pressé pour laisser la triste Tonks derrière lui. Mais quand il tendit la main pour ouvrir les portes, il les trouva fermées avec une chaîne.

“Alohomora !" dit-il tout confiant, en dirigeant sa baguette vers le cadenas, mais rien ne se produisit.

"Tu n'y arriveras pas !" fit Tonks. "Dumbledore les a enchantés lui-même."

Harry regarda autour de lui "Je peux passer par-dessus le mur !" suggéra-t-il.

“Non, tu ne peux pas !" s'opposa catégoriquement Tonks. "Ils sont protégés par un sort contre les intrusions. Les sécurités ont été multipliées par cent cet été."

"Ça alors !" s'exclama Harry, commençant à se sentir gêné par son manque d'utilité, "Je suppose que je devrai simplement dormir ici et attendre demain matin."

Quelqu'un vient !" l'interrompit Tonks, "regarde !"

Une lanterne se déplaçait en s'éloignant du château. Harry était si heureux de la voir qu'il se sentait capable de supporter toute une flopée de critiques de la part de Rusard sur son retard et ses divagations sur la façon dont faudrait envisager de donner un tour de vis disciplinaire. Ce fut le cas jusqu'à ce que la lumière jaune rougeoyante soit à dix pieds d'eux, et qu'il eut retiré sa cape d'invisibilité pour qu'on puisse le voir. À ce moment là, il reconnut, avec une sensation de pure haine, le grand nez crochu et les longs cheveux noirs graisseux de Severus Rogue. "Bien, bien, bien !" ricana Rogue, en sortant sa baguette magique et en tapant le cadenas une fois, de sorte que les chaînes s'écartèrent et que les portes s'ouvrirent en grinçant. "Content de vous voir arriver, Potter, bien que vous ailliez visiblement décidé que le port des robes longues de l'école ne convenait pas à votre aspect."

"Je n'ai pas pu me changer, je n'avais pas ma…" commença Harry, mais Rogue l'interrompit. " Il n'y a plus besoin d'attendre, Nymphadora, Potter est tout à fait… ah… en sécurité entre mes mains."

"J'ai un message pour Hagrid." dit Tonks, en fronçant les sourcils.

"Hagrid était en retard pour les festivités de début d'année, juste comme le potier ici, ainsi j'ai pris sa place. Et par ailleurs, "ajouta Rogue, s'écartant pour permettre à Harry de passer" j'étais curieux de voir ton nouveau Patronus." Il lui ferma les portes au nez dans un grand claquement, il tapa de nouveau sur les chaînes avec sa baguette, afin qu'elles se glissent, dans un tintement à leur place d'origine.

"Je pense que l'ancien était mieux !" déclara Rogue, de la méchanceté dans la voix. "le nouveau semble faible."

Comme Rogue éclairait les environs, Harry vit l'air choqué puis la colère passer sur le visage de Tonks. Elle disparut alors dans l'obscurité.

"Bonne nuit," lui lança Harry par-dessus son épaule, en commençant à marcher vers l'école avec Rogue. "Merci… pour tout !"

"Au revoir, Harry."

Rogue ne parla pas pendant une minute. Harry sentait son corps dégager des vagues de haine si puissantes qu'il lui semblait incroyable que Rogue ne puisse pas les sentir le brûler. Il avait détesté Rogue dès leur première rencontre, mais Rogue s'était irrévocablement mit dans l'impossibilité de voir l'opinion de Harry se transformer à cause de son attitude envers Sirius.

Quoiqu'en dise Dumbledore, Harry avait eu le temps de réfléchir au cours de l'été, et avait conclu que les remarques acerbes que Rogue avait faites à Sirius sur le fait de rester caché sans risque tandis que les autres membres de l'Ordre de Phœnix étaient occupés à combattre Voldemort avait été probablement un facteur important dans la précipitation de Sirius se précipitant vers le ministère, la nuit de sa mort. Harry s'accrocha à cette idée, car elle lui permit de blâmer Rogue, ce qui était satisfaisant, et également parce qu'il savait que s'il existait quelque qui ne désolait pas de la mort de Sirius, c'était bien l'homme marchant maintenant près de lui dans l'obscurité. “ Cinquante points de moins pour Gryffondor à cause de votre retard, je pense." annonça Rogue. “ Et, laissez-moi voir, encore vingt de moins pour vos vêtements de Moldus. Vous savez, je ne crois pas qu'une des maisons ait jamais été dans les chiffres négatifs aussi tôt en début d'année : Nous n'avons même pas commencé le dessert. vous pourriez avoir une médaille, Potter." La fureur et la haine bouillonnaient à l'intérieur de Harry qui semblait chauffé à blanc, mais il aurait préféré être de nouveau immobilisé et retourner à Londres que d'expliquer à Rogue la raison de son retard.

“ Je suppose que vous avez voulu faire une entrée remarquée ?" continua Rogue. "Et sans voiture volante disponible, vous avez décidé que votre arrivée dans le grand Hall à la moitié de la fête serait du plus bel effet dramatique."

Harry restait toujours silencieux, bien qu'il pensait que sa poitrine pouvait éclater. Il sut que Rogue était venu le chercher dans ce but, pour les quelques minutes où il pourrait vexer et tourmenter Harry sans quiconque pour écouter.

Ils atteignirent enfin les marches du château et pendant que les grandes portes en bois de chêne s'ouvraient sur le vaste hall d'entrée, le bruit des discussions, des rires et des tintements de plats et de verres filtrèrent à travers les portes ouvertes de la grande salle. Harry se demanda s'il pourrait glisser sur son dos sa cape d'invisibilité pour gagner sa place à la longue table des Gryffondor (qui, incommodément, était la plus loin du hall d'entrée) sans se faire remarquer. Cependant, Comme s'il avait lu dans l'esprit de Harry, Rogue dit "Pas de cape. Tu peux entrer ainsi de façon que chacun puisse te voir. C'est ce que tu voulais, j'en suis sûr."

Harry se tourna et avança directement vers les portes ouvertes : tout valait mieux que de rester près de Rogue. La grande Salle avec ses quatre longues tables d'élèves et son ensemble de table pour le personnel avait été décoré comme d'habitude avec ses bougies flottantes qui faisaient scintiller et éclairaient les plats au-dessous. Cela fit à Harry l'impression de taches floues et chatoyantes, cependant, il marchait si vite qu'il passa près de la table des Poufsouffe avant même que chacun n'ait vraiment commencé à le regarder fixement, et au moment où ils commencèrent à le regarder vraiment, il avait repéré Ron et Hermione, qui dégagèrent une place et le firent asseoir entre eux.

"Où étais-tu ? … bon sang ! Qu'as-tu fait à ton visage ?" grogna Ron, roulant des yeux ronds vers chacun des autres à proximité.

"Pourquoi, qu'est ce qu'il y a ?" demanda Harry, saisissant une cuillère et louchant vers son reflet déformé.

"Tu es couvert de sang !" constata Hermione "viens ici…!"

Elle sortit sa baguette, prononça "Tergeo !" et fit disparaître tout le sang séché. "Merci." dit Harry, sentant son visage maintenant propre. "À quoi mon nez ressemble-t-il ?

“Il est normal !" déclara Hermione. "Pourquoi ne devrait-il pas l'être ?

Harry, que s'est-il produit ? Nous avons été terrifiés!"

“Je vous le dirai plus tard !" annonça Harry brusquement. Il était parfaitement conscient que Ginny, Neville, Dean, et Seamus l'écoutaient.

même Nick-quasi-sans-Tête, le fantôme des Gryffondor, flottait le long du banc pour écouter clandestinement.

"Mais…" s'indigna Hermione.

"Pas maintenant, Hermione !" répliqua Harry, avec une voix obscurément significative. Il espérait beaucoup qu'ils supposeraient tous qu'il avait été impliqué dans quelque chose d'héroïque, impliquant de préférence un couple des Mangemorts ou un Détraqueur. Naturellement, Malefoy diffuserait l'histoire le plus possible, mais il y avait toujours une chance qu'elle n'atteigne pas trop d'oreilles de Gryffondor. Il visait au-delà de Ron deux cuisses de poulet et une poignée de frites, mais avant qu'il put les prendre, ils avaient disparu, pour être remplacés par des puddings.

"tu as raté la répartition, quoi qu'il en soit." L'informa Hermione, car Ron était plongé un grand gâteau de chocolat.

"Le choixpeau a-t-il dit quelque chose d'intéressant ?" demanda Harry, prenant un morceau de mélasse au goût âpre.

"La même chose, vraiment. . . nous conseillant tous de nous unir contre les ennemis, tu sais."

"Dumbledore a mentionné le retour de Voldemort ?"

"Pas encore, mais il fait toujours son discours après la fin du repas ? Ce sera dans peu de temps maintenant."

"Rogue a dit qu'Hagrid en retard pour la fête…"

"tu as vu Rogue ? Comment est-ce possible ?" marmonna Ron entre deux bouchées énormes de gâteau.

"Je me suis cogné sur lui !" signala Harry, évasif.

"Hagrid était seulement en retard de quelques minutes." dit Hermione.

"regarde, il te fait signe, Harry."

Harry regardé vers le haut la table des professeurs et grimaça vers Hagrid, qui lui faisait signe en effet. Hagrid n'avait jamais été capable de se comporter avec la même dignité que le professeur McGonagall, chef de la maison des Gryffondor. Le sommet de la tête de celle-ci arrivait entre le coude et l'épaule de Hagrid alors qu'ils étaient assis côte à côte, et elle regardait avec désapprobation cette salutation enthousiaste. Harry était étonné de voir le professeur de divination, le professeur Trelawney, assise de l'autre côté de Hagrid. Elle sortait rarement de sa tour, et n'était jamais venue à la fête de début d'année. Elle paraissait plus bizarre que jamais, scintillante avec des perles et des grands châles, ses yeux étaient magnifiés par d'énormes lunettes. Après avoir toujours considéré sa matière un peu comme de la supercherie, Harry avait été choqué de découvrir à la fin l'année précédente que c'était elle qui avait fait la prévision à cause de laquelle Lord Voldemort avait tué ses parents et attaqué Harry lui-même. La connaissance le rendait encore moins désireux de se trouver en sa compagnie, c'est avec plaisir, cette année qu'il laisserait tomber la divination. Ses grands yeux comme des soucoupes pivotèrent dans sa direction. Il détourna à la hâte son regard vers la table des Serpentard. Draco Malefoy mimait l'écrasement d'un nez pour provoquer les rires et les applaudissements. Harry fixa sa mélasse au goût âpre, il brûlait toujours d'un feu intérieur. Qu'est-ce qu'il donnerait pour attaquer Malefoy…

"Et que voulait le professeur Slughorn ?" demanda Hermione.

" Savoir ce qui s'est vraiment produit au ministère." répondit Harry.

"Lui et chacun de ceux qui sont ici !" renifla Hermione. "Les gens nous ont interrogés dans le train, n'est ce pas , Ron ?"

"Ouais," dit Ron.

"Tous voulaient savoir si tu étais vraiment "l'élu"…" l'interrompit Nick-Quasi-sans-Tête, inclinant sa tête à peine attachée vers Harry de sorte qu'elle vacillait dangereusement sur sa fraise. "J'ai la considération pour le pouvoir de Potter. C'est connu que nous sommes amicaux. J'ai assuré la communauté des esprits que je ne t'agacerai pas pour avoir des informations, cependant, "Harry Potter sait qu'il peut se fier complètement à moi." leur ai-je dit. "Je mourrais plutôt que de trahir sa confiance.""

"Ce qui ne veut pas dire grand chose vu que tu es déjà mort !" observa Ron.

“Tu montres de nouveau, toute la sensibilité d'une hache émoussée!" dit Nick-quasi-sans-tête, insulté, et il s'éleva dans les airs et s'envola vers l'autre extrémité de la table des Gryffondor juste comme Dumbledore se levait à la table des professeurs. Les discutions et les rires faisant écho dans la salle moururent presque immédiatement.

" Excellente soirée à vous tous!" dit-il, souriant largement, ses bras ouverts comme pour embrasser toute la salle.

“Qu'a-t-il à la main ?" suffoqua Hermione.

Elle n'était pas la seule qui l'avait remarqué. La main droite de Dumbledore était noircie et semblait morte comme elle l'était la nuit où il était venu chercher Harry chez les Dursley. Il y eut des chuchotements dans la salle. Dumbledore, les interprétant correctement, sourit simplement et secoua sa manche de couleur pourpre et or au-dessus de sa blessure.

"Aucune raison de s'inquiéter !" signala-t-il légèrement. "Maintenant…

Bienvenue à nos nouveaux étudiants, bon retour à nos vieux étudiants ! Une autre année complète d'éducation magique vous attend… "

"Sa main était comme maintenant quand je l'ai vu au cours de l'été."

chuchota Harry à Hermione. "Je pensais qu'il l'aurait soigné maintenant, bien que… ou que Mrs Pomfresh l'aurait fait."

"Elle a l'air d'être morte !" remarqua Hermione, avec une expression écœurée. "Mais il y existe des dommages qu'on ne peut pas traiter… des vieilles malédictions… et il y a des poisons sans antidotes. . . "

"…et Mr Rusard, notre gardien, m'a demandé de vous prévenir qu'il était interdit d'avoir des objets achetés au magasin de farces et attrapes appelé Weasley Wizard Wheezes.

"Ceux qui souhaitent jouer dans l'équipe de Quidditch de leurs maisons devront donner leurs noms au chef de leurs maisons comme d'habitude.

Nous recherchons également de nouveaux commentateurs de Quidditch, qui devront se faire connaître également. " Nous sommes heureux de souhaiter la bienvenue à un nouveau membre enseignant cette année, le professeur Slughorn "… Slughorn se leva, sa tête chauve brillante dans la lueur de chandelle, son gros gilet ventre moulant la table dans l'ombre… "est un ancien collègue à moi qui a accepte de reprendre son ancien poste de professeur de potions."

" De potions?"

"De potions?"

Ces mots se répétaient en écho partout dans la salle pendant que les gens se demandaient s'ils avaient bien entendu.

"De potions?" dirent Ron et Hermione ensemble, se tournant pour fixer Harry. "Mais tu avais dit…"

"Le professeur Rogue, cette année," ajouta Dumbledore, élevant la voix pour qu'elle puisse porter au-dessus de tout le brouhaha, "prendra le poste de professeur de défense contre les forces du mal."

"Non!" s'exclama Harry, tellement fort que beaucoup de têtes se tournèrent dans sa direction. Il ne s'en inquiéta pas. Il regardait fixement la table des professeurs, incrédule. Comment Rogue avait-il pu obtenir ce poste qu'il briguait de puis si longtemps ? N'était-il pas communément admis pendant toutes ces années que Dumbledore ne lui faisait pas assez confiance pour ça ?

"Mais Harry, tu as dit que Slughorn allait enseigner la défense contre les forces du mal!" lui rappela Hermione.

"Je le croyais!" dit Harry, fouillant dans son cerveau pour se rappeler quand Dumbledore lui avait dit cela, mais maintenant qu'il y pensait, il ne pouvait pas rappeler si Dumbledore lui avait jamais ce que Slughorn enseignerait. Rogue, qui était assis à la droite de Dumbledore, ne se lave pas à la mention de son nom. Il leva simplement une main pour exprimer paresseusement sa reconnaissance aux applaudissements venant de la table de Serpentard, pourtant Harry était sûr qu'il pouvait détecter une lueur de triomphe sur le visage qu'il détestait tant.

"Bien, il y a une bonne chose, là dedans," exprima-t-il sauvagement. "c'est que Rogue partira à la fin de l'année."

"Que veux-tu dire?" demanda Ron.

"Ce poste est sous l'effet d'une malédiction. Aucun prof ne reste plus d'une année… Quirrell est réellement mort … Personnellement, je vais maintenir mes doigts croisés pour une autre mort… "

"Harry!" s'indigna Hermione, choquée et lourde de reproches.

"Il pourrait juste reprendre le cours de potions à la fin de l'année." imagina Ron "Ce type , Slughorn, ne devrait pas rester très longtemps. Ne Déprimons pas !

"" Dumbledore se gratta la gorge. Harry, Ron, et Hermione n'étaient pas le seul qui avait parlé. le Hall entier avait éclaté dans un bourdonnement de conversations à la nouvelle que Rogue avait finalement réalisé le désir de son cœur. Apparemment inconscient à la nature sensationnelle des nouvelles qu'il venait de donner, Dumbledore n'indiqua rien de plus sur les professeurs, mais attendit quelques secondes pour s'assurer que le silence était absolu avant de continuer.

"Maintenant, comme tout le monde dans cette salle le sait, Lord Voldemort et ses partisans sont une fois de plus en liberté et à gagnent en force."

Le silence semblait total et tendu pendant que Dumbledore parlait. Harry jeta un coup d'œil vers Malefoy. Celui-ci ne regardait pas Dumbledore, mais faisait planer sa fourchette entre le ciel et la terre avec sa baguette, comme s'il trouvait les mots du directeur indignes de son attention.

"Je ne soulignerai jamais assez fortement à quel point la situation actuelle est dangereuse, et combien chacun de nous à Poudlard doit prendre de soins pour s'assurer que nous sommes en sûreté. Les fortifications magiques du château ont été renforcées cet été, nous sommes protégés par de nouvelles et plus puissantes magies, mais nous devons nous garder scrupuleusement contre l'inattention de la part de n'importe quel étudiant ou membre de personnel. Je vous invite, donc, à respecter toutes les consignes de sécurité que les professeurs pourraient vous imposer, même si vous pouvez les trouver ennuyeuses… en particulier, la règle qui consiste à ne pas se trouver dehors après certaines heures. Je vous implore, si vous remarquez quoique ce soit d'étrange ou de soupçonneux dans ou en dehors du château, de le signaler à un membre du corps enseignant immédiatement. Je vous fais confiance pour vous conduire, toujours, avec le plus grand respect pour votre sécurité propre et celle des autres."

Les yeux bleus de Dumbledore balayèrent la salle au-dessus des étudiants avant de se remettre à sourire.

"Mais maintenant, vos lits vous attendent, aussi chaud et confortable que vous pourriez probablement le souhaiter, et je sais que la première priorité est de bien vous reposer pour vos leçons demain. Disons-nous donc bonne nuit. Hip hip hip!"

Avec le bruit de frottement habituel, les bancs s'écartèrent et les centaines d'étudiants commencèrent à sortir de la grande salle pour se diriger vers leurs dortoirs. Harry, qui n'était aucunement pressé de partir avec la foule béate, ni de passer assez près de Malefoy pour lui permettre de raconter de nouveau l'histoire de l'emboutissage du nez, traînait derrière, feignant de refaire le lacet sur sa basket, permettant à la majeure partie des Gryffondor de se retirer avant lui. Hermione s'était élancée en avant pour accomplir son devoir de préfet pour escorter les premières années, mais Ron était resté avec Harry.

“ Alors, qu'est-il arrivé à ton nez?" demanda-t-il, une fois qu'ils furent très en arrière de la multitude, et loin des oreilles de n'importe qui d'autre. Harry le lui dit. C'était la marque de la force de leur amitié que Ron ne se mit pas à rire.

“J'ai vu Malefoy mimer quelque chose qui avait un rapport avec un nez."

Fit-il sombrement.

"Ouais, bien, ne t'occupe pas de ça !" répliqua Harry amèrement. "Écoute plutôt ce qu'il disait avant qu'il ne comprenne que j'étais là…"

Harry avait prévu que Ron croirait que Malefoy se vantait. Harry considéra que c'était par obstination pure que Ron continuait à ne pas être impressionné.

"Allons, Harry, il faisait juste le m'as-tu vu devant Parkinson.... Quel genre de mission Tu-Sais-Qui lui aurait donné ?"

"Comment pouvez savoir si Voldemort n'a pas besoin de quelqu'un à Poudlard ? Ce ne serait pas le premier…"

"Je souhaite que tu arrête de dire son nom comme ça, Harry !" fit une voix lourde de reproches derrière eux. Harry regarda par-dessus son épaule pour voir Hagrid secouer la tête.

"Dumbledore utilise ce nom." indiqua Harry obstinément.

"Ouais, mais c'est Dumbledore, n'est ce pas?" soupira Hagrid mystérieusement.

"Comment se fait-il que tu sois arrivé si tard, Harry ? J'étais inquiet."

"J'ai été retenu dans le train." Dit Harry. "Et vous pourquoi étiez-vous en retard?"

"J'étais avec Graup." rayonna Hagrid. " Je n'ai pas perdu mon temps. Il a une nouvelle maison dans les montagnes maintenant, Dumbledore lui a préparé… une grande et belle caverne. Il est beaucoup plus heureux qu'il n'était dans la forêt. Nous étions en pleine causerie."

"Vraiment ?" s'étonna Harry, faisant attention de ne pas attirer l'attention de Ron. la dernière fois qu'il avait rencontré le demi-frère de Hagrid, un géant méchant avec du talent pour déraciner les arbres, son vocabulaire ne comportait que cinq mots, dont deux qu'il ne pouvait pas prononcer correctement.

"Oh oui, il s'y est vraiment mis !" s'enthousiasma Hagrid fièrement "C'est stupéfiant. J'envisage de le former pour devenir mon assistant."

Ron s'étrangla de rire, mais il parvint à le faire passer pour un éternuement violent. Ils se tenaient maintenant près des portes d'entrée en chêne. " Quoi qu'il en soit, Je vous verrai demain. Les premières leçons commencent après le petit déjeuner. Venez tôt et vous pourrez dire bonjour à Buck — Je veux dire, Witherwings!”

Soulevant un bras dans un joyeux signe d'adieu, il se dirigea vers l'extérieur dans l'obscurité. Harry et Ron se regardèrent l'un l'autre. Harry pouvait parier que Ron éprouvait le même sentiment de chute que lui-même.

"Tu ne prends pas soin aux créatures magiques ?"

Ron secoua la tête. "Et toi non plus ?"

Harry secoua aussi la tête.

"Et Hermione," demanda Ron, "non plus ?"

Harry secoua encore une fois la tête. Que dirait exactement Hagrid quand il réaliserait que ses trois étudiants préférés avaient abandonné sa matière ? il préférait ne pas y penser.

Chapitre 9 : Le prince de sang mêlé

Harry et Ron rencontrèrent Hermione dans la salle commune, avant l'heure du petit déjeuner. Espérant se sentir soutenu dans sa théorie, Harry n'avait perdu aucune temps pour répéter à Hermione ce que Malefoy avait dire dans le Poudlard-express.

"Mais il était visiblement très occupé par Parkinson, n'est-ce pas ?"

s'exclama vivement Ron, avant qu'Hermione ait pu dire quelque chose.

"Évidemment !" dit-elle, pas encore convaincue "Je ne sais pas. Ce serait bien le genre de Malefoy de se montrer plus important qu'il n'est… mais ce serait un tel mensonge à faire… "

"Exactement," poursuivit Harry, mais il ne pouvait pas insister davantage, car beaucoup de personnes essayaient d'écouter leur conversation en plus du fait qu'ils le regardaient et chuchotaient dans leur barbe.

"C'est grossier de montrer du doigt !" lança Ron en s'adressant à un garçon particulièrement minuscule de première année qu'ils avaient rejoint dans la file qui attentait de se faufiler par le trou de portrait. Le garçon, qui avait murmuré quelque chose sur Harry à son copain, devint écarlate, se retourna promptement et s'extirpa très vite du trou. Ron rit sous cape. "Je suis content d'être en sixième année. Nous aurons plus du temps libre cette année. Des périodes entières durant lesquelles nous pourrons juste nous asseoir et nous détendre."

"Nous allons avoir besoin de ces moments pour étudier, Ron !" répliqua Hermione, comme ils arrivaient de l'autre côté du couloir.

"Ouais, mais pas aujourd'hui," dit Ron. "Aujourd'hui sera un vrai jour de repos, j'y compte bien."

" Regardez-moi ça !" dit Hermione, en projetant son bras pour stopper une élève de quatrième année qui essayait de passer devant elle à l'aide un disque jaune-vert étroitement tenu dans sa main. "les frisbees à crocs sont interdits, ouvre ta main !" le gronda-t-elle sévèrement. Le garçon de mauvaise humeur lâcha le féroce le frisbee, dégagea son bras, et retourna auprès de ses amis. Ron attendit qu'il disparaisse, puis prit le frisbee de la main d'Hermione.

"Excellent, j'ai toujours voulu en avoir un comme ça !"

La remontrance d'Hermione fut étouffée par un fort rire bébête. Lavande Brown avait apparemment trouvé la réflexion de Ron hautement amusante.

Elle continuait à rire en les dépassant, jeter un coup d'œil en arrière sur Ron par-dessus son épaule. Ron semblait plutôt satisfait de lui.

Le plafond du grand Hall était bleu clair et strié par quelques nuages frêles et minces, un peu comme des carrés de ciel visible à travers de hautes fenêtres à meneaux. Tandis qu'ils se servaient de porridge d'œufs et de bacon, Harry et Ron parlèrent à Hermione de leur conversation gênante avec Hagrid la veille au soir.

"Mais il ne peut quand même pas raisonnablement penser que nous allons continuer le cours de soins aux créatures magiques !" s'exclama-t-elle, affligée. "Je veux dire, quelqu'un d'entre nous a-t-il exprimé. . . vous savez. ..

un quelconque enthousiasme ?"

"C'est bien de lui !" dit Ron, avalant un œuf sur le plat tout entier. "Nous sommes ceux qui avons fait le plus d'effort dans les classes parce que nous aimons bien Hagrid. Mais, du coup, il pense que nous aimions cette matière stupide. Vous en connaissez qui veulent aller au ASPIC?"

Ni Harry ni Hermione ne répondit. Ce n'était pas nécessaire. Ils savaient parfaitement qu'aucun élève de leur année ne voulait continuer les cours de soins aux créatures magiques. Ils évitèrent les coups d'œil de Hagrid et lui renvoyèrent un vague sourire sans enthousiasme quand ils le virent à la table des professeurs dix minutes plus tard.

Après qu'ils eurent mangé, ils restèrent à leur place, attendant le départ du professeur McGonagall de la table des enseignants. La répartition des programmes de classe était plus compliquée cette année que d'habitude, car le professeur McGonagall doit d'abord confirmer à chacun qu'il avait les BUSEs nécessaires pour suivre les ASPICs qu'ils avaient choisis.

Hermione était déjà assurée de continuer les cours de sortilèges, de défense contre les forces du mal, de métamorphose, d'herbologie, d'arithmancie, de runes anciennes, et de potions, et décida dans un premier de se débarrasser sans état d'âme des runes anciennes. Neville prit un peu plus de temps. Son visage rond était inquiet quand le professeur McGonagall a regarda ce qu'il aimerait faire puis consulta ses résultats aux BUSEs.

"Herbologie, ça va !" dit-elle. " Le professeur Chourave sera ravi de vous voir revenir avec 'Optimal'. Et vous avez réalisé une bonne prestation en défense contre les forces du mal avec "effort exceptionnel". Mais le problème c'est la métamorphose. Je suis désolée, Longdubat, mais

"acceptable" ce n'est pas vraiment suffisant pour continuer au niveau des ASPIC. Je pense que vous ne pourriez pas faire face au surcroît de travail."

Neville pencha la tête. Le professeur McGonagall de dévisagea au travers de ses lunettes carrées.

"D'ailleurs, pourquoi tenez-vous à poursuivre la métamorphose ? Je n'ai jamais eu l'impression que vous l'appréciez particulièrement."

Neville semblait malheureux et murmura quelque chose du genre "ma grand-mère veut."

"Hmph !" grogna le professeur McGonagall. " Il serait temps pour votre grand-mère d'apprendre à être fier du petit-fils qu'elle a, plutôt que de forger celui qu'elle pense qu'elle devrait avoir - en particulier après ce qui s'est produit au ministère."

Neville devint tout rouge et clignait les yeux de confusion. Le professeur McGonagall ne lui avait jamais fait auparavant le moindre compliment.

"Je suis désolée, Longdubat, mais je ne peux pas vous laisser aller dans ma classe de ASPIC Cependant, je vois que vous avez obtenu "Effort exceptionnel" à la BUSE de sortilèges. Pourquoi ne pas essai un ASPIC en sortilèges ?"

"Ma grand-mère pense que les sortilèges est une option sans intérêts."

marmonna Neville.

"Prenez les sortilèges !" dit le professeur McGonagall, "et moi je me chargerai de rappeler à Augusta que si elle tient ce discourt c'est seulement parce qu'elle a échoué à sa BUSE de sortilèges. Le sujet n'est pas nécessairement sans valeur." Souriant légèrement au regard incrédule sur le visage ravi de Neville, professeur McGonagall frappa sur une feuille blanche avec le bout de sa baguette et la remit à Neville. Elle comportait maintenant les différents détails de ses nouvelles classes.

Le professeur McGonagall se tourna ensuite vers Parvati Patil, qui demanda d'abord si c'était Firenze, le beau centaure, qui enseignait toujours la divination.

"Lui et le professeur Trelawney se partagent leur classe en deux cette année !" expliqua le professeur McGonagall, une pointe de désapprobation dans la voix. Il était connu de tous qu'elle méprisait cette matière. "La sixième année est prise par le professeur Trelawney."

Parvati écarta la divination cinq minutes plus tard, légèrement découragée.

"Alors, Potter, Potter . . ." prononça le professeur McGonagall, en regardant ses notes tout en se tournant vers Harry. "Sortilèges, défense contre les forces du mal, herbologie, métamorphose… tout est très bien. Je dois dire que j'ai été très satisfait de vos résultats en métamorphose, Potter, très heureuse. Cependant, pourquoi n'avez-vous pas choisi de continuer le cours de potions ? Je croyais que vous vouliez devenir Auror ?"

" Je le voulais, mais vous m'avez dit que je devais obtenir "Optimal" à cette BUSE, professeur."

"Et c'était le cas quand le professeur Rogue enseignait ce sujet.

Cependant le professeur Slughorn est parfaitement heureux d'accepter des étudiants de ASPIC avec "Effort exceptionnel". Souhaitez-vous poursuivre le cours de potions ?"

"Oui !" accepta Harry "Mais je n'ai pas acheté les livres et n'ai aucun ingrédient …"

"Je suis sûre que le professeur Slughorn pouvoir t'en prêter." Le rassura le professeur McGonagall. " Très bien, Potter, voici votre programme. Oh, pour parler d'autre chose, vingt prétendants ont déposé leur nom pour être admis dans l'équipe de Quidditch des Gryffondor. Je vous passerai la liste en temps opportun et vous pouvez fixer la date des tests à votre convenance."

Quelques minutes plus tard, Ron s'était engagé pour faire les mêmes matières que Harry, et tous les deux se trouvaient à table ensemble.

"Regarde" remarqua Ron avec plaisir, étudiant sérieusement son programme "Nous avons une période libre maintenant. . et une période libre après le déjeuner. . . excellent."

Ils retournèrent à la salle commune, qui était presque vide excepté une demi-douzaine de septièmes années, dont Katie Bell, le seul membre restant de l'équipe originale de Quidditch des Gryffondor quand Harry s'y était joint sa première année.

"Je pensais bien que tu l'obtiendrais un jour !" lui dit-elle en montrant l'insigne de capitaines sur la poitrine de Harry. "Préviens-moi quand tu fais passer les tests !"

" Ne sois pas stupide, "répliqua Harry" tu n'as pas besoin de tests, je t'ai vu jouer pendant cinq ans.. ."

"Tu ne dois pas commencer comme ça !" lui conseilla-t-elle. " Pour tout dire, il y a peut-être quelqu'un de bien mieux que moi là-dehors. De bonnes équipes ont déjà coulé seulement parce que les capitaines ont continué à jouer avec les même joueurs, ou laissé leurs amis... "

Ron était mal à l'aise et commençait à jouer avec le Frisbee à crocs qu'Hermione avait confisqué à l'élève de quatrième année. Il bourdonna tout autour de la salle commune, grondant et essayant de mordre la tapisserie.

Les yeux jaunes de Pattenrond le suivaient et il siffla quand le frisbee vint trop près de lui.

Une heure plus tard, ils quittèrent à contre-jour la salle commune pour se rendre au cours de défense contre les forces du mal quatre étages au-dessous.

Hermione était déjà dehors, les bras pleins de livres lourds.

" Nous avons déjà eu beaucoup de travail pour les Runes !" apprit-elle à Harry et Ron quand il l'eurent rejointe. "Un essai de quinze-pouce, deux traductions, et je dois tout lire pour mercredi !"

"Quelle honte !" bailla Ron.

"Attends !" fit elle avec ressentiment. "Je vous parie que Rogue va nous en donner une tonne."

La porte de la classe s'ouvrit sur ces mots, et Rogue fit un pas dans le couloir, son visage cireux encadré plus que jamais par deux rideaux des cheveux noirs graisseux. Le silence tomba immédiatement sur la file des élèves.

"Entrez !"

Harry regarda autour de lui en entrant. Rogue avait déjà imposé son style à la salle. C'était plus sombre que d'habitude, car les rideaux avaient été tirés devant les fenêtres, et des chandelles avaient été allumées. De nouvelles images ornaient les murs, bon nombre d'entre elles montrant des personnes souffrant de douleurs, de blessures effroyables ou d'étranges parties du corps. Personne ne dit rien en s'asseyant, regardant ces obscures et terribles images.

"Je ne vous ai pas demandé de prendre vos livres." signala Rogue, en fermant la porte et en s'installant derrière son bureau pour faire face aux élèves. Hermione laissa tomber à la hâte son nouveau manuel "confrontation dans son sac et le glissa sous sa chaise. " Je souhaite vous parler, et je sollicite votre totale attention."

Ses yeux noirs se promenèrent sur les visages bouleversés, restant une fraction de seconde supplémentaire sur Harry.

"Vous avez eu cinq professeurs dans cette matière jusqu'ici, je crois."

Vous croyez. . . comme si vous ne les aviez pas tous vus arriver et repartir, et j'espère que ce sera pareil pour vous, pensa Harry cinglant.

"Naturellement, chacun de ces professeurs avait ses propres méthodes et priorités. Compte tenu de cette confusion j'ai été étonné du nombre important d'élèves parmi vous à avoir réussit aux buses dans cette matière.

Je serai bien plus étonné si tous vous parveniez à suivre en ASPIC, qui est plus avancée."

Rogue s'installa dans un coin de la salle, parlant maintenant dans d'une voix très grave. La classe tendit les oreilles pour en tenir compte. “Les forces du mal" prononça Rogue, " Il y en a beaucoup, certaines variées, d'autres évolutives, et d'autres éternelles. Les combattre c'est comme combattre un monstre à milles têtes, qui, chaque fois que l'on en coupe une il en pousse deux encore plus féroces et plus habiles qu'avant. Vous combattez quelque chose d'indéterminé, de changeant, et d'indestructible."

Harry fixa Rogue. Il devait sûrement avoir beaucoup de respect pour les forces du mal comme pour un ennemi dangereux, pour leur en parler ainsi, avec une caresse affectueuse dans sa voix ?

"Votre défense," continua Rogue, un peu plus fort, "doit faire appel à la flexibilité, à l'inventivité comme les forces que vous cherchez à défaire.

C'est images” - il en indiqua quelques-unes unes sur les murs - " vous montrent une représentation exacte de ce qui arrive à ceux qui subissent, par exemple, la malédiction de Cruciatus " - il ondula une main vers une sorcière, visiblement à l'agonie, qui poussait des cris perçants - "le baisé des détraqueurs" - un sorcier était blotti et blanc effondré contre un mur - "

l'agression d'un Inferius " - une masse sanglante sur le sol.

" Un Inferius a-t-il été vu, depuis…?" demanda Parvati Patil d'une voix aiguë. "C'est démontré, il les utilise ?"

"Le seigneur du mal a utilisé des Inferi dans le passé. Tout laisse supposer qu'il pourrait bien les employer encore. Maintenant. . . "

Il se déplaça tout autour de la salle de classe, d'un côté et de l'autre puis vers son bureau, et il recommençait. Ils l'observaient pendant qu'il marchait, sa sombre robe longue se soulevant derrière lui.

". . . Vous êtes, je crois, complètement novices dans l'usage des sorts non-verbaux. Quelle est l'avantage d'un sort non-verbal ?"

La main d'Hermione s'envola dans l'air. Rogue prit le temps de regarder tout le monde, s'assurant qu'il n'avait aucun autre choix, avant de lui dire brusquement "Très bien - Miss Granger ?"

"Votre adversaire ne peut pas savoir quel genre de magie vous êtes sur le point d'exécuter. Ce qui vous donne un sérieux avantage."

" Une réponse copiée presque mot à mot du manuel standard de sorcellerie, volume six." railla Rogue (dans son coin, Malefoy ricana) "Mais c'est correct pour l'essentiel. Oui, ceux qui sont capables de pratiquer la magie sans incantations orales gagnent par l'effet de surprises sur les sorts verbalisés. Mais tous les sorciers n'en sont pas capables, évidemment. C'est une question de concentration et de puissance d'esprit plus que de... " - son regard fixe s'attarda avec malveillance sur Harry une fois de plus - "chance."

Harry savait que Rogue pensait à leurs désastreuses leçons d'Occlumencie l'année précédente. Il refusa de baisser les yeux, mais loucha su Rogue jusqu'à ce que celui-ci regarde plus loin.

"Séparez-vous maintenant." continua Rogue, "En binômes. L'un des deux essayera un sort sur l'autre sans parler. L'autre essayera de repousser le sort dans le silence également. Allez-y !"

Bien que Rogue ne l'ait pas su, l'année précédente, Harry avait enseigné au moins à la moitié de la classe (chacun de ceux qui avait été membre du D.A.) comment exécuter un charme de bouclier. Cependant, aucun d'entre eux ne réussit à jeter un sort sans parler. Une quantité raisonnable de triche s'ensuivit. Beaucoup d'élèves se contentaient de simplement chuchoter l'incantation au lieu de la dire à haute voix. Pourtant, dix minutes avant la fin de la leçon, Hermione parvint à repousser le sort de Jambes-Gelées murmuré par Neville sans dire un seul mot, un exploit qui lui aurait sûrement permis de gagner vingt points pour Gryffondor de la part de n'importe quel professeur honnête, pensa amèrement Harry, mais que Rogue ignora. Il se promenait parmi eux, pendant qu'ils s'exerçaient, regardant juste à la façon d'une chauve-souris sur de la mauvaise herbe, passant plus de temps pour observer Harry et Ron luttant avec acharnement.

Ron, qui était censé jeter un sort à Harry, était complètement rouge. Ses lèvres étaient fortement serrées pour résister à la tentation de murmurer l'incantation. Harry levait sa baguette. Il attendait, sur des charbons ardents, de pouvoir repousser un sort qui semblait peu susceptible de jamais pouvoir venir.

"C'est pathétique, Weasley !" remarqua Rogue, après un moment

"Viens… laisse-moi te montrer…"

Il dirigea sa baguette vers Harry si rapidement que Harry réagit instinctivement. Toute idée de sort non-verbal oublié, il hurla, "Protego !"

Son sort de bouclier fut tel que Rogue vacilla et heurta un bureau. La classe entière regardait maintenant et observait Rogue se redresser, maussade.

"Rappelle-moi de te dire que nous pratiquons des sorts non-verbaux, Potter ?"

"Oui." dit Harry raidement.

" Oui, monsieur."

"Ce n'est pas la peine de me dire "monsieur", professeur." Les mots lui avaient échappé avant qu'il sut ce qu'il disait. Plusieurs élèves suffoquèrent, y compris Hermione. Derrière Rogue, cependant, Ron, Dean, et Seamus a grimaçaient, élogieux.

"Retenue, samedi soir, dans mon bureau !" lâcha Rogue. " Je ne supporte l'insolence de personne, Potter . . . même pas de "l'élu" !"

"C'était génial, Harry !" le félicita Ron, une fois qu'ils furent, hors des oreilles de Rogues, à la pause suivante.

" Tu n'aurais vraiment pas du dire ça !" lui reprocha Hermione, en fronçant les sourcils vers Ron. "Qu'est-ce qu'il t'a fait ?"

"Il a essayé de me lancer un sort, pour le cas où tu ne t'en serais pas aperçu !" fulmina Harry. J'en ai assez supporté pendant ses leçons d'Occlumencie ! Pourquoi ne pas chercher un autre cobaye pour changer ? À

quoi joue Dumbledore en lui confiant le cours de défense ? L'avez-vous entendu parler des forces du mal ? Il les aime ! Tout ce qui défait, les indestructibles substances …"

"Et bien !" dit Hermione "Je pensais qu'il parlait un peu comme toi."

"Comme moi ?"

" Oui, quand tu nous disais comment il fallait faire, face à Voldemort. Tu disais qu'il ne fallait pas simplement apprendre par cœur toute une panoplie de sorts, tu disais qu'il n'y avait que toi, ton cerveau et tes entrailles - Et bien, n'est-ce pas ce que Rogue a dit ? Peut-on apprendre à être courageux et à réagir vite ?"

Harry était autant désarmé par ces mots que par l'idée d'apprendre par cœur le manuel standard de sorcellerie. Aussi ne discuta-t-il même pas.

"Harry ! Hé, Harry!"

Harry regarda autour de lui. Jack Sloper, un des vainqueurs de l'équipe de Quidditch des Griffondor, l'année précédente, s'avançait vers lui en tenant un rouleau de parchemin.

"C'est pour toi." souffla Sloper. "Écoute, j'ai entendu dire que tu étais le nouveau capitaine des Gryffondor. Quand feras-tu passer les tests ?"

"Je ne sais pas encore !" répondit Harry, pensant en lui-même que Sloper serait très chanceux s'il restait dans l'équipe. "Je te tiendrai au courant."

"Oh, très bien. J'espérais que ce serait ce week-end…"

"Mais Harry n'écoutais pas. Il avait identifié l'écriture mince et inclinée sur le parchemin. Sloper étant parti au milieu de sa phrase, Harry se dépêcha d'aller retrouver Ron et Hermione. En chemin, il déroula le parchemin.

Cher Harry,

Je voudrais commencer nos leçons privées ce samedi. Je te saurai gré de venir dans mon bureau à 8 heures du soir. J'espère que tu apprécies tes premiers jours d'école.

Sincèrement,

Albus Dumbledore

P.S. J'aime les bonbons acidulés.

"Il aime les bonbons acidulés ?" s'interrogea Ron, qui avait lu le message par-dessus l'épaule de Harry et était perplexe.

" C'est le mot de passe pour passer devant les gargouilles à l'entrée de son bureau." expliqua Harry d'une voix basse. "Ha ! Rogue ne va pas être content. . . . Je ne pourrai pas faire sa retenu !"

Lui, Ron, et Hermione utilisèrent tout le temps de la pause pour spéculer sur ce que Dumbledore enseignerait à Harry. Ron pensait qu'il s'agissait très probablement de sorts spectaculaires et de sortilèges inconnus de Mangemorts. Hermione dit que de telles choses étaient illégales, et pensait qu'il y avait plus de chance que Dumbledore enseigne à Harry des sorts défensifs de haut niveau. Après la pause, elle partit pour son cours d'arithmancie tandis que Harry et Ron retournaient dans la salle commune des Gryffondor là où ils commencèrent à contrecœur le travail donné par Rogue. Celui-ci s'avéra si complexe qu'ils n'avaient toujours pas fini quand Hermione les rejoignit pour leur période libre d'après-déjeuner (bien qu'elle se soit immédiatement précipité sur le travail). Ils finirent juste quand la cloche sonna pour le cours de potions de l'après-midi et ils suivirent chemin familier vers la salle du donjon qui avait été si longtemps celle de Rogue.

Quand ils arrivèrent dans le couloir, ils virent qu'il n'y avait qu'une douzaine de personnes suivant ce niveau de ASPIC Crabbe et Goyle, évidemment, n'avaient pas eu la note requise aux buses mais quatre Serpentard, dont Malefoy, l'avaient obtenue. Quatre Serdaigle étaient ici, et un seul Poufsouffle, Ernie Macmillan, qu'Harry aimait bien en dépit de ses manières plutôt pompeuses.

"Harry !" appela Ernie solennellement, tendant la main à Harry qui s'approchait "Il n'y avait pas une chance de parler pendant le cours de défense contre les forces du mal ce matin. C'était une bonne leçon, j'ai trouvé, mais les sorts de bouclier sont de vieilles connaissances, bien sûr, pour nous les vieux routards du D.A.. . . Et comment allez-vous, Ron…

Hermione ?"

Avant qu'ils puissent dire autre chose que "bien." La porte du donjon s'ouvrit et le ventre de Slughorn le précéda. Comme ils entraient en classe, sa grosse moustache de morse se courbait au-dessus de sa bouche rayonnante, et il salua Harry et Zabini avec un enthousiasme particulier.

Le donjon était exceptionnellement, rempli de vapeurs et d'odeurs étranges. Harry, Ron, et Hermione reniflèrent avec intérêt en passa près de grands, et bouillonnants chaudrons. Les quatre Serpentard prirent une table ensemble, de même que les quatre Serdaigle. Harry, Ron, et Hermione partagèrent une table avec Ernie. Ils choisirent le chaudron le plus proche, d'une couleur dorée, qui émettait un attirant parfum comme Harry n'en avait jamais inhalé. De façon ou d'une autre cela rappelait, simultanément, le goût âpre de la mélasse, l'odeur boisée d'une poignée de brindilles, et quelque chose de fleuri qu'il avait déjà senti au terrier. Il constata qu'il respirait très lentement et profondément. Les vapeurs de la potion l'enivraient comme une boisson. Une grande satisfaction le remplissait. Il sourit à Ron, qui lui renvoya un sourire paresseux.

" Eh bien, eh bien, eh bien !" jubila Slughorn, dont le contour massif semblait flou au milieu des nombreuses vapeurs. " Sortez tous, vos balances, vos kits de potions, et n'oubliez pas vos manuels de recettes avancées de potions. . . "

"Professeur ?" demanda Harry, en levant sa main.

"Harry, mon garçon ?"

"Je n'ai ni livre, ni balance ni quoi que ce soit d'autre - pareil pour Ron -

nous ne pensions pas pouvoir suivre cet ASPIC, vous voyez…"

"Ah, oui, le professeur McGonagall m'en a parlé . . . ne t'inquiète pas, mon garçon, ne t'inquiète pas. Aujourd'hui, vous pouvez utiliser les produits de la réserve, et je suis sûr que nous pourrons vous prêter des balances et il y a un petit stock de manuels ici. On s'arrangera comme cela jusqu'à ce que vous puissiez passer commande chez Flourish et Blotts. . . ."

Slughorn se dirigea vers une armoire dans un coin de la salle et, après quelques recherches, émergea avec deux manuels usagés de recettes avancées de potions de Libatius Borage, qu'il tendit à Harry et à Ron avec deux ensembles de balances un peu ternes.

" Eh bien !" reprit Slughorn, retournant en face de la classe et gonflant sa poitrine déjà si enflée que les boutons de son gilet menaçaient d'être projetés au loin " J'ai préparé quelques potions, juste pour vous pour faire découvrir leur l'intérêt. Ce sont le genre de chose que vous devriez savoir préparer à la fin de cette année. Vous devriez au moins en avoir entendu, même si vous n'en faites pas. Qui peut me dire ce qu'il y a là-dedans ?"

Il montra un chaudron près de la table des Serpentard. Harry se leva légèrement de son siège et vit ce qui ressemblait à de l'eau gazeuse à l'intérieur.

La main bien entraînée d'Hermione s'éleva dans les airs bien avant qui que ce soit. Slughorn lui donna la parole.

"C'est du Veritaserum. C'est une potion sans couleur et inodore qui oblige le buveur à dire la vérité. " récita Hermione.

"Très bien, très bien !" acquiesça Slughorn avec bonheur "Maintenant,"

continua-t-il, indiquant le chaudron près de la table des Serdaigle "Celle-ci est assez bien connue… On en a parlé, un peu trop, dans certaines communications du ministère récemment … Qui peut… ?"

La main d'Hermione fut la plus rapide une fois de plus.

"C'est du Polynectar, professeur."

Harry lui aussi avait reconnu le lent bouillonnement, la substance boueuse du second chaudron, mais il laissa à Hermione tout loisir de répondre à la question. C'est elle, après tout, qui avait réussi à le faire, au cours de leur deuxième année.

"Excellent, excellent ! Maintenant, celui-ci. . . oui, ma chère ?" dit Slughorn, semblant maintenant, légèrement stupéfié, car la main d'Hermione pointait encore en l'air.

"C'est de l'Amortentia !"

"En effet. C'est peut-être idiot de le demander, " ajouta Slughorn, qui la fixait avec application" mais je suppose que tu sais ce que ça fait ?"

"C'est le filtre d'amour le plus puissant au monde !" répondit Hermione.

"Parfaitement bien ! Tu l'as identifié, je suppose, grâce à son éclat nacré caractéristique ?"

" Et la vapeur s'élevant en spirales caractéristiques." répondit Hermione avec enthousiasme, " et c'est censé avoir une odeur différente pour chaque personne, selon ce qui l'attire, ainsi moi je peux sentir l'herbe fraîchement coupée, le nouveau parchemin et… "

Mais elle vira légèrement au rose sans finir cette dernière phrase.

"Puis-je vous demander votre nom, ma chère ?" dit Slughorn, en ignorant l'embarras d'Hermione.

“Hermione Granger, professeur."

"Granger ? Granger ? Avez-vous une relation quelconque avec Hector Dagworth-Granger, qui a fondé la société la plus extraordinaire de Potions

?"

"Non. Je ne crois pas, professeur, mes parents sont des Moldus, vous savez."

Harry vit Malefoy chuchoter quelque chose à Nott. Tous les deux ont riaient en douce, mais Slughorn ne fut aucunement consterné. Au contraire, il rayonna et regarda Hermione puis Harry, qui était assis à côté d'elle.

"Ho ! ‘Une de mes meilleures amies a des parents Moldus, et c'est la meilleure de notre promotion !' J'imagine qu'il s'agissait de vous quand Harry a dit cela ?"

"Oui, professeur !" intervint Harry.

"Bien, bien, je donne vingt points de bonus pour Gryffondor, Miss Granger." Ajouta chaleureusement Slughorn.

Malefoy donnait l'impression d'avoir été giflé au visage par Hermione.

Celle-ci se tourna vers Harry avec une expression radieuse et chuchota "Tu lui as vraiment dit que j'étais la meilleure élève des sixièmes années ? Oh, Harry !"

" Et alors, il n'y a rien de surprenant à ça ?" murmura Ron, qui pour quelque raison semblait gêné. "Tu es la meilleure de cette promotion - Je lui aurais dit la même chose s'il me l'avait demandé !"

Hermione sourit mais fit "chut !" d'un geste, pour qu'ils écoutent ce que Slughorn disait. Ron semblait légèrement contrarié.

"Amortentia ne crée pas vraiment l'amour, bien sûr. Il est impossible de fabriquer ou d'imiter l'amour. Non, ceci causera simplement une puissante et fatale obsession. C'est probablement le plus dangereux et le plus puissant breuvage magique ici dans cette pièce - oh oui !" insista-t-il, s'inclinant gravement vers Malefoy et Nott, tous les deux ayant un petit sourire narquois rempli de scepticisme. "Quand vous aurez vécu aussi longtemps que moi, vous ne sous-estimerez plus la puissance obsessive de l'amour.”

"Et maintenant, il est temps pour nous de commencer le travail."

"Professeur, vous ne nous avez pas dit ce qu'il y avait dans celui-là." Dit Ernie Macmillan, en indiquant du doigt un petit chaudron noir sur le bureau de Slughorn. La potion qu'il contenait pétillait joyeusement. Elle avait la couleur de l'or fondu, et de grosses gouttes sautaient à la surface, comme des poissons dorés, bien qu'aucune particule ne se soit renversée.

"Ho !" reprit Slughorn. Harry était sûr que Slughorn n'avait pas du tout oublié la potion, mais qu'il attendait qu'on le lui demande pour obtenir un effet dramatique. "Et bien. Ça. Et bien, mesdames et messieurs, c'est la plus curieuse des potions. Elle s'appelle Felix Felicis. Je parie…" il se tourna vers Hermione avec un sourire, qui laissa l'auditoire pantelant "que vous savez ce qu'est Felix Felicis, Miss Granger ?"

"C'est une potion de chance !" répondit Hermione avec enthousiasme.

"Elle vous rend chanceux !"

La classe entière semblait suspendue dans les airs. Maintenant, Harry pouvait voir de Malefoy l'arrière de sa tête blonde et lisse, parce qu'il prêtait enfin à Slughorn sa pleine attention.

" Parfaitement exact, encore dix points pour Gryffondor. Oui, c'est un drôle de petit breuvage magique, Felix Felicis ! Désespérant à réaliser, et désastreux si on se trompe. Cependant, s'il est brassé correctement, comme ce doit l'être, vous constaterez que tous vos efforts en valent la peine... au moins jusqu'à la disparition des effets."

"Pourquoi les gens n'en boivent as tout le temps, professeur ?" demanda ardemment Terry Boot.

"Car si on en prend trop, cette potion provoque l'étourderie, l'imprudence, et une suffisance dangereuse ! Trop de bonnes choses, vous savez. . . C'est hautement toxique en grandes quantités. Mais prises avec parcimonie, et très occasionnellement . . ."

"En avez-vous déjà pris, professeur ?" demanda Michael Corner avec intérêt.

"Deux fois dans ma vie. Une fois quand j'avais vingt-quatre ans, une fois quand j'en avais cinquante-sept. Deux cuillerées à café prises avec le petit déjeuner. Ce furent deux jours parfaits !"

Il regardait fixement et rêveusement au loin. Qu'il joua ou pas la comédie, Harry pensa que l'effet était excellent.

"Et ça !" continua Slughorn, revenant apparemment sur terre "C'est ce que j'offrirai comme prix pour cette leçon."

Il y eut un silence que seuls troublaient les bouillonnements et les glougloutement, d'un coup dix fois plus forts, des potions environnantes.

"Une minuscule fiole de Felix Felicis !" dit Slughorn, en sortant de sa poche et en leur montrant une toute petite bouteille en verre avec un bouchon en liège. "C'est suffisant pour douze heures de chance. De l'aube au crépuscule, vous serez chanceux pour tout ce que vous entreprendrez."

"Cependant, je dois vous avertir que Felix Felicis est une substance interdite dans les événements sportifs, les concours organisés, les examens ou les élections. Ainsi, le gagnant devra l'employer seulement un jour ordinaire. . . et découvrir comment ce jour ordinaire deviendra extraordinaire

!"

"Donc," reprit Slughorn, soudainement vif, " Comment allez-vous faire pour gagner ce prix fabuleux ? Et bien, en ouvrant votre manuel de

"réalisation avancée de potions" à la page dix... Vous avez un peu plus d'une heure devant vous, pendant laquelle vous devrez vous approcher le plus possible de "l'Ébauche de la Mort Vivante". Je sais que c'est plus difficile que tout ce que vous avez fait auparavant, et je n'espère une potion parfaite de quiconque. La personne qui fera le mieux, cependant, gagnera cette petite bouteille de Felix Felicis. En avant !"

Il y eut un grand bruit de raclement car tirait son chaudron à lui et quelques forts tintements quand tous commencèrent à placer des poids sur les balances, mais personne ne parla. La concentration dans la salle était maximale. Harry vit Malefoy potasser fiévreusement son manuel de

"réalisation avancée de potions". Il était, on ne peut plus clair, que Malefoy désirait vraiment ce jour de chance. Harry remit rapidement en place les autres pages du livre en lambeaux que Slughorn lui avait prêté.

À son grand désagrément, il vit que le propriétaire précédent avait annoté toutes les pages, de sorte que les marges étaient aussi noires que les parties imprimées. Se penchant pour déchiffrer la liste des ingrédients, (même ici, le propriétaire précédent avait fait des annotations et des remarques) Harry se dirigea ensuite vers la réserve pour trouver ce dont il avait besoin. En tant retournant à son chaudron, il vit que Malefoy hachait, aussi rapidement qu'il pouvait, des racines de valériane.

Chacun jetait régulièrement des coups d'œil aux environs pour voir ce que faisait le reste de la classe. C'était à la fois un avantage et un inconvénient en cours de potions car il était difficile de garder votre travail privé. En dix minutes, la salle fut était pleine de vapeurs bleuâtres. Hermione, bien sûr, semblait être la plus avancée. Sa potion ressemblait déjà "au liquide couleur Corinthe, lisse et noir" mentionné à l'étape de mi-parcours.

Quand il eut fini de couper ses racines, Harry se pencha de nouveau sur son livre. C'était très agaçant, d'essayer de déchiffrer les instructions sous toutes les stupides inscriptions du propriétaire précédent, qui pour quelque raison, avait contesté le sens de découpe du haricot sopophore et avait écrit l'instruction alternative suivante :

L'écrasement avec le côté plat d'un couteau en argent, permet de mieux extraire le jus que le découpage.

" Professeur, je pense que vous avez connu mon grand-père, Abraxas Malefoy ?" Harry releva la tête. Slughorn passait juste à côté de la table des Serpentard.

"Oui." Répondit Slughorn sans regarder Malefoy " Je fut désolé d'entendre qu'il était mort, bien que naturellement ce n'était pas inattendu : la varicelle de dragon à son âge …"

Et il continua son chemin. Harry retourna à son chaudron, un petit sourire satisfait aux lèvres. Il pouvait imaginer que Malefoy avait compté être traité comme Harry ou Zabini. Peut-être même espérait-il un certain traitement de faveur comme cela avait été le cas avec Rogue. Il semblait que Malefoy ne devrait s'appuyer sur rien d'autre que son talent pour gagner la bouteille de Felix Felicis.

Le haricot sopophore s'avéra très difficile à découper. Harry se tourna vers Hermione.

"Puis-je emprunter ton couteau en argent ?"

Elle accepta avec impatience, sans quitter des yeux sa potion, ce prenait une couleur mauve-foncé, cependant que le livre parlait d'une légère nuance lilas à cette étape.

Harry écrasa son haricot avec le côté plat du couteau. À son grand étonnement, il put immédiatement extraire tant de jus qu'il semblait impossible qu'un simple haricot ait pu tout le contenir.

En le versant à la hâte dans le chaudron, il vit, à sa grande surprise, que la potion virait instantanément à la nuance lilas décrite par le manuel.

Son aversion pour le propriétaire précédent disparut tout à coup et Harry lut les ligne d'instructions suivantes. Le livre indiquait qu'il fallait remuer dans le sens contraire des aiguilles d'une montre jusqu'à ce que le breuvage devienne clair comme de l'eau. Les notes dans la marge indiquaient, par contre, qu'il fallait, après sept tours dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, ajouter un tour dans l'autre sens. L'ancien propriétaire pourrait-il avoir raison une seconde fois ?

Harry remué dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, retint son souffle, et remué une fois dans l'autre sens. L'effet fut immédiat. La potion vira au rose pâle.

"Comment as-tu fait ça ?" demanda Hermione, la face rouge et les cheveux rendus de plus en plus touffus par les vapeurs de son chaudron. Sa potion était toujours résolument violette.

"Ajoute un tour dans l'autre sens…"

"Non, non, le livre dit le sens inverse des aiguilles d'une montre !"

s'entêta-t-elle.

Harry leva les épaules et continua ce qu'il faisait. Sept tours à l'envers, un tour à l'endroit, une pause… sept tours à l'envers, un tour à l'endroit…

À travers la table, Ron râlait continuellement. Sa potion ressemblait à de la réglisse liquide. Harry jeta un coup d'œil aux alentours. Dans la mesure où il put le voir, aucune autre potion n'était aussi claire que la sienne. Il se sentit transporté de joie, ce qui n'était jamais arrivé dans le donjon.

"C'est… l'heure !" clama Slughorn. "Arrêtez immédiatement, s'il vous plaît !"

Slughorn se déplaça lentement entre les tables, observant l'intérieur des chaudrons. Il ne faisait aucun commentaire, mais à l'occasion, agitait un peu la potion et reniflait. Il atteignit enfin la table où Harry, Ron, Hermione, et Ernie étaient assis. Il sourit tristement en regardant dans le chaudron de Ron.

Il passa sur celui d'Ernie. La potion d'Hermione obtint de lui un signe d'approbation. Puis il vit Harry, et un regard de plaisir incrédule passa sur son visage.

"Tu es le gagnant sans la moindre contestation !" lança-t-il dans le donjon.

Excellent, excellent, Harry ! Bon sang, tu as hérité le talent de ta mère. Lily avait la main fine pour les potions ! Toi aussi, donc, voici la fiole de Felix Felicis, comme promis. Uses-en bien !"

Harry glissa la minuscule bouteille de liquide doré dans sa poche intérieure, sentant se mêler désagréablement à son plaisir, les regards furieux des Serpentard et la culpabilité à l'expression déçue d'Hermione. Ron semblait simplement sidéré.

"Comment as-tu fait ?" demanda-t-il à Harry en sortant du donjon.

"La chance, je suppose." répondit Harry, car Malefoy était à portée de voix.

Cependant, une fois qu'ils furent tranquillement installés à la table des Gryffondor pour le dîner, il le leur dire. Le visage de Hermione était de pierre.

"J'imagine que tu penses que j'ai triché ?" finit-il par dire, inquiet son expression.

"Bien, ce n'était pas exactement ton propre travail ?" répliqua-t-elle.

"Il a simplement suivi des instructions différentes des nôtres." expliqua Ron "Ça ne devrait pas être une catastrophe ? Mais il a pris un risque et il a gagné." Soupira-t-il. "Si Slughorn m'avait remis ce livre, je n'aurai pas suivi les inscriptions écrites. Ne crache pas dessus, les yeux sur la page vingt-deux, mais… "

"Tiens donc !" dit une voix sur la gauche de Harry et il y eut une bouffée soudaine de l'odeur fleurie qu'il avait sentie dans le donjon. Il vit que Ginny les avait rejoints. "Ai-je bien entendu ? Tu as suivi des instructions que quelqu'un avait écrites dans un livre, Harry ?"

Elle semblait alarmée et en colère. Harry sut aussitôt à quoi elle pensait.

"Ce n'est rien !" la rassura-t-il, baissant la voix. "Ce n'est pas comme avec le carnet de Jedusor, tu sais. C'est juste un vieux livre que quelqu'un a griffonné.

"Mais tu as fait ce qu'il disait ?"

"J'ai juste essayé quelques-unes unes des instructions de la marge.

Honnêtement, Ginny, il n'y a rien de mal…"

"Ginny marque un point." dit Hermione, se levant immédiatement. "Nous devons vérifier qu'il n'y a rien de mal là-dedans. Je veux dire, toutes ces drôles d'instructions, qui sait ?"

"Hé !" s'indigna Harry, comme elle sortait son manuel de potions avancées de son sac et levait sa baguette magique. "Specialis Revelio !" fit-elle, en frappant vivement sur la couverture. Rien ne se produisit. Le livre restait simplement là, avec l'air d'un chien vieux et sale.

"Tu as fini ?" s'énerva Harry. " Ou tu veux attendre de voir s'il prépare un sale coup ?"

"Il semble normal." accorda Hermione, jetant un regard soupçonneux sur le livre. "Je veux dire que c'est… juste un manuel."

" Bon. Alors je le reprends." dit Harry, en le saisissant sur la table, mais le livre lui glissa des mains se retrouva ouvert sur le plancher. Personne d'autre ne regardait. Harry se pencha pour le ramasser, et c'est alors qu'il vit quelque chose d'inscrit sur la couverture de derrière avec la même petite et fine écriture que les annotations qui lui avaient fait gagner la bouteille de Felix Felicis, cachées maintenant à l'intérieur d'une paire de chaussettes dans sa malle.

Ce livre est la propriété prince de sang mêlé.

Chapitre 10 : L'heure de Gaunt

Pour la suite des leçons de potions magiques de la semaine Harry continua à suivre les instructions du Prince-de-Sang-Mêlé partout où elles déviaient de Libatius Bourrache, avec comme résultat que dès leur quatrième leçon Slughorn délirait complètement sur les capacités de Harry, et disait qu'il avait rarement enseigné à quelqu'un de si doué. Ni Ron ni Hermione n'étaient enchanté. Bien que Harry ait offert de partager son livre avec eux deux, Ron avait eu plus de difficulté à déchiffrer l'écriture que Harry, et ne pouvait pas continuer à demander à Harry de lire à haute voix, ce qui aurait semblé suspect. Hermione, quant à elle, suivait scrupuleusement ce qu'elle appelait les instructions "officielles", mais devenait de plus en plus grincheuse car elle obtenait de moins bons résultats qu'avec les instructions du prince.

Harry se demandait bien qui pouvait être le Prince-de-Sang-Mêlé. Malgré la quantité de travail qui l'empêchait de lire la totalité de son manuel Fabrication Avancée des Potions, il l'avait suffisamment feuilleté pour voir qu'il n'y avait quasiment pas de pages sur lesquelles le prince n'avait rien ajouté. Ces notes ne concernaient pas toutes, la fabrication de potions. Ici et là il y avait des instructions qui ressemblaient à des sorts que le prince avait conçus lui-même.

"Ou elle-même," disait Hermione énervée, quand elle surprit Harry en signaler quelque uns à Ron dans la salle commune, le samedi soir. " Ce pouvait être une fille. Je pense que l'écriture ressemble davantage à celle d'une fille plus qu'à celle d'un garçon."

" Il s'appelle le Prince-de-Sang-Mêlé !" répliqua Harry. "Combien de fille-prince connais-tu ?"

Hermione n'avait rien à répondre. Elle se renfrogna simplement et poursuivit son essai sur les principes de Rematérialisation loin de Ron, qui essayait de le lire à l'envers.

Harry regarda sa montre et à la hâte remit le vieux manuel de Fabrication Avancée des Potions dans son sac.

"Il est huit heures cinq, je pars vite, je vais arriver en retard chez Dumbledore."

"Ooooh !" souffla Hermione. "Bonne chance ! Nous attendrons là-haut, nous voulons savoir ce qu'il t'enseigne!"

"J'espère que ce sera bien !" dit Ron.

Tous les deux regardèrent Harry sortir par le trou du portrait.

Harry avançait dans les couloirs déserts, en dehors du fait qu'il avait du se cacher à la hâte derrière une statue quand le professeur Trelawney était apparu à un coin du corridor, se parlant doucement à elle-même en battant et lisant un jeu de cartes sales.

"Deux de cosses : conflit, " murmura-t-elle, en passant près de l'endroit où s'était tapi Harry. "Sept de cosses : présage de maladie. Dix de cosses : violence. Valet des cosses : un jeune homme brun, préoccupé, un qui déteste le dérangement …"

Elle s'arrêta pile de l'autre côté de la statue.

"Ça n'est pas bon signe !" remarqua-t-elle, gênée, et Harry l'entendit battre de nouveau vigoureusement les cartes pendant qu'elle continuait au loin, laissant juste une odeur de xérès derrière elle. Harry attendit jusqu'à ce qu'il soit tout à fait sûr qu'elle était partie, puis se dépêcha le couloir du septième étage là où il y avait une gargouille contre le mur.

" Bruits D'Acide" prononça Harry, et la gargouille s'écarta. Le mur derrière elle avait glissé, et un escalier mobile de pierre en spirale apparut.

Harry y grimpa avant d'arriver devant une porte avec un heurtoir en laiton qui menait au bureau de Dumbledore.

Harry frappa.

"Entre," l'invita la voix de Dumbledore.

"Bonsoir, professeur" dit Harry, pénétrant dans le bureau du directeur.

"Ah, bonsoir, Harry." Répondit Dumbledore en souriant. "Assieds-toi.

J'espère que tu as eu une première semaine d'école agréable ?"

"Oui merci, professeur."

"Vous devez être suffisamment occupé, par-dessus la tête !"

"Heu," commença Harry maladroitement, mais Dumbledore ne le regarda pas trop sévèrement.

"J'ai prévu avec le professeur Rogue que tu feras ta retenue samedi prochain."

"D'accord !" dit Harry, qui avait dans l'esprit d'autre préoccupation que la punition de Rogue, et qui regardait maintenant autour de cherchant une indication sur la nature de ce que projetait de faire Dumbledore avec lui ce soir. Le bureau circulaire était tel qu'il avait toujours été. De fragiles instruments en argent, fumant et vibrant, reposaient sur des guéridons, les portraits des directeurs et directrices précédents somnolaient dans leur cadre, et le magnifique Phœnix de Dumbledore, Fumsek, était sur son perchoir derrière la porte, observant Harry avec un intérêt évident. Il ne vit même pas un espace dégagé pour la pratique de duel.

"Bien, Harry," dit Dumbledore, d'une voix ferme. " Tu as du te demandé, j'en suis sûr, la nature de ce je projette de faire avec toi pendant ces leçons

"Oui, professeur."

"Bien, j'ai décidé qu'il était temps, maintenant que tu sais ce qui a incité seigneur Voldemort à vouloir te tuer, il y a quinze ans, de te fournir certaine information." Il y eut une pause.

"Vous m'aviez dit à la fin de la dernière année que je savais tout," s'étonna Harry, une note d'accusation dans la voix. "professeur" a-t-il ajouté.

"Et c'est exact" confirma Dumbledore. " Je t'ai dit que tout que tu savais tout. À partir de maintenant, nous laisserons la réalité présente et voyagerons ensemble sur les eaux troubles de la mémoire dans des régions des plus sauvages. À partir de maintenant, Harry, nous devons malheureusement être comme Humphrey Belcher, qui croyait le temps était vieux comme un morceau de fromage."

"Mais vous pensez que ça ira ?"

"Naturellement, mais comme je te l'ai déjà expliqué, je fais des erreurs comme tout homme. En fait, en étant - pardonne-moi - un peu plus intelligent que la plupart des hommes, mes erreurs tendent à être également plus importante."

"Professeur" s'enquit Harry " Ce que vous allez me dire, a-t-il un rapport avec la prophétie ? Cela m'aidera-t-il à . . . survivre ?"

"Il a en effet un très grand un rapport avec la prophétie !" répondit Dumbledore, comme si Harry l'avait interrogé le temps des prochains jours,

"et j'espère certainement que cela t'aidera à survivre."

Dumbledore se leva et fit le tour du bureau, derrière Harry, qui se tourna sur son siège pour observer Dumbledore se plier au-dessus d'un coffre près de la porte. Quand Dumbledore se redressa, il tenait un bassin en pierre peu profond familier incrusté d'inscriptions étranges gravées tout autour. Il posa la pensine sur le bureau devant Harry.

"Tu sembles inquiet !"

Harry, en effet, regardait la pensine avec une certaine appréhension. Ses expériences précédentes avec ce dispositif étrange qui stocke et restitue les pensées et les souvenirs, bien que fortement instructives, avaient également été inconfortables. La dernière fois où il avait regardé dedans, il avait vu beaucoup plus qu'il ne l'aurait souhaité. Mais Dumbledore souriait.

"Il est temps, d'entrer dans la pensine avec moi . . . et, plus particulièrement, avec ta permission."

"Où allons-nous, professeur ?"

"Nous voyagerons dans les dédales de la mémoire de Bob un Ogden !"

dit Dumbledore, tirant de sa poche une bouteille en cristal contenant une substance argenté-blanche tourbillonnante.

"Qui était Bob Ogden ?"

"C'était un employé du département de l'application des lois de la magie,"

dit Dumbledore. " Il est mort, il y a quelque temps, mais pas avant que je l'aie retrouvé et que je l'aie persuadé de me confier ces souvenirs. Nous sommes sur le point de l'accompagner sur une visite qu'il a faite au cours de ses fonctions. Tiens-toi prêt, Harry… "

Mais Dumbledore avait quelques difficultés retirer le bouchon du flacon de cristal : Sa main blessée semblait raide et douloureuse.

" Professeur, je… ?"

"En aucune façon, Harry…"

Dumbledore dirigea sa baguette magique sur le flacon et le bouchon en liège s'extirpa.

"Professeur,… comment vous êtes-vous blessé à la main ?" demanda encore Harry, regardant les doigts noircis avec un mélange révulsion et pitié.

"Ce n'est pas le moment pour cette histoire, Harry. Pas encore. Nous avons un rendez-vous avec Bob Ogden."

Dumbledore versa le contenu argenté du flacon dans la pensine, où il tourbillonna et chatoya, sans éclaboussures ni fumées. "Après toi," l'invita Dumbledore, d'un geste vers la cuvette. Harry se pencha en avant, prit une profonde respiration, et a plongea son visage dans la substance argentée. Il sentit ses pieds se soulever du plancher. il tombait, tombait dans l'obscurité du tourbillonnement et puis, soudainement, il cligna des yeux à la lumière du soleil. Avant que sa vue ne se soit ajustée, Dumbledore débarqua près de lui.

Ils se tenaient sur une route, dans un lieu entouré de haies hautes et denses, sous un ciel d'été aussi lumineux et bleu que les myosotis des marais. Environ dix pieds devant eux se tenait un homme petit et dodu portant les lunettes excessivement épaisses qui lui donnaient l'air d'une taupe. Il lisait un poteau indicateur en bois qui sortait des mûres sur le côté gauche de la route. Harry devina que c'était Ogden ; il était la seule personne en vue, et il portait l'assortiment étrange de vêtements si souvent choisi par les magiciens inexpérimentés essayant de ressembler à des Moldus. Dans le cas présent, une robe longue était associée à des guêtres et à un maillot de bain rayé. Cependant avant que Harry ait eu le temps d'en enregistrer davantage sur cet accoutrement bizarre, Ogden était parti plus loin et descendait la route.

Dumbledore et Harry le suivirent. En passant près d'un poteau en bois, Harry vit une flèche se dirigeant vers l'endroit d'où ils venaient et lu : Grand Hangleton, 5 milles. Une autre flèche, dans la direction de Ogden indiquait Petit Hangleton, 1 mille.

Ils marchèrent un court instant sans rien voir d'autre que des haies, fraîches et larges, le ciel bleu et ondulant, le manteau qui filait devant. Alors la route vira à gauche et plongea loin, s'inclinant en une pente rapide au bas d'une colline, de sorte qu'ils virent soudainement et contre toute attente une large vallée s'étalant devant eux. Harry pouvait voir un village, assurément Petit Hangleton, niché entre deux collines, son église et son cimetière clairement visibles. De l'autre côté de la vallée, apparaissait un beau manoir entouré d'une large étendue de pelouse vert-velouté.

Ogden s'était lancé, à un petit trot prudent, du haut de la pente plutôt raide. Dumbledore allongea le pas, et Harry s'empressa de le suivre. Il pensait que Petit Hangleton devait être leur destination finale et se demanda, comme la nuit où ils avaient rencontré Slughorn, pourquoi ils devaient s'approcher d'aussi. Cependant, il découvrit bientôt qu'il s'était trompé en pensant qu'ils allaient au village. La route tournait à droite et quand ils passèrent le coin, il vit le bord de la robe d'Ogden disparaître par un trou dans la haie.

Dumbledore et Harry le suivirent sur un mauvais chemin creusé dans des haies plus élevées et plus sauvages que celles qu'ils avaient laissé. Le chemin était tortueux, rocheux, et difficile, descendant vers le bas de la colline comme la route. Ils semblaient se diriger vers une série d'arbres sombres un peu plus bas. Bien sûr, le chemin aboutissait à un taillis.

Dumbledore et Harry firent halte derrière Ogden qui s'était arrêté et avait sorti sa baguette. Malgré le ciel sans nuages, de vieux arbres devant lui, créaient une profonde obscurité, une ombre fraîche, si bien qu'il fallut quelques secondes aux yeux de Harry pour discerner un bâtiment moitié-

caché parmi l'embrouillement des troncs. Il vit un endroit plutôt étrange pour y mettre une maison, près de laquelle, de manière inhabituelle, on avait choisi de laisser grandir les arbres, bloquant la lumière et la vue sur la vallée.

Il se demanda si la maison était habitée car les murs étaient couverts de mousse, beaucoup de tuiles étaient tombées du toit et les combles étaient apparents par endroits. Les orties s'étaient développées tout autour, le haut atteignant des fenêtres, qui étaient minuscules et couvertes de crasse. Alors qu'il décidait que personne ne pouvait probablement vivre ici, une des fenêtres s'ouvrit avec un cliquetis, et un mince filet de vapeur ou de fumée s'en échappa, comme si quelqu'un faisait de la cuisine.

Ogden avança tranquillement et, sembla-t-il à Harry, avec une certaine prudence. Alors que les ombres foncées des arbres glissaient au-dessus de lui, il s'arrêta encore, regardant fixement la porte, sur laquelle quelqu'un avait cloué un serpent mort.

Il y eut alors un bruissement et un craquement puis un homme en guenilles se laissa tomber de l'arbre le plus proche, débarquant juste devant Ogden, qui sauta en arrière qu'il s'accrocha au bas de son manteau et trébucha.

"Vous n'êtes pas le bienvenu !"

L'homme qui était devant eux avait les cheveux épais et tellement emmêlés de saletés qu'ils pouvaient être de n'importe quelle couleur.

Plusieurs de ses dents manquaient. Ses yeux, petits et foncés, regardaient fixement dans des directions opposées. Il aurait pu sembler comique mais ce n'était pas le cas. Il faisait un effet plutôt glaçant, et Harry ne pouvait pas blâmer Ogden recula de plusieurs avant de lui parler.

"Euh… Bonjour. Je viens du ministère de la magie…"

"Vous n'êtes pas le bienvenu !"

"Euh… Je suis désolé… Je ne vous comprends pas." dit Ogden nerveusement.

Harry trouvait Ogden extrêmement faible. L'étranger devait clairement avoir le même sentiment que Harry, car il saisit une baguette magique d'une main et un petit couteau sanglant de l'autre.

"Tu le comprends, j'en suis sûr, Harry ?" lui chuchota Dumbledore calmement.

"Évidemment" répondit Harry, légèrement étonné. "Pourquoi Ogden… ?"

Mais ses yeux se posèrent de nouveau sur le serpent et il comprit soudain.

"Il parle Fourchelangue ?"

"Très bien !" approuva Dumbledore en souriant.

L'homme en guenilles s'avançait maintenant sur Ogden, le couteau dans une main, la baguette dans l'autre.

"Maintenant, écoutez…" commença Ogden, mais trop tard : Il reçut un coup, se retrouva par terre, tenant son nez, alors qu'un méchant liquide jaunâtre s'écoulait entre ses doigts.

"Morfin !" cria une voix.

Un vieil homme se dépêchait de sortir de la petite maison, claquant la porte derrière lui de sorte que le serpent mort se balança pathétiquement. Cet homme était plus petit que le premier, et curieusement proportionné. Ses épaules étaient très larges et ses bras trop longs. Avec des yeux bruns lumineux, les cheveux courts et broussailleux, le visage ridé, il ressemblait à un vieux singe. Il fit halte près de l'homme avec le couteau, qui gloussait maintenant en regardant Ogden par terre.

"Le ministère, c'est ça ?" dit le vieil homme, en regardant Ogden. "Exact

!" répondit Ogden en colère, se tamponner le visage. "Et vous, j'imagine, vous êtes Mr Gaunt ?"

"C'vrai !" éructa Gaunt. "Vous le chercher ?"

"Oui, en effet !"

"Peut-on savoir la raison de votre présence ?" l'agressa Gaunt. " C'est propriété privée, ici. On ne peut pas simplement y marcher sans s'attendre à ce que mon fils se défende."

"Se défende de quoi, monsieur ?" interrogea Ogden, en se relevant.

"Les gêneurs, les intrus, les Moldus et les ordures."

Ogden dirigea sa baguette magique sur son propre nez, qui suppurait toujours de façon importante, et l'écoulement s'arrêta immédiatement. M.

Gaunt parla en coin à Morfin. "Rentre dans la maison ! Ne discute pas !"

Cette fois, sans surprise, Harry reconnut le fourchelangue. Même alors qu'il pourrait comprendre ce qui se disait, il distingua le bruit de sifflements étranges qui était tout ce qu'Ogden pourrait entendre. Morfin sembla sur le point de manifester désaccord, mais quand le père lui lança un regard menaçant, il changea d'avis, se dirigea lourdement vers la petite maison avec une vilaine démarche et claqua la porte derrière lui, de sorte que le serpent se balança encore piteusement.

"C'est votre fils que je suis venu voir, Mr. Gaunt," reprit Ogden, en essuyant tout le pus avec un coin de son manteau. "C'est bien Morfin, n'est-ce pas ?"

"Ah, c'est Morfin," dit le vieil homme indifférent. "Êtes-vous de sang pur

?" demanda-t-il, soudain agressif.

"Ça n'a aucun rapport ce qui m'amène !" répliqua froidement Ogden, gagnant ainsi l'estime de Harry. Gaunt avait cependant un avis différent.

Il loucha sur le visage d'Ogden et murmura, de façon clairement et volontairement blessante, "Maintenant que j'y pense j'ai vu des nez comme le vôtre dans le bas du village."

"Je n'en doute pas, si votre fils est lâcher sur eux !" remarqua Ogden.

"Peut-être nous pourrions poursuivre cette discussion à l'intérieur ?"

"À l'intérieur ?"

"Oui, M. Gaunt. Je vous l'ai déjà dit. Je suis ici pour Morfin. Nous vous avons envoyé un hibou… "

"Je n'utilise pas de hiboux." dit Gaunt "Je n'ouvre pas les lettres."

"Alors vous ne pouvez pas vous plaindre de recevoir des visiteurs sans avertissements !" répliqua âprement Ogden. "Je suis ici pour une infraction sérieuse aux lois de la sorcellerie, qui s'est produite ici il y a quelques heures."

" Parfait ! Parfait ! Parfait !" beugla Gaunt. " Venez dans la maison sanglante, ça fera vous beaucoup de bien !"

La maison semblait formée de trois pièces minuscules. Deux portes partaient de la pièce principale, qui servait de cuisine et de pièce à vivre.

Morfin se reposait dans un fauteuil dégoûtant près du feu de cheminée, tordant une vipère vivante entre ses doigts épais et chantonnant doucement en fourchelangue :

Hissy, hissy, petit serpent,

Glisser sur le plancher

Sois bon avec Morfin

Ou il te sera cloué à la porte.

Il y eut un bruit de frottement dans le coin près de la fenêtre ouverte, et Harry se rendit compte qu'il y avait quelqu'un d'autre dans la chambre.

C'était une fille dont la robe grise loqueteuse était de la même couleur que celle du mur en pierres sales derrière elle. Elle se tenait près d'une cuve à vapeur sur un fourneau noir et sale, et maniait délicatement des pots et des casseroles sur une étagère au-dessus d'elle. Ses cheveux étaient clairsemés et ternes. Elle avait un visage plat, pâle, et plutôt grossier. Ses yeux, comme ceux de son frère, regardaient fixement dans des directions opposées. Elle regarda un petit instant vers les deux hommes, et Harry pensa qu'il n'avait jamais vu une personne avec une mine aussi mauvaise.

"Ma fille, Merope," dit Gaunt à contrecœur, quand Ogden, interrogateur, regarda vers elle.

"Bonjour," salua Ogden.

Elle ne répondit pas, mais avec un regard effrayé vers son père elle retourna au fond de la salle et continua de déplacer les pots sur l'étagère derrière elle.

"Bien, Mr. Gaunt, pour aller droit au fait, nous avons la raison de croire que votre fils, Morfin, a utilisé, la magie devant un Moldus, la nuit dernière."

Il y eut un bruit sourd. Merope venait de laisser tomber un des pots.

"Ramasse-le !" lui beugla Gaunt. "Vas-y ! Baisse-toi vers le sol comme une quelconque saleté de Moldus, pour l'usage que tu fais de ta baguette, comme un tas de fumier ?"

"Mr. Gaunt, s'il vous plaît !" dit Ogden avec une voix si choquée, que Merope, qui déplaçait un pot, rougit violemment, lâcha la poignée qu'elle tenait encore, tira sa baguette magique précairement de sa poche, la pointa vers le pot, et murmura une formule précipitée et inaudible qui poussa l'objet sur la planche, lui fit frapper le mur opposé, où il se fendit en deux.

Morfin laissa échapper un gloussement. Gaunt cria, " répare-le, tu reste là sans rien faire, répare-le !"

Merope fila en trébuchant à travers la pièce, mais avant qu'elle ait eu le temps de lever sa baguette, Ogden avait levé la sienne et dit fermement,

"Reparo." Le pot se répara immédiatement.

Gaunt regarda un moment Ogden comme s'il allait crier, mais il sembla penser qu'il avait mieux à faire : il préféra railler sa fille, "Quelle chance que le brave homme du ministère soit ici ? Peut-être qu'il va me débarrasser d'un fardeau comme toi, peut-être qu'il ne va pas faire attention à une saleté de Cracmol. . . ."

Sans regarder personne et sans remercier Ogden, Merope prit le pot et le remit d'une main tremblante sur son étagère. Puis elle se recula contre le mur entre la fenêtre dégoûtante et le fourneau, comme si elle ne souhaitait rien d'autre que s'enfoncer dans la pierre et disparaître.

"Mr. Gaunt," reprit Ogden, "comme je l'ai dit, la raison de ma visite —"

"J'ai entendu la première fois !" le coupa Gaunt. "Et quoi ? Morfin a donné à un Moldus un peu de ce qu'il méritait — où est le problème, alors?"

"Morfin a enfreint la loi de la sorcellerie." répondit sévèrement Ogden.

"Morfin a enfreint la loi de la sorcellerie." Reprit Gaunt, imitant la voix d'Ogden, pompeusement et chantonnant.

Morfin gloussa de nouveau. "Il a donné une leçon à un sale Moldus, c'est illégal maintenant ?"

"Oui," dit Ogden. "J'en ai peur."

Il tira d'une poche intérieure un petit rouleau de parchemin et le déroula.

"Qu'est-ce que c'est que ça ! Une condamnation ?" dit Gaunt, la voix pleine de colère.

"C'est une convocation au ministère pour une audition—"

"Convocation ! Convocation ? Qui croyez-vous être pour convoquer mon fils n'importe où ?

"Je suis le responsable du Département de l'Application des Lois de la Magie," répondit Ogden.

"Et vous pensez que nous sommes des déchets ?" cria Gaunt, s'avançant vers Ogden, l'index sale, jauni, pointé vers son ventre. "Et il faut que le déchet vienne en courant quand le ministère l'appelle ? Tu sais à qui tu parles, petite saleté de Sang de Bourbe, tu sais ?"

"J'ai l'impression que je parle à Mr. Gaunt," dit Ogden circonspect, mais restant à sa place.

"C'est vrai !" rugit Gaunt. Pendant un moment, Harry crut que Gaunt allait faire un geste obscène de la main, puis il réalisa qu'il montrait à Ogden l'horrible anneau de pierre noire qu'il portait au majeur, l'agitant devant les yeux de celui-ci. "Regarde ça ? Regarde ça ? Tu sais ce que c'est ? Tu sais où je l'ai eu ? Il est depuis des siècles dans notre famille, depuis aussi longtemps que l'on peut s'en souvenir, et rien que du Pur-Sang ! Tu sais combien on offrirait pour ça, avec le blason et les armoiries de Peverell gravés sur la pierre ?"

"Je n'en ai vraiment aucune idée," dit Ogden, cillant quand l'anneau passa à un pouce de son nez, "et le fait est certain, Mr. Gaunt. Votre fils est convoqué —"

Avec un hurlement de rage, Gaunt se précipita vers sa fille. Pendant une brève seconde, Harry pensa qu'il allait l'étrangler car sa main allait vers sa gorge ; Puis, il la traînait vers Ogden, l'agrippant par une chaîne d'or autour de son cou.

"Regarde ça ?" beugla-t-il à Ogden, secouant un lourd médaillon en or devant lui, alors que Merope crachotait et haletait pour reprendre haleine.

"Je vois, Je vois !" répondit hâtivement Ogden.

"Serpentard !" hurla Gaunt. "Salazar Serpentard ! Nous sommes ses derniers descendants, est-ce que tu sais ce que ça veut dire ?"

"Mr. Gaunt, votre fille !" dit Ogden inquiet, mais avait déjà lâché Merope.

Elle chancela loin de lui, retourna de nouveau dans son coin, massant son cou et respirant à fond.

"C'est ainsi !" reprit Gaunt triomphant, comme s'il avait juste prouvé avec difficulté une réalité impossible à contester. "Vous n'allez pas nous parler comme si nous étions une saleté sur votre chaussure ! Des générations de Pur-Sang, tous sorciers — plus que vous ne pouvez le dire, sans doute !"

Et il a craché sur le plancher aux pieds d'Ogden. Morfin gloussa encore.

Merope, blotti près de la fenêtre, la tête penchée et le visage caché par ses cheveux raides, ne dit rien.

"Mr. Gaunt," dit Ogden avec obstination, "que craint qu'aucun de vos ancêtres ni les miens puisse faire quoi que ce dans l'affaire qui nous occupe.

Je suis ici à cause de Morfin, de Morfin et du Moldus qu'il a abordé la nuit dernière. Notre information " — il jeta un coup d'œil vers le bas parchemin

— " est que Morfin a exécuté un sort ou un sortilège sur le Moldus lui causant une éruption d'urticaire très douloureuse."

Morfin ricana.

"Reste tranquille, mon garçon," le réprimanda Gaunt en Fourchelangue, et Morfin redevint silencieux.

"Et alors, s'il l'a fait ?" dit Gaunt défiant Ogden, "J'imagine que vous avez nettoyer, pour lui, sa sale face de Moldus, et chasser ses souvenirs—"

"Ce n'est pas le problème, Mr. Gaunt ?" répondit Ogden. "Il s'agit d'une attaque sans provocation contre quelqu'un sans défenses—"

"Ah ! Dès le moment où je vous ai vu, je vous ai catalogué parmi les amoureux des Moldus," ricana Gaunt, crachant de nouveau sur le sol.

" Cette discussion ne nous mène nulle part," continua Ogden fermement.

"Il est clair que, d'après son comportement, votre fils ne ressent aucun remords pour cet acte." Il jeta de nouveau un regard sur le parchemin.

"Morfin assistera à une audition le 14 septembre pour répondre à une accusation d'usage de la magie devant un Moldus, causant à ce même Moldus dommage et douleur —"

Ogden s'interrompit. Un tintement, les bruits de sabots de chevaux ainsi que des voix fortes et joyeuses arrivaient par la fenêtre ouverte.

Apparemment la petite rue autour du village passait très près du taillis où était la maison. Gaunt figé, écoutait, le regard perdu. Morfin siffla et tourna son visage vers les bruits, féroce. Merope souleva la tête. Harry vit son visage rigide et blanc.

"Mon Dieu, quelle est cette horreur !" clama une voix féminine au dehors, aussi clairement audible par la fenêtre ouverte que si elle se tenait à côté d'eux dans la pièce. "Votre père n'avait-il pas dit qu'il allait raser ce taudis, Tom ?"

"Ce n'est pas à nous," répondit une jeune voix d'homme. " L'autre côté de la vallée nous appartient entièrement, mais cette petite maison appartient à un vieux vagabond appelé Gaunt, et à ses enfants. Le fils est complètement fou, tu devrais entendre certaines des histoires qu'ils indiquent dans le village —"

La fille rit. Le tintement, les bruits de sabots s'entendaient de plus en plus fort. Morfin remua pour sortir de son fauteuil. "Reste à ta place," l'avertit son père, en Fourchelangue.

"Tom," dit de nouveau la voix féminine, maintenant, ils étaient clairement juste à côté de la maison, "je dois être malade ? — quelqu'un a cloué un serpent à cette porte ?"

"Mon Dieu, tu as raison !" répondit la voix d'homme. " Ce doit être le fils, je t'ai dit qu'il n'a pas complètement sa tête. Ne regarde pas, Cécilia, chéri. ”

Le tintement, les bruits de sabots s'entendaient maintenant faiblement.

"'Chéri,'" chuchota Morfin en Fourchelangue, regardant sa sœur. "'chéri, il l'a appelée chéri. Ainsi il ne veut pas de toi."

Merope était si blanche que Harry était persuadé qu'elle allait s'évanouir.

"Qu'est-ce que c'est ?" dit Gaunt brusquement, également en Fourchelangue, regardant son fils et sa fille. "Qu'as-tu dit, Morfin ?"

"Elle aime regarder ce Moldus," répondit Morfin, un air vicieux sur le visage pendant qu'il regardait fixement sa sœur, qui maintenant semblait terrifiée. " Elle est toujours dans le jardin quand il passe, et le dévisage à travers la haie ? Et la nuit passée — "

Merope secouait la tête de façon saccadée, en priant, mais Morfin continuait impitoyablement, "elle sort par la fenêtre et l'attend avant de rentrer à la maison ?"

"Elle sort par la fenêtre pour voir un Moldus ?" dit Gaunt tranquillement.

Chacun des trois Gaunt semblait avoir oublié Ogden, qui écoutait déconcerté et irrité cette nouvelle manifestation de sifflements et de grattements incompréhensibles.

"C'est vrai ?" demanda Gaunt d'une voix mortelle, d'un pas ou deux vers sa fille terrifiée. "Ma fille—Pur-Sang descendante de Salazar Serpentard —

soupirant après un sale Moldus ?"

Merope secouait la tête rapidement, se collant contre le mur, apparemment incapable de parler.

" Mais je l'ai eu, père !" gloussa Morfin. "Je l'ai eu quand il est et il n'avait plus un aussi joli visage avec de l'urticaire, n'est-ce pas Merope ?"

"Tu me dégouttes petite Cracmol, traître à ton sang !" hurla Gaunt, perdant tout contrôle, et refermant ses mains autour de la gorge de sa fille.

Harry et Ogden hurlèrent "non !" en même temps. Ogden a souleva sa baguette magique et prononça : "Relaskio !"

Gaunt fut jeté en arrière, loin de sa fille ; il trébucha contre une chaise et tomba à plat sur le dos. Avec un hurlement de la fureur, Morfin a sauta de son siège et se jeta sur Ogden, brandissant un couteau sanglant et lançant des sortilèges au hasard avec sa baguette.

Ogden s'enfuit pour sauver sa vie. Dumbledore indiqua qu'ils devaient le suivre et Harry obéit, les cris perçants de Merope résonnant dans ses oreilles.

Ogden s'élança le haut du chemin et, les bras au-dessus de la tête, déboula dans la rue principale, où il heurta un beau cheval alezan monté par un jeune homme très beau aux cheveux bruns. Tous les deux, lui et la jolie personne près de lui sur un cheval gris hurlèrent de rire à la vue d'Ogden, qui rebondit du flanc du cheval et alla plus loin encore, son manteau et sa robe volant, couvert de poussière de la tête aux pieds, courant en gigotant vers le haut de la ruelle.

" Je pense qui ça suffira, Harry," dit Dumbledore. Il prit Harry par le coude et le tira avec force. Peu après, ils s'élevèrent tous les deux flottant dans l'obscurité, jusqu'à ce qu'ils atterrissent sur leurs pieds, de nouveau dans le bureau de Dumbledore.

" Qu'est-il arrivé à la fille dans la petite maison ?" demanda immédiatement Harry, pendant que Dumbledore allumait des lampes supplémentaires, d'une chiquenaude, avec sa baguette. "Merope, ou quiconque avait ce nom ?"

"Oh, elle a survécu," répondit Dumbledore, s'asseyant derrière son bureau et indiquant à Harry de s'asseoir aussi. " Ogden retourna au et revint avec des renforts en une quinzaine de minutes. Morfin et son père ont essayé de combattre, mais tous les deux ont été maîtrisés, chassés de la petite maison, et condamnés plus tard par le Magenmagot. Morfin, qui avait déjà eu un avertissement pour attaque de Moldus, a été condamné à trois ans d'enfermement à Azkaban. Elvis, qui avait blessé plusieurs employés du ministère en plus d'Ogden, écopa de six mois."

"Elvis ?" répéta Harry avec étonnement.

"C'est exact," dit Dumbledore, souriant avec approbation. " Je suis heureux de voir que tu suis."

"Le vieil homme était — ?"

"Oui, le grand-père de Voldemort " reprit Dumbledore. "Elvis, son fils Morfin, et sa fille Merope, étaient les derniers des Gaunt, une très ancienne famille de sorciers remarquables pour leurs caractères instables et violents qui apparaissaient à chaque génération, causé de leurs habitudes de se marier entre cousins. Le manque de bon sens couplé à un amour immodéré de la splendeur eut pour conséquence que tout l'or de la famille avait disparu avant la naissance de Elvis. Lui, comme tu l'as vu, vivait dans la misère et la pauvreté, avec un tempérament très méchant, une fantastique quantité d'arrogance et de fierté, et une lourde hérédité familiale, qu'il a transmis à son fils beaucoup plus qu'à sa fille."

"Ainsi Merope," dit Harry, se penchant sur l'avant de sa chaise et se penchant vers Dumbledore, "ainsi, Merope était. . . professeur, tout ça laisse à penser qu'elle était. . . La mère de Voldemort ?"

"Exact," répondit Dumbledore. " Et il se fait que nous avons également eu un aperçu du père de Voldemort. Je me demande si tu l'as vu ?"

"Le Moldus que Morfin a attaqué ? L'homme sur le cheval ?"

"Très bien vu," dit Dumbledore, rayonnant. "Oui, c'était Tom Jedusor senior, le beau Moldus qui montait jusqu'à la petite maison des Gaunt et pour lequel Merope nourrissait un amour secret, une passion dévorante."

"Et ils ont fini par se marier ?" dit Harry incrédule, incapable d'imaginer deux personnes moins faites pour aller ensemble.

"Je pense que tu oublies," continua Dumbledore, "que Merope était une sorcière. Je ne crois pas que ses capacités magiques apparaissaient au mieux quand elle était terrorisée par son père. Une fois que Elvis et furent enfermés à Azkaban, une fois qu'elle fut seule et libre pour la première fois de sa vie, je suis sûr, qu'elle fut enfin en mesure de donner le plein rayonnement de ses capacités et qu'elle conçut un plan pour sortir de la vie désespérée qu'elle avait menée pendant dix-huit années."

" Ne peux-tu pas penser à un quelconque sort que Merope pouvait avoir réalisé pour inciter Tom Jedusor à oublier sa compagne Moldus, et tomber amoureux d'elle à la place ?"

"La Malédiction de l'Imperius ?" suggéra Harry. "Ou une potion d'amour?"

"Très bien. Personnellement, j'incline à penser qu'elle a utilisé une potion d'amour. Je suis sûr que ça lui semblait plus romantique, et je ne pense pas qu'il y ait eu beaucoup de difficultés, un jour chaud, quand Jedusor se trouvait seul, à l'inciter à boire un verre d'eau. En tout cas, quelques mois après la scène dont nous avons té témoin, le village de Petit Hangleton se régalait de ce scandale énorme. Tu peux imaginer les commérages qu'il y a eu quand le fils du châtelain s'est affiché avec Merope, la fille du vagabond."

" Mais le choc des villageois n'était rien comparé à celui de Elvis. Il rentrait d'Azkaban, espérant trouver sa fille dévouée attendant son retour avec un repas chaud prêt sur la table. Au lieu de cela, il trouva un bon pouce de poussière et un mot d'adieu, expliquant ce qu'elle avait fait."

" De tous ce que j'ai pu découvrir, il n'a plus jamais mentionné son nom de toute son existence. Le choc de cet abandon a du contribué à sa mort prématurée — ou peut-être qu'il n'avait simplement jamais appris à se nourrir seul. Azkaban avait considérablement affaibli Elvis, et il n'a pas vécu pour voir le retour de Morfin à la petite maison."

"Et Merope ? Elle... elle est morte ? Voldemort n'a-t-il pas été élevé dans un orphelinat ?"

"Oui, bien sûr," dit Dumbledore. " À partir de là, nous devons faire un certain nombre d'hypothèses, bien que je ne pense pas qu'il soit difficile de déduire ce qui s'est produit. Tu vois, quelques mois après l'emballement de leur mariage, Tom Jedusor est retourné au manoir, à Petit Hangleton sans sa femme. La rumeur s'est répandue dans le voisinage qu'il parlait de

"tromperie" et de "piège". Cela voulait dire, j'en suis sûr, qu'il avait été sous l'influence d'un sortilège qui avait maintenant disparu, bien que j'ose pouvoir le dire, qu'il n'a pas du utiliser précisément ces mots par peur d'être traité de fou. Quand ils ont entendu ce qu'il disait, cependant, les villageois ont pensé que Merope avait menti à Tom Jedusor, feignant d'attendre un bébé, et c'est pour cela il l'aurait épousée."

" Mais elle a eu son bébé."

"Mais plus d'un an après le mariage. Tom Jedusor l'a laissé quand elle était enceinte."

" Cela a mal tourné ?" demanda Harry. " Pourquoi le breuvage magique a-t-il cesser de fonctionner ?"

"Encore, des suppositions" dit Dumbledore, "mais je crois Merope, qui était profondément amoureuse de son mari, n'a pas pu se résoudre à continuer de l'asservir par la magie. Je crois qu'elle a fait le choix d'arrêter de lui donner de la potion. Peut-être, entiché comme elle l'était, qu'elle s'était convaincue qu'il resterait amoureux d'elle. Peut-être a-t-elle pensé qu'il resterait dans l'intérêt du bébé. Si c'est le cas, elle avait tort sur les deux plans. Il l'a laissé, ne l'a jamais revu, et ne s'est jamais préoccupé de savoir ce qu'il était advenu de son fils."

Le ciel à l'extérieur était noir d'encre et les lampes dans le bureau de Dumbledore semblaient rougeoyer plus brillamment qu'avant.

" Je pense que ça suffira pour ce soir, Harry," dit après une minute ou deux.

"Oui, professeur," répondit Harry.

Il se mit sur ses pieds, mais ne partit pas.

"Professeur... Est-ce important de connaître tout le passé de Voldemort ?"

"Très important, je pense," dit Dumbledore.

"Et cela... il y a quelque chose à voir avec la prophétie ?"

" Tout à voir avec elle."

"Bien," répondit Harry, légèrement confus, mais rassuré tous de même.

Il se prépara à partir, quand une autre question lui vint, et il se retourna de nouveau. "Professeur, suis-je autorisé à répéter tout ce que vous m'avez dit à Ron and Hermione ?"

Dumbledore l'observa un moment puis dit, "Oui, je pense que Mr.

Weasley et Miss Granger ont prouvé qu'on pouvait leur faire confiance.

Mais Harry, mais il faut leur demander de ne pas rien répéter à quiconque autrement. Ce ne serait pas une bonne idée si le monde venait à savoir combien j'en sais, ou en devine, sur les secrets de Lord Voldemort."

"Non, professeur, Je m'assurerai juste pour Ron et Hermione. Bonne nuit."

Il s'était encore éloigné et était presque à la porte quand il l'a vu. Posé sur une des petites tables avec un pied central qui portent plein d'autres instruments argentés fragiles exposés à la vue, un anneau d'or laid avec une grosse pierre noire fendue

.

"Professeur," dit Harry, le regardant fixement. "c'est l'anneau—"

"Oui ?" dit Dumbledore.

" Vous le portiez la nuit où nous avons rendu visite au professeur Slughorn."

"C'est bien lui," agréa Dumbledore.

"Mais ça ne peut pas être... professeur, ça ne peut pas être le même anneau que Elvis Gaunt montrait à Ogden ?"

Dumbledore a penché la tête. "C'est pourtant le même."

"Mais comment est-il venu — ? L'avez-vous toujours eu ?"

"Non, je l'ai acquis très récemment." dit Dumbledore "Quelques jours avant que je sois venu te chercher chez ta tante et ton oncle, en fait."

"C'est environ depuis ce moment que votre main est blessée, professeur

?"

" Depuis ce moment, oui, Harry."

Harry hésita. Dumbledore souriait.

"Professeur, très exactement — ?"

" Trop tard, Harry ! Tu entendras l'histoire une autre fois. Bonne nuit."

"Bonne nuit, professeur."

Chapitre 11: Coup de main d'Hermione

Comme l'avait prédit, les périodes de temps libre des 6e années n'étaient pas les plaisantes heures de détente qu'avait envisagé Ron mais des moments pendants lesquels ils essayaient d'apprendre la vaste quantité de travail qu'il leur était donné. Non seulement ils étudiaient comme s'ils avaient eu des examens chaque jour, mais les leçons elles-mêmes étaient devenues plus difficiles qu'avant. Harry avait à peine compris la moitié de ce que le professeur McGonagall leur disait les derniers jours; même Hermione avait dû lui demander de répéter des instructions une fois ou deux fois.

Incroyablement, et au ressentiment croissant d'Hermione, la matière préférée d'Harry était soudain devenu le cours de potions magiques, grâce au Prince de Sang Mélé.

Les sorts non verbaux étaient maintenant prévus, non seulement pendant les cours de Défense Contre les Forces du Mal mais également pendant les cours de sortilèges et de métamorphose. Fréquemment, Harry regardait plusieurs de ses camarades de classe dans la salle commune ou aux heures de repas pour regarder si leur visage rougissaient et étaient tendus comme sous l'effet d'une overdose de U-No-Poo(sort non verbaux); mais il ne savait pas quand ils étaient vraiment le tendus à faire des charmes sans dire des incantations à haute voix. C'était un soulagement d'aller dehors dans les serres chaudes; ils travaillaient avec des plantes bien plus dangereuses que jamais en Herbologie, mais au moins ils étaient encore permis de jurer fort si le Venomous Tentacula les saisissait inopinément par derrière.

La conséquence de leur énorme charge de travail et des heures effrénées consacrées à la pratique non-verbales des charmes était que Harry, Ron, et Hermione n'avait jusqu'ici pas pu trouver le temps d'aller rendre visite à Hagrid. Il ne venait plus aux repas à la table des professeurs, mauvais signe, et les quelques occasions où ils l'avaient vu passé dans les couloirs ou dehors dans les raisons, il avait mystérieusement négliger de les remarquer ou n'entendait pas leurs salutations.

"Nous devons y aller et nous expliquer," dit Hermione, regardant vers la haute et énorme chaise vide de Hagrid à la table des professeurs le samedi suivant au petit déjeuner.

"Nous avons les sélections de Quidditch ce matin !" répliqua Ron. " Et nous sommes censés pratiquer le sort Aguamenti de Flitwick! Quoi qu'il en soit, qui a-t-il à expliquer ? Comment allons lui dire que nous avons détesté sa stupide matière ?"

"Nous ne l'avons pas détesté!" dit Hermione.

"Parle pour toi, je n'ai pas oublié les scrouts à pétard," dit Ron sombrement. " Et je te le dis maintenant, nous en avons réchappé. Tu ne l'as pas entendu discourir sur son lourdaud de frère — et nous aurions enseigné à Graup comment attacher ses lacets si nous étions resté."

"Je détesterai ne pas parler à Hagrid," dit Hermione, semblant bouleversé.

"Eh bien allons y après le Quidditch," la rassura Harry. Lui aussi était ennuyé pour Hagrid, bien que comme Ron il pensait que ce serait mieux que Graup soit en dehors de leur vie. " Mais les épreuves pourraient prendre toute la matinée, avec le nombre de personnes à tester. " Il se sentait légèrement nerveux pour cette première confrontation dans son rôle de capitaine. "je ne sais pas pourquoi l'équipe est soudain si populaire."

"Oh, viens, Harry," dit Hermione, soudainement impatiente. "ce n'est pas le Quidditch qui est populaire, c'est toi ! Tu n'as jamais été plus intéressant, et franchement, tu n'as jamais été aussi admiré de tes fans."

Ron plaisantait sur un grand morceau de hareng. Hermione lui lança un regard de dédain avant de se tourner de nouveau vers Harry.

"Maintenant, tout le monde sait que tu dis la vérité, d'accord tout le monde des sorcier a admis que tu avais raison au sujet du retour de Voldemort et il s'est avéré que tu l'as combattu deux fois les deux dernières années et tu lui as échappé les deux fois. Et maintenant ils t'appellent "l'Elu"

— bon, allez, tu peux voir pourquoi tu fascines les gens?"

Harry trouvait le grand Hall soudain très chaud, quoique le plafond semblait toujours froid et pluvieux.

" Et tu es passé par-dessus la persécution du ministère quand ils essayaient de te faire passer pour un instable et un menteur. Tu peux encore voir les marques sur le dos de ta main quand ce démon de te faisait écrire avec ton propre sang, mais tu es toujours dans la course, quoiqu'il en soit. ..."

" Tu peux encore voir où ces cerveaux ont mis la main sur moi au ministère, regarde," dit Ron, retroussant ses manches.

"Et il n'est pas choquant de constater que tu as grandi d'environ un pied depuis l'été dernier," termina Hermione , en ignorant Ron.

" Je suis grand," dit Ron inconséquent.

Les hiboux postaux arrivèrent, plongeant vers le bas par les fenêtres ruisselantes de pluie, éclaboussant chacun de gouttelettes d'eau. La plupart des élèves recevaient plus de lettre que d'habitude; les parents inquiets souhaitaient vivement avoir des nouvelles de leurs enfants et pour les rassurer, en retour, signaler que tout était bien à la maison. Harry n'avait reçu aucun courrier depuis le début de l'année. Son seul correspondant régulier était maintenant mort et bien qu'il ait espéré que Lupin pourrait lui écrire de temps en temps, il avait été déçu jusqu'alors. Il fut donc très étonné, de voir Hedwige, blanche comme la neige, circuler parmi tous les hiboux bruns et gris. Elle débarqua devant lui un grand paquet carré. Un peu plus tard, un paquet identique, écrasant sous lui Coquecigrue son minuscule hibou épuisé, débarqua devant Ron.

"Ha!" dit Harry, déballant une partie pour découvrir un manuel de

"Fabrication Avancée de Potions ", neuf de chez Flourish et Blotts.

"Oh bien," dit Hermione, ravie. "Maintenant, tu peux rendre l'exemplaire plein de graffitis"

" Es tu folle ?" dit Harry. " Je le garde! Regarde, je n'y pense même pas "

Il tira le vieux manuel de "Fabrication Avancée de Potions" hors de son sac et tapa la couverture avec sa baguette, murmurant, "Dijjindo!" La couverture tomba. Il fit la même chose avec le tout nouveau manuel (Hermione regardait scandalisée). Il permuta alors les couvertures, tapa chacune d'elle, et dit, "Reparo!"

Ils virent le manuel du Prince, déguisé en livre neuf, et le livre neuf de chez Flourish et Blotts, ressembler complètement à un livre de seconde main.

"Je rendrai à Slughorn le neuf, il ne peut pas se plaindre, il coûte neuf Gallions."

Hermione serait ses lèvres l'une contre l'autre, regardant avec colère et désapprobation, mais elle fut distraite par un troisième hibou déposant devant elle le journal la Gazette du sorcier. Elle retira l'emballage à la hâte et balaya des yeux la première page.

" Personne que nous connaissons n'est mort ?" demanda Ron d'une voix exceptionnellement sérieuse; il posait la même question à Hermione à chaque fois qu'elle ouvrait son journal.

"Non, mais il y a eu davantage d'attaques de Détraqueur," dit Hermione.

"Et une arrestation."

"Excellent ! qui ?" demanda Harry, pensant à Bellatrix Lestrange. "Stan Rocade " dit Hermione.

"Quoi?" dit Harry, étonné.

" Stanley Rocade, chauffeur du très populaire transport de sorciers le Magicobus, a été arrêté pour suspicion d'activités avec les Mangemorts. Mr.

Rocade, a été mis aux arrêts la nuit dernière après une perquisition à son domicile de Clapham. . .'"

"Stan Rocade, un Mangemort?" dit Harry, se remémorant le jeune-homme boutonneux qu'il avait rencontré trois ans plus tôt. "Pas vrai!"

" Il pourrait avoir agi sous le sort d'Imperius," dit Ron raisonnablement. "

Tu peux ne jamais le dire."

" Ça ne lui ressemble pas," repris Hermione, qui lisait toujours. " Ils indiquent ici qu'il a été arrêté après qu'il ait été ait surpris au fond d'un pub à parler d'un plan secret des Mangemorts." Elle réfléchissait avec une expression préoccupée sur le visage. "S'il était sous le sort d'Imperius, il se tiendrait éloigné de bavardages au sujet de leurs plans, non ?"

"Cela lui ressemble de laisser entendre qu'il connaît plus de choses qu'il ne sait vraiment," dit Ron. "ne racontait-il pas qu'il était aller voir le ministre de la magie quand il a essaye de prendre de haut des veela?"

" Ouais, c'est tout lui !" approuva Harry. " Je ne sais pas à quoi ils jouent, en prenant Stan au sérieux."

" Ils veulent probablement montrer qu'ils font quelque chose." constata Hermione, en froncer les sourcils. " Les gens sont terrifiés… savez-vous que les parents des jumelles Patil veulent qu'elles rentrent chez elles ? Et Eloise Midgen est déjà partie. Son père est venu la chercher la nuit dernière."

"Quoi!" s'exclama Ron, roulant des yeux vers Hermione. "Mais Poudlard est plus sûr que leurs maisons, il y a des limites ! Nous avons des Aurors, toute une flopée de sort super-protecteurs, et nous avons Dumbledore!"

"Je ne pense pas que nous l'aurons tout le temps." Dit rapidement Hermione, jetant un coup d'œil vers la table des professeur par-dessus la Gazette du Sorcier. "Avez-vous remarqué ? Son siège est vide aussi souvent que celui de Hagrid la semaine passée."

Harry et Ron regardèrent vers la table des professeurs. La chaise du directeur était effectivement vide et Harry s'aperçut qu'il n'avait pas vu Dumbledore depuis leur leçon privée, la semaine précédente.

"Je pense qu'il quitte l'école pour remplir une mission pour l'Ordre."

souffla Hermione à voix basse "Je veux dire. . . ça doit être sérieux, non ?"

Harry et Ron ne répondirent pas, mais Harry savait qu'ils pensaient tous la même chose. Il y avait eu un incident horrible le jour précédent, quand Hannah Abbott avait été appelée pendant le cours d'herbologie pour apprendre que sa mère avait été trouvée morte. Ils n'avaient pas revu Hannah depuis.

Quand ils quittèrent la table des Gryffondor, cinq minutes plus tard, pour se diriger vers le terrain de Quidditch, ils passèrent devant Lavande Brown et Parvati Patil. En se souvenant de ce qu'Hermione lui avait dit sur les parents des sœurs Patil qui voulaient les retirer de Poudlard, Harry ne fut pas surpris de voir que les deux meilleures amies chuchotaient ensemble, avec un air affligé. Ce qui l'étonna c'est de voir Parvati poussé soudain Lavande du coude quand Ron s'approcha à leur niveau. Lavande regarda autour d'elle sourit largement à Ron. Ron cligna vers elle, puis lui renvoya un sourire incertain. Sa démarche prit instantanément un air de paon. Harry résista à la tentation de sourire, se souvenant que Ron s'était empêcher de le faire après que Malefoy eut cassé le nez de Harry. Hermione, cependant, sembla froide et distante tout le long du chemin sous la bruine fraîche et brumeuse, et partit trouver une place dans les tribunes sans souhaiter bonne chance à Ron.

Comme Harry l'avait prévu, les épreuves prirent la majeure partie de la matinée. La moitié des élèves de Gryffondor semblait être là, des premières années qui empoignaient nerveusement un tas de vieux et redoutable balais de l'école, aux septièmes années qui dominaient tous les autres, semblant carrément intimidants. Le dernier arrivé était un grand garçon aux cheveux raides que Harry reconnu immédiatement du Poudlard express.

"Nous nous sommes rencontrés dans le train, dans le compartiment du vieux Sluggy !" confia-t-il, sortant de la foule pour serrer la main à Harry.

"Cormac McLaggen, Gardien."

" Tu n'as pas essayé l'année dernière ?" demanda Harry, remarquant la largeur de McLaggen et pensant qu'il bloquerait probablement chacun des trois cercles de but sans avoir besoin de se déplacer.

" J'étais à l'infirmerie quand les épreuves ont eu lieu." fanfaronna McLaggen "J'avais mangé une livre d'œufs de doxy pour un pari."

" OK. " indiqua Harry "Bon, attends là-bas… " Il se dirigea vers le bord du stade, près de l'endroit où Hermione se reposait. Il pensa qu'il avait vu un voile d'ennui passer au-dessus du visage de McLaggen et se demanda s'il s'était attendu à un traitement de faveur parce qu'ils étaient tous les deux favoris du "vieux Sluggy". Harry décida de commencer par un essai de base, demandant à tous les postulants de se diviser en groupes de dix et de voler une fois autour du stade. Ce fut une bonne décision : les dix premiers étaient des premières années, et ils faisaient à peine plus que s'ils n'avaient jamais volé avant. Un garçon seulement parvint à rester en l'air plus de quelques secondes, et il en fut si étonné, qu'il se cogna promptement sur un des poteaux de but.

Le deuxième groupe était composé d'une dizaines de filles les plus idiotes que Harry ait jamais rencontrées, qui, quand il siffla, se mirent simplement à rire nerveusement. Romilda Vane était parmi elles. Quand il leur dit de quitter le stade, elles le firent tout à fait gaiement et allèrent s'installer dans les tribunes en s'interpellant les unes les autres.

Le troisième groupe a eu une collision à mi-chemin autour du stade. La majeure partie du quatrième groupe était venue sans balais. Le cinquième groupe était composé de Poufsouffle.

"Il ne doit y avoir ici que des Gryffondor !" hurla Harry, qui commençait à se trouver sérieusement gêné, "Partez maintenant, s'il vous plaît !

Il y eut une pause, puis un couple de Serdaigle s'échappa du stade, en pouffant de rire.

Après deux heures, beaucoup de plaintes, de la mauvaise humeur, un comète de feu 2000 brisé et plusieurs dents cassées, Harry s'était trouvé trois poursuiveurs : Katie Bell, revenue dans l'équipe après d'excellents essais. une nouvelle fille appelée Demelza Robins, qui était particulièrement bon pour esquiver Cognard et Ginny Weasley, qui avait survolé toute la concurrence et marqué dix-sept buts. Satisfait de ses choix, Harry avait été également confronté à de nombreux râleurs et devait subir maintenant la même chose avec les batteurs.

"C'est mon dernier mot et si vous ne vous écartez pas du chemin des gardiens, je vous envoie un sort.

Ni l'un ni l'autre des batteurs choisis n'étaient aussi brillants que Fred et George, mais il était raisonnablement satisfait d'eux : Jimmy Peakes, un petit garçon trapu de troisième année qui était parvenu à arracher un morceau la taille d'un œuf sur l'arrière de la tête de Harry avec un féroce coup de batte, et Ritchie Coote, qui avait l'air d'une mauviette mais visait bien. Ils rejoignirent donc Katie, Demelza, et Ginny dans les tribunes pour assister à la sélection du dernier membre de l'équipe.

Harry avait délibérément laissé l'épreuve des gardiens pour la fin, en espérant que le stade serait plus vide et qu'il y aurait moins de pression sur les intéressés. Malheureusement, cependant, tous les joueurs rejetés et un certain nombre de personnes qui étaient descendus pour observer les essais après leur petit déjeuner avaient rejoint la foule des spectateurs, de sorte qu'ils étaient en plus grand nombre que jamais. Pendant que chaque gardien volait jusqu'aux cercles de but, la foule hurlait et raillait dans la même mesure. Harry jeta un coup d'œil à Ron, qui avait toujours eu un problème avec ses nerfs. Harry avait espéré que la victoire à la fin de l'an dernier pouvait l'avoir guéri, mais apparemment non : Ron était d'une nuance proche du vert.

Aucun des cinq premiers postulant ne pu sauver plus de deux buts. À la grande déception de Harry, Cormac McLaggen sauva quatre pénalités sur cinq. Sur dernier, cependant, il s'était lancé au loin dans une direction complètement fausse. La foule rit et McLaggen retourna à terre en grinçant des dents.

Ron semblait prêt à disparaître alors qu'il montait sur son Brossedur onze.

"bonne chance!" cria une voix des tribunes. Harry regarda autour de lui, croyant voir Hermione, mais c'était Lavande Brown. Il aurait voulu se cacher le visage dans les mains, comme il la vit faire un peu plus tard, mais il pensa que, en tant que capitaine, il devait montrer légèrement plus de cran, et se tourna donc pour regarder Ron faire son test.

Pourtant il n'avait pas besoin de s'inquiéter : Ron sauva un, deux, trois, quatre, cinq pénalités dans la foulée. Ravi, résistant avec difficulté à s'associer aux acclamations de la foule, Harry se tourna vers McLaggen pour lui dire que, malheureusement, Ron l'avait battu, et vit seulement le visage rouge de McLaggen à quelques pouces du sien. Il se recula à la hâte.

"Sa sœur n'a pas vraiment essayé !" menaça McLaggen. Il y avait une veine qui palpitait sur sa tempe comme Harry l'avait souvent vu avec l'Oncle Vernon "Elle lui a facilité le travail."

" Stupidités !" dit froidement Harry. "Et celui qu'il a presque manqué ?"

McLaggen chercher une autre façon d'approcher Harry, qui resta stoïque cette fois.

"Donne-moi un autre essai."

"Non. Tu as eu ton essai. Tu as sauvé quatre buts. Ron en a sauvé cinq.

Ron est le gardien, il l'est à la régulière. Parts de mon chemin."

Pendant un moment, il pensa que McLaggen allait le taper, mais il se contenta de faire une vilaine grimace et partit en rageant et marmonnant ce qui ressemblait à des menaces.

Harry regarda sa nouvelle équipe rayonnante.

"Très bien !" coassa-t-il "Vous avez vraiment bien volé !"

"Tu as été brillant, Ron!"

Cette fois c'était vraiment Hermione qui disait cela depuis les tribune.

Harry vit Lavande partir du stade, bras dessus, bras dessous avec Parvati, une expression plutôt grincheuse sur le visage. Ron semblait extrêmement heureux et encore plus grand que d'habitude pendant qu'il grimaçait vers l'équipe et vers Hermione.

Après avoir fixer l'heure de leur premier entraînement pour le jeudi suivant, Harry, Ron, et Hermione saluèrent le reste de l'équipe et se dirigèrent vers la maison de Hagrid. Un soleil pâle essayait de percer au travers des nuages et il avait enfin cesser de bruiner. Harry se sentait complètement affamé. il espérait qu'il y aurait quelque chose à manger chez Hagrid.

" Je pensais que j'allais manquer le quatrième pénalité !" dit Ron avec bonheur. "Quel lancé rusé de Demelza, vous avez vu, j'ai fait une petite rotation là-dessus…"

"Oui, oui, tu étais magnifique !" le coupa Hermione, amusée.

" J'étais meilleur que ce McLaggen de toute façon !" continua Ron un ton satisfait dans la voix. " Vous l'avez vu avancer lourdement dans une mauvaise direction sur son cinquième ? Vous avez vu comme il s'est fait avoir..."

À la surprise de Harry, Hermione vira dans une nuance profonde de rose à ces mots. Ron ne se rendit compte de rien. il était trop occupé à décrire chacun de ses autres pénalités dans les moindre détail.

Le grand hippogriffe gris, Buck, était attaché devant la cabane de Hagrid.

À leur approche, il cliqueta de son bec coupant comme un rasoir et tourna vers eux son énorme tête.

"Oh !" fit Hermione nerveusement " Il est toujours un peu effrayant, n'est-ce pas ?"

"Écartez-vous de , vous lui avez fait peur ?" remarqua Ron. Harry fit un pas en avant et salua bas l'hippogriffe sans le quitter des yeux ou cligner.

Après quelques secondes, Buck, à son tour, se plia pour saluer.

"Comment vas-tu ?" lui demanda Harry d'une petite voix, s'avançant pour lui gratter sa tête plumeuse. " Tu t'ennuies de lui ? Mais tu es content ici avec Hagrid, non ?"

"Oh !" grogna une voix forte.

Hagrid arrivait en passant le du coin de sa cabane, avec sur lui un grand tablier fleuri et en portant un sac de pommes de terre. Son énorme chien, Crockdur, était sur ses talons. Crockdur aboya fort et bondit en avant.

"N'allez pas plus loin ! Sinon, il vous croque les doigts… oh. C'est vous !"

Crockdur sautait vers sur Hermione et sur Ron, essayant de leur lécher les oreilles. Hagrid s'arrêta et les regarda une fraction de seconde, puis se tourna et rentra dans sa cabane, fermant la porte derrière lui .

"Oh ça alors !" se frappa Hermione.

" Ne t'inquiète pas pour ça. " dit Harry sinistrement. Il marcha vers la porte et frappé fort. "Hagrid ! Ouvrir, nous voulons vous parler!"

Aucun son ne vint de l'intérieur.

"Si vous n'ouvrez pas la porte, nous l'ouvrirons de force !" insista Harry, en sortant sa baguette.

"Harry!" s'indigna Hermione, choquée. "Tu ne peux quand même pas…"

"Si, je peux ! Recule-toi…"

Mais avant qu'il ait pu dire autre chose, la porte se rouvrit encore comme Harry l'avait prévu, et Hagrid apparut, avec une mine, en dépit du tablier fleuri, franchement inquiétante.

"Je suis un professeur !" hurla-t-il à Harry. "Un professeur, Potter ! Et tu me menaces de forcer ma porte!"

"Je suis désolé, professeur." dit Harry, en insistant sur le dernier mot, pendant qu'il rangeait sa baguette dans sa robe.

Hagrid sembla assommé. "depuis quand m'appelles-tu "professeur" ?

"Depuis quand m'appelez-vous "Potter" ?"

"Oh, très bien !" grommela Hagrid "Très drôle. C'est moi qui t'ai insulté ?

D'accord, entrez, petits ingrats. . ."

Marmonnant sombrement, il s'effaça pour les laisser passer. Hermione, plutôt effrayée, entra après Harry.

"Alors ?" ronchonna Hagrid, pendant que Harry, Ron, et Hermione s'asseyaient autour de son énorme table en bois, Crockdur posant immédiatement sa tête sur les genoux de Harry et bavant partout sur sa robe.

"Qu'est-ce que c'est ? Vous vous sentez désolés pour moi ? "qu'est-ce que c'est ? Se sentir désolé pour moi ? Vous m'imaginez seul ou quelque chose du même genre ?"

"Non, nous voulions juste vous voir."

" On s'est ennuyé de vous !" ajouta Hermione timidement.

"Ennuyé de moi ?" grogna Hagrid "ouais, Bon !"

Il s'agitait dans tous les sens, secouant le thé dans son énorme bouilloire de cuivre, marmonnant tout le temps. Enfin il déposa trois énormes tasses d'un thé brun-acajou devant eux et un plat de biscuits secs. Harry était assez affamé même pour la cuisine de Hagrid, et en prit un immédiatement.

"Hagrid," osa timidement Hermione, quand il les rejoignit à table et commença à éplucher des pommes de terre avec des geste brutaux comme si chaque tubercule lui avait fait personnellement du mal "Nous voulions vraiment continuer les soins aux créatures magiques, tu sais. " Hagrid poussa un grognement. Harry s'imagina que des fantômes s'étaient abattus sur les pommes de terre, et en son fort intérieur fut content de ne pas rester dîner.

"Nous le voulions !" insista Hermione. "Mais aucun de nous n'a pu l'adapter à son programme !"

"Oui. Bon!" redit Hagrid.

Il y eut un étrange bruit de succion et ils regardèrent tous autour d'eux : Hermione émit un petit cri de souris. Ron bondit de son siège, et se dépêcha de s'éloigner du grand baril près de l'endroit d'où venant justement le bruit. Il y avait plein de choses qui ressemblaient à des larves longues d'un pied, gluantes, blanches, et frémissantes.

"Qu'est-ce que c'est, Hagrid ?" demanda Harry, essayant de se montrer intéressé plutôt que révulsé, mais reposant tous de même son gâteau sec.

"Seulement des vers géants." répondit Hagrid.

" Et ils se développent en... ?" s'inquiéta Ron.

" Ils ne grandiront plus. Je les gardais comme nourriture pour Aragog."

Et sans avertissement, il éclata en larmes.

"Hagrid!" gémit Hermione, en se levant, en contournant la table de façon à éviter le baril de larves, et en lui passant un bras autour des épaules.

"Qu'est-ce qu'il y a ?"

"C'est. . . eux . .." hoqueta Hagrid, ses yeux noirs continuant à couler pendant qu'il essuyait son visage avec son tablier. "C'est . . . Aragog ... Je crois qu'elle est en train de mourir… Elle est tombée malade au cours de l'été et elle ne va pas mieux.... Je ne sais pas ce que je ferai si elle ... si elle ...

Nous avons été ensemble si longtemps. ..."

Hermione tapota l'épaule de Hagrid, n'ayant rien à dire. Harry savait ce qu'elle ressentait. Il avait vu Hagrid prendre un méchant bébé dragon pour un gentil nounours, chantonner pour des scorpions géants à pinces et à aiguillons, essayer de raisonner son brutal géant de demi-frère, mais c'était peut-être la plus incompréhensible de toutes ses fantaisies de monstre : l'énorme araignée parlante, Aragog, qui demeurait aux tréfonds de la forêt interdite et à laquelle lui et Ron avaient échappé de justesse quatre ans auparavant.

"Y a-t-il… Y a-t-il quelque chose que je puisse faire ?" demanda Hermione, ignorer les grimaces effrénées et les mouvements de tête de Ron.

"Je ne pense pas, Hermione." contra Hagrid, essayant de refouler ses larmes. " Tu vois, le reste de la tribu… La famille d'Aragog. . . ils deviennent un peu bizarre maintenant qu'elle est… un peu nerveux … "

"Oui, je pense que nous en avons eu quelques aperçues !" approuva Ron dans un éclair de compréhension.

"... Je ne crois plus que quiconque soit en sécurité en s'approchant d'eux…" termina Hagrid, en se mouchant dans son tablier. "Mais merci de ton offre, Hermione. ... ça représente beaucoup pour moi."

Après ça, l'atmosphère s'éclaircit considérablement. Bien que ni Harry ni Ron n'aient montré d'inclination pour aller porter des vers géants à une meurtrière et gargantuesque araignée, Hagrid sembla leur montrer autant de reconnaissance que s'ils avaient proposé de le faire et il retrouva son humeur habituelle.

"Ah, j'ai toujours su que vous n'arriviez pas à caser mes heures de cours dans votre emploi du temps." Dit-il d'une voix bourrue en leur versant plus de thé " Même en utilisant le Retourneur de temps…"

"Nous ne pouvons plus le faire. Nous avons utilisé le crédit total du Retourneur de temps, au ministère, l'an passé. C'était dans la gazette du sorcier."

"Ah, alors dans ce cas… Il n'y a aucune manière de faire autrement... Je suis désolé d'avoir été… je sais… j'étais inquiet pour Aragog… je me suis demandé si… si le professeur Gobe-Planche vous avait bien enseigné…

Après que chacun des trois ait précisé catégoriquement, en mentant, que le professeur Gobe-Planche, qui avait remplacé Hagrid plusieurs fois, était un professeur redoutable. Le résultat fut que Hagrid les garda jusqu'au crépuscule et qu'il était redevenu gai.

" Je suis affamé !" dit Harry, une fois que la porte se fut refermée derrière eux et qu'ils se dépêchaient à travers l'obscurité et les pelouses vides. Il avait renoncé aux gâteaux sec après le bruit sinistre d'une de ses dents du fond en train de se casser. "Et j'ai ma retenue avec Rogue, ce soir. Je n'ai pas beaucoup de temps pour le dîner."

En arrivant dans le château ils virent Cormac McLaggen entrer dans la grande salle. Il lui fallut deux fois de franchir les portes. il se cogna contre le chambranle à la première tentative. Ron éclata simplement de rire en se frottant les mains et le suivit dans la salle, mais Harry attrapa le bras de Hermione et l'empêcha d'avancer.

"Qu'y a-t-il ?" demanda Hermione sur la défensive.

"Si tu me le demandes," dit Harry tranquillement "McLaggen semble penser qu'il a été grugé ce matin. Et il est exactement en face de toi."

Hermione rougit.

"Oh, très bien alors !" chuchota-t-elle. " Mais tu aurais du entendre la manière dont il parlait de Ron et de Ginny ! Quoi qu'il en soit, il est méchant. Tu as vu comment il a réagi quand il n'a pas réussi. À ta place, je n'aurais pas accepté quelqu'un comme ça dans l'équipe."

"En effet. Je suppose que c'est vrai. Mais ça n'a pas été malhonnête, Hermione? Je veux dire, tu es préfet, non ?"

"Oh, sois tranquille !" le rassura-t-elle comme il souriant, satisfait.

"Que faisiez-vous tous les deux ?" demanda Ron, s'encadrant de nouveau dans la porte de la grande salle, un regard soupçonneux.

"Rien." dirent Harry et Hermione ensemble, et ils se dépêchèrent de suivre. L'odeur du rôti de bœuf était une torture pour l'estomac de Harry, mais ils avaient fait à peine trois pas vers la table des Gryffondor que le professeur Slughorn apparut devant eux, bloquant leur chemin.

"Harry, Harry, juste la personne que je souhaitais rencontrer !" fit-il cordialement, tripotant les extrémités de sa moustache de morse et soufflant de son énorme ventre " J'espérais t'attraper avant dîner ! Que dis-tu d'un petit repas, à la place, ce soir dans ma chambre ? Nous avons une petite partie, avec juste quelques jeunes étoiles. Il y a McLaggen qui vient, Zabini, la charmante Melinda Bobbin… Je ne sais pas si tu la connais ? Sa famille possède une grande chaîne de pharmacies — et, naturellement, j'espère bien que Mlle Granger me ferra le plaisir de venir également."

Slughorn fit à Hermione une petite courbette pendant qu'il finissait de parler. C'était comme si Ron n'était pas présent. Slughorn ne lui accorda pas un seul regard.

" Je ne peux pas venir, professeur." dit immédiatement Harry. " J'ai une retenue avec le professeur Rogue."

"Oh ça alors !" s'exclama Slughorn, le visage drôlement tombant. "Ça alors, ça alors, Je comptais sur toi, Harry ! Bien, maintenant, je vais essayer d'en toucher un mot avec Severus et lui expliquer la situation. Je suis sûr que je pourrai le persuader de reporter cette retenue . Oui, je vous verrai tous les deux plus tard !" Il sortit de la salle.

"Il n'a aucune chance de convaincre Rogue." remarqua Harry, quand Slughorn fut hors de distance. " Cette retenue a déjà retardée une fois. Rogue l'a accepté pour Dumbledore, mais il ne le fera pas pour qui que ce soit d'autre."

"Oh, Je souhaite que tu puisses venir, Je ne veux pas aller toute seule !" fit Hermione inquiète. Harry savait qu'elle pensait à McLaggen.

" Je doute que tu sois seule, Ginny sera probablement invitée." coupa Ron, qui ne semblait pas prendre très bien le fait d'être ignorer par Slughorn.

Après le dîner, ils retournèrent à la tour des Gryffondor. La salle commune était pleine, car beaucoup de gens avaient fin leur repas, mais ils trouvèrent une table libre et s'y assièrent. Ron, qui était de mauvaise humeur depuis la rencontre avec Slughorn, avait plié ses bras et avait froncé les sourcils vers le plafond. Hermione sortit l'exemplaire de la Gazette du jour, que quelqu'un avait laissé abandonné sur une chaise.

"Quelque chose de neuf ?" demanda Harry.

"Pas vraiment…" Hermione avait ouvert le journal et balayait les pages intérieures. "Oh, regarde, c'est ton père, Ron… il va bien !" ajouta-t-elle rapidement en voyant l'air alarmé de Ron "Ils disent juste qu'il a perquisitionner la maison des Malefoy : Cette seconde recherche dans la résidence d'un Mangemort n'a donné aucun résultat. Arthur Weasley du bureau de détection et de confiscation des contrefaçons de sort et d'objets protecteurs a dit que son équipe avait agi sur une indication confidentielle.'"

"Oui, la mienne !" dit Harry. " Je lui ai dit à propos de la main de pouvoir de Malefoy et de ce qu'il a mis de côté chez Barjow ! Bien, si ce n'est pas dans leur maison, il doit l'avoir apporté avec lui à Poudlard…"

" Mais comment aurait-il pu faire, Harry ?" dit Hermione, posant le journal, un regard étonné "Nous avons tous été fouillés à notre arrivée?"

"Vous avez été fouillés ?" s'exclama Harry, interloqué "Pas moi !"

"Oh non, bien sûr, j'oubliais que tu étais en retard. Et bien, Rusard nous à tous passé à la sonde à secrets quand nous étions dans le hall d'entrée.. Un objet mauvais aurait été trouvé. Je sais que Crabbe s'est confisquer une tête rétrécie. Ainsi tu vois, Malefoy ne pouvait rien avoir apporté de dangereux!"

Coincé momentanément, Harry observa Ginny jouer avec Arnold sa houpette-pygmée pendant un moment avant de contourner cette objection.

"On aurait pu lui envoyer par hibou ! Sa mère ou quelqu'un d'autre."

"Tous les hiboux sont sondés aussi. Chiper nous a dit qu'ainsi qu'il enfoncerait ses sondes à secret partout il pourrait."

Stupéfié vraiment cette fois, Harry ne trouva rien d'autre à dire. Il ne semblait y avoir aucune possibilité que Malefoy ait introduit un objet dangereux ou mauvais à l'école. Il regarda Ron, qui s'était assis avec les bras pliés, regardant fixement Lavande Brown.

" Peux-tu penser à une manière que Malefoy… ?"

"Oh, laisse tomber, Harry !" dit Ron.

"Écoute, ce n'est pas de ma faute si Slughorn nous a invité Hermione et moi à sa stupide partie, ni l'un ni l'autre ne voulons y aller !" s'énerva Harry.

"Et bien moi, comme je ne suis invité à aucune partie," répliqua Ron, en se levant "Je pense que je vais aller me coucher."

Il se dirigea vers la porte du dortoirs des garçons, laissant Harry et Hermione le regarder fixement.

"Harry ?" annonça la nouvelle poursuiveuse Demelza Robins, apparue soudainement près de son épaule "j'ai un message pour toi."

" Du professeur Slughorn?" demanda Harry, en se redressant.

"Non ... du professeur Rogue." dit Demelza. Le cœur de Harry se souleva.

"Il a dit que tu devais aller à son bureau à huit heur et demi ce soir, pour faire ta retenue… heu… il ne lui importe pas de savoir combien d'invitations tu as reçu. Et il a voulu que tu saches que tu trieras des fiches, sans employer de sort ou de potion… et il a indiqué que tu n'avais pas besoin d'apporter les gants protecteurs."

"D'accord." marmonna Harry. "Merci beaucoup, Demelza."

Chapitre 12: Argent et opales

Où était Dumbledore, et que faisait-il ?

Harry vit de loin le directeur seulement deux fois au cours des semaines suivantes. Il apparaissait rarement au cours des repas, et Harry était sûr qu'Hermione était dans le vrai quand elle disait qu'il partait de l'école pendant des journées entières. Dumbledore avait-il oublié les leçons qu'il était censé donner à Harry? Dumbledore lui avait dit que ces leçons avait un rapport avec la prophétie. Harry s'était senti soutenu et soulagé, et maintenant il avait un peu le sentiment d'être abandonné.

À la mi-Octobre avait lieu leur première visite du trimestre à Pré-au-Lard.

Harry

se demandait si ces visites seraient toujours permises étant donné les strictes

mesures de sécurité autour de l’école, mais il était heureux de savoir qu’ils pouvaient y aller. C’était toujours bon de sortir du château pour quelques heures.

Harry se réveilla tôt le matin de la visite, lequel s’avérait être plutôt neigeux, et lut son livre de Fabrication avancée de potions en attendant l’heure du déjeuner. Il s’étendait rarement dans son lit pour lire ses manuels; ce type de comportement, comme Ron le disait avec raison, était anormal pour tout le monde sauf Hermione, qui était simplement trop bizarre de ce point de vue. Cependant, Harry avait l’impression que le livre de Fabrication avancée de potions du Prince au Sang Mêlé était difficilement qualifiable de manuel. Plus Harry était absorbé par le livre, plus il réalisait combien il y en avait dedans, pas uniquement les indices et les raccourcis écrits sur les potions qui lui avaient donné une brillante réputation avec Slughorn, mais aussi les imaginatifs petits sortilèges et maléfices écrits dans les marges, lesquels Harry était sûr, en jugeant par les hachures et les révisions, qu’ils avaient été inventés par le Prince lui-même. Harry avait déjà essayé quelques-unes des formules magiques inventées par le Prince. Il y avait un maléfice qui faisait pousser les ongles d’orteils dangereusement vite (qu’il essaya sur Crabbe dans le corridor, avec des résultats très amusants); un sort qui collait la langue au palais de la bouche (qu’il utilisa deux fois sur un Argus Rusard qui n’eut aucun soupçon, pour un applaudissement général); et, sûrement le plus utile de tous, Muffliato, un sort qui remplit les oreilles de n’importe qui aux alentours d'un bourdonnement non identifiable, de façon à ce que de longues conversations puissent être tenues en classe sans être écouté. La seule personne qui ne trouvait pas ces charmes amusants était Hermione, qui gardait une inflexible expression de total désaccord et refusait de parler à Harry lorsqu’il utilisait ce charme sur n’importe qui des environs.

Assis dans son lit, Harry tourna le livre de côté pour examiner plus attentivement les instructions écrites d’un sort qui semblait avoir causé quelques problèmes au Prince. Il y avait plusieurs hachures et modifications, mais, finalement, perdu dans un coin, le gribouillis : Levicorpus

Alors que le vent et la neige fondante rebondissaient sans arrêt sur la fenêtre et que Neville ronflait fortement, Harry observait les lettres entre parenthèses. Nvbl… ça devait sûrement signifier non verbal. Harry doutait qu’il pût faire ce sort; il avait toujours quelques difficultés avec les sorts non verbaux, ce que Rogue commentait rapidement à chaque cours de DCFM.

D’un autre côté, le Prince s’était avéré être un bien meilleur professeur que Rogue.

Pointant sa baguette dans aucune direction particulière, il donna un coup vers le haut et dit Levicorpus! dans sa tête. « Aaaaaaaaaaah! »

Il y eut un flash de lumière et la pièce fut remplie de voix : tout le monde se

réveilla alors que Ron poussait un cri. Harry, paniquant, lança son livre de Fabrication avancée de potions; Ron était suspendu à l’envers en l’air comme si un crochet invisible le tenait par la cheville.

« Désolé ! » cria Harry alors que Dean et Seamus éclataient de rire et que Neville se relevait après être tombé de son lit. « Accroche-toi. Je vais te descendre. » Il tâtonna pour son livre de potions et le feuilleta entièrement rapidement, tout en essayant de trouver la bonne page. Finalement, il la trouva et déchiffra le mot gribouillé en dessous du sort. Espérant que c’était le contre-sort, Harry pensa avec toute sa volonté Liberacorpus! Il y eut un autre flash de lumière et Ron tomba d’un coup sur son matelas.

« Désolé » répéta faiblement Harry pendant que Dean et Seamus continuaient de rire aux éclats.

« Demain, » dit Ron d’une voix endormie « je préfère que tu mettes le réveil-matin. »

Après s’être habillés, s’enveloppant avec plusieurs chandails tricotés par Mme Weasley et en apportant des manteaux, des écharpes et des gants, Ron s'était calmé et avait décidé que le nouveau sort de Harry était très amusant; si amusant qu’il ne perdit aucune minute pour raconter cette histoire à Hermione pendant le déjeuner.

« ... et ensuite il y avait un autre flash de lumière et je suis tombé sur le lit! » Ron souriait, en mangeant ces saucisses.

Hermione n’avait pas souri durant cette anecdote et avait maintenant une expression froide de désaccord vers Harry.

« Est-ce que, par hasard, ce sort est un autre de ceux de ton livre de potions?» demanda-t-elle.

Harry fronça les sourcils à cette question.

« Tu vas toujours à la pire conclusion, non? »

« En est-ce un? »

« Euh… oui, c’en est un, alors? »

« Alors tu as simplement décidé d’essayer une incantation écrite à la main et

inconnue pour voir le résultat? »

« Pourquoi c’est important qu’elle soit écrite à la main? dit Harry, préférant ne pas répondre au reste de la question. »

« Parce que le Ministère de la Magie ne l’a sûrement pas approuvé, »

répondit Hermione « et aussi, » ajouta-t-elle alors que Harry et Ron se décourageaient « parce que je commence à croire que ce personnage du Prince est un peu douteux. »

Sur ce, Harry et Ron lui crièrent après.

« C’était juste pour rire! » dit Ron en mettant du ketchup sur ces saucisses. « Juste pour rire, Hermione, c’est tout! »

« Pendre les personnes à l’envers par la cheville? » demanda Hermione. «

Qui met son énergie à faire des sorts pareils? »

« Fred et George. » dit Ron haussant les épaules, « C’est leur sorte de trucs. Et, euh… »

« Mon père. » dit Harry qui venait tout juste de se souvenir. »

« Quoi? dirent Ron et Hermione ensemble. »

« Mon père a utilisé ce sort. » dit Harry, « Je… Lupin me l’a dit. »

Cette dernière partie n’était pas vraie; en réalité, Harry avait vu son père utiliser ce sort sur Rogue, mais il n’avait jamais raconté à Ron et Hermione cette excursion dans le Pensine. Maintenant, par contre, une merveilleuse possibilité lui vint à l’esprit. Est-ce que le Prince au Sang Mêlé pourrait être… ?

« Peut-être que ton père l’a utilisé Harry, » commença Hermione, « mais il n’est pas le seul. Nous avons vu plusieurs personnes l’utiliser, au cas où vous l’auriez oublié. Accrocher des personnes dans l’air. Les faire flottés ensemble, endormis, impuissants. »

Harry la regarda. Avec une désagréable sensation, il se souvint du comportement des Mangemorts à la Coupe du monde de Quidditch. Ron l’aida.

« Ça, c’était différent, » dit vigoureusement Ron, « ils en abusaient. Harry et son père ne faisaient que s’amuser. Tu n’aimes pas le Prince, Hermione, »

ajouta-t-il en pointant sévèrement une saucisse vers elle, « parce qu’il est meilleur que toi en Potions… »

« Ça n'a rien à voir avec ça! » dit Hermione, rougissant, « Je pense juste que c’est très irresponsable de commencer à faire des sorts quand tu ne connais même pas leur effet. Et arrête de parler du « Prince » comme si c’était son titre, je suis sûre que c’est juste un stupide surnom et, selon moi, il n’a pas l’air d’avoir été une personne gentille. »

« Je ne vois pas où tu vas chercher ça, » dit Harry, « s’il était un Mangemort en herbe, il ne se serait jamais vanté d’avoir du sang mêlé, non?

»

Alors qu’il disait cela, Harry se rappela que son père était un Sang Pur, mais il enleva cette pensée de sa tête. Il y penserait plus tard.

« Les Mangemorts ne peuvent pas être tous des Sangs Purs, il n’y a plus assez de sorciers Sangs Purs, » dit Hermione entêtée, « je m’attends à ce que la plupart aient du sang mêlé prétendant en avoir du pur. C'est juste ceux qui sont nés de Moldus qu’ils détestent. Ils seraient très heureux de te laisser toi et Ron les rejoindre. »

« Ils ne me laisseraient jamais être un Mangemort! » s'indigna Ron ; un morceau de la saucisse partit de la fourchette qu’il pointait vers Hermione et tomba sur la tête d’Ernie Macmillan. « Ma famille entière est des traîtres de sang! C’est aussi grave que les personnes nées de Moldus pour les Mangemorts! »

« Et ils aimeraient m’avoir, dit sarcastiquement Harry, nous serions les meilleurs amis du monde s’ils n’essayaient pas de me tuer. »

Ceci fit rire Ron; même Hermione eut un petit sourire. Une distraction arriva sous la forme de Ginny :

« Hé, Harry, je suis supposée de te donner ça. »

C’était un rouleau de parchemin avec le nom de Harry écrit dessus dans une

écriture familière, petite et oblique.

« Merci Ginny… C’est la prochaine leçon de Dumbledore! » dit-il à Ron et

Hermione en ouvrant le parchemin et le lisant rapidement, « Lundi soir! »

Il se sentait soudainement heureux et soulagé. « Veux-tu nous joindre à Pré-

au-Lard, Ginny? demanda-t-il. »

« J’y vais avec Dean… peut-être que je vous verrai là-bas, » répondit-elle, leur envoyant un signe de la main en partant.

Rusard était debout aux portes de chêne comme à l’habitude, vérifiant les noms des personnes ayant la permission d’aller à Pré-au-Lard. L’opération dura plus longtemps que d’habitude puisque Rusard faisait une triple vérification de chacun avec son Détecteur de secrets.

« Est-ce que c’est important que nous apportions des trucs Noirs DEHORS? » demanda Ron en regardant le long et mince Détecteur de secrets avec appréhension.

« Sûrement que vous vérifiez ce que nous apportons à l’INTÉRIEUR? »

Son comportement lui mérita quelques coups de plus avec le Détecteur et il était toujours crispé lorsqu’ils sortirent dehors, dans le vent et la neige fondante.

La promenade dans Pré-au-Lard n’était pas amusante. Harry avait enveloppé le bas de son visage dans son écharpe et la partie exposée devint rapidement rouge et engourdie. La route vers le village était remplie d’élèves pliés en deux contre le vent acharné. Plus d’une fois Harry se demanda s’ils n’auraient pas passé un meilleur moment au chaud dans la salle commune.

Quand ils arrivèrent finalement à Pré-au-Lard et qu’ils virent que Zonko, la boutique de farces et attrapes, avait été abandonnée, Harry prit l'événement comme une confirmation que leur visite n’allait pas être amusante. Ron indiqua d'une main recouverte par plusieurs gants la direction d'Honeydukes, qui était heureusement ouvert, et Harry et Hermione le suivirent dans le magasin bondé.

« Dieu merci, » dit Ron en frissonnant lorsqu’ils furent enveloppés par l’air chaud sentant le caramel, « restons ici tout l’après-midi. »

« Harry, mon garçon! » dit une forte voix derrière eux.

« Oh non », chuchota Harry. Les trois se retournèrent pour voir le professeur

Slughorn, qui portait un énorme chapeau de fourrure et un manteau avec un collet fait de la même fourrure, tenant solidement un grand sac d’ananas cristallisés et occupant au moins le quart du magasin.

« Harry, ça fait maintenant trois de mes petits soupers que tu as manqués!

» dit Slughorn donnant quelques coups amicaux sur son ventre. « Ça ne se passera pas comme ça mon garçon. Je suis déterminé à t’avoir! Mlle Granger les adore, non? »

« Oui, dit-elle impuissante, ils sont vraiment… »

« Donc, pourquoi tu ne viens pas aussi, Harry? » demanda Slughorn.

« Eh bien, j’ai eu des entraînements de Quidditch, Professeur, » dit Harry qui avait bel et bien organisé des entraînements à chaque fois que Slughorn lui envoyait une petite invitation violette ornée d’un ruban. Cette stratégie signifiait que Ron n’était pas mis à part et ils riaient beaucoup avec Ginny, s’imaginant Hermione enfermée avec McLaggen et Zabini.

« Eh bien, je m'attends à ce que tu gagnes ta première partie après tout ce dur travail! » dit Slughorn, « mais un peu de plaisir ne peut jamais faire mal à qui que ce soit.

Maintenant, que penses-tu de lundi soir, tu ne peux pas avoir d'entraînement avec cette température… »

« Je ne peux pas, Professeur. J’ai… euh… un rendez-vous avec le Professeur

Dumbledore ce soir-là. »

« Meilleure chance la prochaine fois alors, » dit dramatiquement Slughorn, « Eh bien… tu ne pourras pas m’éviter pour toujours Harry! »

Et avec un salut de la main, il sortit en se dandinant du magasin, ne prêtant pas attention à Ron, comme s’il était un nuage de coquerelles.

« Je ne peux pas croire que tu aies réussi à en éviter un autre, » dit Hermione en faisant un signe de tête. « Tu sais, ils ne sont pas si horribles…

Ils sont même très amusants quelques fois… » Cependant, elle s'aperçut alors de l’expression de Ron. « Oh, regardez! Ils ont des plumes en sucre géantes! Elles vont durer des heures! »

Heureux qu’Hermione ait changé de sujet, Harry porta beaucoup plus d’attention qu’il n'aurait normalement porté aux plumes en sucre extra larges, mais Ron continua d’être maussade et haussa simplement les épaules lorsque Hermione lui demanda où il voulait aller ensuite.

« Allons aux Trois Balais, dit Harry, nous y serons confortable. »

Ils remirent leurs écharpes sur leur visage et quittèrent la boutique de sucreries. Le vent glacial était comme des couteaux sur leur visage après la chaleur de Honeydukes. Il n'y avait personne dans la rue : personne ne restait pour parler, tout le monde se dépêchait d’arriver à leur destination.

Uniquement deux hommes, un peu devant eux, étaient dehors juste à côté des Trois Balais. L’un d’eux était très grand et mince, et Harry le reconnu, en regardant au travers de ses lunettes mouillées, comme étant le barman qui travaillait dans l’autre pub de Pré-au-Lard, la Tête de Sanglier. Alors que Harry, Ron et Hermione s’approchèrent, le barman replaça son manteau autour de son cou et partit, laissant le plus petit homme tâtonner quelque chose dans ses bras. Ils étaient presque à côté de lui lorsque Harry le reconnu

: « Mondingus! »

L’homme trapu, arqué aux longs cheveux bruns emmêlés sursauta et laissa tomber une vieille valise qui s’ouvrit, révélant des objets sortant tout droit d’un magasin de bric-à-brac.

« Oh, salut Harry, dit Mondingus Fletcher avec une expression peu convaincante de désinvolture. Eh bien, je vais te laisser. »

Et il commença à ramasser le contenu de sa valise avec toute l’apparence d’un homme ayant hâte de partir.

« Est-ce que vous vendez ces objets? » demanda Harry en le regardant prendre un assortiment d’objets sales.

« Je dois bien vivre, répondit Mondingus, Donne-moi ça! »

Ron avait pris un objet argenté du sol.

« Une minute, » dit lentement Ron, Ça me semble familier…

« Merci! »dit Mondingus prenant le gobelet des mains de Ron et le mettant dans sa valise. « Eh bien, je vais vous revoir… OUCH! »

Harry avait coincé Mundungus contre le mur du pub par la gorge. Le tenant rapidement par une main, il sortit sa baguette de l’autre.

« Harry! » dit Hermione en poussant un cri.

« Vous avez pris ceci de la maison de Sirius, » dit Harry, qui était presque nez à nez avec Mundungus sentant une odeur désagréable de tabac et d’alcool. « Il y a l'armoiries de la famille Black dessus. »

« Je… non… quoi? » bégaya Mondingus qui devenait lentement mauve.

« Qu’est-ce que vous avez fait, vous êtes retourné la nuit où il est mort et vous avez vidé la maison? » grogna Harry.

« Je… non… »

« Donnez-le moi! »

« Harry, tu ne dois pas! » hurla Hermione alors que Mondingus commençait à devenir bleu.

Il y eut une explosion et Harry senti ses mains s’enlever de la gorge de Mondingus. Essayant de reprendre son souffle, Mondingus pris sa valise et… CRACK… il transplana.

Harry jura au plus fort de sa voix, tournant sur lui-même pour voir où était parti Mondingus.

« REVIENS VOLEUR! »

« Ça ne sert à rien Harry, » dit Tonks en apparaissant de nulle part, ses cheveux mouillés par la neige fondante. Mondingus est sûrement à Londres maintenant. Ça ne sert à rien.

« Il a volé les affaires de Sirius! Il les a volées! »

« Oui, mais même dans ce cas, dit Tonks qui n’avait pas l’air troublé par cette information, tu devrais retourner à l’intérieur. »

Elle les regarda entrer par la porte des Trois Balais. Au moment où il entra, Harry éclata : « Il a volé les affaires de Sirius!

« Je sais Harry, mais s’il te plait ne crie pas. Tout le monde nous regarde,

»

chuchota Hermione. « Va t’asseoir, je vais aller te chercher quelque chose à boire. »

Harry était toujours furieux lorsque Hermione retourna à leur table avec trois bouteilles de bieraubeurre, quelques minutes plus tard.

« Est-ce que l’Ordre peut au moins contrôler Mondingus? chuchota furieusement Harry aux deux autres. Peuvent-ils au moins lui dire d’arrêter de voler tout ce qui n’est pas collé quand il est au quartier général?

« Chut! » dit désespérément Hermione regardant autour pour s’assurer que personne n’écoutait; il y avait deux sorciers assis tout près qui fixèrent Harry avec un grand intérêt et Zabini était appuyé contre un pilier pas très loin. « Harry, je serais furieuse moi aussi. Je sais que ce sont tes affaires qu’il vole… »

Harry s’étouffa avec sa bieraubeurre; il avait oublié un instant qu’il était le propriétaire du numéro 12, Square Grimmaurd.

« Ouais, ce sont mes affaires! » dit-il, Pas étonnant qu’il n’était pas content de me voir! Eh bien, je vais aller dire à Dumbledore ce qui se passe, il est le seul qui fasse peur à Mondingus. »

« Bonne idée, chuchota Hermione clairement heureuse que Harry se calme, Ron, qu’est-ce que tu regardes? »

« Rien, »dit Ron en regardant rapidement ailleurs qu’au bar, mais Harry savait qu’il essayait de voir la belle serveuse aux courbes généreuses, Madame Rosmerta, qu'il regardait en douce depuis fort longtemps.

« Je suppose que « rien » est dans l'arrière-boutique, en train de chercher plus de Whisky Pur Feu, » dit Hermione d’un ton aigre.

Ron ignora cette moquerie, buvant son breuvage dans ce qu’il considéra éventuellement comme un silence digne. Harry pensait à Sirius et à comment il détestait ces gobelets d’argent, de toute façon. Hermione tapa sur la table avec ses doigts, son regard passant rapidement de Ron au bar. Au moment où Harry bu sa dernière gorgée, elle dit : « Est-ce que nous devrions appeler ça une journée et retourner à l’école? »

Les deux autres furent d’accord; ce n’était pas une visite amusante et le temps devenait pire avec les minutes qui passaient. Une fois encore, ils s’emmitouflèrent dans leur manteau, réarrangèrent leurs écharpes, mirent leur mitaines et suivirent Katie Bell et une amie vers l’extérieur du pub et la Grande rue. Les pensées de Harry voguèrent vers Ginny alors qu’ils remontaient la route vers Poudlard en marchant dans la gadoue. Ils ne l’avaient pas rencontrée, sûrement, pensa Harry, parce qu’elle et Dean étaient au Salon de thé de Madame Puddifoot, là où vont tous les couples heureux. Fronçant les sourcils, il pencha sa tête pour mieux affronter la neige fondante tourbillonnante et continua sa pénible marche.

Après quelque temps, Harry se rendit compte que les voix de Katie Bell et de son amie, étaient portée jusqu'à lui par le vent, et était devenues plus aigu et plus fort. Harry regarda instinctivement vers elles. Les deux filles se disputaient à propos d'un objet que Katie tenait dans sa main. "Ça n'a rien à voir avec toi, Leanne !" entendit Harry.

Ils tournèrent sur un autre chemin, le verglas devint plus épais, recouvrant les lunettes de Harry. Juste comme il soulevait sa main gantée pour les essuyer, Leanne fit un geste pour saisir la poignée du paquet que Katie tenait. Katie tira brusquement très fort en arrière et le paquet tomba par terre.

Immédiatement, Katie s'éleva dans les airs, pas comme Ron l'avait fait, suspendu comiquement par la cheville, mais avec élégance. Elle avait les bras tendus, comme si elle était sur le point de voler. Pourtant il y avait quelque chose de mauvais, quelque chose de sinistre. . . . Ses cheveux étaient fouettés autour d'elle par le vent glacial, mais ses yeux étaient fermés et son visage était vide de toute expression. Harry, Ron, Hermione, et Leanne stoppèrent tous leur marche, et regardèrent.

Puis, à six pieds au-dessus du sol, Katie poussa un cri perçant et terrible.

Ses paupières étaient ouvertes mais quoi qu'elle puisse voir, ou qu'elle puisse ressentir, cela lui causait clairement une angoisse terrible. Elle criait criait.

Leanne commença à crier aussi et attrapa les chevilles de Katie, essayant de la tirer avec effort de nouveau vers le sol. Harry, Ron, et Hermione se précipitèrent pour l'aider, mais alors même qu'ils saisissaient les jambes de Katie, elle tomba sur eux. Harry et Ron parvinrent à la rattraper mais elle s'agitait tellement qu'ils pouvaient à peine la tenir. Ils la posèrent donc à terre où elle se débattait et criait, apparent incapable d'identifier quiconque autour d'elles.

Harry regarda autour, le paysage semblait désert.

« Restez ici! » cria-t-il aux autres par-dessus le vent bruyant, « Je vais aller chercher de l’aide! »

Il commença à courir vers l’école; il n’avait jamais vu quelqu’un agir de la même façon que Katie et ne pouvait penser à la cause possible. Il fila à toute allure dans un virage sur le chemin et fonça dans ce qui semblait être un énorme ours dressé sur ses pattes arrière.

« Hagrid! » dit Harry en haletant et se dégageant lui-même de la haie sur laquelle il était tombé.

« Harry! » dit Hagrid qui avait de la neige fondue dans les sourcils et la barbe et qui portait son chaud manteau de peau de castor, « Je viens juste de visiter Graup, il va très bien tu ne saurais… »

« Hagrid, quelqu’un est blessé là-bas, ou maudit ou quelque chose… »

« Quoi? » dit Hagrid en se baissant pour mieux entendre ce que Harry disait au travers du terrible vent.

« Quelqu’un a été maudit! » cria Harry.

« Maudit? Qui a été maudit… pas Ron? Hermione? »

« Non, ce n’est pas eux. C’est Katie Bell… Par ici… »

Ensemble, ils coururent sur le chemin. En peu de temps, ils retrouvèrent le petit groupe de personnes autour de Katie, qui se débattait et criait toujours sur le sol. Ron, Hermione et Leanne essayaient de la calmer.

« Reculez, » cria Hagrid, « Laissez-moi la voir! »

« Quelque chose lui est arrivé, » pleurnicha Leanne, « je ne sais pas quoi… »

Hagrid regarda Katie une seconde et, sans dire un mot, se pencha, la prit dans ses bras et courut vers le château avec elle. En quelques secondes, les cris perçants de Katie étaient morts et le seul son qu'on entendait était le grondement du vent.

Hermione se dépêcha de rejoindre l’amie de Katie et la prit dans ses bras.

« C’est Leanne, non? »

La fille fit un signe de la tête de haut en bas.

« Est-ce que c’est arrivé tout d’un coup ou…? »

« C’est arrivé lorsque le paquet s’est ouvert, » pleurnicha Leanne en pointant le paquet couvert de papier brun, lequel s’était ouvert pour révéler un scintillement vert. Ron se pencha, sa main tendue, mais Harry le prit par le bras et le tira.

« Ne le touche pas! »

Il se pencha. Un collier orné d’une opale était visible, sortant du papier.

« J’ai déjà vu ça avant, » dit Harry en regardant la chose, « c’était sur une étagère chez Barjow et Beurk il y a longtemps. L’étiquette disait que c’était maudit. Katie a dû le toucher. » Il regarda Leanne qui avait commencé à frissonner de façon incontrôlable. «

Comment Katie l’a eu? »

« Eh bien, c’est à cause de ça que nous nous disputions. Elle est revenue avec le paquet des toilettes des Trois Balais. Elle disait que c’était une surprise pour quelqu’un à Poudlard et qu’elle devait le livrer. Elle avait l’air bizarre lorsqu’elle a dit ça… Oh non, oh non, je suis sûre qu’elle a été mise sous Imperius et je ne l’ai pas réalisé! »

Leanne trembla avec des nouvelles larmes. Hermione lui tapa gentiment sur l’épaule.

« Est-ce qu’elle a dit à qui elle devait le donner, Leanne? »

« Non… elle ne voulait pas me le dire… et j’ai dit qu’elle était stupide et qu’elle ne devait pas l’apporter à l’école, mais elle n’écoutait pas… et ensuite, j’ai essayé de le lui prendre… et… et… »

Leanne hurla de désespoir.

« Nous ferions mieux de retourner à l’école, dit Hermione avec son bras autour de Leanne, nous pourrons savoir comment elle va. Allez, venez… »

Harry hésita un instant et enleva son écharpe de son visage et, ignorant Ron, prit soin de bien couvrir le collier et le prit.

« Nous allons devoir montrer ça à Madame Pomfresh, » dit-il.

Alors qu’ils suivaient Hermione et Leanne sur le chemin, Harry réfléchissait furieusement. Ils entrèrent dans le territoire de l’école lorsqu’il parla, incapable de garder ses pensées pour lui-même plus longtemps.

« Malefoy connaît ce collier. C’était dans une boîte chez Barjow et Beurk il y a quatre ans, je l’ai vu le regarder attentivement lorsque je me cachais de lui et de son père.

C’est ce qu’il achetait le jour où nous l’avons suivit! Il s’en est souvenu et y est retourné pour l’avoir! »

« Je… Je ne sais pas, Harry, dit Ron en hésitant. Plusieurs personnes vont chez Barjow et Beurk… et cette fille, n’a-t-elle pas dit que Katie était allée dans les toilettes des filles? »

« Elle a dit qu’elle est revenue des toilettes avec, elle n’a pas nécessairement dit

qu’elle l’a eu dans les toilettes… »

« McGonagall, » avertit Ron.

Harry regarda. Effectivement, le professeur McGonagall se dépêchait de descendre les marches à travers la neige tourbillonnante pour les rejoindre.

« Hagrid dit que vous quatre avez vu ce qui était arrivé à Katie Bell… en haut, dans mon bureau tout de suite! Qu’est-ce que vous tenez, Potter? »

« L’objet qu’elle a touché, » dit Harry.

« Mon Dieu, » dit le professeur McGonagall qui semblait alarmée en prenant le collier de Harry. « Non, non, Rusard, ils sont avec moi! » ajouta-telle rapidement alors que Rusard arrivait avec hâte par l’entrée avec son Détecteur de Secret. « Apportez ce

collier au professeur Rogue tout de suite. Faites attention de ne pas le toucher, gardez-le enveloppé dans l'écharpe! »

Harry et les autres suivirent le professeur McGonagall en haut des escaliers, vers son bureau. Les fenêtres, couvertes de neige fondante, bougeaient rapidement dans leur cadre et la pièce était fraîche malgré le feu qui brûlait dans le foyer. Le professeur McGonagall ferma la porte et s’installa de l’autre côté du bureau pour faire face à Harry, Ron, Hermione et Leanne, qui pleurait toujours.

« Alors? » dit-elle brusquement, « que s’est-il passé? »

Hésitante et avec plusieurs pauses pendant lesquelles elle essayait de contrôler ses pleurs, Leanne raconta au professeur McGonagall comment Katie était allée aux toilettes aux Trois Balais et était revenue avec un paquet non identifié, comment Katie avait l’air étrange et comment elles s'étaient disputées sur l'idée d’accepter de livrer des objets inconnus, la dispute se terminant en bataille pour avoir le paquet, lequel s'était alors déchiré. À ce point, Leanne étant à bout, il n’y avait plus moyen de sortir un autre mot d’elle.

« Ok, » dit gentiment le professeur McGonagall, « Allez à l’infirmerie, s’il vous plaît, Leanne et demandez à Madame Pomfresh de vous donner quelque chose pour les chocs. »

Lorsqu’elle quitta la pièce, McGonagall se tourna vers Harry, Ron et Hermione.

« Que s'est-il passé lorsque Katie a touché le collier?

« Elle s’est élevée dans les airs, » dit Harry avant que Ron ou Hermione ne puissent parler, « et elle a alors commencé à crier et elle est tombée.

Professeur, est-ce que je peux voir le professeur Dumbledore, s’il vous plaît

? »

« Le directeur est parti jusqu’à lundi, Potter, » dit le professeur McGonagall, surprise.

« Parti? » répéta Harry furieux.

« Oui, Potter, parti! » dit aigrement le professeur McGonagall, « mais tout ce que vous pouvez dire à propos de cette terrible affaire peut m'être dit à moi, j’en suis sûre! »

Pour une fraction de seconde, Harry hésita. Le professeur McGonagall n’invitait pas aux confidences. Dumbledore, même s'il était plus intimidant sur certains points, avait moins tendance à mépriser une théorie, même les plus étranges. Cependant, c'était une question de vie ou de mort et ce n’était pas le moment d’être inquiet que quelqu’un puisse rire de lui.

« Je pense que Drago Malefoy a donné le collier à Katie, professeur. »

De l’un de ses côtés, Ron frotta son nez visiblement embarrassé et de l’autre, Hermione bougea ses pieds comme si elle voulait mettre le plus de distance possible entre elle et Harry.

« C’est une sérieuse accusation Potter, dit le professeur McGonagall après une pause troublante, avez-vous des preuves?

« Non, dit Harry, Mais… » Et il lui raconta la fois où ils avaient suivi Malefoy chez Barjow et Beurk ainsi que la conversation qu’il avait entendue entre lui et M. Barjow.

Lorsqu’il eut fini de parler, le professeur McGonagall semblait être quelque peu confuse.

« Malefoy a apporté quelque chose à réparer chez Barjow et Beurk?

« Non, professeur, il voulait que Barjow lui dise comment réparer quelque chose qu’il n’avait pas avec lui. Mais ce n’est pas ça qui est important.

L’important est qu’il a acheté un objet en même temps et je crois que c’était ce collier… »

« Vous avez vu Malefoy sortir du magasin avec un paquet similaire? »

« Non, professeur, il a demandé à Barjow de le garder dans le magasin pour lui… »

« Mais Harry, » interrompit Hermione, « Barjow lui a demandé s’il voulait le prendre avec lui et Malefoy a dit non… »

« Parce qu’il ne voulait pas le toucher, évidemment! » dit furieusement Harry.

« Ce qu’il a vraiment dit était « De quoi j’aurais l’air transportant ceci sur le chemin? » dit Hermione. »

« Eh bien, il aurait l’air un peu étrange, à transporter un collier, »

interrompit Ron.

« Oh Ron, » dit désespérément Hermione, « il aurait été enveloppé de façon à ce qu’il n’ait pas à le toucher et qu’il puisse le cacher facilement dans un manteau pour que personne ne le voit ! Je pense que ce qu’il a acheté chez Barjow et Beurk devait être bruyant ou gros, quelque chose qu'il savait Pertinemment qu’il allait attirer l’attention sur lui s’il le transportait dans la rue… de toute façon, » continua-t-elle en pesant ses mots avant que Harry puisse dire quelque chose, « j’ai parlé à Barjow à propos du collier, vous ne vous souvenez pas? Lorsque je suis allée à l’intérieur pour trouver ce que Malefoy lui avait demandé de garder, je l’ai vu. Barjow m’a simplement dit le prix, il ne m’a pas dit que c’était déjà vendu ou quoi que ce soit… »

« Eh bien, tu n'étais pas très subtil. Il a réalisé ce que tu venais faire en moins de cinq secondes, c’est sûr qu’il n’allait pas te le dire… de toute façon, Malefoy ne pouvait pas aller le chercher car… »

« C’est assez! » dit le Professeur McGonagall alors que Hermione, furieuse, ouvrait la bouche pour répondre. « Potter, j’apprécie que vous me disiez tout ça, mais nous ne pouvons pas suspecter M. Malefoy simplement parce qu’il a visité le magasin où ce collier a pu être acheté. De même que des centaines de personnes… »

« … c’est ce que je disais… » chuchota Ron.

« … de toute façon, nous avons mis des mesures de sécurité adéquates à l’école cette année. Je ne pense pas que ce collier aurait pu entrer dans cette école sans que nous le sachions. ».

« Mais… »

« … et de plus, » dit le Professeur McGonagall avec un air de découragement, « Malefoy n’était pas à Pré-au-Lard aujourd’hui. »

Harry la regarda, bouche bée.

« Comment le savez-vous, professeur? »

« Parce qu’il était en retenue avec moi. Il a n'a pas fait ses devoirs de Métamorphose deux fois de suite. Donc, merci de m'avoir fait part de vos soupçons, Potter, » dit-elle en marchant près d’eux, « mais je dois aller à l’infirmerie pour vérifier l’état de Katie Bell. Bonne journée à vous. » Elle garda la porte de son bureau ouverte. Ils n’avaient pas d’autre choix que de sortir sans dire aucun autre mot.

Harry était frustré que les deux autres se soient placés du côté de McGonagall. Malgré tout, il se sentait forcé de les rejoindre une fois qu’ils eurent commencé à discuter de ce qui venait de se passer.

« Alors, est-ce que vous vous souvenez à qui Katie devait donner le collier?

»

demanda Ron alors qu’ils montaient les escaliers vers la salle commune.

« Qui sait, » dit Hermione, « mais peu importe qui c’était, il n'avait qu'une petite chance de survie. Personne ne pouvait ouvrir le paquet sans toucher au collier. »

« Il pouvait être destiné à plusieurs personnes, dit Harry, Dumbledore… les Mangemorts aimeraient bien s’en débarrasser, il doit être en tête de liste. Ou Slughorn…

Dumbledore pense que Voldemort le veut et ils ne doivent pas être contents qu’il se soit placé du côté de Dumbledore. Ou… »

« Ou toi, » dit Hermione, troublée.

« Non, ça n’aurait pas pu, » dit Harry, « ou sinon Katie se serait juste retournée sur le chemin et me l’aurait donné, non? J’étais derrière elle tout le long en sortant des Trois Balais. Ça aurait été mieux de donner le paquet en dehors de Poudlard, avec Rusard vérifiant tout le monde qui entre et sort. Je me demande pourquoi Malefoy lui a demandé de l’apporter dans le château?

»

« Harry, Malefoy n’était pas à Pré-au-Lard! » dit Hermione en tapant du pied de frustration.

« Donc, il devait avoir un complice, » dit Harry, Crabbe ou Goyle… « ou, pendant que j’y pense, un autre Mangemort, il doit avoir plusieurs meilleurs copains que Crabbe et Goyle maintenant qu’il les a rejoint… »

Ron et Hermione s’échangèrent un regard qui disait clairement : Ça ne sert à rien d’argumenter avec lui!

« Dilligrout, » dit Hermione fermement lorsqu’ils arrivèrent devant la grosse Dame.

Le portait bougea pour s’ouvrir, les laissant entrer dans la salle commune.

C’était plutôt rempli et l’air sentait les vêtements humides; il semblait bien que plusieurs personnes soient retournées tôt de Pré-au-Lard à cause du mauvais temps. Il n'y avait aucun bruit de peur ou de spéculations.

Clairement, les nouvelles du destin de Katie ne s’étaient pas encore répandues.

« Ce n’était pas une attaque très habile, vraiment, quand tu t’arrêtes et y réfléchit, » dit Ron, chassant un élève de première année d’une bonne chaise près du feu pour s’y asseoir. « La malédiction n’est même pas allée jusqu’au château. Pas ce que tu appelles à toute épreuve. »

« Tu as raison, » dit Hermione poussant Ron de la chaise avec son pied et l’offrant à nouveau à l’élève de première année. « Ce n’était vraiment pas bien pensé. »

« Depuis quand Malefoy est reconnu comme étant l’un des plus grands penseurs? » demanda Harry.

Ni Ron, ni Hermione ne lui répondit.

Chapitre 13 : Le Secret de Jedusor

Le jour suivant, Katie fut transférée à l'hôpital pour les maladies et les dommages liés à la magie Ste Mangouste. Entre temps la nouvelle sur sa malédiction avait fait le tour de l'école, bien que les détails aient été confus et que personne d'autre que Harry, Ron, Hermione et Leanne ne semblaient savoir que Katie elle-même n'avait pas été visée.

"Oh, et Malefoy le sait, naturellement !" dit Harry à Ron et à Hermione, qui continuaient à faire la sourde oreille chaque fois que Harry mentionnait sa théorie sur Malefoy le Mangemort.

Harry se demandait si Dumbledore serait de retour pour sa leçon du lundi soir, et comme il n'avait reçu aucun mot lui stipulant le contraire , il se présenta au bureau de Dumbledore à huit heures, frappa, et attendit d'être invité à entrer. Dumbledore se reposait et semblait exceptionnellement fatigué. Sa main était plus noire et brûlée que jamais, mais il sourit quand il fit à Harry le geste de s'asseoir. Le Pensine était encore posée sur le bureau, jetant des reflets de lumière argentées vers le plafond.

" Tu as eu un temps de t'occuper pendant que j'étais parti ! " remarqua Dumbledore. "Je crois que tu as été témoin de l'accident de Katie."

"Oui professeur ! Comment va-t-elle ?"

" Toujours très mal, bien qu'elle ait été relativement chanceuse. Elle semble avoir frôlé le collier avec la plus petite surface possible de peau. Il y avait un trou minuscule dans son gant. Elle a juste posé la main dessus, si elle l'avait tenu à pleine main, elle serait morte, peut-être immédiatement.

Heureusement le professeur Rogue a pu intervenir suffisamment vite pour empêcher une diffusion rapide de la malédiction…"

"Pourquoi lui ?" demanda Harry "Pourquoi pas Madame Pomfresh?"

"Impertinent !" dit la voix douce d'un des portraits sur le mur, et Phineas Nigellus Black, l'arrière-grand-père de Sirius, leva la tête de sur ses bras où il avait semblé dormir. "Je n'aurais jamais permis à un étudiant de remettre ainsi en cause ma façon de diriger Poudlard."

"Oui, Phineas !" le remercia Dumbledore. "Le professeur Rogue sait beaucoup plus de choses sur le forces du mal que Mrs Pomfresh, Harry.

Quoi qu'il en soit, le personnel de l'hôpital Ste Mangouste m'envoit un rapport toutes les heures et j'ai bon espoir de voir Katie se rétablir complètement avec le temps."

"Où étiez-vous ce week-end, professeur?" demanda Harry, ne pouvant s'abstraire du sentiment qu'il poussait un peu trop sa chance, sentiment apparemment partagé par Phineas Nigellus, qui siffla doucement.

"Je ne t'en parlerai pas pour l'instant !" répondit Dumbledore "Cependant, je le ferai en temps opportun."

"Vous le ferrez ?" s’exclama Harry stupéfait.

"Oui, j'envisage de le faire !" confirma Dumbledore, sortant une fiole de mémoires argentées de l'intérieur de ses robes longues et la débouchant avec le bout de sa baguette magique.

"Professeur," tenta encore Harry "j'ai rencontré Mundungus à Pré-au-lard

."

« Ah oui, je suis déjà au courant que Mondingus a traité ton héritage avec un

mépris évident, » répondit Dumbledore, fronçant quelque peu les sourcils. « Il a disparu de la surface de la terre depuis que tu l’as accosté hors des Trois Balais, j’ai tendance à penser qu’il appréhende de me faire face.

Toutefois sois sûr qu’il ne prendra plus aucune des anciennes possessions de Sirius. »

« Ce vieux chien galeux de Sang-Mêlé volait les biens de valeur des Black? » dit Phinéas furieux. Et il sortit de son cadre l’air hautain, certainement pour rendre visite à son portrait au n°12 Square Grimmaurd.

« Professeur, » reprit Harry après une courte pause. « Est-ce que le professeur McGonagall vous a parlé de ce que je lui ai dit après que Katie ait été blessée. À propos de Drago Malefoy? »

« Elle m’a parlé de tes soupçons, oui, » répondit Dumbledore.

« Et est-ce que vous -? »

« Je prendrai toutes les mesures appropriées pour enquêter sur quiconque aurait pu être impliqué dans l’accident de Katie,» l’interrompit Dumbledore.

« Mais ce qui m’intéresse à cet instant Harry c’est notre leçon. »

Harry sentit un léger ressentiment l’envahir en l’entendant: si leurs leçons étaient à ce point importantes, pourquoi y avait-il eu un tel laps de temps entre la première et la deuxième? Toutefois, il ne dit plus rien sur Drago Malefoy, regardant Dumbledore verser les souvenirs frais dans la Pensive et faire tourbillonner de nouveau la bassine de pierre entre ses longues mains.

« Tu te souviens, je suis sûr, que nous avons quitté l’histoire des débuts de Lord Voldemort au moment où le beau Moldu, Tom Jedusor, a abandonné sa femme sorcière, Merope, et est retourné dans la maison familiale à Little Hangleton. Merope fut laissée seule à Londres, enceinte du bébé qui un jour deviendrait Lord Voldemort. »

« Comment savez-vous qu’elle était à Londres monsieur ? »

« À cause de la preuve de Caractacus Burke, » répondit Dumbledore. «

Qui par une étrange coïncidence, a aidé à fonder la boutique même d’où venait le collier dont nous venons de discuter. »

Il secoua le contenu de la Pensive comme Harry l’avait vu faire auparavant, d'un geste assez semblable à celui d’un chercheur d’or. De la masse argentée tourbillonnante s’éleva un petit vieil homme, accomplissant doucement un tour sur lui-même dans la Pensine, gris comme un fantôme mais beaucoup plus solide, ses cheveux lui retombant complètement sur les yeux.

« Oui, nous l’avons acquis dans d’étranges circonstances. Il a été amené par une jeune sorcière juste avant Noël, oh, il y a de nombreuses années de cela maintenant. Elle disait avoir désespérément besoin de cet or, et enfin, c’était évident. Couverte de guenilles et assez visiblement… sur le point d’avoir un enfant, vous voyez. Elle a dit que le collier avait appartenu à Serpentard. Et bien, nous entendons ce genre d’histoires en permanence: «

oh cela appartenait à Merlin, c’était sa théière préférée ». Mais quand je l’ai examiné, il y avait bien sa marque dessus, et quelques sorts simples ont été suffisants pour connaître la vérité. Bien entendu, cela le rendait quasiment sans prix. Elle semblait n’avoir aucune idée de sa valeur. Heureuse de recevoir 10 Gallions en échange. Meilleure affaire que nous ayons jamais faite! »

Dumbledore secoua très fortement la Pensive et Caractacus Burke redescendit dans la masse tourbillonnante de souvenirs dont il venait.

« Il lui a donné seulement 10 Gallions?, » s’indigna Harry.

« Caractacus Burke n’était pas connu pour sa générosité, dit Dumbledore.

Donc nous savons que, proche du terme de sa grossesse, Merope était seule à Londres et dans un besoin désespéré d’or, suffisamment désespéré pour lui faire vendre son seul et unique objet de valeur, le collier qui était un des biens de famille considéré comme un trésor par Elvis. »

« Mais elle pouvait faire de la magie!, » s’impatienta Harry. « Elle aurait pu avoir de la nourriture et tout le nécessaire, par magie n’est ce pas? »

« Ah, » répondit Dumbledore. « Peut être l’aurait-elle pu. Mais j’ai l’intime conviction - je devine à nouveau, mais je suis sûr d’avoir raison -

que quand son mari l’a abandonnée, Merope a arrêté d’utiliser la magie. Je ne pense pas qu’elle ait souhaité rester une sorcière plus longtemps. Bien sûr, il est aussi possible que son amour non partagé et le désespoir dans lequel elle était plongée ait affaibli ses pouvoirs, cela arrive.

Dans tous les cas, comme tu vas le voir, Merope refusa de lever sa baguette même pour sauver sa propre vie. »

« Elle ne voulait même pas continuer à vivre pour son fils? »

Dumbledore haussa les sourcils.

« Pourrais-tu vraiment être désolé pour Lord Voldemort? »

« Non, » répondit rapidement Harry. « Mais elle a eu le choix, n’est-ce pas, pas comme ma mère - »

« Ta mère a eu le choix également, » l’interrompit gentiment Dumbledore. « Oui Merope Jedusor a choisi la mort malgré un fils qui avait besoin d’elle, mais ne la juge pas trop durement Harry. Elle était grandement affaiblie par une longue souffrance et elle n’a jamais eu le courage de ta mère. Et maintenant, si tu permets… »

« Où allons-nous?, » demanda Harry alors que Dumbledore le rejoignait devant le bureau.

« Cette fois, » répondit Dumbledore, « nous allons entrer dans ma mémoire. Je crois que tu la trouveras à la fois riche en détail et d’une précision satisfaisante. Après toi, Harry… »

Harry se pencha sur la Pensive; son visage toucha la surface froide de la mémoire puis il se sentit tomber à travers l’obscurité à nouveau. Quelques secondes plus tard ses pieds heurtèrent la terre ferme, il ouvrit ses yeux et s’aperçut que Dumbledore et lui se tenaient dans une rue de Londres démodée et pleine de remue-ménage.

« Je suis là, » dit Dumbledore vivement, montrant du doigt une haute silhouette un peu plus haut traversant la route devant une charrette à lait tirée par un cheval.

Cet Albus Dumbledore plus jeune avait des cheveux et une barbe de couleur

auburn. Ayant rejoint leur côté de la rue, il avançait à grandes enjambées le long du trottoir, s’attirant de nombreux coups d’œil curieux de part le costume flamboyant qu’il portait, taillé dans du velours prune.

« Joli costume monsieur », laissa échapper Harry, sans pouvoir se retenir, mais Dumbledore gloussa simplement tandis qu’ils suivaient le jeune lui-même sur une courte distance, passant finalement à travers une série de barrières en fer jusqu’à une cour vide face à un immeuble carré et lugubre entouré de hautes grilles. Il monta les quelques marches menant à la porte d’entrée et y frappa une fois. Après un moment la porte fut ouverte par une fille débraillée habillée d’un tablier.

« Bonjour. J’ai rendez-vous avec Mme Cole qui, je crois, est l’infirmière en chef ici? »

« Oh, » fit la jeune fille, paraissant déconcertée par l’apparence excentrique de Dumbledore. « Hum… un moment… Mme Cole. », appela-telle par-dessus son épaule.

Harry entendit une voix lointaine criant quelque chose en réponse. La jeune fille se tourna vers Dumbledore à nouveau

.

« Entrez, elle arrive »

Dumbledore pénétra dans le hall carrelé en noir et blanc, l’endroit tout entier était décrépi mais parfaitement propre. Harry et le Dumbledore plus âgé suivirent, avant que la porte d’entrée ne se ferme dans leurs dos. Une femme maigre, l’air harassé, se précipita vers eux. Elle avait un visage pointu qui semblait plus anxieux que manquant de bienveillance, et elle parlait par-dessus son épaule à une autre aide en tablier tandis qu’elle marchait vers Dumbledore.

« Et emmenez l’iode à l’étage à Martha, Billy Stubbs a arraché ses croûtes et celles de Eric Whalley ont suinté partout sur ses draps, - la syphilis du poulet en plus de tout le reste…» ajouta-t-elle, sans parler à quelqu’un en particulier, puis ses yeux tombèrent sur Dumbledore et elle s’arrêta net en chemin, ayant l’air aussi stupéfaite que si une girafe venait de passer son seuil.

« Bonjour » la salua Dumbledore en lui tendant la main.

Mme Cole resta bouche bée.

« Mon nom est Albus Dumbledore. Je vous ai envoyé une lettre demandant un rendez-vous et vous m’avez très aimablement invité ici aujourd’hui. »

Mme Cole cligna des yeux. Apparemment décidant que Dumbledore n’était pas une hallucination, elle dit faiblement « Oh oui. Bien - et bien alors - vous feriez mieux de venir dans mon bureau. Oui. »

Elle amena Dumbledore dans une petite pièce qui semblait d’un côté être un salon et de l’autre un bureau. Elle était aussi décrépie que le hall d’entrée, de plus les meubles y étaient vieux et mal assortis. Elle invita Dumbledore à s’asseoir sur une chaise branlante et elle-même s’assit derrière un bureau en désordre, le regardant nerveusement.

« Je suis ici, comme je vous l’expliquais dans ma lettre, pour parler de Tom

Jedusor et des arrangements pour son avenir, commença Dumbledore. »

« Êtes vous de la famille? Demanda Mme Cole. »

« Non je suis professeur, » répondit Dumbledore. « Je suis venu offrir à Tom une place dans mon école. »

« Quel est donc cette école alors? »

« Elle s’appelle Poudlard, » répondit Dumbledore.

« Et comment se fait il que vous soyez intéressé par Tom? »

« Nous pensons qu’il a des qualités que nous recherchons. »

« Vous voulez dire qu’il a gagné une bourse d’études? Comment a-t-il pu? Il n’a jamais été inscrit pour aucune. »

« Et bien son nom est enregistré dans notre école depuis sa naissance. »

« Qui l’a enregistré? Ses parents? »

Il n’y avait aucun doute que Mme Cole était une femme inopportunément vive d’esprit. Apparemment Dumbledore le pensait aussi, car Harry le voyait maintenant sortir sa baguette de la poche de son costume en velours, et en même temps prendre une feuille de papier parfaitement blanche sur le bureau de Mme Cole.

« Tenez, » dit Dumbledore, faisant un geste de sa baguette alors qu’il lui tendait le papier. « Je crois que ceci éclaircira les choses. »

Les yeux de Mme Cole devinrent flous puis revinrent à la normale tandis qu’elle fixait avec intensité la feuille vierge de toute inscription pendant un instant.

« Cela semble parfaitement en ordre » dit-elle placidement, la rendant à Dumbledore.

Puis ses yeux tombèrent sur une bouteille de gin et deux verres qui n’avaient

certainement pas été là quelques secondes plus tôt.

« Heu… puis-je vous offrir un verre de gin? » Proposa-t-elle d’une voix raffinée à l'extrême.

« Merci beaucoup » dit Dumbledore souriant largement.

Il devint vite clair que Mme Cole n’était pas novice dans l’art de boire du gin. Leur versant à tous deux une mesure généreuse, elle vida son propre verre d’un coup.

Pressant fortement ses lèvres l’une contre l’autre, elle sourit pour la première fois à Dumbledore, et il n’hésita pas à profiter de son avantage.

« Je me demandais s’il vous serait possible de me raconter un peu de l’histoire de Tom Jedusor? Je crois qu’il est né ici dans cet orphelinat. »

« C’est exact, » répondit Mme Cole se servant plus de gin. « Je m’en souviens très clairement parce que je venais juste de commencer ici. Le réveillon du Nouvel An et un froid mordant, et il neigeait vous voyez.

Vilaine nuit. Et cette fille, pas beaucoup plus âgée que je ne l’étais moi-même à cette époque, est venue s’écrouler sur les escaliers de devant. Et bien, elle n’était pas la première. Nous l’avons amené à l’intérieur, et elle a eu le bébé dans l’heure. Et elle était morte à la suivante. »

Mme Cole hocha la tête de manière impressionnante et avala une autre généreuse gorgé e de gin.

« A-t-elle dit quoi que se soit avant de mourir? » demanda Dumbledore.

"Quoi que se soit à propos du père du garçon par exemple ?"

« Et bien en fait elle l’a fait, » répondit Mme Cole, qui semblait plutôt bien

s’amuser maintenant, avec du gin à la main et un auditoire avide de connaître son histoire. « Je me souviens qu’elle m’a dit ‘j’espère qu’il ressemble à son papa’ et je ne mentirais pas, elle avait raison de l’espérer parce qu’elle n’était pas une beauté - et puis elle m’a dit que son prénom serait Tom comme son père, et Elvis, comme son père à elle - oui je sais, drôle de nom n’est ce pas? Nous nous sommes demandé si elle venait d’un cirque... et elle a dit que le nom de famille du garçon devait être Jedusor. Et elle est morte peu après sans prononcer une autre parole. Nous l’avons baptisé comme elle nous l’avait demandé, cela semblait si important pour la pauvre fille, mais ni Tom, ni Elvis, ni aucun Jedusor n’est jamais venu demander après lui, ni aucune famille, alors il est resté à l’orphelinat et il est ici depuis. »

Mme Cole se resservit, presque distraitement, une autre bonne rasade de gin.

Deux taches roses étaient apparues en haut de ses pommettes. Puis elle ajouta:

« C’est un drôle de garçon. »

« Oui, » dit Dumbledore. « Je pensais qu’il pourrait l‘être. »

« Il était un drôle de bébé aussi. Il pleurait très rarement vous savez. Et puis,

quand il est devenu plus âgé, il est devenu bizarre. »

« Bizarre, dans quel sens? » demanda Dumbledore d‘une voix douce.

« Et bien, il- » Mais Mme Cole s’interrompit rapidement, et il n’y avait rien de confus ou de flou dans le coup d’œil inquisiteur qu’elle lança à Dumbledore par-dessus son verre de gin.

« Il a définitivement une place à votre école, vous dites? »

« Définitivement, » dit Dumbledore.

« Et tout ce que je dirais n'y changera rien ? »

« Rien du tout, » répondit Dumbledore.

« Vous l’emmener quoi qu’il arrive? »

« Quoi qu’il arrive » répéta Dumbledore gravement.

Elle le regarda en plissant des yeux, comme pour décider si oui ou non elle pouvait lui faire confiance. Apparemment elle décida que oui parce qu’elle dit avec une précipitation soudaine :

« Il effraie les autres enfants. »

« Vous voulez dire qu’il les brutalise? » demanda Dumbledore.

« Je pense que oui, » dit Mme Cole, fronçant légèrement les sourcils.

"Mais il est très difficile à attraper sur le fait. Il y a eu des incidents, des mauvaises choses."

Dumbledore ne la pressa pas, mais Harry pouvait voir qu’il était intéressé. Elle avala encore une autre gorgée de gin et ses joues devinrent encore un peu plus roses.

« Le lapin de Roger Stubbs… enfin Tom dit qu’il ne l’a pas fait et je ne vois pas comment il aurait pu, mais malgré tout, il ne s’est pas pendu aux poutres tout seul quand même? »

« Je ne le pense pas, non, » dit Dumbledore calmement.

« Mais que je sois damnée si je sais comment il est monté là pour le faire.

Tout ce que je sais c’est que Bill et lui s’étaient disputés le jour avant. Et puis (Mme Cole prit une autre lampée de gin, en renversant un peu sur son menton cette fois), à la sortie estivale - nous les sortons, vous voyez, une fois par an, à la campagne ou au bord de mer… et bien, Amy Bensen et Dennis Bishop n’ont jamais été vraiment bien après ça, et tout ce qu’on a pu obtenir d’eux c’est qu’ils étaient allés dans une grotte avec Tom Jedusor. Il a juré qu’ils étaient seulement allés explorer, mais quelque chose est arrivé là-

dedans, j’en suis sûre. Et puis, il y a eu beaucoup de choses, de drôles de choses… »

Elle regarda Dumbledore à nouveau, et bien que ses joues soient rouges, son regard était ferme.

« Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de gens qui seront désolés de le voir s’en aller. »

« Vous comprenez, j’en suis sûr, que nous ne le garderons pas en permanence? » dit Dumbledore. Il devra revenir ici, au minimum, chaque été.

« Et bien, c’est toujours mieux que de recevoir un coup de tisonnier sur le nez » dit Mme Cole avec un léger hoquet.

Elle se leva et Harry était impressionné de voir qu’elle se tenait plutôt droite, malgré les deux tiers de gin disparu.

« Je suppose que vous aimeriez le voir? »

« Beaucoup » répondit Dumbledore, se levant également.

Elle le conduisit hors de son bureau et jusqu’aux escaliers de pierre, criant des instructions et réprimandes les aides tandis qu’elle passait. Les orphelins, vit Harry, portaient tous le même genre de tunique grisâtre. Ils semblaient raisonnablement bien traités, mais il n’y avait aucun doute que c’était un sinistre endroit où grandir.

« Nous y sommes » dit Mme Cole, alors qu’ils arrivaient au second palier et s’arrêtaient face à la première porte d’un long couloir. Elle frappa deux fois et entra.

« Tom? Tu as une visite. Voici Mr Dumbarton… pardon, Dunderbore. Il est venu te dire… et bien, je vais le laisser t’expliquer. »

Harry et les deux Dumbledore entrèrent dans la pièce et Mme Cole ferma la porte derrière eux. Ils se trouvaient dans une petite chambre aux murs nus avec pour seul mobilier une veille penderie et un sommier de métal. Un garçon était assis par-dessus les couvertures grises, ses jambes étendues devant lui, un livre à la main. Il n’y avait pas de trace des Gaunts sur le visage de Tom Jedusor. Merope avait vu son vœu de mourante exaucé: il était son séduisant père en miniature, grand pour ses onze ans, les cheveux sombres et le teint pâle. Ses yeux se plissèrent légèrement alors qu’il remarquait l’apparence excentrique de Dumbledore. Il y eut un moment de silence.

« Comment vas-tu, Tom? » dit Dumbledore, traversant la pièce la main tendue. Le garçon hésita, puis la prit et ils se serrèrent la main. Dumbledore rapprocha la chaise en bois de Jedusor, ce qui rappelait l’apparence d’une visite à un malade à l’hôpital.

« Je suis le Professeur Dumbledore. »

« ‘Professeur’? » répéta Jedusor, qui semblait méfiant. « Est-ce que c’est comme ‘docteur’? pourquoi vous êtes là? Est-ce qu’elle vous a amené pour m’examiner? »

Il montrait du doigt la porte par laquelle Mme Cole venait de partir.

« Non, non, » sourit Dumbledore.

« Je ne vous crois pas, » dit Jedusor. « Elle veut me faire examiner n’est-ce pas? Dites la vérité! »

Il prononça ces trois derniers mots avec une force tonnante qui était presque choquante. C’était un ordre et il semblait en avoir donné de nombreuses fois auparavant. Ses yeux s’étaient agrandis et il fixait Dumbledore qui ne fit aucune réponse si ce n’est de continuer à sourire gentiment. Après quelques secondes Jedusor arrêta de le fixer, bien qu’il sembla toujours méfiant.

« Qui êtes vous? »

« Je te l’ai dit. Je m’appelle Professeur Dumbledore et je travaille dans une école nommée Poudlard. Je suis venu t’offrir une place à mon école - ta nouvelle école, si tu souhaites venir. »

La réaction de Jedusor à ces mots fut des plus surprenantes. Il bondit à bas du lit et s’éloigna de Dumbledore, l’air furieux.

« Je ne marche pas! L’asile c’est là d’où vous venez, n’est-ce pas?

’Professeur’, oui bien sûr - et bien, je n’irais pas, vous entendez? C’est cette vieille chouette qui devrait y être à l’asile. Je n’ai jamais rien fait à la petite Amy Benson ou à Dennis Bishop, et vous pouvez leur demander, ils vous le diront!

« Je ne suis pas de l’asile, » dit Dumbledore patiemment. « Je suis professeur, et si tu veux bien t’asseoir calmement, je te parlerai de Poudlard.

Bien sûr, si tu préférais ne pas venir à l’école, personne ne t’y obligera - »

« J’aimerais les voir essayer, » dit Jedusor avec un sourire dédaigneux.

« Poudlard, » continua Dumbledore comme s’il n’avait pas entendu les derniers mots de Jedusor, « est une école pour des gens avec des capacités spéciales - »

« Je ne suis pas fou! »

« Je sais que tu n’es pas fou. Poudlard n’est pas une école pour les gens fous. C’est une école de magie. »

Il y eut un silence. Jedusor s’était figé, son visage vide de toute expression, mais ses yeux scrutaient ceux de Dumbledore l’un après l’autre, comme s’il essayait d’attraper l’un d’eux en flagrant délit de mensonge.

« Magie? » répéta-t-il dans un murmure.

« C’est exact, » dit Dumbledore.

« C’est… c’est de la magie, ce que je sais faire?

« Et qu’est-ce que c’est que tu sais faire?

« Toutes sortes de choses, » souffla Jedusor. Une rougeur due à l’excitation montait dans son cou à ses joues creuses, il avait l’air fiévreux. «

Je peux faire bouger des objets sans les toucher. Je peux faire faire ce que je veux aux animaux sans les dresser. Je peux faire arriver de mauvaises choses aux gens qui m’ennuient. Je peux leur faire mal si je le veux. »

Ses jambes tremblaient. Il traversa la pièce en trébuchant et se rassit sur son lit, fixant ses mains, sa tête baissée comme en prière.

« Je savais que j’étais différent, » murmura-t-il à ses doigts frisonnants. «

Je savais que j’étais spécial. Toujours j’ai su qu’il y avait quelque chose. »

« Et bien, tu avais raison, » dit Dumbledore, qui ne souriait plus mais regardait Jedusor avec attention. « Tu es un sorcier. »

Jedusor leva la tête. Son visage était transfiguré: on y lisait une joie sauvage, pourtant pour une raison quelconque cela ne le rendait pas plus beau à voir; au contraire, ses traits délicatement dessinés semblaient en quelque sorte plus durs, son expression presque bestial.

« Êtes vous un sorcier vous aussi? »

« Oui je le suis ».

« Prouvez-le, » dit immédiatement Jedusor, du même ton de commandement dont il avait usé quand il avait prononcé: « Dites la vérité ».

Dumbledore haussa les sourcils.

« Si, comme je le crois, tu acceptes ta place à Poudlard. »

« Bien sûr que oui! »

« Dans ce cas tu t’adresseras à moi en tant que ‘professeur’ ou

‘monsieur’. »

L’expression de Jedusor se durcit le temps d’un éclair avant qu’il dise, d’une voix polie à peine reconnaissable:

« Je suis désolé monsieur. Je voulais dire - s’il vous plaît professeur, pourriez vous me montrer- ? »

Harry était persuadé que Dumbledore allait refuser, qu’il allait dire à Jedusor qu’il y aurait largement le temps pour des démonstrations à Poudlard, qu’ils se trouvaient actuellement dans un immeuble plein de Moldus, et qu’il fallait donc être prudent. À sa grande surprise, pourtant, Dumbledore sortit sa baguette de la poche intérieure de la veste de son costume, la pointa sur la penderie miteuse qui était dans un coin de la pièce, et fit le petit geste habituel avec sa baguette. La penderie prit feu.

Jedusor se releva d’un bond. Harry pouvait difficilement le blâmer de crier sous le coup du choc et de la rage, tout ce qu’il possédait au monde devait être dedans, mais alors que Jedusor se tournait vers Dumbledore les flammes disparurent, laissant la penderie totalement intacte. Jedusor fixa la penderie puis Dumbledore, et une expression avide sur le visage, il montra la baguette magique du doigt.

« Où est ce que je peux en trouver une comme ça? »

« Tout viendra en son temps, » dit Dumbledore. Je crois qu’il y a quelque chose qui essaie de sortir de ta penderie. »

Et en effet, un petit bruit de ferraille s’y faisait entendre. Pour la première fois, Jedusor parût effrayé.

« Ouvre la porte, » dit Dumbledore.

Jedusor hésita, puis traversa la pièce et ouvrit grand la porte de la penderie. Sur l’étagère la plus haute, par-dessus un tas de vêtements usés jusqu’à la corde, une petite boîte en carton remuait et cliquetait comme si plusieurs souris frénétiques y étaient enfermées.

« Sors-la ! » dit Dumbledore.

Jedusor descendit la boîte qui tressautait. Il semblait troublé.

« Y a-t-il quoi que se soit dans cette boite que tu ne devrais pas avoir en ta possession? » demanda Dumbledore.

Jedusor jeta à Dumbledore un long regard nettement calculateur.

« Oui, je suppose que c’est le cas, monsieur, » répondit-il finalement d’une voix vide d’expression.

« Ouvre-la ! » dit Dumbledore.

Jedusor enleva le couvercle et renversa le contenu sur le lit sans le regarder.

Harry, qui s’attendait à quelque chose de beaucoup plus excitant, vit des petits objets du quotidien entremêlés les uns aux autres: un yo-yo, un dé en argent et un harmonica terni en faisaient parti. Une fois sortit de la boîte, ils arrêtèrent de bouger et restèrent bien tranquille sur les minces couvertures.

« Tu rendras tout ceci à leurs propriétaires avec tes excuses, » dit Dumbledore calmement, rentrant sa baguette dans sa veste. « Je saurais si cela a été fait. Et sois prévenu : voler n’est pas toléré à Poudlard. »

Jedusor n’avait absolument pas l’air confus, il jaugeait toujours Dumbledore d’un regard froid. Finalement il dit d’une voix sans timbre:

« Oui monsieur. »

« À Poudlard, » continua Dumbledore, « nous ne t’apprendrons pas seulement à utiliser la magie, mais aussi à la contrôler. Tu as - par inadvertance j’en suis sûr - utilisé tes pouvoirs d’une manière qui n’est pas enseigné ni toléré dans notre école. Tu n’es pas le premier et tu ne seras pas le dernier, à laisser ta magie s’emporter avec tes émotions.

Mais tu dois savoir que Poudlard peut expulser des étudiants, et que le Ministère de la Magie - oui il y a un Ministère - punit ceux qui enfreignent la loi encore plus sévèrement.

Tous les nouveaux sorciers doivent accepter qu’en entrant dans notre monde, ils ont le devoir de suivre nos lois. »

« Oui monsieur, » répéta Jedusor. »

Il était impossible de dire ce qu’il pensait. Son visage restait plutôt vide alors qu’il remettait les objets volés dans la boîte en carton, puis dans sa cachette. Quand il eut fini, il se tourna vers Dumbledore et s’enquit avec audace :

« Je n’ai pas d’argent. »

« Voilà qui peut être facilement arrangé, » dit Dumbledore, sortant une bourse en cuir. « Il y a des fonds pour ceux qui ont besoin d’un soutien financier pour acheter leurs livres et uniformes. Tu devras peut être acheter tes livres de sorts et autres d’occasion, mais -»

« Où est ce qu’on achète des livres de sorts ? » l’interrompit Jedusor, qui avait pris la lourde aumônière sans un merci envers Dumbledore et qui maintenant examinait un gros Gallion d’or.

« Au Chemin de Traverse, » dit Dumbledore. « J’ai ta liste de livres et de fournitures scolaires avec moi. Je peux t’aider à tout trouver … »

« Vous venez avec moi ? »demanda Jedusor, levant la tête.

« Certainement, si tu… »

« Je n’ai pas besoin de vous, » le coupa Jedusor. « J’ai l’habitude de faire les choses par moi-même. Je me promène dans Londres tout seul tout le temps. Comment vous arrivez à ce Chemin de Traverse - monsieur ? »

ajouta-t-il en croisant le regard de Dumbledore.

Harry pensait que Dumbledore allait insister pour accompagner Jedusor, mais une fois de plus il fut surpris. Dumbledore tendit à Jedusor l’enveloppe contenant la liste de fournitures, puis, après avoir expliqué précisément à Jedusor comment se rendre au Chaudron Baveur depuis l’orphelinat, il dit:

« Tu seras capable de le voir, les Moldus autour de toi par contre - c’est à dire gens non- magiques - ne pourront pas. Demandes après Tom le serveur, c’est assez facile à retenir puisqu’il porte ton nom… »

Jedusor eut un geste irrité, comme s’il cherchait à chasser une mouche lui portant sur les nerfs.

« Tu n’aimes pas le prénom ‘Tom’?

« Il y a beaucoup de Tom » marmonna Jedusor, puis comme s’il ne pouvait retenir la question, comme si elle lui brûlait les lèvres en dépit de ses efforts, il demanda:

« Est ce que mon père était un sorcier ? Il s’appelait Tom Jedusor lui aussi, ils me l’ont dit.

« J’ai peur de ne pas le savoir, » dit Dumbledore d’une voix douce.

« Ma mère ne pouvait pas faire de magie, sinon elle ne serait pas morte, »

dit Jedusor plus pour lui-même que pour Dumbledore. « Ça devait être lui.

Donc - quand j’aurais toutes mes affaires de classe - quand est-ce que je vais à Poudlard ? »

"Tous les détails sont sur le deuxième parchemin à l'intérieur de cette enveloppe," dit Dumbledore. " Tu partiras de King Cross Station le premier septembre. Dans l'enveloppe, il y a également un billet de train."

Jedusor inclina la tête. Dumbledore se remit sur ses pieds et lui tendit encore la main. En la prenant, Jedusor dit, "Je peux parler aux serpents. Je l'ai découvert quand nous étions en voyage à la campagne — ils me trouvent, ils me parlent doucement. Est-ce normal pour un magicien ?"

Harry avait l'impression que Jedusor avait fait mention de cet étrange pouvoir juste à ce moment pour impressionner.

"C'est inhabituel," répondit Dumbledore, après un moment d'hésitation,

"mais ce n'est pas inconnu."

Son ton était étrange mais ses yeux se posèrent curieusement le visage de Jedusor. L'homme et le garçon se regardèrent un moment, fixement l'un l'autre. Puis la poignée de main fut rompue ; Dumbledore alla vers la porte.

"Au revoir, Tom. Je te verrai à Poudlard."

"Je pense que ça suffit," dit le Dumbledore aux cheveux blancs près de Harry, et une seconde plus tard, une fois de plus, ils s'élevaient légèrement dans l'obscurité, avant de se trouver directement dans le bureau actuel.

"Assieds-toi," dit Dumbledore à Harry.

Harry obéit, l'esprit encore plein de ce qu'il avait vu.

" Il a cru beaucoup plus vite que moi, quand vous lui avez dit qu'il était sorcier," remarqua Harry. "Je ne voulais pas croire la première fois, quand il me l'a dit."

"Oui, Jedusor était parfaitement prêt à croire qu'il était — utilisons son propre mot — "spécial" dit Dumbledore.

" Vous avez su… alors ?" demanda Harry.

" Ai-je su alors que je venais juste de rencontrer le magicien noir le plus dangereux de tous les temps ?" repris Dumbledore. "Non, je n'ai eu aucune idée de ce qu'il développerait jusqu'à ce qu'il soit devenu ce qu'il est.

Cependant, il m'intriguait. Je suis revenu à Poudlard pensant garder un œil sur lui, chose que je devais faire de toute façon, étant donné qu'il était seul et sans amis, mais j'ai senti que je devrais faire autant pour les autres que pour lui.

" Ses pouvoirs, comme tu l'as vu, étaient étonnamment bien développées pour un si jeune magicien et — le plus intéressant et sinistre de tout — c'est qu'il avait déjà découvert, dans une certaine mesure, comment les contrôler et qu'il avait commencé à les employer consciemment. Et comme tu le sais, ce n'étaient pas les expériences aléatoires typiques des jeunes magiciens: il avait déjà l'habitude d'utiliser la magie contre les autres, pour les effrayer, les punir, les commander. Les petites histoires du lapin étranglé et du leurre des jeunes garçons et filles dans une caverne étaient très instructifs. . . "je peux les forcer à faire mal si je veux . .."

"Et c'était un Fourchelangue," ajouta Harry.

"Oui, bien sûr; un don rare, et qui est réputé avoir des liens avec la magie noire, même si nous savons que certains Fourchelangues furent de grands et bons sorciers. En fait, sa capacité de parler aux serpents ne m'a pas gêné autant que ses instincts évidents pour la cruauté, le secret, et la domination.

"Le temps nous joue de drôles de tours," dit Dumbledore, montant le ciel noir au travers de la fenêtre. " Mais avant de nous séparer, je veux attirer ton attention sur certains éléments de la scène dont nous avons été témoins, parce qu'ils ont une grande importance pour des sujets dont nous discuterons lors de futures réunions.

"Premièrement, j'espère que tu as noté la réaction de Jedusor quand j'ai dit que d'autres partageaient son prénom, 'Tom' ?"

Harry acquiesça.

" Là, il a montré son mépris pour tout ce qui le lie à d'autres, pour toutes les choses qui le rendent ordinaire. Même pour ça, il souhaitait être différent, séparé des autres. Il a rejeté son nom, comme tu le sais, peu d'années après cette conversation, il a créer l'image de ‘Lord Voldemort' derrière laquelle il se cache depuis longtemps.

"Je pense que tu as remarquer également combien Tom Jedusor était déjà fortement autosuffisant, réservé, et, apparemment sans amis ? Il n'a pas voulu d'aide ou de compagnie pour son voyage au Chemin de Traverse. Il a préféré se débrouiller seul. L'adulte Voldemort agit de même. Tu entendras beaucoup de ses Mangemort clamer qu'ils sont ses confidents, qu'ils sont les seuls proches de lui, qu'ils le comprennent toujours. Lord Voldemort n'a jamais eu d'amis, ni, je crois, n'en a jamais désiré un.

" Et pour finir — j'espère, Harry, que tu ne somnolais pas trop pour prêter attention au fait que Tom Jedusor, jeune, aimait rassembler des trophées. Tu as vu la boîte d'objets volés qu'il avait cachés dans sa chambre.

Ces objets des souvenirs on peut dire, ont été pris aux victimes de son comportement intimidant, de son utilisation particulièrement désagréable de la magie. On peut considérer que cette manie, cette tendance particulière, sera importante plus tard.

"Et maintenant, il est vraiment temps d'aller au lit."

Harry se leva. Comme il était presque sorti de la pièce, ses se posèrent sur la petit table sur laquelle la bague de Elvis Gaunt était posée la dernière fois mais elle n'y était plus.

"Oui, Harry ?" dit Dumbledore, quand Harry fit une halte.

" L'anneau n'est plus là," dit Harry, regardant partout. "Mais je pense que vous devez avoir quelque chose comme un harmonica."

Dumbledore lui souriait, le dévisageant par-dessus ses lunettes demi-lune.

"Très astucieux, Harry, mais un harmonica n'est rien d'autre qu'un harmonica."

Et sur cette remarque énigmatique il a fait à Harry le signe de partir.

Chapitre 14 : Felix Felicis

Le matin suivant, Harry commençait par l'Herbologie. Il n'avait pas pu parler à Ron et à Hermione de sa leçon avec Dumbledore avant la fin du petit déjeuner par crainte d'être entendu, mais il leur dit tout, pendant qu'ils traversaient la salle des végétaux, en allant vers les serres chaudes. Le vent violent du week-end s'était enfin arrêté. Des brume étranges ondoyaient et il leur fallut un peu plus de temps que d'habitude pour trouver la serre chaude.

"Wouah ! Quelle pensée effrayante, Tu-Sais-Qui enfant !" dit Ron tranquillement, Alors qu'ils prenaient place autour d'un des tronçons noueux de Snargaluff qui représentaient un nouveau projet d'étude, et commencèrent à enfiler leurs gants protecteurs. "Je ne comprends toujours pas pourquoi Dumbledore veut te faire voir tout ça. Je veux bien que ce soit , intéressant et tout, mais à quel point?"

"Je ne sais pas !" répondit Harry, enfilant un bouclier en plastique. " Mais il a dit que tout cela était important et que ça m'aiderait à survivre."

"Je pense que c'est fascinant !" s'emballa Hermione sincèrement. "Il est absolument raisonnable de savoir le plus de choses possibles sur Voldemort.

Comment pourrais-tu autrement découvrir ses faiblesses ?"

"Alors comment s'est déroulée la dernière partie de Slughorn?" lui demanda Harry derrière le bouclier de plastique.

"Oh, c'était tout à fait amusement, vraiment !" répliqua Hermione, tout en mettant des lunettes protectrices. "Je veux dire qu'il ne tarit pas d'éloges sur les exploits de nombreuses personnalités et il est absolument fou de McLaggen qui a de si bonnes relations, mais nous avons vraiment bien mangé et il nous a présentés Gwenog Jones."

"Gwenog Jones?" dit Ron, ses yeux s'élargissant derrière ses lunettes. "Le Gwenog Jones ? Capitaine des harpies de Holyhead ?"

"C'est exact," répondit Hermione. "personnellement, j'ai pensé qu'il était un peu imbu de lui-même, mais…"

" Assez avec tous ces bavardages !" dit vivement le Professeur Chourave, s'approchant avec un regard sévère. " Vous traînez, tout le monde a déjà commencé, et Neville a déjà fini avec son premier pot !"

Ils regardèrent autour d’eux : en fait ils virent Neville assis la lèvre en sang et plusieurs mauvaises égratignures sur son visage mais tenant une chose verte et remuant de la taille d’un pamplemousse.

« Oui Professeur on s’y met de suite, » dit Ron ajoutant doucement, quand elle eut tourné la tête ailleurs « On aurait dû utiliser muffliato, Harry »

« Non, dit Hermione immédiatement, semblant toujours en colère à la pensée du prince au sang mélé et de ses formules. « bon allez on ferait mieux de continuer… »

Elle jeta aux deux autres un regard inquiet, ils prirent tous un grand bol d’air et retournèrent à leurs souches piquantes entre eux.

Elles prirent vie immédiatement : de longues et piquantes branches comme des ronces en sortirent et fouettèrent l’air. Une se fixa dans les cheveux d’Hermione et Ron l'abattit avec une paire de sécateurs ; Harry réussit à bloquer 2 de ces ronces et à les nouer ensemble ; un trou s’ouvrit au milieu de toutes ces branches–tentacules. Hermione y plongea son bras qui se referma comme un piège autour de son coude, Harry et Ron tirèrent et arrachèrent les branches, obligeant le trou à se rouvrir et Hermione récupéra son bras, agrippant dans ses doigts un pied comme Neville. À ce moment là, les branches piquantes retournèrent à l’intérieur et la souche tomba là comme un innocent morceau de bois mort.

« Vous savez je ne crois pas que j’aurai une plante comme celle là dans mon jardin quand j’aurai mon chez-moi » dit Ron remontant ses lunettes sur son front et épongeant la sueur de son visage.

« Passe moi un pot, dit Hermione tenant la souche agitée à bout de bras.

Harry en attrapa une et la plaça dans un pot avec un visage affichant une expression de dégout.

« Ne prenez pas cet air, enlevez moi cet expression, ils sont mieux s’ils sont au frais. » appela le professeur Chourave.

« Enfin,» dit Hermione continuant leur discussion interrompue comme si un morceau de bois ne les avait pas attaqués, «Slughorn va faire une fête pour Noël, Harry et il n’est pas possible que tu échappes à celle-là parce qu’il m’a demandé de vérifier tes soirées libres pour qu’il soit sûr de la faire un soir où tu puisses venir. » Harry gémit; Ron pendant ce temps tentant de mettre un plant dans un pot en mettant les deux mains dessus debout et appuyant aussi fort qu’il le pouvait, demanda méchamment : « et c’est encore une autre fête réservée aux favoris de Slughorn, non? »

« Juste pour le club des Slugs, oui » dit Hermione.

Le pot lui vola des mains, heurta le miroir de la serre, rebondit sur le derrière de la tête du professeur Chourave et lui fit perdre son vieux chapeau tout taché. Harry alla réparer le pot. Quand il revint Hermione disait «

Écoute ce n’est pas moi qui aie appelé ça le Slug club.

« Slug club, » répéta Ron avec un sourire suffisant à la Malefoy. C’est pitoyable ; bien j’espère que vous vous amuserez à cette fête. Pourquoi tu n’essaierais pas de sortir avec Mclaggen, comme ça Slughorn pourrait vous faire roi et reine des Slug-.. »

« On a la droit d’amener des invités, dit Hermione qui pour quelque raison que ce soit devint rouge écarlate, et j’étais sur le point de te demander de venir mais si tu penses que c’est stupide alors ca m’est égal !!!! »

Harry aurait soudain souhaité que le pot tombe un peu plus loin, ainsi il n’aurait pas eu besoin de rester là, entre eux deux. Oublié par les deux il saisit le pot qui contenait le plant et commença à essayer de l’ouvrir avec les plus bruyants et les plus énergétiques moyens auxquels il pensait.

Malheureusement il pouvait toujours entendre chaque mot de leur conversation.

«Tu allais me demander de venir? demanda Ron avec un ton complètement différent.

« Oui, » dit Hermione furieusement, mais apparemment tu préfères que j’y aille avec McLaggen.

Il y eut une pause pendant que Harry continuait de taper le plant qui réagissait, avec une truelle.

« Non, je ne le préférerai pas,» dit Ron avec une toute petite voix.

Harry rata le plant, tapa le pot qui vola en éclats.

«Reparo,» dit-il précipitamment, poussant les morceaux avec sa baguette, et le pot se reconstruisit. Le bruit, malgré tout, réveilla Ron et Hermione à la présence d’Harry. Hermione rougit et immédiatement commença à rechercher dans son exemplaire de "Les Arbres mangeurs de chair du monde" pour trouver la manière correcte de récupérer le jus du plant de Snargaluff. Ron quant à lui, semblait penaud, mais aussi content.

«Oublie ça Harry, dit Hermione rapidement, ça dit qu’on est supposé les percer avec quelque chose de pointu. »

Harry lui passa le plant dans le pot, lui et Ron remirent leurs lunettes sur leurs yeux et retournèrent, à nouveau, à la souche. Ce n’était pas comme s’il avait été vraiment surpris, pensa Harry, alors qu’il se débattait avec d’épineuses vignes qui essayait de l’étrangler. Il avait le pressentiment que cela devait arriver tôt ou tard. Mais il ne savait pas comment il se sentait à propos de ça : lui et Cho étaient maintenant trop embarrassés pour se regarder, pour se parler. Et si Ron et Hermione commençaient à sortir ensemble, et puis se séparaient? Est-ce que leur amitié y survivrait? Harry se rappela les quelques semaines où ils ne s’étaient pas parlés pendant leur troisième année. Il n'avait pas aimé essayer de faire le pont entre eux. Et même s’ils ne se séparaient pas ? S’ils devenaient comme Bill et Fleur et ça deviendrait très embarrassant d’être en leur présence, alors qu'il était à part pour de bon ?

« Je te tiens,» cria Ron tira un autre fruit du plant alors qu’Hermione réussit à ouvrir le premier violemment, de façon à ce que le pot était plein de tubes se tortillant comme de vers de terre vert pâle. Le reste de la leçon passa sans aucune autre mention de la fête de Slughorn. Bien que Harry observa ses amis avec plus d'attention les jours suivants, Ron et Hermione ne semblaient pas différents mis a part qu’ils étaient plus polis l’un envers l’autre que d’habitude. Harry supposa qu’il n’avait qu’à attendre pour voir ce qui se passerait sous l’influence de la bière au beurre et de la pièce de Slughorn faiblement éclairé lors de la soirée. D’autre part il avait quand même des problèmes plus pressants.

Katie Bell était toujours à l’hôpital Sainte Mangouste sans aucun espoir immédiat d’en sortir, ce qui signifiait que l’équipe prometteuse des Gryffondor qui s’était entraîné si intensément depuis Septembre avait un poursuiveur en moins. Il continuait de reculer le remplacement de Katie dans l’espoir qu’elle revienne, mais leur match d’ouverture contre Serpentard arrivait rapidement et il dut finalement accepter qu’elle ne serait pas de retour pour jouer.

Harry ne pensait pas pouvoir supporter une autre journée de recrutement avec toute sa maison. Un jour, avec un sentiment bizarre concernant le Quidditch, il coinça Dean Thomas après cours de métamorphose. La plupart des élèves étaient déjà parti bien que de nombreux oiseaux jaunes étaient toujours en train de voler dans la pièce, tous étant une création d’Hermione; personne d’autre n’avait réussi à faire apparaître plus qu’une plume.

« Es-tu toujours intéressé pour être poursuiveur ? »

-Quo… ? Oui bien sûr,» dit Dean. Au-dessus de l’épaule de Dean Harry vit

Seamus Finnigan rangeant Violemment ses livres dans son sac, semblant dépité. Une des raisons pour lesquelles Harry aurait préféré ne pas avoir à demander à Dean de jouer, était qu’il savait que Seamus n’aurait pas aimé ça. D’un autre coté, il devait faire ce qu’il y avait de mieux pour l’équipe, et Dean avait été meilleur que Seamus aux essais.

« D’accord alors tu en fait partie, dit Harry. Il y a un entraînement ce soir, à 19 heures. »

“D’accord, dit Dean. Bravo, Harry. Waou, je vais prévenir Ginny tout de suite!!»

Il courut hors de la salle, laissant Harry et Seamus seul ensemble : un moment inconfortable qui ne fut pas simplifié par un oiseau qui se posa sur la tête de Seamus et par un canari d’Hermione qui leur passa devant à toute vitesse.

Seamus n’était pas la seule personne mécontente par le choix du remplacement de Katie. Il y avait beaucoup de chuchotement dans la salle commune a propos du fait que Harry avait choisit deux élèves de sa classe pour l’équipe. Mais Harry avait supporté beaucoup plus de marmonnements que cela dans ses études, ça ne l’ennuyer pas spécialement, mais par la même occasion, la pression augmentait de rapporter une victoire dans le match arrivant contre Serpentard. Si Gryffondor gagne, Harry savait que toute sa maison oublierait qu’ils l’avaient critiqué et jurerait qu’ils avaient toujours su que ce serait une grande équipe. S'ils perdaient... Eh bien Harry pensa désabusé, il avait supporté de pires ragots…

Harry n’eut aucune raison de regretter son choix une fois qu’il vit Dean voler ce soir. Il travaillait bien avec Ginny et Demelza. Les batteurs, Peakes et Coote, devenaient meilleur à chaque fois. Le seul problème était Ron.

Harry avait toujours su que Ron était un joueur irrégulier qui souffrait de stress et d’un manque de confiance en lui et malheureusement l’arrivée menaçante du match d’ouverture de la saison semblait avoir fait ressortir ses vieilles insécurités. Après avoir laissé passer une demi-douzaine de buts, la plupart marqué par Ginny, sa technique devenait de plus en plus déchaînée, jusqu'à ce qu’elle en envoie un en sens inverse dans la bouche de Demelza Robins.

« C’était un accident, je suis désolée, Demelza, vraiment désolée! » lui cria Ron après alors qu’elle zigzaguait vers le sol répandant du sang de partout. "j’ai juste…

« Paniqué, » dit Ginny en colère, atterrissant à coté de Demelza et examinant sa grosse lèvre. « Tu es nul, Ron, regarde dans quel état elle est !

»

« Je peux arranger ça, » dit Harry, atterrissant à coté des deux filles, pointant sa baguette sur la bouche de Demelza et dit : « ‘Episkey ‘ et Ginny ne traite pas Ron de nul, tu n’es pas capitaine de l’équipe…»

« Bien que tu sembles trop occupé pour le traiter de nul et je pense que quelqu’un devait…»

Harry se retint de rire.

« Dans les airs, tout le monde ! on y va ! »

Ce fut l’un des plus mauvais entraînements qu’ils avaient eu pendant l’année, mais Harry pensait que ce n’était pas la meilleure politique à adopter si proche du match.

« Bon travail tout le monde, je pense qu’on va aplatir Serpentard » dit-il et les poursuiveurs et les batteurs quittèrent les vestiaires semblant assez content d’eux.

« J’ai joué comme un sac de bouse de Dragon, » dit Ron dans une voix creuse quand la porte eut claquer derrière Ginny.

« Non ce n’est pas vrai, » dit Harry fermement. « Tu es le meilleur Gardien que j’ai trouvé, Ron. Ton seul problème c’est le stress.»

Il continua un flot implacable d’encouragement sur tout le chemin pour retourner au château, et en arrivant au deuxième étage Ron semblait plus joyeux. Quand Harry poussa la tapisserie pour prendre leur raccourci habituel pour aller à la tour des Gryffondor, ils se retrouvèrent devant Dean et Ginny, bloqués dans une étreinte et s’embrassant comme s’ils étaient collés l’un à l’autre.

Ce fut comme si quelque chose de large et de tranchant pris vie dans l’estomac de Harry, déchirant de l’intérieur: son sang sembla inonder son cerveau, alors que toutes ses pensées s’étaient éteintes, remplacées par une envie sauvage de transformer Dean en gelée. Luttant contre sa folie soudaine, il entendit la voix de Ron comme s’il était très loin de lui. « OH!!

»

Dean et Ginny se séparèrent et regardèrent autour d’eux. « Ben quoi? dit Ginny.

« Je ne veux pas trouver ma propre sœur se faire bécoter en public !! »

« C’était un couloir désert jusqu’à ce que vous y entriez !! » répondit Ginny.

Dean semblait embarrassé. Il fit à Harry un sourire déplacé que celui-ci ne lui rendit pas, comme si le monstre né en lui hurlait le renvoi de Dean de l’équipe.

«Euh…Viens Ginny, » dit Dean « Retournons à la salle commune… »

« Vas-y toi, » dit Ginny « j’ai deux mots à dire à mon cher frère!»

Dean partit, ne semblant pas désolé de sortir de la scène.

« D’accord, » dit Ginny, rejetant ses long cheveux roux en arrière et lançant un regard furieux à Ron, « Réglons ça une fois pour toute. Ca ne regarde pas avec qui je sors ou ce que je fais avec eux, Ron. »

« Oh que si, » dit Ron très en colère. « Tu crois que je veux que les gens disent que ma sœur est une …»

« Une quoi ? » cria Ginny, sortant sa baguette. « Une quoi, au juste ? »

« Il ne voulait rien dire, Ginny…» dit Automatiquement Harry, son monstre approuvant toutefois les mots de Ron.

« Oh que si ! » dit elle, s’emportant contre Harry, « Juste parce qu’il n’a jamais bécoté personne dans sa vie, juste parce que le meilleur baiser qu’il ait jamais eut fut de Tante Muriel…»

« Tais-toi ! » cria Ron, dépassant le rouge et virant marron. »

« Non je ne me tairai pas ! » hurla Ginny hors d’elle. « Je t’ai vu avec Flegme, espérant qu’elle l’embrasse sur la joue à chaque fois que tu la vois, c’est pitoyable ! Si tu sortais et bécotais toi-même quelqu’un, ça ne te ferait rien que quelqu’un d’autre le fasse ! »

Ron avait sorti sa baguette aussi, Harry se mit rapidement entre eux.

« Tu ne sais pas de quoi tu parles, » hurla Ron, essayant de donner une gifle à Ginny en évitant Harry, se tant maintenant face à elle, ses bras tendus.

« Juste parce que je ne le fais pas en public… »

Ginny cria avec un sourire railleur, essayant de pousser Harry hors de son chemin.

« Tu embrasses Coquecigrue ? ou tu as une photo de Tante Muriel caché sous ton oreiller ? tu…»

Un rayon de lumière orange passa sous le bras de Harry et rasa Ginny ; Harry poussa alors Ron contre le mur.

«Ne sois pas stupide…»

« Harry embrassait bien Cho Chang! » hurla Ginny qui lui parlait avec des larmes dans la voix maintenant. Et Hermione se bécotait avec Victor Krum, il n’y a que toi qui fait comme si c’était dégouttant, Ron, et c’est parce que tu as autant d’expérience qu’un gamin de 12 ans. »

Et sur ce elle partit en coup de vent. Harry lâcha rapidement Ron, son regard était meurtrier. Ils restèrent tous les deux là respirant profondément, jusqu’à ce que Miss Teigne, la chatte de Rusard apparut au coin qui cassa la tension.

« Allons-y,» dit Harry, le bruit des pas traînant de Rusard leur arrivant aux oreilles. Ils coururent dans les escaliers et dans le couloir du septième étage.

«Hors de mon chemin,» aboya Ron sur une petite fille qui sauta de peur et laissa tomber une bouteille de bave de crapaud. Harry nota à peine le bruit du fracas de la bouteille. Il se sentait désorienté, avec la tête qui tournait.

Être toucher par une flèche emflammée doit ressembler à ça. C’est juste parce que c’est la sœur de Ron, se dit-il. Tu n’as pas aimé la voir embrassé Dean parce que c’est la sœur de Ron.

Mais une image tenta de sortir de sa tête, de ce même couloir désert, mais avec lui embrassant Ginny… le monstre dans sa poitrine ronronna… mais alors il vit Ron ouvrant la même tapisserie et pointa sa baguette sur Harry, criant des mots comme «Tu as trahi ma confiance»… «Supposé être mon ami»…

« Tu crois qu’Hermione se bécotait avec Krum ? » demanda Ron brusquement alors qu’il approchait de la grosse dame. Harry eut un sursaut coupable et arracha son imagination d’un couloir où Ron ne serait pas entrer, où lui et Ginny étaient seuls.

« Quoi? dit –il de manière confuse. Oh….euh... » une réponse honnête serait « oui » mais il ne voulait pas la donner. Malgré tout, Ron semblait comprendre le pire du regard de Harry.

« Dilligrout » dit-il sombrement à la Grosse Dame, et ils montèrent par le trou du tableau vers la salle commune. Aucun des deux ne rementionna Ginny ou Hermione, en fait ils se parlèrent à peine ce soir là et se couchèrent en silence, chacun absorbé dans ses propres pensées.

Harry resta allongé mais éveillé un long moment, regardant le baldaquin et essayant de se convaincre que les sentiments qu'il avait pour Ginny étaient ceux d'un frère ainé. Ils avaient vécu, comme frère et sœur tout l'été, jouant au Quidditch, taquinant Ron, et riant de Bill et de Flegme? Il connaissant Ginny depuis des années maintenant… Il était normal qu'il se sente un peu protecteur. . . normal qu'il la surveille un peu. . . qu'il veuille déchirer les membres de Dean pour l'avoir embrasser… rien… ne pouvait expliquer ce détail s'il se sentait comme un frère. . .

Ron émis un énorme ronflement et grogna.

"C'est la sœur de Ron, se dit Harry fermement. La sœur de Ron. Elle est hors course. Je ne risquerai pas mon amitié avec Ron pour n'importe quoi."

Il donna à son oreiller une forme plus confortable et attendit que le sommeil vienne, essayant de toutes ses forces de ne pas permettre à ses pensées de s'envoler vers Ginny.

Harry se réveilla le lendemain matin se sentant un peu étourdi et encore embrouiller par une séries de rêves dans lesquels Ron le prenait pour cible avec une batte de Quidditch mais à midi il aurait volontiers changé le Ron de son rêve contre le vrai, qui n’était pas seulement en froid avec Ginny et Dean, mais aussi traitant une Hermione blessée et déroutée avec une indifférence glaciale. Mais en plus, Ron semblait être devenu, en une nuit, aussi susceptible et prêt à attaquer qu’un Scrout sur le point d’exploser.

Harry passa la journée à essayer de garder la paix entre Ron et Hermione sans succès. Finalement Hermione partit au lit et Ron se dirigea vers le dortoir des garçons avec raideur après avoir crié sur quelques premières années qui l’avaient observé.

Malgré la consternation de Harry, la nouvelle agressivité de Ron ne s’effaça pas dans les quelques jours qui suivirent. Mais de pire en pire, cela coïncidait avec sa maladresse à arrêter les lancers, ce qui le rendait encore plus agressif, ainsi durant leur dernier entraînement de Quidditch avant le match de samedi, il ne réussit pas à arrêter un seul des lancers des poursuiveurs, mais criant tant, sur tout le monde, qu’il fit pleurer Demelza Robins.

« Tu te tais et tu la laisses tranquille ! » cria Peakes, qui était au deux tiers de la taille de Ron, même en admettant qu’il tienne une batte.

« ÇA SUFFIT! » hurla Harry, qui voyait Ginny lancer de mauvais regards à Ron et, se souvenant de sa réputation de jeter de vannes accompli, s’élança pour intervenir avant qu’ils en viennent aux mains. Peakes, Va ranger les accessoires. Demelza, ressaisis-toi, tu as vraiment bien joué aujourd’hui. Ron... » Il attendit que le reste de l’équipe soit hors d’écoute avant de lui dire « Tu es mon meilleur ami mais continue de les traiter comme ça et je te vire de l’équipe. »

Il pensa réellement pendant un moment que Ron allait le frapper mais quelque chose de pire se passa: Ron sembla s’affaisser sur son balai. Tout son combat intérieur partit et il dit : « Je démissionne. Je suis pitoyable. »

« Tu n’es pas pitoyable et tu ne démissionnes pas! » dit fièrement Harry, saisissant Ron par sa robe. « Tu peux tout arrêter quand tu es en forme, c’est un problème mental que tu as! »

« Tu me traites de fou? »

« Ouais peut être bien ! »

Ils se fixèrent pendant un petit moment, puis Ron secoua sa tête d’un air las « Je sais que tu n’as pas le temps de trouver une autre gardien, alors je jouerai demain, mais si on perd, et on va perdre, je quitte l’équipe.»

Rien que Harry ne dit fit la moindre différence. Il essaya de stimuler Ron pour qu’il ait confiance en lui pendant tout le dîner, mais Ron était trop occupé à être maussade et grincheux avec Hermione pour y prêter attention.

Harry continua dans la salle commune ce soir là, mais sa déclaration comme quoi l’équipe serait dévastée s’il partait, fut quelque peu sabotée par le fait que le reste de l’équipe était assise en groupe dans une coin, clairement marmonnant sur Ron et lui lançant de méchants regards.

Finalement Harry essayait d’être encore en colère dans l’espoir de provoquer Ron dans une attitude défiante et, avec de la chance, sauveur de balles, mais sa stratégie ne sembla pas mieux réussir que les encouragements; et Ron alla au lit aussi dépité et désespéré que jamais.

Harry s’allongea pendant longtemps dans la pénombre. Il ne voulait pas perdre ce match arrivant, pas seulement parce que c’était son premier en tant que Capitaine, mais il était déterminé à battre Drago Malefoy au Quidditch, même s’il n’avait pas été capable de prouver ses suspicions à son propos. En plus si Ron jouait comme il l’avait fait dans leurs derniers entraînements, leurs chances de gagner étaient très minces…

Si seulement il y avait quelque chose qu’il puisse faire pour que Ron croit en lui… le faire jouer comme au top de sa forme… quelque chose qui assure Ron qu’il aurait un vraie bonne journée…

Et la réponse vint à Harry en un soudain et super jet d’inspiration.

Le petit déjeuner était aussi agité que d’habitude. Les Serpentard sifflaient et huaient fort à chaque fois qu’un membre de l’équipe de Gryffondor entrait dans la grande salle.

Harry jeta un coup d’œil au plafond et vit un ciel bleu clair : un bon présage.

La table des Gryffondor, pleine de rouge et or applaudit à l’arrivée de Harry et Ron. Harry sourit et fit un signe de la main, Ron grimaça faiblement et secoua sa tête.

« Bon courage, Ron, » appela Lavande. « Je sais que tu seras excellent.»

Ron l’ignora.

« Thé ? Café ? Jus de citrouille ?

« N’importe quoi, » dit Ron, morose, en prenant un morceau de toast.

Quelques minutes plus tard, Hermione, qui en avait eu tellement assez de l’attitude récemment désagréable de Ron qu’elle n’était pas venu déjeuner avec eux, s'arrêta avant de remonter.

« Comment vous vous sentez? » demanda-t-elle hésitante, les yeux sur Ron.

« Bien, » dit Harry, qui était concentré pour tendre à Ron un verre de jus de

citrouille. « Vas-y, Ron. Bois ça ! »

Ron avait juste amené son verre jusqu’à ses lèvres quand Hermione parla rapidement

.

« Ne bois pas ça, Ron ! »

Harry et Ron la regardèrent alors.

« Pourquoi pas? » dit Ron.

Hermione fixait maintenant Harry comme si elle ne pouvait en croire ses yeux.

« Tu viens juste de mettre quelque chose dans ce verre.

« Pardon? »dit Harry.

« Tu m’as entendu. Je t’ai vu. Tu viens juste de versé quelque chose dans le verre de Ron. Tu as la bouteille dans ta main droite maintenant! »

« Je ne vois pas de quoi tu parles, » dit Harry glissant vite la petite bouteille dans sa poche.

« Ron je te préviens ne bois pas ça! » répéta Hermione alarmé, mais Ron prit le verre le vida d’un trait et dit: « Arrête de m’énerver Hermione. »

Elle parut scandalisée, murmurant de manière à ce que, uniquement Harry

l’entende, elle dit: « Tu pourrais être exclu pour ça. Je n’aurai jamais cru ça de toi Harry.»

« Regardez qui parle. » lui répondit-il. « Tu n’as embrouiller personne récemment ? »

Elle partit comme un ouragan de la table. Harry la regarda partir sans regrets.

Hermione n’avait jamais compris combien le Quidditch était sérieux. Il se tourna alors vers Ron, qui se léchait les babines.

« Presque l’heure,» dit Harry joyeusement.

L’herbe givrée grinça sous leurs pas alors qu’ils marchaient vers le stade.

« On a de la chance que le temps soit bon non? » demanda Harry à Ron.

« Ouais,» dit Ron qui était pâle et semblait malade.

Ginny et Demelza avaient déjà mis leurs robes et attendaient dans les vestiaires.

« Les conditions sont idéales,» dit Ginny, ignorant Ron. Et devinez quoi?

Le poursuiveur des Serpentard, Vaisey… il a pris un cognard en pleine face lors de l'entraînement hier, et il est trop mal pour jouer ! Et il y a même mieux. Malefoy est absent pour maladie aussi.

« Quoi? » demanda Harry, se tournant pour la regarder en face. « Il est malade? Qu’est ce qu’il a ? »

« Aucune idée mais c’est bon pour nous, » dit Ginny en souriant. « Ils font jouer Harper à sa place; il est dans mon année et c’est un idiot. »

Harry lui rendit son sourire, mais alors qu’il mettait sa robe rouge, son esprit était très loin du Quidditch. Malefoy avait déjà une fois prétendu qu’il ne pouvait pas jouer parce qu’il était blessé, mais à cette occasion il fit tout pour que le match soit reculé jusqu'à ce que Serpentard soient meilleurs.

Pourquoi était-il aujourd’hui content de laisser sa place à un remplaçant ?

Était-il vraiment malade ou faisait-il semblant ?

« Louche non? « dit-il à mi-voix à Ron. « Malefoy ne joue pas ? »

« Moi j’appelle ça de la chance, » dit Ron semblant alors plus content. Et avec Vaisey absent, c’est leur meilleur buteur, je ne pouvais pas imaginer «

Hey! » dit-il soudainement, s'arrêtant à la moitié de ses gants mis et fixant Harry.

« Quoi? »

« Je…tu… » Ron baissa sa voix, il semblait à la fois effrayé et excité. «

Ma boisson? ... mon jus de citrouille? tu n’as pas...? »

Harry fronça les sourcils, mais ne dit rien sauf «On entre en scène dans environ cinq minutes, tu ferais mieux de mettre tes bottes.»

Ils marchèrent vers la terrain et les tumultueux cris et hurlements. Un coté du stade était rouge et or, l’autre une mer de vert et d’argent. Beaucoup de Poufsouffle et de Serdaigle avaient pris parti aussi : malgré les cris et les applaudissements, Harry put distinctement entendre les rugissements du lion du chapeau de Luna Lovegood.

Harry fit face à madame Bibine, l’arbitre, qui était debout prête à lâcher les balles de leur boîte.

« Capitaines, serrez-vous la main, dit elle, et Harry eut sa main écrasée par le nouveau capitaine des Serpentard, Urqhart, Enfourchez vos balais. À

mon coup de sifflet…..3….2…1…. »

Le sifflet résonna Harry et les autres décolèrent du sol gelé et ils furent dans les airs. Harry s'élança autour du périmètre, cherchant le vif d’or et gardant un œil sur Harper zigzaguant très loin dessous lui. Puis une voix différente du commentateur habituel commença.

« Okay ils sont tous là, et je pense qu’on est tous surpris de voir l’équipe présentée par Potter cette année. Beaucoup doivent penser qu’avec la piètre performance de Ronald Weasley comme gardien l’année dernière, il aurait été sorti de l’équipe, mais bien sur une amitié indéfectible avec le capitaine doit aider… »

Ces mots furent applaudis par les Serpentard au bout du terrain. Harry se tourna sur son balai pour regarder au podium du commentateur. Un petit maigrichon blond avec un nez montant était assis là, parlant dans l'Interphone magique comme l’avait été Lee Jordan; Harry reconnut Zacharias Smith, un joueur de Poufsouffle qu’il détestait profondément.

« Oh et voici le premier essai des Serpentard pour marquer, C’est Urquhart qui envoie le souaffle. »

L’estomac de Harry se retourna.

« Weasley l’a arrêté, bien il semble qu’il ait de la chance en ce moment »

« Tu as raison, Smith, il en a » murmura Harry, se souriant à lui-même, alors que son regard plongeait derrière les poursuiveurs cherchant partout pour une cachette pour le vif d’or

.

Après une demi-heure de jeu Gryffondor menait avec soixante points à zéro, Ron fit des arrêt assez spectaculaires, avec le bout de ses gants, et Ginny avait marqué quatre des six buts de Gryffondor. Cela arrêta Zacharias et ses questions lourdes comme quoi les deux Weasley étaient dans l’équipe seulement parce que Harry les aime bien et il commença sur Coote et Peakes à la place.

« Bien sûr Coote n’a pas la carrure habituelle d’un batteur, dit Zacharias

« ils ont en général un peu plus de muscles -»

« Envoie lui un cognard, » Harry appela Coote alors qu’il passait en trombe mais Coote souriant grandement, choisit d’envoyer le prochain cognard à Harper à la place, qui venait de dépasser Harry dans la direction opposée. Harry fut content d’entendre le bruit sourd qui signifiait que le cognard avait touché au but.

Il semblait que Gryffondor ne pouvait mal faire. Encore et encore, il marquait et encore et encore à l’autre bout du terrain Ron arrêtait tous les coups avec une facilité apparente. Il était en fait en train de sourire et quand la foule entama un grand chant avec un chœur hurlant de leur chanson préférée « Weasley est notre Roi », il faisait comme s’il les menait de son poste là-haut.

« Je pense qu’il a quelque chose de spécial aujourd’hui non ? » dit une voix vicieuse, et Harry tomba presque de son balai quand Harper lui rentra dedans brutalement et délibérément.

« Le traître à son sang… » Madame Bibine était tournée, et pensa que les les Gryffondor criaient avec colère, mais avant qu’elle se retourne, Harper était parti. Son épaule lui faisant mal, Harry lui vola après, bien déterminé à lui rentrer dans le dos.

« Et je crois que Harper des Serpentard a vu le vif d’or! » dit Zacharias Smith « Oui il a certainement vu quelque chose que Potter n’a pas vu. »

Smith est vraiment un idiot, pensa Harry, il n’avait pas remarqué qu’ils étaient rentrés en collision? Mais l’instant d’après, son estomac sembla se décrocher de l’intérieur, Smith avait raison et Harry avait tort: Harper ne volait pas vite au hasard, il avait vu ce que Harry n’avait pas vu: Le vif d’or volait très au-dessus d’eux, étincelant et brillant dans le ciel bleu clair.

Harry accéléra. Le vent sifflait à ses oreilles en noyant tout bruit en provenance de la foule et tout commentaire de Smith, mais Harper était toujours plus haut que lui et Gryffondor n’avait que cent points d’avance. Si Harper l’attrapait en premier, Gryffondor aura perdu… Et maintenant Harper était tout proche, sa main se tendait…

« Oh Harper ! l’appela Harry en désespoir de cause. Combien Malefoy t’a payé pour venir à sa place ? »

Il ne sait pas ce qui lui avait fait dire ça, mais Harper fit une double faute.

Il tâtonna pour attraper le vif d’or, le laissa s’échapper de ses doigts et essaya à coté. Harry donna une grande gifle a la petite et voletante balle et l’attrapa.

« Oui, » cria Harry, volant autour il descendit vers la terre, le vif d’or bien serré dans sa main. Alors que la foule réalisait ce qui s’était passé, un grand cri s’éleva couvrant presque le sifflement qui signalait le fin de la partie.

« Ginny, où vas-tu? » l’appela Harry, qui fut attrapé dans l'attroupement avec le reste de l’équipe, mais Ginny les dépassa et avec un coup tout-puissant, elle rentra dans le podium des commentateurs. Alors que la foule criait et riait. L’équipe des Gryffondor atterrit à coté des débris de bois sous lesquels Zacharias remuait faiblement. Harry entendit Ginny dire joyeusement au professeur Mc Gonagall ennuyé, « J’ai oublié de freiner professeur, désolée »

Riant, Harry s’arracha du reste de l’équipe et étreignit Ginny mais la lâcha très rapidement. Évitant son regard, il applaudit Ron au lieu de ça, toute animosité oubliée, l’équipe des Gryffondor le faisait sauter dans leurs bras, l’élevant dans les air et le montrant à leurs supporters. L’atmosphère dans les vestiaires était à la jubilation. « Selon Seamus, il y a une fête dans la salle commune, dit Dean de manière exubérante. Allez venez Ginny Demelza »

Ron et Harry furent les deux derniers dans les vestiaires. Ils étaient sur le point de partir quand Hermione entra. Elle tenait son écharpe de Gryffondor dans ses mains et semblait énervée mais déterminée: « Je voudrais te parler Harry, elle prit une profonde inspiration, tu n’aurais pas du faire ça. Tu as entendu Slughorn, c’est illégal. »

« Qu’est ce que tu vas faire, nous dénoncer? » demanda Ron.

« Mais de quoi est-ce que vous parler tous les deux ? » demanda Harry se tournant pour pendre sa robe, pour qu’aucun des deux ne le voit sourire.

« Tu sais parfaitement bien de quoi nous parlons! » dit Hermione d’une voie aiguë. Tu as ajouté ta potion de chance au petit déjeuner dans le jus de Ron! Félix Félicis ! »

« Non ce n’est pas vrai !» dit Harry se retournant vers eux deux.

« Si tu l’as fait Harry, et c’est pourquoi tout s’est bien passé, avec des joueurs de Serpentard manquants et Ron qui sauvait tout ! »

« Je ne l’ai pas versée dedans !» dit Harry, souriant. Il glissa sa main dans la poche de sa veste et en sorti la petite bouteille qu’Hermione avait vu dans sa main ce matin là.

Elle était pleine d’une potion dorée et le bouchon était toujours scellé avec de la cire. « Je voulais que Ron croit que j’avais fait ça, alors j’ai fait semblant quand je savais que tu regardais, il se tourna vers Ron, Tu as tout sauvé parce tu te croyais chanceux. Mais tu as tout fait toi-même »

Il remit la potion dans sa poche.

« Il n’y avait vraiment rien dans mon jus de citrouille? dit Ron, sidéré.

Mais les conditions de météo étaient bonnes… et Vaisey ne pouvait pas jouer… Tu ne m’as